Burning hearts
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Re: Burning hearts
Boire ou conduire, il faut choisir. En quelques siècles, l’adage était toujours d’actualité. Que l’on soit au volant de sa voiture sur une route de campagne ou aux commandes de son vaisseau au milieu du trafic spatial, il n’était pas du tout recommandé d’être fin soul quand on tournait le bouton ou insérait la clef de contact. Joshua Jansen avait appris que cela s’appliquait également aux fauteuils roulants, et depuis longtemps.
Il serait de bon ton de signaler qu’entre le second de Balor et les fauteuils, c’était tout une histoire. Une histoire pleine de rebondissement, pleine de hauts et de bas (surtout dans les escaliers) ; une histoire à laquelle notre handicapé s’était toujours montré réfractaire. Après l’accident, il avait tout d’abord eu droit au nec plus ultra : le dernier fauteuil pour personne à mobilité réduite, un fleuron technologique qui venait de sortir de l’usine. Il était d’un blanc pur et parfait, et ses courbes étaient harmonieuses ; il ne sentait pas bon le sable chaud, mais presque ! Doté de toutes les options, de tous les gadgets, il possédait son propre petit moteur antigravité et même un système de pilotage automatique et une intelligence artificielle très limitée mais prévenante nommée Robby par les constructeurs.
Mais Joshua n’aimait pas les gadgets, et quand Robby l’envoya pour la troisième fois dans l’étang, il se débarrassa de l’infortunée machine pour quelque chose de plus simple. Au fil des ans, Joshua avait vu passer une bonne dizaine de fauteuils plus ou moins roulants, et il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas : celui-ci ne tournait pas correctement, celui-là n’allait pas droit, un tel était inconfortable, un autre faisait trop de bruit… Mais depuis six ans maintenant, il se baladait avec le même fauteuil : une chaise roulante toute bête, comme on pouvait en voir sur Terre avant sa destruction. Un fauteuil confortable que Joshua avait appris à connaître même s’il ne l’aimait pas et qui faisait « gnik gnik » quand il avait besoin d’être révisé.
Et la vie étant ce qu’elle est, même les compagnons les plus fidèles vous trahissaient, et il suffisait d’un petit coup dans le nez pour qu’ils vous fassent tomber à la renverse. C’était plus ou moins ce que se disait le Vieux tandis qu’il se retrouvait par terre sur le dos, toujours en position assise sur sa chaise et tout bonnement incapable de se relever tout seul. Bon, ce n’était pas la première fois qu’un truc pareil lui arrivait ; quand on n’avait tendance à boire pour oublier que l’on devait oublier, il ne fallait pas s’étonner de ce genre d’incident. Comme ce fameux soir sur Avalon où Joshua avait, par fierté, voulu sortir du bistrot par les escaliers au lieu de l’ascenseur et ce après plus d’un coup dans le nez. Autant dire que la chute –qui s’était terminée dans le canal quelques mètres plus loin- avait été belle, et que Shannel aurait eu de quoi rire.
Mais laissons là le passé pour se concentrer sur le présent, à savoir un Joshua en posture pour le moins inconfortable qui agitait vainement les bras en grommelant :
« Saloperie d’saloperie d’foutu fauteuil de mes deux ! D’mon temps, on savait…hé, il reste à boire ? Ooooh, c’est sale par terre, longtemps qu’j’ai pas fait l’ménage moi… Hé, mais tu vas me lâcher oui ?! »
Parce que Shannel, bien que pliée de rire, l’avait redressé, il se retrouva à nouveau en une position plus acceptable, ce qui ne l’empêcha pas de foudroyer la jeune femme du regard. Pour quelqu’un comme Joshua, se donner en spectacle de cette manière et être en plus obligé de recourir à l’aide d’autrui était insupportable ; il n’explosa pas pour autant, parce qu’il était étonné que la bosco ne tente même pas de réprimer son rire. Au moins, elle ne faisait pas preuve de pitié ou de condescendance comme le faisaient tous les autres…
N’empêche, c’était pas une raison, que diable ! Il fallait qu’elle comprenne qu’elle n’aurait pas eu besoin de redresser son supérieur, qui pouvait très bien se débrouiller tout seul ! Enfin, normalement ; peut-être… Houlà, ça tourne ! Clignant des yeux, il fit disparaître la deuxième Shannel qui était apparue et pointa un doigt gourd sur la vraie :
« Chpeux...chpeux s’voir c’qu’tu fais ici, K’môku-V’dar ? C’ma cabine là. Pis j’aurais très bien pu m’rel’ver tout seul. Farpaitement ! Bordel, j’ai soif ! Et c’est quoi c’bouquin, hein ? Qu’est-c’qu’tu crois qu’j’vais…oups ! »
La main devant la bouche, Joshua fit demi-tour en fauteuil brusquement et roula à toute vitesse vers la petite salle d’eaux qui faisait partie de sa cabine et referma la porte derrière lui. On entendit le bruit caractéristique de celui qui se purge de son trop plein de boisson la tête dans la cuvette, puis celui de la chasse d’eau et, pour finir, le son de celui qui se gargarise afin de retaper une haleine qui en avait bien besoin.
La porte de la salle de bains du second se rouvrit, et Joshua réapparut, tout tassé sur son fauteuil, ce qui lui donnait un air encore plus vieux et fatigué que d’habitude. D’un geste furieux, il détacha la bouteille vide de sa ceinture et la jeta de toutes ses maigres forces actuelles dans la corbeille, où elle n’eut même pas la décence de se briser, la garce ! Puis il se tourna vers Shannel, l’air las mais déterminé du colérique qui refusait de perdre la face.
