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La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

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Elyès de Lioncourt
Diplomate Troyen

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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Elyès de Lioncourt le Mer 3 Sep - 11:04

Pour dire vrai, les choses se passaient beaucoup mieux que ce que le diplomate troyen avait prévu. Non seulement Madeline se calmait et présentait des excuses, mais en plus il semblait en aller de même pour le jeune Franz qui ne montra pas en premier lieu de remontrance particulière. Non, il émit juste une tentative de plaisanterie ce à quoi Elyès haussa les épaules avec un air quelque peu benêt, et toujours au grand toujours, avec un sourire éclatant. Sur un ton léger, il répondit :

« Vous disputer avec moi ? Ha ha, mais quelle drôle d'idée ! »

Il faut dire que pour quelqu'un qui a vécu en désamorçant les disputes entre frères et soeur depuis son plus jeune âge et qui, désormais, vivait avec l'agent de l'ari, ici présent, sans dispute ou presque, l'idée que quelqu'un souhaitait se quereller avec lui semblait un chouilla farfelue. Mais gentiment et sincèrement, Elyès reprit :

« Mais si le coeur vous en dit, je vous souhaite bon courage. »

Car arriver à le fâcher n'était pas une mince affaire. C'était possible, mais il fallait vraiment chercher les points sensibles.

Mais le jeune Franz coupa court en reprenant avec sérieux et expliqua plus où moins ce qu'il faisait ici. Enfin, les possibles raisons qui faisait que c'était lui qui était là et pas un autre.

« Bien... répondit sobrement Elyès. Si vous le désirez, vous pouvez m'appeler simplement Elyès. »

Y'avait-il en ces dernières paroles un quelconque espoir que Franz dise « laisser tomber mon nom à rallonge-un-brin-compliqué et nommez moi Franz » ? Noooon, bien sûr que non. Ou juste un peu. Mais quoi qu'il en soit, Diplomate oblige, le troyen n'en laissait rien voir et avant que son interlocuteur n'ait eut le temps de réfléchir aux possibles sens cachés de cette phrase, il enchaîna direct :

« Moi, il est possible que l'on m'ait demandé de vous assister car... Je n'ai pas grand chose à faire en ce moment. Et je suis en place ici depuis quelque temps déjà, alors je connais le bâtiment... »

Les lèvres du diplomates s'étiraient en un sourire enfantin qui montrait toute la bonne foi du personnage. Il était également possible qu'on lui ait demandé, à lui, à cause de son infinie patience, de sa politesse hors norme et de son sens de la survie qui lui faisait éviter les querelles en tout genre... Mais tout ça, il n'y pensait pas. Son sourire s'accentua encore un peu plus de satisfaction quand enfin, Maddie laissa passer l'invité et que ce dernier parvint enfin à pénétrer dans son antre. Car, rester au pied de la porte, c'est bien gentil, mais bon. Les portes, nous l'auront bien compris : ça pouvait être bigrement dangereux.

Tandis qu'Elyès commençait à s'éloigner de la porte pour aller vers son bureau, il entendit Maddie demander à une équipe médical de venir. Il soupira un peu et se rebroussa chemin pour se retrouver à côté de son épouse et lui murmura gentiment :

« Maddie... Ce n'est pas nécessaire. Je vais bien. »

Pendant ce temps, Franz put observer le lieu dans laquelle il entrait. Cette salle respirait la propreté et l'ordre et était plutôt du genre spartiate. Un bureau de bois d'un style asgardien se trouvait au milieu, des étagères de même style ornait le mur de gauche et quelque chaises attendaient autour du bureau que quelqu'un daigne les utiliser. Un petit banc très simple était accroché au mur de droite. Un porte manteaux vide était posé de l'entrée et une petite fenêtre, qui ne semblait pas à première vu ouvrable, laissait filtrer la lumière naturel (et froide) de dehors. Enfin, un radiateur un peu ancien ornait le mur du fond, sous la fenêtre, et force était de constater que pas un seul grain de poussière s'était posé sur ce superbe objet (merveille de la technologie qu'Elyès avait bien vite apprit à utiliser.).

La décoration était simple et sobre, avec des nuances de couleurs naturelles, chaudes et douces, et tout semblait être rangé aux millimètres près : pas une feuille ne dépassait des tiroirs, le bureau était parfaitement ordonné et la disposition des meuble faisait plus penser à une vitrine d'exposition qu'à un lieu à vivre. Mais la température, légèrement plus élevée que dans le couloir, semblait bien indiquer que 1°/ le radiateur fonctionnait bigrement bien, 2°/ quelqu'un séjournait ici.

Enfin, délaissant la rouquine, Elyès s'avança vers le bureaux, s'assit à une chaise, tira un tiroir remplit de plusieurs boites entières de mouchoirs et en sortie un nouveau tandis qu'il jetait l'ancien dans une poubelle proche, cachée sous le bureau. Il sentait que ça ne saignait presque plus, mais bon, il ne tenait pas plus que ça à se tacher à cause d'un excès de confiance envers Monsieur Nez. Il sourit à Franz, et repris assez naturellement :

« Alors... revenons à nos moutons... Pouvez vous me parler un peu plus précisément de cette conférence ? Nombre estimé de convives, besoins spécifiques... Tout ce que vous savez en fait ? »

Il eut un joli sourire d'excuse et finit par reprendre :

« J'ai été quelque peu laissé dans le flou... Et on m'a surtout dit de voir avec vous. »

Oh, Elyès avait bien quelques informations, mais la première choses qu'il voulait voir, c'était si elles concordaient bien avec ce qu'allait dire Franz. Inutile de vouloir aller trop vite, ils avaient tout leurs temps après tout...

Madeline de Lioncourt
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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Madeline de Lioncourt le Mar 9 Sep - 17:29

La connection toujours établie entre Maddie et l'équipe de secours, lorsqu'ils entendirent M. De Lioncourt exprimer lui même qu'il allait bien, ils décidèrent de ne pas intervenir. Madeline baraguina quelque chose entre "incapable", "flemmard" et "désolée du dérangement".

Et c'est avec son éternelle mine boudeuse qu'elle regarda les deux diplomates commencer leur jeu et leur travail.
Dans ces moments-là, elle se sentait toujours de trop. Incapable de suivre et de comprendre ce qu'ils se disaient. Bon, elle ne le voulait pas plus que cela, non plus hein. Si c'était pour se filer une bonne migraine à essayer de suivre deux champions de la rhétorique, c'était peine perdue pour Madeline. Elle préférait ne rien savoir de leur discussion et plutôt les observer et sélectionner dans leur comportement le moindre signe d'agressivité. Ca, c'était plus dans ses cordes. Bien que d'habitude, lorsque la rouquine adepte du free fight regardait son époux et son interlocuteur... qui avait une nette tendance à être une interlocutrice, elle scrutait le moindre signe (plus ou moins évident selon le degré de blonditude de la donzelle) d'intéressement au physique de son cher et tendre plutôt qu'à ce qu'il pouvait bien lui raconter.
Autant dire que Maddie aurait pu passer son diplome d'espionnage/scrutation/observation haut la main.

Tandis que ces Messieurs s'installait au bureau d'Elyès, Madeline prit le partie de rester encore un peu et alla s'asseoir sur le banc. Croisant bras et jambes, elle entra en mode "Chien de garde".


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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Invité le Jeu 25 Sep - 10:11

Enfin, on pouvait démarrer.

Sans se départir de son air de légère condescendance - involontaire, mais si profondément gravé en lui au burin après une vie passée dans l'aristocratie ase - Franz opina aux paroles de son interlocuteur.

« Vous disputer avec moi ? Ha ha, mais quelle drôle d'idée ! Mais si le coeur vous en dit, je vous souhaite bon courage. »

"Sait-on jamais comment ces entrevues se déroulent..." souria-t-il, presque.

Enfin, tout le monde était remis à son aise, à l'exception peut-être de la femme du diplomate, qui semblait prendre autant de plaisir à rester dans la pièce qu'un adolescent boutonneux en aurait eu à tirer les chiffres du loto organisé lors de la kermesse de la maison de retraite "Le Dernier souffle", sur Avalon. Après tout, cela n'était qu'une impression, que l'on pouvait aisément comprendre, si l'on savait de quoi aller les deux hypocrites de métier qui se regardaient alors en chiens de faïence. Certes, l'agressivité en moins. Si l'on comprend le concept du "parler chiffons" et qu'on le pousse à l'extrême, on pourra, en partie, comprendre ce que les deux personnages allaient entamer : parler réception, accueil, intervenants, petits fours, et SpatioWhisky-NukaCola. En gros, parler gros sous, glousser à l'idée de recevoir Mme la Comtesse de Truc, ou M. de Machin, raconter quelques ragots, et le tour sera joué. Enfin, presque. Même si les sujets ne seraient pas abordés tels quels, ni dans l'ordre défini ci-avant, la substance resterait la même.

« Bien... Si vous le désirez, vous pouvez m'appeler simplement Elyès. »

Ce genre de discussion s'avère, en règle générale, assez mauvais. Certes, Elyès avait le droit de le permettre cette légère familiarité, il "recevait". Ayant le même âge, il fallait bien que quelqu'un se permît de décoincer l'entretien.
Franz trouva le moyen de répondre, d'une voix un peu étranglée, peu habitué qu'il était à ce rapprochement soudain :

"Je vous remercie... De même, vous pouvez m'appeler Franz... Il hésita un quart de seconde : Cela vous évitera de perdre dix minutes à chaque fois que vous voudrez employer mon nom..."

