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[Mars] Arrivée conjuguée[#001]

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Eusèbe E. J. D'Arville
Commandant - Nimue

Nombre de messages: 21
Localisation actuelle: Le Caprica
Mission actuelle: Rejoindre Mars
Citation: Pas toucher!
Couleur RP: Green
Multi-comptes: Gilad Antilles - Jan Sanada/Ethan Geetaï - Joshua G. Jansen - Jarvis Stark - Amelia Caine- Eusèbe E. J. D'Arville- Desmond Haynes
Date d'inscription: 31/12/2008

[Mars] Arrivée conjuguée[#001]

Message par Eusèbe E. J. D'Arville le Mar 31 Mar - 0:04

Eusèbe d’Arville se sentait à l’étroit dans sa cabine. Mais Eusèbe s’était senti partout à l’étroit toute sa vie. Après l’accident, ça avait simplement pris des proportions plus grandes. Eusèbe se serait senti à l’étroit sur le pont de vol d’un supercuirassé dernier modèle. C’est pourquoi il avait décidé -après plusieurs dizaines de minutes de débat interne- de quitter la cabine qui lui avait allouée sur le Caprica. Bouger un peu lui ferait du bien, tant qu’il ne se laissait pas emporter. Il pourrait se froisser un muscle, ou pire, et Eusèbe détestait tout ce qui avait attrait aux blessures et aux maladies. Non, vraiment, il n’aimait pas ça. Prudent, il ralentit son allure et chemina dans la coursive comme s’il se plongeait dans une profonde réflexion sur l’univers à chaque pas. En fait, il se demandait surtout pourquoi il se retrouvait sur le Caprica pour ensuite se retrouver sur Nimue, un commandement qu’il n’avait pas plus voulu qu’il ne le méritait. Et, tout au fond de lui, le cerveau de celui qui avait été un grand officier de pont se demandait pourquoi le Caprica avait soudain dû modifier sa trajectoire pour se rendre le plus vite possible sur Mars afin de se renseigner sur l’état de rumeurs vaguement incohérentes rapportée par Balor. Quelque chose dans tout ça déplaisait aux sens tactiques du commandant, ceux qui lui avaient valu des galons à une vitesse folle jusqu’à ce qu’il perde pied. Mais un officier de pont ne perdait jamais tout ce qu’il avait appris. Et on ne pouvait oublier l’instinct qu’on s’était forgé au plus fort de la bataille. Et l’instinct de D’Arville le titillait, le poussant à penser que quoiqu’ils trouvent sur Mars, ce ne serait pas à la suite de la mission de routine qu’ils pensaient tous entreprendre. Fort heureusement, les tripes du commandant Von Marsten étaient du même moule que celles de D’Arville, et l’instinct du gracieux commandant lui soufflait qu’il fallait être prêt. Et il avait fait en sorte qu’ils le soient une fois sortis de l’hyperespace. L’armement était paré, les détecteurs longue portée totalement opérationnels et prêts à faire leur boulot dès que le Caprica jaillirait dans l’espace normale. Sur le pont de vol, près des hangars, l’escadrille du commandant Edenko était parée à un décollage d’urgence, au cas où. Von Marsten était un homme prudent. Pas pour les raisons qui poussaient Eusèbe à l’être, du moins ce dernier l’espérait, mais ce Joseph était un homme prudent. Et entre ses mains, le Caprica, simple frégate d’assaut, était aussi prêt qu’elle pouvait l’être


***


« Quelles sont les nouvelles, monsieur Murdoch ? »

Le lieutenant de vaisseau Samuel Murdoch, second du Caprica, se détourna de la console qu’il occupait et se tourna vers Von Marsten, tranquillement assis dans son propre fauteuil de commandement.

« Sortie de l’hyperespace prévue pour dans quelques minutes, monsieur. L’astrogation a fait du bon boulot. »

« Je n’en avais jamais douté. Merci, lieutenant Babascus. »

Joseph adressa un sourire au lieutenant d’astrogation et à son équipe, et se concentra sur ses propres commandes. Il jeta un œil aux données qui défilaient sur son écran personnel, et fit signe à Murdoch de le rejoindre. Le second s’extirpa de sa console, bien serré dans sa combinaison antivide que Von Marsten avait ordonné à tout l’équipage de porter, au cas où et histoire de s’exercer un peu, et se pencha sur l’épaule de son supérieur :

« Détection ? »

« Nos senseurs sont fin près, monsieur. Nous avons même préparé le furil que nous possédons dans ce type de frégate pour une sortie rapide s’il le faut. »

