<-- Un quart d'heure de politesseApollodore avait rapporté, il y avait plus de 4000 ans de cela, la terrible question de la Sphinge à l'homme incestueux et parricide :
τί ἐστιν ὃ μίαν ἔχον φωνὴν τετράπουν καὶ δίπουν καὶ τρίπουν γίνεται soit : «Quel être, pourvu d’une seule voix, a d’abord quatre jambes, puis deux jambes, et trois jambes ensuite ?»
Le tripode humain signifiait, par un habile tour de passe-passe, un vieillard s'appuyant sur sa canne, épuisé par le poids des années qui lui faisaient lourdement courber l'échine, tant et si bien que son dos craquait, que ses articulations rouillaient, et que ses muscles se flétrissaient, jusqu'à être nécrosés, fin de l'histoire, requiescat in pacem.
Sauf qu'à 24 ans, on peut marcher avec une troisième jambe, cela n'est pas dû à l'âge. Simplement à une mauvaise chute, une mauvaise médication, un mauvais traitement, une mauvaise opération, une mauvaise rééducation un mauvais suivi, le tout agrémenté d'une mauvaise vie. Cela s'appelle un mauvais karma. Ainsi, eût-il pensé à l'être mi-femme mi-lion de la mythologie grecque, Konrad aurait simplement eu, comme réflexion : "Je t'en foutrais du vieillard !"
Un peu comme l'autre énergumène qui avait ses vapeurs commençait à lui courir singulièrement sur le haricot, les métaphores de grecs enterrés et moisis depuis longtemps avaient, à l'heure actuelle, tendance à l'irriter plus que de raison.
Il voyait vaguement la silhouette apeurée du géant - oui, 1m85, quand on mesure 1m78, c'est gigantesque - qui se retournait de loin en loin pour jeter des coups d'œil angoissés - comme dans les vieux thrillers - dans son dos, suant de stress à l'idée même d'être suivi par son supérieur.
*Mouais, on peut toujours rêver...*Finalement, après avoir déambulé à travers les couloirs étroits de Pandore, sa cible, qu'il commençait à avoir du mal à suivre, s'arrêta et fit volte-face, Deadelus virevolta, même, pour attendre, de front, le noble et vaillant et brillant lieutenant. (Que loué soit son nom sur 10 générations)
"Alors, on se presse le boiteux ? J'atteeeeends !"Les films de l'ancien temps proposaient un défilement de 24 images par secondes. Si l'on décuple ce nombre, il peut arriver que l'œil humain ne puisse tout voir.
C'est certainement que qui arriva - du moins Konrad l'espérait-il - en effectuant un mouvement rotatif de sa canne en direction de Deadelus, avant de heurter le mur dans un bruit métallique fracassant. Fort heureusement - ou malheureusement, selon les points de vue - il avait évité le visage du sous-lieutenant et était ainsi passé à côté d'une belle occasion de l'éborgner.
Content du bruit qu'il venait de faire, montrant ainsi que lui aussi pouvait hausser le ton, un peu comme le font les adultes grondant un enfant capricieux en haussant la voix, il remit sa canne en contact avec le sol pour s'appuyer légèrement dessus, et dire à l'homme en face de lui ses quatre vérités :
"Bon Dieu ! Mais qu'est-ce qui a bien pu passer par la tête d'Erwyn quand elle vous a engagé ? Un type aussi borné que vous, il n'y en a plus que sur Nimue, et encore !! Môssieur va dans cabine parce que môssieur pense que l'affrontement prévu est trop risqué pour môssieur ! Mais NOM DE DIEU vous débarquez d'où ? On y va en pique-nique, vous ne voyez pas ?"Konrad oscillait entre l'air innocent et la fureur extrême qui semblait s'échapper de ses narines par gros nuages de fumée.
"On est sur une Vivenef, Kaeffren ! Ca veut dire que ce que décide cette saloperie d'ordi, on le fait, pas le choix ! Oui, le capitaine est le deuxième à bord après Dieu, et Dieu, c'est Pandore ! Ca vous va comme explication ? On ne peut pas éviter ce conflit, à moins de s'expulser dans l'espace ! Mais peut-être Môssieur Kaeffren qui semble si ingénieux, si vif, et si intelligent pourra parvenir à contrer les plans de la Vivenef, lui qui a une si haute estime de lui-même que l'on se demande encore comment il arrive à la traîner avec lui dans un si petit vaisseau !!!"L'œil encore et toujours mauvais, Konrad poursuivit, après une très courte pause :
"Quand vous aurez fini de jouer les pucelles effarouchées qui sont contre la guerre parce que la guerre, c'est mal, on pourra peut-être se mettre à bosser. Estimez-vous heureux qu'on ne vous foute pas dehors à coups de pompes dans le baigneur, en plein milieu de l'espace ! Vous bossez ici, vous faites ce pour quoi vous avez été engagé ! Vous pourrez dégager une fois à terre, je pense que l'on ne vous manquera pas. En attendant, à la moindre incartade, vous êtes mort, Dead !"Ce n'était pas un jeu de mots. (logique, vu qu'en ces temps reculés, il n'existait qu'une seule langue, d'où l'impossibilité de s'amuser à jouer sur les langages... Mais gardons-le tout de même, il est bien mieux ici que dans le flood !)
Ce n'était pas une menace non plus, Konrad n'en avait ni le physique - il se ferait ratatiner très rapidement - ni la couardise - il n'allait certainement pas couiner dans les jupons de la commandante en beuglant "Dead il a été méchaaaaaant !"
Non, c'était un fait. Il était sérieux, sec, et non énervé comme il l'avait semblé au premier abord, ce qui aurait totalement décrédibilisé son propos.
Il allait certainement se faire refaire le portrait façon Pollock (c'est assez tachant, il faut bien l'avouer, mais aussi bien moins reconnaissable qu'un Picasso) mais cela lui importait peu. Il fallait remettre les pendules à l'heure, quitte à ce qu'elles fussent cassées juste après.
[HRP : OWI, quelqu'un d'autre, s'il vous plaît ^^ Je ne veux pas voir mon Konradounet se faire molester xD Bon, à vous, très cher... vu que je sens que Konkon va, lui aussi, "prendre très cher"
]Dernière édition par Konrad Hlodowic le Sam 17 Jan - 14:25, édité 1 fois