Autant l'autodérision savait être bien comprise de certaines personnes, autant d'autres n'y goûtaient guère. Cependant, d'après la scène dont il avait été témoin quelques instants plus tôt, Franz avait supposé que son interlocuteur apprécierait. Règle numéro 5 en voie de vérification : se faire apprécier, ni trop ni pas assez, pour donner une bonne impression tout en sachant se faire oublier après son départ.

« Alors... revenons à nos moutons... Pouvez vous me parler un peu plus précisément de cette conférence ? Nombre estimé de convives, besoins spécifiques... Tout ce que vous savez en fait ? J'ai été quelque peu laissé dans le flou... Et on m'a surtout dit de voir avec vous. »

De bons présages ! Un mois avant ladite conférence et rien ne semblait être prêt ! Encore quelque chose qui s'avèrerait palpitant, définitivement...

"Comme vous le savez, M. de Lion... Elyès, l'université de Valhalla a prévu, sur cinq jours, une conférence - un symposium, un colloque, qu'importe l'appellation - de l'Alliance Ase-Shitennô. Si ma mémoire ne me fais pas défaut... Il sortit de sa sacoche quelques papiers, un demi-kilogramme, au jugé. 'L'amitié au service de la pérennité' premier jour, quelques discussions et tables rondes sur l'histoire commune des deux peuples, et des accords en vogue à l'heure actuelle... Toutes ces conférences se dérouleront dans les amphithéatres de votre université."

Son regard parcourait rapidement les feuilles volantes qu'il avait emmenées, historie de ne pas faire attendre trop longtemps son interlocuteur.

"Voici ! La liste des convives prévus, recensant toutes les hautes positions de nos deux planètes." glissa-t-il en même temps qu'une liasse, ne prenant pas garde à l'attribution du "nos planètes", se considérant quasiment ase et shitennô d'adoption.

"Nous avons estimé le nombres de participants à 2400, et approximativement le triple de convives. Il est amusant de constater que nos congénères se reproduisent avec une facilité déconcertante. Je crois savoir que le doyen de l'université vous a fait part de ses demandes quant à l'attribution souhaitée d'un salon, pour la soirée d'ouverture, pour le vernissage le troisième jour - je vous le recommande chaudement, si vous aimez l'art primitif Ase. 'De la spirale au vortex' est-il précisé ici. Athrassi lui-même présentera ses dernières courbes. Mais nous nous éloignons..."

Ne pas diverger, ne pas diverger, ne pas diverger.

"Et évidemment, pour clôturer le tout, un bal de Gala est prévu. Son excellence le gouverneur de Tenkai souhaite à cette occasion prononcer un discours, ainsi que son excellence le gouverneur d'Asgard, je crois. Toujours cette manie de préciser son excellence... Un dîner serait donc vraisemblablement nécessaire. Nous avons d'ores et déjà réfléchi à un plan de table, mais je pense que votre collaboration serait hautement précieuse."

Franz avait déblatéré tout cela sans sourciller, à l'exception du moment durant lequel il avait abordé le sujet des spirales ases, art qu'il avait appris à apprécier grâce à une certaine...
Mais l'heure n'était pas à cela.

Ayant présenté le point de vue d'une partie des belligérants, si l'on osait la comparaison hardie, il attendait le feu ennemi.

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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Elyès de Lioncourt le Sam 11 Oct - 0:17

D'un geste qu'il avait tant de fois répété déjà, Elyès sortie de sa poche son étuis à lunettes, l'ouvrit d'une mains et attrapa sa paire qu'il plaça alors sur son nez. Il avait prit pour habitude de ranger ces dernières dans une boite rigide et solide, plutôt que de les mettre dans sa poche négligemment, et fort bien lui en prit : si son nez agonisait maintenant sur un mouchoir, dans quel état aurait été les malheureuses ? Madeline, des fois indirectement, incitait à la prudence...

Il se pencha sur le côté de son bureau, ouvrit le deuxième tiroir et sortit alors son propre dossier avec (toujours) un petit sourire sur les lèvres. Il plaça ce dernier devant lui et eut une petite pensée pour les malheureux arbres qui avait été sacrifié pour faire simplement son dossier ou celui de Franz. Combien même ça pouvait être du papier recyclé, le troyen en conclut que l'ennemi naturel de l'arbre était le diplomate (sauver un arbre, manger un diplomate). Il ferait des efforts pour tenter de s'en sortir en informatique, un jour...

Laissant de côté ses pensées qui n'avaient pas grand intérêt, il ouvrit son dossier en articulant doucement :

« C'est bien ça, nous sommes d'accord... »

Pendant le petit discours de Franz, il avait de temps en temps hoché la tête et avait attrapé les feuilles que ce dernier lui tendait, en les parcourant d'un rapide coup d'oeil. Maintenant que tous deux étaient au même point, il ne restait plus qu'à continuer et donc exposer les données qu'il avait lui même réussit à récolter.

« Bon, il ne me restera plus qu'à vous présenter à l'organisateur de cette rencontre je crois bien... »

Et oui, non content d'être un gentil diplomate innocent et patient, Elyès n'était pas non plus un voleur de travail. Des gens étaient payés pour organiser des rencontres extra-planétaire ? Et bien grand bien leur en fasse ! Elyès les laissait faire. Lui, son travail actuel consistait alors à assister Franz, apporter ses idées et suggestions et aussi, pour le moment, exposer les faits.

«  Alors, pour le bâtiments... Nous avons déjà... Le bâtiment Hurulu et Steanford où les directeurs nous ont gracieusement mis à disposition leurs murs pour que nous puissions mettre en place la rencontre. Il paraît que les étudiants ont été enchanté d'apprendre qu'une telle rencontre aurait lieu... »

Elyès laissa délibérément sa phrase en suspend. On y comprenait bien ce qu'on voulait.

« le premier, reprit-il, est proche de l'ambassade et des salles de réceptions et présente une infrastructure ouvragée et ancienne. Le deuxième est plus neuf, dans un cadre plus calme et idyllique et est mieux chauffée. »

Oui, c'était important ça. Très important. Du moins, ça l'était au yeux du diplomate. Une soirée où les convives passent leurs temps à grelotter ? Et puis quoi encore ! (Alors que la plupart des gens abordent un enfer constitué de flammes et de lave, pour Elyès, c'était un grand manteau blanc et froid...)

« Une préférence ou je passe à la suite ? »

Salle de gala, réception, personnel... sécurité... il y avait bien encore de quoi blablater pendant un moment...

[voilà, j'espère que ça te va =/ désolé pour l'attente]

Madeline de Lioncourt
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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Madeline de Lioncourt le Mar 28 Oct - 0:02

Tandis que les deux diplomates parlaient dans leur jargon, la rouquine patientait tranquillement, son séant sur le banc, bras et jambes croisés. Son pied battait la mesure. Vraiment, elle n’aimait pas ça. Mais elle devait le faire. Ca faisait aussi partie de son travail. Patienter. Ne pas bouger.
Surveiller à la rigueur, ca ne la gênait pas trop. Dans la surveillance, il y avait un côté excitant. Attendre que le suspect fasse une erreur et hop ! Le prendre en flag ! Ca, c’était palpitant. Rien à voir avec les histoires de salles de réceptions dont parlaient les deux hommes.
Madeline se mit alors à regarder autour d’elle, même si elle connaissait déjà les lieux par cœur. Elle en connaissait chaque petit détail, chaque parcelle. Un sourire naquit sur ses lèvres à la vue de tel ou tel objet, lui rappelant un souvenir ou un autre.

Mais sa rêverie fut durement interrompue par une sonnerie stridente qui retentit dans toute la pièce. Et sûrement dans tout l’étage. Maddie fit un rude bond en jurant et sauta sur ses pieds.

Lançant un bref coup d’œil inquiet vers Elyès, elle se rapprocha des diplomates. Elle avait reconnu le signal et cela ne lui plaisait absolument pas. Se positionnant près de son époux, posant une main sur son épaule, elle activa de l'autre sa radio et entendit sur le canal :

« Evacuation des lieux. Faites sortir le personnel de l’ambassade en suivant les consignes de sécurité. »
« De Lioncourt, bien reçu. Je fais évacuer l’étage. »

Elle regarda les deux hommes en face d’elle et avec un calme plutôt inhabituel pour ceux qui la connaissait, elle déclara :

« Messieurs, je crains que votre entrevue ne s’interrompte ici. Je vais devoir vous faire sortir. Par là, je vous prie.» fit-elle en désignant la porte.