« Parfait, Sam. Contactez le commandant Edenko, et dites lui de lui trouver au moins deux pilotes comme escorte. Si j’en ai l’occasion, j’aimerais me servir de ce furil pour recevoir plus de données plus loin et plus rapidement. Qui sait sur quoi on va tomber. »

« Vous pensez toujours qu’il ne s’agit pas que d’une simple mission de reconnaissance, hein, pacha ? »

« Non, Sam. Je ne le pense toujours pas. Je ne sais pas ce qui nous attend là bas, mais je sais que… Oh, commandant D’Arville, c’est un honneur et un plaisir de vous accueillir sur mon pont ! »

Von Marsten se leva et se mit brièvement au garde-à-vous, imité par ses officiers, afin de saluer Eusèbe. Techniquement, les deux commandants partageaient le même grade, et le Caprica était le navire de Von Marsten, mais D’Arville commanderait une Vivenef, et il était plus ancien en grade, ce qui lui donnait droit à cette préséance. Mais bien entendu, le Caprica n’était commandé que par son propre capitaine, et tous deux savaient cela. Eusèbe avait l’air un peu perdu, de se retrouver sur un pont de commandement après tant d’années, à faire ainsi face à ses souvenirs quand c’était lui qui arpentait de telles structures, donnant les ordres et dirigeant la bataille.

Là, il avait l’air emprunté, un peu éteint, de celui qui n’était pas trop sur de savoir où il était. Il touchait du doigt quelque objet ici et là dans un rituel destiné à le rassurer, et il réussit à ramasser assez de fierté et de confiance en soi pour proposer un vague demi-sourire à Von Marsten :

« Merci de votre accueil, commandant. Je commençais à broyer du noir, tout seul, en bas. Et ce n’est jamais bon quand je broie du noir. Ah. Ah ah. »

La tentative d’humour de D’Arville était tombée à plat, comme toutes celles qu’il tentait depuis maintenant des années, et il eu l’air soudain encore plus mal à l’aise, ce que l’on aurait difficilement cru possible. Von Marsten en fut peiné, car il avait été de ceux qui avaient soutenu le placement d’Eusèbe sur Nimue, et qui savait que sous ses airs un peu fous se cachaient encore des restes redoutables. Il voulut dire quelque chose, mais le lieutenant Al-Said, de la communication, prit la parole le premier de son étrange accent rauque et chantant :

« L’astrogation est parée, pacha. Nous sortons de l’hyperespace. »

Joseph accusa réception d’un signe de tête et se tourna vers Eusèbe, qu’il invita à venir se tenir aux côtés du fauteuil de commandement, sur lequel Von Marsten s’installa avec grâce.

« C’est parti, messieurs. Commandant D’Arville, sentez-vous libre de nous faire profiter de toute suggestion vous venant à l’esprit. Sam, amorce la sortie. »

Eusèbe resta debout à côté de Von Marsten, et semblait se demander s’il foulait bien à nouveau le pont d’un vaisseau de combat pour de vrai, et Samuel Murdoch lissa sa moustache avant de tapoter sur le clavier de sa console :

« Et on est sorti… maintenant, pacha ! »

Les trainées lumineuses de l’hyperespace laissèrent la place au noir familier piqueté d’étoiles. Au loin, Mars, géante boule rouge sur le tapis de billard de l’univers, était entourée de ses satellites habituels. Tout autour d’eux se déployait le système solaire, le système de leurs ancêtres à tous. Du moins aux humains. Un frisson parcourut l’échine de Von Marsten à l’idée de se retrouver dans le système où avait péri la Terre mais il n’en laissa rien paraître. Il se tenait droit mais tranquille sur son fauteuil, écoutant les premiers rapports de ses officiers jusqu’à ce que l’un de ces rapports attire toute son attention :

« Nous ne sommes pas seuls, je vois ça. Deux vivenefs, rien que ça. L’une d’elle doit être Adonis, évidemment, mais qui est l’autre ? Pandore ou Nimue ? »

« Ce qui m’inquiète, pacha, ce sont plutôt les vaisseaux inconnus que l’on détecte de loin. Surtout le gros qui ne ressemble à rien. Il y a du y avoir une sacrée bagarre ici, monsieur. »

« Oui, et m’est avis qu’elle n’est pas terminée et que nous tombons en plein dedans. Sam, donnez l’ordre de lever les boucliers et de préparer les canons au combat. Je ne compte pas leur foncer dessus, mais je veux être prêt à tout. Ils ne nous ont pas encore repéré, mais ça ne durera sûrement pas. Des suggestions ? »

« Si je puis me permettre… » Eusèbe paraissait différent, pensif comme il était. Ses rides d’inquiétudes étaient alors presque effacés. « Vous avez bien dit qu’il y avait un furil à bord de cette frégate ? Peut-être qu’avec son escorte, il pourrait s’approcher assez du front, voir pénétrer la zone de combat et nous rapporter exactement ce qui s’y passe. Ca nous permettrait un bien meilleur éventail de manœuvre si nous voulons jouer la surprise pour ces… envahisseurs. »
Le visage de Joseph s’illumina, ravi : « J’aime à vous entendre parler, commandant ! Sam, transmettez tout cela à Edenko. Babascus, j’aimerais que vous envoyiez un message codé à destination d’Adonis et Pandore, qu’ils savent qu’on est là. Niveau de code pour débutants ; ce sont des pirates et des contrebandiers, ils n’auront aucun problèmes à les craquer. Quant à nous, je veux tout le monde de paré sur le pont ! Je sens que la partie annonce d’être intéressante… »

Von Marsten s’adossa contre le dossier de son fauteuil de commandement, prit un cure-dent parfumé dans sa poche et le glissa entre ses dents.

***


« Allez les gars, on se magne on se magne ! »

Son casque sous le bras, le commandant d’escadrille Kelly « Kad » Edenko aboyait ses ordres à ses pilotes sur le pont d’envol. Il avait lui-même choisi le furil, s’octroyant de droit la place la plus dangereuse, et y monta à l’aide d’une série de gestes souples et maîtrisés. Le cockpit se referma sur lui, et le bruit revint dès qu’il enclencha le système de communications de son casque :

« Z’êtes sûrs que ça va aller, chef ? »

« Arrête de croire que je vais finir en purée, Gribaldi, tu ne supporterais pas la grosse déception. »
« Je suis peiné que vous pensiez ça, monsieur. Peiné, vraiment. »

« La ferme , deux. C’est bien pour ça que tu m’escortes avec Ednak. Charles, je compte sur toi pour t’occuper des gosses pendant mon absence ! »

« Compte sur moi, mon doudou. Mais ne reviens pas trop tard, ou je vais encore me coltiner tout le repassage ! » répondit Albert Sandville, son second.

Kad éclata de rire, et vérifia les commandes de son chasseur tandis que le sas du hangar s’ouvrait devant eux.

« Ok les gars, c’est parti ! »

Les treize chasseurs de l’escadrille Azur, menée par le furil du commandant Edenko et ses deux ailiers, s’engagea dans le froid de l’espace martien.


***


Sur le pont du Caprica, le lieutenant Babascus attendait les éventuelles réponses d’Adonis et de Pandore lorsque son collègue tactique, le lieutenant Meringer, se redressa soudain sur son siège :

« Pacha, vous devriez voir ça ! »

« Transmettez sur ma console, Franz. »

Eusèbe se tortilla de manière à lire par-dessus l’épaule de Von Marsten sans toucher ni le commandant ni le fauteuil, et fronça les sourcils, ce qu'il faisait toujours très bien :

« Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Qu’on a de la compagnie, commandant. Une frégate, tout comme nous. Et par les dieux du multivers, j’aimerais bien savoir ce que le Sélène fout ici ! »


_________________
"Non, je ne suis pas très amusant, je sais. Dites, est-ce que vous pourriez vous pencher un peu plus sur la droite, vous seriez plus perpendiculaire avec mon bureau. Oui, c'est important pour moi, merci."

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Jan Sanada / Ethan Geetaï
Bosco - Pandore

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Re: [Mars] Arrivée conjuguée[#001]

Message par Jan Sanada / Ethan Geetaï le Lun 6 Avr - 16:10

Debout sur la passerelle de commandement de la frégate Sélène, le capitaine James Fresco étouffa un juron. Appuyé d’une main sur l’accoudoir du fauteuil vide du commandant Sanada pour éviter de perdre l’équilibre lors du retour en espace normal du vaisseau, le second et actuel premier officier à bord jeta un regard noir aux commandes tactiques.