Ce calme n’était qu'une façade. Un quelque chose que l’on lui avait appris dans son école. Il fallait éviter tout mouvement de panique dans ce genre de situation et pour cela, il valait mieux que le leader montre l’exemple. Or, ici, c’était elle, le leader. Alors prenant sur elle, Madeline fit ce pour quoi elle avait été formée, ce pour quoi elle portait cet uniforme : la protection des civils.
Sans attendre, elle alla sur le seuil de la porte et jeta un coup d’œil dans le couloir. Rien de suspect à l’horizon. L’agent de l’A.R.I entreprit pendant un seconde de se concentrer sur sa respiration, histoire de calmer son rythme cardiaque qui aurait pu faire pâlir un batteur de rock. Protéger les gens était son devoir, mais quand cela incluait en plus l’amour de sa vie, la mission revêtait un tout autre sens. Bien sûr qu’elle était prête à donner sa vie pour sauver autrui, s’il le fallait. Mais Elyès, c’était différent. Pour lui, elle donnerait tout, abandonnant quiconque se trouvant sur son chemin. Pour lui, elle était véritablement capable de tout. C’est pourquoi, elle avait peur en cet instant. Cette alarme, elle la connaissait et la redoutait à la fois. C’était l’alarme incendie.

Les deux diplomates dans son dos, Madeline sortit dans le couloir et leur indiqua l’escalier de secours.

« Sortez calmement par là. Je vous rejoins dans un instant. Je dois vérifier qu’il ne reste personne à cet étage. »

Bien que quitter Elyès dans ce genre de situation lui fendait le cœur, Madeline devait également faire son travail et donc s’assurer que tous les diplomates sous sa charge quittent les lieux sains et saufs. Sans un regard vers son époux (elle avait préféré éviter le contact de peur de voir sa résolution diminuer), la rouquine partit dans l’autre sens en courant.


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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Invité le Dim 16 Nov - 15:43

Les discussions inhérentes à la préparation d'une rencontre inter-culturelle sont particulièrement soporifiques. Certes, certains aiment à tailler le bout de gras quant à la salle, les dimensions, le décor, la musique, les petits fours... la préparation dans ses moindres détails, en fait.
Cela peut s'avérer palpitant, vous prendre aux tripes, vous les remuer, et vous procurer tant de plaisir que même les drogues les plus dures ne sauraient vous détourner de cette manne excitatrice. Cela représente environ 2% de la population totale du Cercle. En arrondissant grossièrement à la dizaine supérieure, en plus.

Franz n'aimait pas vraiment devoir s'intéresser à ces détails, et il avait comme l'impression que son interlocuteur n'était pas particulièrement excité à l'idée de poursuivre encore quelques heures à discuter de la place de telle peinture sur tel mur, des réglages des micros, des lumières...

« Bon, il ne me restera plus qu'à vous présenter à l'organisateur de cette rencontre je crois bien... »


"Très bien..."

Franz n'avait pas cillé. L'organisation u milieu diplomatique était si surprenant que l'on se demandait encore pourquoi l'on rencontrait M. A avant de voir M. B qui se trouvait être l'interlocuteur choisi... Il fallait toujours remplir des formulaires différents, à faire tamponner par des personnes variées - à croire que les personnes habilitées à ce travail ne pouvait l'effectuer qu'une seule et unique fois - à emmener dans des pièces multiples, afin de les faire vérifier par des autorités diverses... Quiconque aurait aimé faire un diagramme présentant chaque éventualité aurait fini enfermé dans une chambre capitonnée, habillé d'une camisole de force.

« Une préférence ou je passe à la suite ? »

Franz fut tiré de sa rêverie fugace.
Ah, oui, les salles...

"Non, pas particulièrement. Peut-être serait-il préférable de faire passer les réceptions officielles dans ce bâtiment Hurulu, afin de profiter de son cachet particulier, et utiliser le second pour les cocktails en tous genres qui auront lieu en même temps... Un lieu pour la politique, un lieu pour l'art. Ne mélangeons pas les deux, ce serait... fort discutable !"

Il esquissa un semblant de sourire, un rien las. Il venait de se prendre en pleine face les conséquences de son voyage spatial et de ses multiples et courtes nuitées, et la fatigue l'avait assailli d'un coup, comme une chape de plomb s'effondrant sur lui. Il cligna des yeux un peu plus rapidement pour les humidifier, et se redressa un peu plus, bien qu'étirant déjà son dos du mieux qu'il savait.

C'est à ce moment précis que...

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Une sirène, stridente, criarde, retentit. Les poils de Franz se hérissèrent sur ses bras, ses globes oculaires s'écarquillèrent jusqu'à manquer de s'exorbiter.
Il entendit la voix de Madeline, qui lui disait vraisemblablement de bouger, de rejoindre un lieu de rassemblement prévu, plus bas, ou hors de l'ambassade.
Un long bourdonnement obstruait ses oreilles, sa vision devenait floue, sa tête tournait.
Il se leva, l'air certainement hagard, perdu, son visage de marbre affichant alors une expression d'angoisse, une crainte qui remontait. Un enfant perdu, abandonné dans une ville trop grande, trop sale, trop violente aurait eu le même regard.
Chaque "bip", chaque sonnerie était comme une aiguille, un pic glacial, qui venait s'enfoncer sous la chair vivace du diplomate, pour être extraite aussitôt, le laissant à peine se remettre du coup précédent pour l'agresser de nouveau.
Sa tête lui sembler lourde, comme s'il avait été ces vieux jouets, les culbutos, mais inversé, et que tout sa masse se soit trouvée dans son crâne, qui gonflait, enflait, grossissait tant et si bien qu'il finirait par exploser, laissant des petits bouts de douleur dans le bureau.

<div style="width:220px;height:55px;"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=58940&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=58940&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object></div>


Ses pieds le menèrent difficilement jusqu'à la porte, une grand rectangle clair, flou. Une main le retint au chambranle, alors qu'il titubait jusqu'à l'ouverture. Il n'avait aucune conscience des gens alentours, il ne sentait que son sang qui tambourinait dans ses tempes, du métal, partout, une cellule étroite, des bruits, des gens qui couraient.
Il fut bousculé alors qu'il descendit l'escalier, des hurlements, partout, des cris, des déflagrations retentissaient, partout.

Il eut la nausée.

Le sol vacillait sous ses pieds, il perdit 16 ans en une seconde. Des hommes en bleu hurlaient, arme au poing, des éclairs de lumière, une confusion, une douleur dans l'épaule, des hurlements - une femme - trois bruits secs, succincts, nets. Puis plus rien. Un juron, peut-être, une main gantée qui le traîne, deux corps étendus.
Franz s'effondra, tombant assis sur les marches, entouré d'un tohu-bohu visuel, des taches de couleurs qui s'affairaient, sans aucun autre son que ce cri suraigu qui lui perçait les oreilles. Il grelottait, son cœur s'emballait, son souffle était entrechoqué de hoquets, de reniflements, ses yeux fixaient un point imaginaire, à ses pieds, injectés de sang. La sueur commençait à perler sur ses tempes.
Son corps tremblait, pris de spasmes, il ne pouvait plus bouger, la volonté lui manquait.
Un seul son avait produit cela...

[HRP : Désolé et pour le retard, et pour les ajouts "non textuels" mais ces derniers me semblaient sympathiques... ^^]

Elyès de Lioncourt
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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Elyès de Lioncourt le Sam 6 Déc - 22:46

Aujourd'hui plus que d'habitude, les forces de l'univers semblaient s'employer à vouloir empêcher une rencontre de se passer normalement. Cet état s'était illustré par une porte soudain atteinte d'une volonté destructrice de cloison nasale, d'une dispute d'ado entre deux personnes qui semblaient pourtant avoir quitté cet âge depuis un moment et un nez qui se transformait en robinet qu'on avait oublié de correctement fermer. Et là, nouveau plan génial de la part des forces de l'univers : l'alarme à incendie.
L'avantage, quand on a à faire à Elyès de Lioncourt et qu'on est une force de la nature, c'est qu'on ne lutte pas longtemps et qu'on gagne très facilement. En effet, le troyen ne semblait pas être de nature très contraignante.

Et il ne l'était effectivement pas.

Ainsi, il avait ouvert la bouche pour tenter de répondre à Franz et aussitôt, quand l'alarme avait résonné dans la salle, il l'avait fermé dans un petit clappement discret et avait reformé un sourire nonchalant. Il avait attrapé ses dossiers calmement, avait entrechoqué la largeur et la longueur avec la table pour bien les organiser et les avait posé sur son protège bureau, à, approximativement, le milieu. Oui, il y avait peut-être quelque chose qui cramait, ils allaient peut-être avoir des soucis, mais il n'empêchait que ce ne serait pas pour autant que le troyen se serait amusé à laisser un bureau désorganisé.

Tout aussi calmement, il attrapa ses lunettes et les rangea dans son étui, se levant doucement et prononçant enfin :

« Je pense que l'on reprendra ça plus tard... »

Il resta interdit, le visage toujours au demeurant souriant, quand Madeline laissa place à l'agent de l'ARI. Pas plus contraignant contre elle qu'aux forces de l'univers, il fourra son étuis dans la poche de sa chemise et tout sourire, il ajouta :

« Oui, oui, on suit ! »

Il trouvait toujours aussi étonnant la transition que la jeune femme pouvait avoir selon la situation et eut un sourire amusé face à tant de professionnalisme. Amusé mais aussi profondément teinté de respect.