« Qu’est-ce qu’il se passe ? » aboya-t-il, même s’il connaissait plus ou moins la réponse. Derrière sa console, la métisse humano-ase aux cheveux blonds qui remplissait le rôle de lieutenant tactique ne se départit pas de son calme, seuls ses grands yeux trahissant son anxiété :

« Multiples contacts inconnus, monsieur. Pandore est bien là, devant nous, et l’autre vaisseau du même tonnage ne peut être qu’Adonis. La frégate de l’autre côté de l’espace de combat est à nous, le Caprica de Von Marsten. Balor a dû l’envoyer voir ce qui se passait dans le coin. Et visiblement, il se passe quelque chose. Je ne sais pas ce que sont ces contacts inconnus, mais je peux vous dire qu’ils sont classés comme hostiles, et qu’Adonis semble avoir subit des dégâts. »

« Vous croyez, lieutenant Cendre ? Bon sang, dans quoi le pacha s’est encore fourré… » grommela Fresco, inquiet pour le sort de Jan Sanada à bord de Pandore. Le colosse aux cheveux roux se massa les tempes, prenant le temps de réfléchir. Il ne s’était pas attendu à tomber en pleine mêlée contre des inconnus ! Les ordres étaient de suivre discrètement Pandore où qu’elle aille, et c’était ce que le Sélène avait fait. Le Caprica l’inquiétait moins : Fresco était heureux de savoir qu’au moins un navire du Cercle trainait dans les parages, et si Von Marsten avait certainement identifié le Sélène, il n’était pas idiot et ne trahirait pas sa couverture tant que cela ne serait pas nécessaire. Ce qui laissait Adonis et Pandore, qui étaient techniquement des ennemis de la Flotte du Cercle, même si de telles considérations n’étaient pas vraiment d’actualité au vu des circonstances.

« Bon ! » finit par lâcher le géant, sa voix se répercutant sur le pont de commandement. « On va agir comme le prévoit le plan, en conservant notre couverture. On reste hors de portée de la bagarre pour l’instant, mais on se tient prêt à intervenir : pas question de laisser le commodore Sanada courir le moindre risque, donc priorité à la protection de Pandore. Dites au commandant Wujkolwski de se tenir prêt à faire décoller son escadrille. Lieutenant Spencer, diffusez le message prévu en cas de rencontre. Ca devrait suffire aux vivenefs vu ce qu’il se passe maintenant pour qu’elles ne cherchent pas à répondre tout de suite aux questions nous concernant, et Von Marsten sait que nous sommes sous couverture. Et que toutes les autres stations se tiennent prêtes, j’ai comme l’impression que le grabuge ne va pas nous épargner. »

Les officiers et hommes de pont acquiescèrent et se mirent aussitôt au travail. Penchée au-dessus de sa console, le lieutenant Alicia Spencer, l’humaine en charge des communications, se racla nerveusement la gorge tandis qu’elle répétait mentalement son discours. Puis elle enclencha l’envoi de communications global, afin d’atteindre Adonis, Pandore et le Caprica en une fois, se composant l’attitude neutre et un brin affolée qui seyait à tout membre d’un simple vaisseau qui ne s’attendait pas à tant d’histoires :

« Ici le Stardust, vaisseau de marchandises. » Spencer hésita délibérément sur la notion du prétendu Stardust, dans le but qu’on le prenne bien pour un autre vaisseau de contrebande qui avait décidé de jouer le tout pour le tout en collant aux basques de Pandore. Pendant qu’elle parlait, son sous-officier diffusait les codes civils et impeccablement trafiqués qui dissimulaient la nature militaire du Sélène à tout vaisseau qui n’appartenait pas à la flotte. « Nous avions décidé de heu… suivre la même route que Pandore, et nous commençons sérieusement à le regretter. Seulement, on ne peut pas se dégager sans rien faire. Nous allons nous rabattre sur le flanc de Pandore, et sommes prêts à assistance. Nous disposons de batteries en états de marche, et d’une escadrille au complet. Stardust, terminé. »

Spencer relâcha ses commandes et échangea un regard avec Fresco, croisant les doigts sous son pupitre. Le second espérait vivement que le commodore Sanada finirait par apprendre qu’ils étaient dans le coin, et que leur couverture n’était normalement pas en danger. Même si, pour le commodore, Fresco et l’équipage du Sélène étaient prêt à faire tout ce qui était en leur pouvoir contre ces étranges vaisseaux noirs.