Il allait se retourner pour lancer à Franz un aimable « pas vrai ? » mais se retrouva muet devant l'état du diplomate. Il y avait quelque chose qui n'allait pas, pas la peine d'être très psychologue pour s'apercevoir de ça. Il laissa tomber son visage insouciant pour se composer une allure sérieuse et se hasarda à demander :

« ça va aller ? »

Mais si Franz avait répondu, Elyès ne l'entendit pas, alors bousculé par le bruit de l'alarme qui raisonnait dans le couloir et surprit par le départ en sens inverse de Madeline. Il regarda la rouquine s'éloigner précipitamment dans les coursives de l'ambassade, le visage alors neutre et ferma doucement les yeux pour prendre une longue et lente respiration. Ça irait. Elle reviendrait. C'était Madeline...

Aussitôt l'objet de ses pensées définitivement hors d'attente, Elyès décida de canaliser son attention sur quelqu'un d'autre, Franz en l'occurrence, qui rien que par ses faits et gestes renseignait le troyen sur la question qu'il avait posé. Le visage inquiet, Elyès colla les talons du jeune homme, redoutant d'avantage ce qui pouvait passer par la tête de ce dernier que du danger d'un possible incendie. Il suivit silencieusement le parcourt d'évacuation de l'ambassade, jetant fréquemment des regards au jeune diplomate et chaque inspections se finissaient par une pensée pessimiste d'Elyès sur les capacités que pourrait déployer le jeune Franz pour sortir d'ici. Ou celles qu'il ne pourrait pas déployer, justement.

Quand l'escalier fut en vue, le troyen se permit de penser que ça irait, peut-être, que son jeune collègue pourrait tenir. Il s'aperçut vite cependant qu'il avait faux car un nouveau coup d'oeil furtif le renseigna sur l'impossibilité de Franz à pouvoir aller plus loin. Aussitôt, serpentant entre les autres personnes occupées à évacuer les lieux avec plus ou moins de calme, il se positionna à côté du jeune homme et s'accroupit pour pouvoir regarder Franz droit dans les yeux. Il lui saisit doucement les épaules et se pencha encore un peu plus pour tenter d'apercevoir un quelconque regard. D'une voix sérieuse qui contrastait avec son visage inquiet, Elyès tenta d'appeler le jeune homme.

« Franz ! Il faut se lever, on doit partir d'ici ! Pouvez-vous marcher ? Franz ! »

Mais la seule réponse qu'il eut fut la sensation, entre ses doigts, que le diplomate tremblait de plus en plus fort. Il lâcha un instant prise, à moitié hébété par une telle réaction, et jura poliment (N'oublions pas que c'est Elyès, tout de même) :

« Fichtre... »

Les gens passaient et évacuaient à côté, mais ça, Elyès n'en prit pas note. Il gardait seulement son visage rivé sur le jeune Franz. Il ne connaissait pas la cause d'une telle réaction, mais se doutait que ce devait être quelque chose de violent. Assez pour laisser de telles marques. Quoi ? Elyès n'en savait rien, et sans doute était-ce mieux ainsi. Doucement, il tira sur la manche de sa chemise pour se protéger la paume droite et passa cette dernière sur le front en sueur du jeune homme. Le visage détendu, semblant flotter dans un monde différent où il n'y avait pas d'alarme ou d'incendie, Elyès passa ses bras autours des épaules de Franz et s'approcha très familièrement de ce dernier. Il poussa un léger soupire et parla à voix douce :

« ça va aller, ça va aller... Du calme... »

Cette méthode avait, pas mal de fois, prouver son efficacité envers les frères et la soeur d'Elyès, cependant, ce dernier se demandait si le résultat escompté serait au rendez vous, cette fois ci. Franz n'avait en rapport qu'un âge sensiblement proche de celui de son plus jeune frère, mais certainement pas la même éducation. Cependant, tant que le jeune homme ne le repousserait pas, Elyès ne bougerait pas. Jusqu'alors fermés, il entrouvrit les yeux et regarda le haut des escaliers, espérant voir la chevelure rousse de son épouse. Si elle ne venait pas rapidement, Elyès bougerait seul, entrainant Franz dans son sillage, mais pas toute suite.

Il jeta un regard noir à la pendule et souhaita sincèrement que le temps se suspende, que tout s'arrête.

[hrj : si vous trouvez ça niais, dîtes le, merci V_v ]

Madeline de Lioncourt
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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Madeline de Lioncourt le Mar 3 Fév - 19:17

Dieu qu’elle n’aimait pas ça. S’éloigner ainsi de son être aimé alors que les lieux n’étaient plus sûrs. C’était un véritable crève-cœur que de devoir rebrousser chemin. Mais sa conscience professionnelle avait prit le total contrôle de son corps. C’est ainsi que durant les cinq dernières minutes, Madeline de Lioncourt, agent de seconde classe de l’A.R.I., attachée au service de protection de l’ambassade de Valhalla, courrait et vérifiait chaque pièce du quatrième étage du bâtiment.
Une fois sûre et certaine que personne ne traînait derrière, elle envoya un rapport.

« De Lioncourt. Quatrième étage évacué. Rejoignons la sortie via l’escalier 4-B. Terminé. »

Et sans plus attendre, elle fila en vitesse vers ladite sortie. Son cœur battait à tout rompre, non pas à cause de la course, le corps de l’asgardienne était rudement bien entraîné pour ce genre d’exercices, mais plutôt par l’anticipation des retrouvailles. Chaque pas qu’elle faisait la rapprochait toujours plus d’Elyès et rien que cette idée l’allégeait et la rendait encore plus rapide. Finalement, la rouquine arriva en haut des escaliers et s’apprêtait à les dégringoler lorsqu’elle aperçut l’objet de ses pensées. Tout d’abord, un sourire éclatant fendit son visage, mais lorsqu’elle descendit deux trois marches, celui-ci s’évanouit. Elyès était devant quelqu’un et son visage était vraiment, mais vraiment, trop proche de cette personne pour que cela n’en paraisse pas suspect. Les yeux vifs de Madeline reconnurent le diplomate pompeux qui les accompagnait, de par sa chevelure et son vêtement. Mais tout de même, il était trop prêt de son Elyès pour être catholique. Et que faisait-il assis dans les escaliers, nom de dieu ?! L’alarme incendie résonnait pour tout le monde. Personne n’y échappait ou du moins tenterait d’y échapper tant qu’elle serait là.
Mais quand même… pourquoi Elyès était-il si près de lui ? Si ca se trouve, ce diplomate pompeux (dont Madeline n’avait pas retenu le nom) avait fait quelque chose et Elyès…
Et l’imagination débridée de la jalouse épouse se mit en marche et échafauda des scénarios plus rocambolesque les uns que les autres, mais dont l’un prédominait sur les autres : au vu de l’attitude penaude qu’affichait le touriste (noter la différence de nomination), il devait utiliser la technique du pauvre petit garçon apeuré par les flammes, afin d’amadouer sa future victime. Et comme Elyès était la gentillesse incarnée, il s’était retrouvé pris au piège de ses dangereux filets. Madeline n’aurait jamais cru un jour qu’elle devrait se méfier également des hommes. Mais comme cet affreux profiteur avait un visage de jeune premier, il en profitait pour abuser les douces et innocentes personnes, tel qu’Elyès. Et ça, Madeline ne le supportait pas. Cette promiscuité que le touriste avait obtenue, elle allait se charger de la détruire en moins de deux. Nan mais !
C’était donc avec une vigueur toute nouvelle, qu’elle dévala les marches qui la séparait de son cher et tendre époux et du monstrueux personnage.

« Elyès ! »

Bah oui ! La première et seule et unique personne pour laquelle s’inquiétait l’agent de l’A.R.I. c’était son époux et personne d’autres. Ainsi donc, pour le détourner des « atours » de l’autre bidule, la rouquine l’appela.
Une fois assurée (et rassurée) d’avoir de nouveau l’attention de son bien aimé, elle daigna porter la sienne sur l’autre énergumène, qui apparemment n’en menait pas large. Munie d’une pensée désobligeante à son égard (*il tremble comme une feuille… bien fait pour lui !*), Madeline, avec sa manière si particulière, lui parla :

« Hé ho ! Qu’est-ce que vous attendez ici ? Vous allez bouger vos fesses de là, oui ou merde ? Pas question que vous creviez pendant mon service ! »

Oui, autant de délicatesse aurait émue la plus froide des banquises. Peu lui importait au fond, si ses manières un peu rustre pouvaient entraîner un déclic chez le traumatisé, Madeline n'en serait que plus heureuse de ne pas avoir à faire ce qu'elle s'imaginait déjà devoir accomplir pour pouvoir enfin les sortir tous de là.


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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Invité le Mer 1 Avr - 11:40

Franz n'était habituellement pas du genre chochotte à se laisser aller à ses petits états d'âme, ou à geindre chez le coiffeur car la coupe de ses extrémités capillaires lui est douloureuse.
Non, habituellement, il se contentait de dissimuler ce qu'il ressentait, se cachant derrière son air pète-sec et coincé. Mais certains désordres ayant des répercussions d'ordre physiologique, il lui fut impossible de dissimuler le fait que son corps entier semblait être possédé par ce que le Cercle connaissait de personnes atteintes de Parkinson, ce qui n'était pas forcément beau à voir.

Outre les tremblements et autres spasmes, hoquets, qui faisaient onduler son corps, des palpitations lui étreignaient le cœur, le faisant suer sang et eau, au propre comme au figuré. Un léger filet de sang s'écoula de son nez, somatisation due à l'alarme, qui faisait alors écho à des souvenirs qui avaient été étouffés. Ou du moins qui auraient dû l'être.

Quelques points pourpres virent trouver le sol, que deux yeux quasi exorbités, rougis, bouffis, dont s'écoulaient deux légers torrents humides, fixaient, fous. Franz ne pouvait plus respirer, sa poitrine était comprimé, le sifflement suraigu de sa respiration entrait en phase avec la période de la sirène.

« Franz ! Il faut se lever, on doit partir d'ici ! Pouvez-vous marcher ? Franz ! »

La voix lui compressait la tête. Pas de bruit, par pitié, pas de bruit ! Les gens malades ont ceci d'intéressant qu'ils se sentent obligés de cumuler tous les symptômes possibles et imaginables afin d'attirer l'attention sur eux, ce qui devient particulièrement énervant, car quiconque est présent se voit ainsi voler la vedette. Rageant !
Dans volonté de bien faire, Elyès le tenait embrassé, comme on le ferait d'un ami, d'un membre de sa fratrie... d'une personne que l'on veut retenir.

" ça va aller, ça va aller... Du calme... Qu'est-ce que tu as, encore ? Tu crois pas que tu en rajoutes un peu sale chiard ? Alors tu la fermes maintenant ou je te coupe ta putain de langue de morveux et je te la fais bouffer !"

Les journaux avaient affirmé, à l'époque, qu'ils avaient été vraisemblablement exécutés durant l'assaut salvateur. Mais un corps ne se décompose pas en quelques heures, un corps ne se dessèche pas s'il est maintenu en vie, un jeune esprit ne se remet pas du spectacle de l'agonie. On dit qu'un certain Pavlov avait effectué des études comportementales sur des chiens, s'intéressant à la réaction de l'animal face à un stimulus extérieur. En l'occurence, la sirène appelait les coups. Un jeu. Même lors de l'abordage. Un automatisme.
Malingre. Malade. Mutique.
Morts.

Franz sursauta au contact d'Elyès, se retournant comme un animal traqué, mais ne pouvant se déplacer pour autant. Les écoulement de son épistaxis se mêlaient à ses déversements lacrymaux, peignant ses lèvres d'un rouge sinistre, maquillage presque morbide.

« Hé ho ! Qu’est-ce que vous attendez ici ? Vous allez bouger vos fesses de là, oui ou merde ? Pas question que vous creviez pendant mon service ! »

Il hoqueta, projetant ainsi des petites gouttes carmin de çà, de là.
Il déglutit, son champ visuel semblait revenir : à la place d'un grand blanc, il voyait un grand flou. Ses lèvres bougèrent, lentement.

"Peux pas..."

C'était mal parti pour l'évacuation.

[HRP : désolé pour le côté très niais et stéréotypé de ce message...]

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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Elyès de Lioncourt le Mer 8 Avr - 23:11

Mais le temps ne se stoppa pas. Il ne se stoppe jamais quand il faut, celui là. Pas plus que l'alarme qui continuait de résonner dans un vacarme alors assourdissant.

Elyès n'était pas médecin, ni vaguement psychologue. Il savait observer, comprendre les gens et s'adapter aux situations, ou du moins, à peu près. Il savait également plus ou moins remarquer des changements d'humeurs ou de comportement et était généralement assez intelligent pour parvenir à une relation de cause à effet assez rapidement. Pourtant, à ce moment là, il nageait dans le flou le plus total. Il fronça les sourcils en guise de réflexion, sans perdre de vue la porte d'où sortirait Madeline d'une minute à l'autre, et tenta de se remémorer le parcourt de la dégradation d'état de son jeune collègue. Et surtout d'en trouver le début. Bien sûr, c'était dans l'espoir que tout l'état du jeune Franz ne soit pas en raison d'une crise d'une certaine maladie quelconque.

Puis, coupant court à ses réflexions, enfin, la porte s'ouvrit et dévoila l'agent de l'ARI qui se mit alors à leurs niveau. Madeline arriva avec toute la délicatesse d'un percherons avec des sabots de 10 tonnes accrochés aux pattes. Elyès eut une mine gênée pendant un instant, suivit d'un rire autant nerveux que bête, mais ne se départit pas du sourire qu'il avait sur les lèvres depuis que sa rouquine était dans son champs de vision. Plutôt maître de lui, avec une voix excessivement calme pour quelqu'un qui risquait de se voir être transformé en petit tas de cendres fumantes à tout instant en restant avec un traumatisé profond incapable de bouger, l'ex-troyen prit l'initiative de répondre à son épouse au nom du groupe de diplomates qu'il restait dans la cage d'escalier... soit Lui et Franz, en l'occurrence, les autres ayant proprement évacué l'ambassade dans les temps.

« Madeline, calme toi, ça ne va vraiment p... ah. »

S'étant un peu éloigné de son jeune collègue, Elyès put alors observer le visage ravagé de Franz et resta quelques secondes idiot devant cette vision. Ce dernier put alors dire quelque mots, tremblant et hoquetant aux possibles des limites humaines, mais sans bouger pour autant. Puis soudainement, tout fit tilt. Dans un très étrange enchainement de pensée, Elyès réussit à retracer sa journée, du coup de porte à la rencontre, en passant par la micro guerre entre diplomate et agent de l'ARI et l'alarme. Doucement, il passa un bout de sa manche sous le nez de Franz en cherchant de son autre mains un mouchoir et apostropha brusquement son épouse :

« Maddie ! Si ce n'est qu'un exercice, fait le s'arrêter, sans quoi, on aura vraiment un vrai problème ! S'il te plaît, dépêche toi de faire arrêter cette alarme ! »

Puis sortant enfin un mouchoir de sa poche (on est virusophile chevronné ou on ne l'est pas) le troyen commença à laver délicatement le visage de Franz, s'apprêtant à tout arrêter aux moindres signes inquiétants en guise de réaction, tamponnant doucement le sang qui coulait. Et tandis que Madeline se renseignait auprès de supérieurs, il tenta de garder l'attention du jeune homme en face de lui en parlant, souhaitant autant que possible une réponse. N'importe laquelle. Après tout, au moins, le jeune homme avait répondu à l'agent de l'ARI, il y avait du mieux !

« Je ne pensais pas que les saignements de nez était contagieux, M.Hohenstaufen ! Et ne vous en faîtes pas pour le sang sur les vêtements, j'ai un très bon détachant..."

Il garda un silence quelque secondes puis finalement, continua d'un ton tout aussi léger, quoi qu'un peu pathétique :

« Oui, ceci est une pitoyable tentative d'humour pour vous garder dans l'ambassade d'Asgard, avec nous... »

Il soupira un instant en haussant les épaules et finit par reprendre :

« S'il faut sortir, vous pensez y arriver en vous appuyant sur moi ? Ou sur Madeline ? Elle ne paraît pas, mais croyez moi, elle a une force que les ogres jalouseraient." Il sourit gentiment au diplomate avant d'ajouter distraitement : "J'en fais les frais, parfois... »

Puis il se tourna la tête vers Madeline, un air plus sérieux peint sur le visage, attendant le verdict de la suite des opérations. Et quelque chose lui disait que ça n'allait sans doute pas lui plaire vraiment...

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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Madeline de Lioncourt le Dim 26 Avr - 11:06

Ce dont Maddie n’avait pas fait véritablement attention jusque là, jusqu’à ce que deux gouttelettes de sang ne viennent s’aplatir sur les marches, c’était l’état physique et émotionnel du diplomate. Son entraînement d’agent de l’A.R.I la prévint de tout mouvement de recul lorsqu’il tourna la tête vers elle, les lèvres ensanglantées, le visage ravagé de larmes, pour lui annoncer son incapacité à mouvoir son corps.
Madeline déglutit. C’était bien la première fois qu’elle voyait un type, qui cinq minutes auparavant puait l’arrogance, se ratatiner en une sale chiffe molle. Un coup d’œil à Elyès, qui l’incitait au calme, et plus particulièrement à ses mains toutes propres lui ôtèrent l’idée que la cause de ce saignement nasal provenait de son cher et tendre époux.
A la réflexion, elle faillit en rigoler. Elyès ? Frapper quelqu’un ? Nooon ! Ce n’était pas du tout son genre à lui. A elle, par contre… Mais ce n’était pas la question. L’alarme continuait de mugir et elle avait son époux et un diplomate traumatisé qui refusaient de bouger, ce qui n’était pas génial quand on devait évacuer un bâtiment.

Tout à coup, Elyès l’interpella, ce qui l’a fit sursautée et manqua de déraper dans les escaliers. Plaçant son centre de gravité vers l’avant, elle parvint à retrouver son équilibre, les mains sur les marches. Elle souffla un bon coup, remise de sa petite frayeur.
Docile, la rouquine obéit à l’injonction de son époux et entra en contact avec son chef.

« Lioncourt à Patron. Répondez, s’il vous plait ! »
« Ici Patron, parlez. »
« Dites, patron, y’a vraiment le feu ou bien… parce que j’ai un diplomate qui me fait une crise. Il pisse le sang et Elyès … »
« Bougez-les de là, de Lioncourt ! Ce n’est plus un exercice ! Faites les évacuer en vitesse ! Patron terminé. »

Le sang de Madeline se glaça et elle laissa échapper un chapelet de jurons dans un murmure.
Plus un exercice ? Alors c’était un exercice ? Mais qui avait viré en situation réelle ?