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Joseph Von Marsten
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Re: [Mars] Arrivée conjuguée[#001]

Message par Joseph Von Marsten le Ven 17 Avr - 21:32

Joseph Von Marsten suivait avec intérêt les données qui défilaient sur l’écran de sa console de commandement. Puis il leva les yeux pour contrôler l’affichage tactique, et fronça légèrement les sourcils :

« Pourquoi est-ce qu’ils ne bougent pas plus? » murmura-t-il presque plus pour lui-même qu’à l’attention d’autrui. «On dirait qu’ils ne savent pas plus que nous comment se comporter en cas de conflit militaire ouvert… »
Pensif, le commandant du Caprica se laissa aller contre le dossier de son fauteuil, et fit un signe de la tête au lieutenant des communications. Babascus pianota sur ses commandes et se tourna directement vers son capitaine pour mieux lui communiquer les informations qu’il attendait :

« Les codes ont été transmis, pacha. Tout le monde sait que nous sommes là. »

« Parfait. Et d’après le message qu’a envoyé le Sélène, ils ne sont pas prêts de révéler leur identité. Fichu Sanada et ses missions d’infiltration. Comme si on avait besoin de ça, un commodore sur une vivenef de contrebande en plein milieu d’un conflit généralisé. »

Les lèvres de Joseph grimacèrent autour du cure-dents. Le commandant connaissait Jan Sanada de réputation –il l’avait même croisé à plusieurs reprises- et s’il respectait les capacités du métis, il n’aimait pas la manière qui tournait à l’obsession qu’il avait de régler ses petites affaires avec le monde de la contrebande. Et son comportement fantasque le rendait aussi imprévisible pour ses ennemis que pour ses alliés. Mais cela n’avait pour l’heure aucune importance : ils étaient tous deux dans le même camp. A vrai dire, en ce moment même, pirates, contrebandiers et militaires n’avaient pas d’autre choix que de faire front commun face à ces étranges vaisseaux noirs. Von Marsten, malgré sa jeunesse de l’autre côté de la barrière, était devenu un véritable officier dans l’âme, et il n’était pas follement ravi à l’idée de travailler avec des hors-la-loi, mais il était suffisamment intelligent pour reconnaître que cela était nécessaire.

« Je n’aime pas ça. Ce sont… ce sont des bandits, des parias. Je n’aime pas devoir travailler main dans la main avec eux. Rien que d’imaginer devoir la leur serrer, je… je crois que je ne me sens pas très bien. »

Von Marsten leva discrètement les yeux au ciel quand D’Arville fit écho à ses pensées. Comme Sanada, il respectait les compétences d’Eusèbe mais comme Sanada, ce dernier était lui-même un cas particulièrement compliqué. Et, il fallait bien le dire, difficile à supporter pour les nerfs. Et si D’Arville avait semblé regagné un brin de confiance en lui sur le pont, il semblait bien décidé à rester lui-même.

« Nous n’avons pas vraiment le choix, monsieur. »

« Quelque part cela tombe bien, devoir choisir me fait horreur. Que faisons-nous, maintenant ? »

Eusèbe était plus ancien en grade que Von Marsten, mais le Caprica était sous le commandement de Joseph, et c’était donc à lui de prendre en mains le déroulement des opérations.

« Et bien, nous attendons qu’Edenko et ses hommes nous en apprennent plus, et nous nous tenons prêts à intervenir. Je crois qu’il est d’ailleurs temps de nous annoncer distinctement. Lieutenant Babascus, mettez moi en liaison radio globale, s’il vous plaît, que tous nos amis nous captent. »

« Bien pacha. »

Babascus tapota sur son clavier, et fit signe à son commandant qu’il pouvait parler :

« A Adonis, Pandore et Stardust. Ici le commandant Joseph Von Marsten, capitaine de la frégate des Forces de Défense du Cercle Caprica. Nous avons été envoyés par Balor suite au message reçu par la station. Notre escadrille décolle en ce moment même et nous sommes prêts à vous porter assistance malgré nos… différences d’affiliation. Un message est sur le point d’être transmis à Balor pour les tenir au courant de la situation. Von Marsten, terminé. »

Puis Joseph mordilla son cure-dents, et fit signe à Babascus de changer de canal, pour basculer sur celui des enregistrements longue distance :

« A destination du commandement de la flotte, station Balor. Nous venons d’arriver aux alentours de Mars, et confirmons le message d’alerte. Pandore et Adonis sont sur place, ainsi que le Sélène, sous couverture. Nous faisons face à une armada de ce qui semble être des vaisseaux extracirculaires hostiles. Nous avons commencé les procédures de renfort. Attendons de vos nouvelles, la situation est réellement inquiétante. Von Marsten, terminé. »

Babascus s’occupa d’envoyer le message, qui prit la route des ondes spatiales direction Balor. Joseph avait été plutôt laconique, mais les détails attendraient. Il espérait juste qu’ils attendent assez longtemps pour qu’ils restent tous en vie afin de les transmettre.

« Bon, et bien il ne nous reste plus qu’à nous tenir prêts et attendre de voir comment les choses vont tourner… »

Il échangea un regard avec D’Arville, et tous deux se perdirent dans la contemplation des affichages tactiques.
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