« Mais putain, c’est quoi ce merdier… » marmonna-t-elle en regardant de nouveau les deux civils tandis qu’Elyès tentait de réconforter l’autre.

Puis il leva son regard sur elle et Maddie ne perdit plus une seule seconde à tergiverser. Elle s’approcha du diplomate.

« Je suis désolée pour ce qui va suivre mais je vais devoir vous évacuer d’une manière ou d’une autre. Elyès, écarte-toi, s’il te plait. » dit-elle d’une voix calme et assurée.

On pouvait sentir son professionnalisme en temps de crise qui resurgissait. Sa vivacité et son ardeur était mise au service des autres, et non plus à sa jalousie maladive.
Elyès lui laissant un peu de place, elle attrapa les poignets du diplomate, tira sur les bras pour que le corps suive et dans un mouvement fluide, Madeline le hissa en travers de ses épaules. Emportée par l’élan, elle dévala trois marches avant de se stabiliser. Maddie n’avait jamais réalisé cet exercice dans un escalier et elle eut le réflexe de se dire de ne pas recommencer de sitôt.

Une fois à peu près stable, elle lança un regard à son époux et d’une voix toujours étrangement calme et contrôlée, elle l’incita à avancer.

« Elyès, tu nous ouvres le chemin, s’il te plait ? »

Un moyen comme un autre de toujours l’avoir en visuel tandis qu’elle portait le lourd fardeau de la vie d’un homme entre ses mains.


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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Invité le Mar 12 Mai - 19:21

Un malheur n'arrive, paraît-il, jamais seul.
Déjà que les sirènes sonnaient en son cœur comme un glas en devenir, annonciateur, sinon d'un trépas prochain, d'une diminution de sa vie. Certains faits déshumanisent, Franz pouvait en témoigner. Et plutôt que de se transformer en dangereux sociopathe qui rejette le communauté dans laquelle il évolue, et va jusqu'à violer ses lois et ses préceptes moraux, certains perdent de leur vie.
Comment cela ?
En oubliant. En occultant. En étant rongé, peu à peu, comme le fer par la rouille, comme les murs par les rats, comme la peau par l'acide...
Mais, bizarrement, il suffit d'un élément a priori insignifiant, un simple déclencheur, un interrupteur, pour que le circuit se ferme et que le courant passe.
L'alarme avait agi comme un tel éperon, excitant violemment les souvenirs les plus enfouis du jeune diplomate.

« S'il faut sortir, vous pensez y arriver en vous appuyant sur moi ? Ou sur Madeline ? Elle ne paraît pas, mais croyez moi, elle a une force que les ogres jalouseraient. J'en fais les frais, parfois... »

Franz tenta de prononcer quelque chose, mais, selon toute logique, il avait épuisé son quota de paroles audibles pour l'instant, et ses lèvres bougèrent seules, mimant une phrase désarticulée, dont lui-même ne comprit pas vraiment le sens.
Il avait fini par ne plus entendre le rythme régulier de l'alarme, comme habitué à cette cacophonie stridente.

« Mais putain, c’est quoi ce merdier… »

Franz leva ses yeux vers la jeune agente de l'ARI. Ses yeux reflétaient quelque chose d'inhabituel. Une certaine peur, oui, qui contrastait violemment avec l'assurance froide et arrogante qu'il avait affichée quelques 10 minutes plus tôt. Mais pas seulement. Et pas aussi basique. Cela ressemblait plus à une terreur sourde, mêlée d'une indicible haine, mélange détonnant qui paralysait le jeune homme.
La jeune femme s'approchait.
NON ! Personne ne devait venir plus près.

« Je suis désolée pour ce qui va suivre mais je vais devoir vous évacuer d’une manière ou d’une autre. Elyès, écarte-toi, s’il te plait. »

Pourquoi étaient-ils toujours aussi cérémonieux ? Toujours aussi polis ? Tout devait toujours bien se passer, aucun mal ne nous serait fait. Aucun mal, absolument. Ce n'est que pour nous protéger. Après, on passera une main dans vos cheveux, rassurante.
Brave garçon.
L'étreinte.
Franz ne pouvait plus bouger, il sentait qu'on lui tenait les poignets. Ou rêvait-il ? On l'emprisonnait, on l'immobilisait, on allait encore...
Il tira brutalement ses bras, se défaisant de l'étreinte de l'agent-brute épaisse-souvenir glauque-fantasme pernicieux qui était devant lui.
Avec autant de rapidité et de brusquerie dont un animal traqué saurait faire preuve, il repoussa le plus vivement possible la personne qui l'étreignait et le retenait captif.

"PAS ENCORE !" éructa-t-il.

Il ignorait si son corps répondait aussi violemment que son esprit le lui commandait. Il tituba, reculant rapidement, vers le mur le plus proche, pour y prendre appui , fixant d'un regard où se lisaient la crainte, l'angoisse et la honte, les silhouettes qu'il apercevait encore mal.

D'un coup, ce fut le silence.
Froid.
Glacial, même.
Pas un bruit dans l'ambassade.
Un silence de mort.
Un grésillement.
Grandissant.
Clignant frénétiquement des yeux, Franz tenta d'en trouver la source.
Madeline.
Enfin, l'agent de l'ARI qui avait à présent sa veste maculée de sang.
Sa radio bourdonnait.
Franz, toujours en fixant les deux silhouettes qui s'affinaient peu à peu, suivait le mur, en direction de ce qui semblait être la sortie. Ses jambes le portaient mal, il avait du sang dans la bouche.
Il s'arrêta un instant, comme s'il reprenait ses esprits.
Madeline.
ARI. Donc "amie".
Elyès.
Diplomate. Donc "ami".
Son regard affolé sautait de l'un à l'autre.
Sa mâchoire commença à bouger toute seule.

"..."

Sa langue se mit en mouvement.

"..."

Puis les lèvres entrèrent dans la danse.

"Je... je... vous..."

Il déglutit. Mais le sang coulait de son nez dans sa gorge, et il se mit à tousser, créant un petit nuage rouge éphémère. Il manqua de nouveau de s'effondrer sur le sol, mais se retint au mur in extremis.
Son regard ne quittait pas le sol, alors que sa respiration se faisait plus calme, ou, du moins, moins mouvementée.
Que venait-il de se passer ? Il se sentait mal, il avait des fourmis dans le corps, sa tête semblait vouloir éclater, il n'arrivait pas à respirer, il avait froid, était fourbu, perclus de crampes, de tremblements, de sueurs, de sang.
Il releva les yeux vers le couple, juste à temps pour voir une ombre floue s'approcher de la policière.
Il tendit le bras en un geste flou, semblant désigner la chose approchante.

Elyès de Lioncourt
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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Elyès de Lioncourt le Lun 18 Mai - 18:09

| merci à Madeline pour ce qui va suivre ! -'v'-]

Un léger grognement plaintif se fit entendre.

« Heum... quelle journée... »

Pause.

Pour parvenir à trouver une journée bonne, il faut, à contrario, vivre son lot de mauvaises journées pour pouvoir faire une judicieuse comparaison. Ceci établit, que pouvait dire Elyès de sa journée ? Étonnamment, une porte dans le nez, un diplomate pédant, une bataille désamorcée entre ce dernier et un agent de la sécurité, une conversation un rien fastidieuse sur les petits fours à servir et une alarme à incendie, suivit par une réaction sans égale de la part de l'invité, celui-ci parvenant à faire le mourant pourtant vivant à la perfection, ne suffisait pas à faire du troyens  un homme-pensant-que-cette-journée-soit-spécialement-mauvaise . Tout au plus... riche en évènements ! Pourtant, même lui allait changer d'avis sous peu.

Prenons la situation où elle avait été laissée.

Elyès était à côté d'un diplomate invité qui jouait à la fontaine autant lacrymale que d'hémoglobine dans les escaliers. Un spectacle peu rassurant, un rien stressant même, mais la placidité naturelle aidant, le troyens n'en laissait rien voir. À l'invitation de son épouse de se pousser, il s'était même écarté gentiment, la laissant prendre le malheureux Franz sur ses épaules. La scène aurait pu être cocasse de voir ce petit bout de femme prendre un jeune homme ainsi sur ses épaules, mais des années de maitrise de soit incitait à garder son sérieux. Nous pourrions alors craindre pour l'estime toute mâle que le jeune homme pourrait alors ressentir comme blessé dans son égo, mais Elyès promettait en son for intérieur d'emporter cette image dans sa tombe. Ainsi, quand de nouveau il fut cordialement invité à prendre les devant, Elyès répondit le plus naturellement du monde un petit « Bien... » et descendit de quelques marches.

Mais une nouvelle fois, l'honneur viril du jeune homme fut sauvegardée par sa propre intervention. Elyès ne comprit pas parfaitement ce qui s'était passé, ne possédant pas encore d'yeux derrière la tête. Tout ce qu'il entendit, ce fut quelqu'un qui se débattait, quelque bruit de contestations et un cri retentissant de jeune diplomate terrorisé. Ce fut assez pour qu'il se stop à quelque marche de fin de l'escalier, signe qu'enfin un étage était descendu -ce qui commençait à faire franchement long, quand on regardait le temps qu'ils avaient mit pour arriver à ce résultat- et qu'il se retourne, une mine interloquée sur le visage.

Ce qu'il vu, ou plutôt, entraperçu, ce fut un Franz au visage déformé par un sentiment qu'Elyès ne put parfaitement définir car autre chose, plus petit, plus roux, plus flamboyant allait directement en sa direction. Il eut juste le temps d'écarquiller les yeux et comprendre que Madeline tombait pour que son formidable système instinctifs de réflexe se mît en marche. S'il s'agissait de son épouse, Elyès arrivait effectivement à avoir de très bons réflexes pour l'empêcher de se faire mal, de tomber ou autre. Bien que réellement, la plupart du temps, elle n'en avait pas besoin. Et qu'encore plus souvent, c'était elle qui se devait de veiller à ce qu'il n'arrive pas trop de mal à son fragile époux, assurant des réflexes pour deux.

Mais pas cette fois. Ce coup ci, ce fut lui qui la vit tomber, qui se retourna à temps pour la saisir dans ses bras et la protéger d'une vilaine chute en la serrant contre lui. Malheureusement, le brave époux n'arrivait simplement pas à avoir d'aussi bons réflexes pour deux. Ainsi, alors qu'il allait doucement prendre conscience de l'acte chevaleresque qu'il venait d'avoir, il se sentit tomber en arrière, la chute de Madeline lui ayant aussi fait perdre l'équilibre. La suite, il ne la vit pas, ayant fermé les yeux et raffermit sa prise sur Madeline. Tout ce qu'il perçut, ce fut des bruits de quelque chose qui tombe, des sensations désagréables de marche contre son dos et jambes, la conscience brute que cette chose qui tombait, c'était lui, le choc froid du palier d'étage contre sa tête qui lui indiquait que la chute était finie et surtout, une violente douleur qui lui parcourait tout le corps et l'endolorissait à chaque respiration.

Alors, un légers grognement plaintif se fit entendre.

« Heum... quelle journée... »

Tomber et dégringoler quelques marches sur le dos avec son épouse dans ses bras... cette fois, Elyès arrivait à qualifier cette journée de mauvaise. Surtout avec la douleurs sourdes au niveau de la tête qui commençait à poindre

Il se redressa, assit, toujours serrant Madeline contre lui et lui caressant un instant les cheveux, il parvint à lui demander :

« Pas de bobo Maddie...? »

Puis, s'affaissant de soulagement -et avec douleur- de la voir en au moins aussi bonne santé que lui, c'est à dire pas forcément mieux, mais au moins pas vraiment pire, il soupira.

« Bon, on oublie les câlins dans l'escalier, d'accord...? Un peu trop dangereux... Et douloureux. » articula-t-il en se frottant l'arrière de la tête. La sensation poisseuse qu'il ressentit au bout des doigts lui déplût, mais néanmoins, il parvint à garder un masque serein quand il examina cette même mains qui s'était alors teintée d'un liquide rougeâtre. Vu la faible quantité, c'était une simple égratignure, tout au plus. Juste de quoi lui pourrir sa chemise qui avait survécu à un saignement de nez massif.

Oui, cette journée commençait vraiment à lui déplaire.

Se redressant sur ses jambes comme il le put, s'aidant d'un mur à côté, Elyès lança un regard déconcerté au jeune diplomate qui les surplombait. L'alarme résonnait toujours, tambourinant avec obstination dans son crâne, et se frottant une épaule douloureuse, le troyens s'exprima, avec une voix légèrement plus secouée que ce qu'il aurait voulu.

« Franz ! Je vous en prie, il faut évacuer le bâtiment, maintenant ! Que faut-il faire pour que vous nous fassiez confiances ? Que faut-il que l'on fasse pour que vous acceptiez de nous suivre ?! »

Puis, comme pour couronner le tout, Elyès sentit une présence dans son dos, aidé par les gestes étranges de son hôte. Il tourna la tête mécaniquement, ressentant alors un besoin urgent d'aspirine, et fit preuve de politesse envers cet invité surprise en le saluant d'un « b-bonjouuur » hésitant.

Pour la première fois depuis très longtemps, Elyès ressentit alors l'envie ardente de se retrouver dehors, dans le froid, tranquillement, à geler comme il le ferait en temps normal.

C'était dire combien la journée lui apparaissait comme mauvaise.

Madeline de Lioncourt
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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Madeline de Lioncourt le Jeu 25 Juin - 10:40

« Putain de… »

Le temps manqua à Madeline.
Et pourtant, elle aurait juré ce matin-là que du temps, elle en avait encore plein. Des années entières à passer aux côtés de son époux, des années entières à vivre des moments merveilleux en sa compagnie, des années à profiter de chaque instant passé avec lui.
Mais elle fut coupée par cette étrange impression de se sentir suspendue entre deux-mondes, juste au bord d’un précipice, au moment où votre pire ennemi vous y pousse. Ici, le rival en question avait été un jeune homme paniqué qui ne s’était pas laissé faire. Au lieu d’accepter son aide, il s’était rebiffé et était redescendu des épaules de l’agent avec vigueur et mouvements inutiles. Cela n’aurait eu, finalement, que peu d’importance si dans son geste, le diplomate n’avait pas déséquilibrée la demoiselle.
Et nous y voilà. A cet instant fatidique. Ce moment tragique où le talon de l’asgardienne ne rencontre que du vide. Où son corps se laisse peu à peu tomber en arrière, subissant, depuis le jour de sa naissance, les lois de la gravité. Où Madeline tend ses bras en avant, cherchant quelque chose à saisir pour se rattraper mais ses mains se refermant sur rien. Où son cœur s’arrête de battre durant une microseconde. Où son cerveau se débranche.
Et alors qu’elle savait que les prochaines secondes seraient terribles, douloureuses et surtout non-vécues, son corps bascula.
Ses yeux s’étaient fermés par réflexe. Madeline savait pertinemment qu’elle n’aurait conscience de sa chute que lorsque son dos heurterait les marches de l’escalier. Elle s’y préparait, commençait à serrer les dents. Mais au lieu de sentir la morsure du béton sur sa colonne vertébrale, Maddie s’enfonça dans quelque chose de moelleux, fondant, qui l’engloba entièrement, comme du flan, et elle disparut dedans…

« Heum... quelle journée... »

Cette plainte la réveilla. Confuse, perdue, la rouquine écarquilla les yeux et son cerveau analysa la situation : elle était recroquevillé contre quelqu’un, accrochée désespérément aux manches d’une chemise, mais plus que tout, ce qui l’alarmait atrocement, c’était la conscience exacerbée que la voix qui avait parlé, cette voix même qui avait émis une plainte dans un grognement douloureux, c’était la voix d’Elyès.
Il les fit se redresser tous les deux en la gardant dans ses bras et tandis qu’une douce main vint lui caresser les cheveux, la voix de son époux retentit de nouveau dans le silence de son univers :

« Pas de bobo Maddie...? »

Elle se raviva. Se retournant d’un coup pour lui faire face, elle s’écria :

« Pas de bobo ?! Mais mais ! Et toi ?! Tu n’as rien ? Ca va ? Tu es sûr ? Rien de cassé ? »

Et tandis qu’elle babillait d’inquiétude, la rouquine auscultait son homme, regardant son visage, son torse, ses bras, ses jambes.

« Bon, on oublie les câlins dans l'escalier, d'accord...? Un peu trop dangereux... Et douloureux. »

Juste à ce moment-là, au mot douloureux, Madeline releva la tête, un air véritable inquiet peint sur son visage blafard tandis qu’il rabaissait peu à peu sa main ensanglanté devant eux. Pendant une petite seconde, les yeux de Maddie refirent le chemin qu’avait parcouru la mimine, de l’arrière de la tête jusqu’ici. De l’arrière de la tête jusqu’à… De l’arrière de la tête… De la tête…

Comme dans un déclic, Madeline bondit et à cet instant très précis, Franz était un homme mort.

Il avait retardé l’évacuation de la zone, il avait retardé la mise en sécurité d’Elyès, il avait blessé Elyès ! Il avait BLESSE Elyès !!! A la TETE !!

Pas très stable sur ses appuis, car elle s’était relevée trop vite, Madeline fixait furieusement le diplomate étranger. Ses poings durement serrés tremblaient. Elle faisait fi de la douleur qu’elle ressentait dans tout son corps. Elle n’avait en tête que la douleur de son époux et le coupable se trouvait droit devant ses yeux.
Au moment très précis où elle allait mettre son pied sur la première marche qui mènerait le diplomate directement en enfer, la voix d’Elyès retentit à nouveau :

« Franz ! Je vous en prie, il faut évacuer le bâtiment, maintenant ! Que faut-il faire pour que vous nous fassiez confiances ? Que faut-il que l'on fasse pour que vous acceptiez de nous suivre ?! »

La rage qui étreignait le cœur de la rouquine, la vibrante colère qui s’écoulait dans ses veines telle la lave en fusion suivant un fossé, l’incandescence de son humeur allait atteindre son paroxysme.
Elyès était la bonté même. Ca, Madeline l’avait appris depuis très longtemps. Mais cela n’empêchait pas l’asgardienne de ne pas être aussi complaisante que lui. Elyès, de part ces paroles tentait de rassurer l’autre homme, tentait encore de le sauver. Madeline, elle, avait décidé depuis deux minutes que non, elle ne le sauverait pas. Non, elle ne ferait rien pour l’aider. Elle avait décidé que oui, elle le laisserait pourrir ici, dans les flammes. Mais avant cela, elle avait décidé d’aller lui péter la gueule. De l’amocher encore bien pire qu’il ne l’avait, malencontreusement, fait à son époux. Cette décision n’était absolument pas réfléchie, prise sur le vif et Maddie s’en contrefoutait royalement.
Le pied sur la marche, elle allait faire basculer le poids de son corps en avant, afin de gravir un à un les échelons jusqu’à la mise à mort de l’étranger, quand soudain une voix sonore retentit dans la cage d’escalier :

« De Lioncourt !!! » hurla une voix familière.

Madeline s’arrêta net et se retourna vivement vers l’intrus, le regard empli d’une rage mal contenue.

« Quoi ?! » cria-t-elle en retour, n’entendant même pas l’hésitante salutation d’Elyès envers le nouvel arrivant.
« Qu’est-ce que vous foutez encore là ? L’ordre d’évacuation n’était pas suffisamment clair pour vous ?! » s’emporta le sergent-chef Bismark.
« Parfaitement chef ! Mais cet empaffé n’a pas arrêté de nous mettre des bâtons dans les roues, chef ! »

Alors que l’officier de l’A.R.I allait remettre son subalterne à sa place, un bref regard sur la situation l’en empêcha. Bismark remarqua la chemise en sang d’Elyès de Lioncourt, qui se tenait contre un mur pour rester debout. Il vit la veste de Madeline couverte également de sang. Il leva les yeux et vit l’état lamentable de l’autre diplomate.

« Bon sang de bois ! » jura l’officier.

Madeline, elle, serrait toujours ses poings. Ses ongles entrant petit à petit dans sa chair de part la force qu’elle mettait à maintenir sa main fermée.
Détournée de son intention première, maintenant que son patron était là, elle n’avait qu’une hâte : emmener son époux loin d’ici.

De cela, Bismark en était certain. La rouquine le regardait avec un tel regard qu’il se dit qu’il allait commettre un meurtre si jamais il ordonnait à Madeline d’aller chercher le diplomate étranger tandis que lui, s’occuperait du leur. Ce fut uniquement pour cela, qu’il choisit d’inverser les rôles.

« De Lioncourt. Veuillez emmener ce Monsieur hors de l’enceinte de ce bâtiment. » dit-il en désigna Elyès d’un signe de tête.
« A vos ordres, Monsieur ! » répliqua-t-elle vivement.

D’un bond, elle se retrouva tout près de son époux. Mais ce ne fut point un regard chargé de haine et de colère qu’elle porta sur lui. Oh non ! L’expression de ses yeux changea du tout au tout. Ce fut avec la plus grande inquiétude, mêlée d’amour et de peur qu’elle regarda son Elyès.

« On y va ? » lui demanda-t-elle doucement, en passant le bras d’Elyès sur son épaule, et le saisissant à la taille avec son autre main, de façon à le soutenir.


Pendant ce temps, Bismark était monté à hauteur de l’autre diplomate.

« Monsieur, je suis le sergent-chef Kelvin Bismark. Je vais vous aider à sortir de là, si vous me le permettez. » lui dit-il en l’attente d’un signe quelconque l’autorisant à lui apporter son soutien.


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"Ôtez vos sales yeux de mon époux !"


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Re: La diplomatie ? simple comme un coup de porte. [Pv : Maddie, Franz]

Message par Invité le Sam 29 Aoû - 20:44

Lorsque l'on se trouve dans un état second, il arrive que le temps paraisse déformé, étiré, contracté, tordu, bariolé... en dix mots comme en cent - préférons les réductions efficaces - les lois de tonton Albert peuvent être très légèrement oubliés, foulées du pied, ou meurtries par des esprits un rien retors.
Aussi long que cela ait pu paraître à Franz, l'alarme ne sonnait pas depuis 3 jours, mais seulement depuis 20 bonnes grosses minutes élevées à la graisse d'oie et au beurre de hareng. Pas de quoi fouetter un chat, donc. Il n'empêche, il était aussi éreinté que s'il avait couru le marathon de Babylone un jour de cagnard.

Avec les pieds coulés dans du béton.

Et en s'étant fait, au préalable, passer à tabac afin d'avoir les muscles tendus et douloureux.

Son attaque de panique se calmait peu à peu, doucement, sans qu'il ne pût, pour autant, se remettre à respirer normalement. L'aurait-on gardé sous l'eau 10 minutes durant, il n'aurait eu respiration plus rauque ou plus désordonnée.
Les formes autour de lui se précisaient, les sons étaient moins sourds, ses idées lui revenaient, lentement. Son esprit recommençait à occulter cette partie - traumatisante, vraisemblablement, à chacun ses névroses ! - de sa vie "d'avant".

Deux personnages se relevaient, vers la porte, leurs silhouettes, bien que non familières, ne lui étaient pas inconnues. Il avait certainement rencontré ces personnes récemment...

BON DIEU !

Sa mission sur Asgard avait pris des aspects de mélodrame qu'il n'aurait pas imaginé au premier abord. En effet, qui aurait supposé faire une crise d'angoisse en plein milieu d'une réunion d'une longueur insupportable, et dont les sujets traités ne permettaient pas aux membres en place de se taper sur l'épaule en se lançant des "je te paie une bière, Robert !"
Certes, personne n'est obligé de s'appeler Robert, il s'agit simplement d'une expression drôlatique à but humoristique, jouant sur la rime au sein même de la phrase.

Franz commença à se maudire intérieurement, encore tremblottant, encore faible. Ses crises le laissaient rarement en bon état et, une fois encore, il n'y échappait pas...
Sa réunion... A y réfléchir - pas Franz, pas sur le moment, ses neurones se remettaient à peine à fonctionner, ceci n'est qu'une réflexion de votre aimable narrateur - à y réfléchir, donc, elle s'était plutôt bien déroulée, puisque, finalement, les points importants avaient été abordés avec...

Avec ?

De Lioncourt ! Mari et femme. Il devait s'agir des deux formes qui se mouvaient un peu plus loin. Peut-être... Que s'était-il passé ? Les souvenirs du jeune homme étaient pour le moins flou et ses fantasmes se mêlant à ses visions et à ses actes passés n'aidait en rien à une reconstitution objective et totalement impartiale des 20 dernières minutes...

Quelque chose lui coulait sur la bouche. Franz toussa, par réflexe avant de s'essuyer la bouche. Un liquide épais lui souilla la main, pourpre : son sang.
D'un revers fatigué du bras, il essuya son épistaxis, produisant ainsi une traînée rougeâtre sur sa manche de chemise.
Il leva les yeux, et sursauta. Il n'avait pas entendu les mots prononcés par le quatrième larron qui avait fait irruption quelques instants auparavant : le sergent-chef Bismark !

"Hein ?!" éructa-t-il.

L'homme répéta :

« Monsieur, je suis le sergent-chef Kelvin Bismark. Je vais vous aider à sortir de là, si vous me le permettez. »

Franz garda des yeux ronds comme des globes terrestres, encore terrassé par la surprise.
Il tenta de formuler une phrase, mais la quantité d'air éjectée de ses poumons ne fut vraisemblablement pas suffisante.
Le sous-officier de l'A.R.I. sembla comprendre l'état dans lequel Franz se trouvait, et lui épargna le besoin de parler :

"Ne vous inquiétez pas, monsieur, je vais juste vous sortir d'ici."

Et, tout en parlant, il glissa un bras sous l'épaule de Franz qui, bien que tentant de résister à la poigne le soulevait, se trouvait à présent incapable de résister à la poigne du soldat.

*Un peu plus, et il m'étouffe...*

D'un mouvement aussi brusque qu'involontaire, Franz se dégagea de l'emprise du sergent-chef et le regarda avec la froideur - enfin retrouvée - si coutumière de ses beaux yeux.

"Je peux marcher," susurra-t-il.

Et, joignant le geste à la parole, il enchaîna le pas au couple Lioncourt.

Un malheur n'arrivant jamais seul, une secousse, accompagnée d'un bruit sourd, fit vibrer toute la bâtisse, jusqu'à en faire se fissurer des murs.
Un petit boîtier, accroché au côté du descendant de l'unificateur allemand, se mit à grésiller. Bismark le prit rapidement, et, appuyant sur un bouton, permit la communication.

"Sergent ! Sergent ! Ils viennent d'ouvrir une brêche ! Je répète ! Ils sont dans l'ambassade ! Le feu n'était qu'un leurre ! Evacuez les retardataires si vous le pouvez, je rép..."


La voix se tut, de manière synchronisée - mais sans aucun rapport - avec la coupure de courant qui survint alors.
Le silence qui régnait dans le hall, en cet instant, aurait rappelé à certains aficionados des vieilles séries B du XXe siècle des moments d'anthologie.
L'avantage d'un film, en revanche, est que l'on peut toujours couper au moment où l'on veut.

[HRP : désolé, post un peu brouillon...]
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