« Toujours là ? J’peux savoir c’que vous m’voulez, à la fin, ou vous allez me poursuivre pour me casser les roues encore longtemps ? Et qu’est-ce que c’est que ce foutu bouquin, merde ?»
C’était lui le second, tout de même, même après une scène aussi lamentable, et il n’allait pas s’en laisser compter par une bleue comme Shannel ! Et puis, là, il avait surtout envie d’aller cuver tranquille ; quand il dormait, il ne pensait plus à rien, et ça faisait du bien…
Il serait de bon ton de signaler qu’entre le second de Balor et les fauteuils, c’était tout une histoire. Une histoire pleine de rebondissement, pleine de hauts et de bas (surtout dans les escaliers) ; une histoire à laquelle notre handicapé s’était toujours montré réfractaire. Après l’accident, il avait tout d’abord eu droit au nec plus ultra : le dernier fauteuil pour personne à mobilité réduite, un fleuron technologique qui venait de sortir de l’usine. Il était d’un blanc pur et parfait, et ses courbes étaient harmonieuses ; il ne sentait pas bon le sable chaud, mais presque ! Doté de toutes les options, de tous les gadgets, il possédait son propre petit moteur antigravité et même un système de pilotage automatique et une intelligence artificielle très limitée mais prévenante nommée Robby par les constructeurs.
Mais Joshua n’aimait pas les gadgets, et quand Robby l’envoya pour la troisième fois dans l’étang, il se débarrassa de l’infortunée machine pour quelque chose de plus simple. Au fil des ans, Joshua avait vu passer une bonne dizaine de fauteuils plus ou moins roulants, et il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas : celui-ci ne tournait pas correctement, celui-là n’allait pas droit, un tel était inconfortable, un autre faisait trop de bruit… Mais depuis six ans maintenant, il se baladait avec le même fauteuil : une chaise roulante toute bête, comme on pouvait en voir sur Terre avant sa destruction. Un fauteuil confortable que Joshua avait appris à connaître même s’il ne l’aimait pas et qui faisait « gnik gnik » quand il avait besoin d’être révisé.
Et la vie étant ce qu’elle est, même les compagnons les plus fidèles vous trahissaient, et il suffisait d’un petit coup dans le nez pour qu’ils vous fassent tomber à la renverse. C’était plus ou moins ce que se disait le Vieux tandis qu’il se retrouvait par terre sur le dos, toujours en position assise sur sa chaise et tout bonnement incapable de se relever tout seul. Bon, ce n’était pas la première fois qu’un truc pareil lui arrivait ; quand on n’avait tendance à boire pour oublier que l’on devait oublier, il ne fallait pas s’étonner de ce genre d’incident. Comme ce fameux soir sur Avalon où Joshua avait, par fierté, voulu sortir du bistrot par les escaliers au lieu de l’ascenseur et ce après plus d’un coup dans le nez. Autant dire que la chute –qui s’était terminée dans le canal quelques mètres plus loin- avait été belle, et que Shannel aurait eu de quoi rire.
Mais laissons là le passé pour se concentrer sur le présent, à savoir un Joshua en posture pour le moins inconfortable qui agitait vainement les bras en grommelant :
« Saloperie d’saloperie d’foutu fauteuil de mes deux ! D’mon temps, on savait…hé, il reste à boire ? Ooooh, c’est sale par terre, longtemps qu’j’ai pas fait l’ménage moi… Hé, mais tu vas me lâcher oui ?! »
Parce que Shannel, bien que pliée de rire, l’avait redressé, il se retrouva à nouveau en une position plus acceptable, ce qui ne l’empêcha pas de foudroyer la jeune femme du regard. Pour quelqu’un comme Joshua, se donner en spectacle de cette manière et être en plus obligé de recourir à l’aide d’autrui était insupportable ; il n’explosa pas pour autant, parce qu’il était étonné que la bosco ne tente même pas de réprimer son rire. Au moins, elle ne faisait pas preuve de pitié ou de condescendance comme le faisaient tous les autres…
N’empêche, c’était pas une raison, que diable ! Il fallait qu’elle comprenne qu’elle n’aurait pas eu besoin de redresser son supérieur, qui pouvait très bien se débrouiller tout seul ! Enfin, normalement ; peut-être… Houlà, ça tourne ! Clignant des yeux, il fit disparaître la deuxième Shannel qui était apparue et pointa un doigt gourd sur la vraie :
« Chpeux...chpeux s’voir c’qu’tu fais ici, K’môku-V’dar ? C’ma cabine là. Pis j’aurais très bien pu m’rel’ver tout seul. Farpaitement ! Bordel, j’ai soif ! Et c’est quoi c’bouquin, hein ? Qu’est-c’qu’tu crois qu’j’vais…oups ! »
La main devant la bouche, Joshua fit demi-tour en fauteuil brusquement et roula à toute vitesse vers la petite salle d’eaux qui faisait partie de sa cabine et referma la porte derrière lui. On entendit le bruit caractéristique de celui qui se purge de son trop plein de boisson la tête dans la cuvette, puis celui de la chasse d’eau et, pour finir, le son de celui qui se gargarise afin de retaper une haleine qui en avait bien besoin.
La porte de la salle de bains du second se rouvrit, et Joshua réapparut, tout tassé sur son fauteuil, ce qui lui donnait un air encore plus vieux et fatigué que d’habitude. D’un geste furieux, il détacha la bouteille vide de sa ceinture et la jeta de toutes ses maigres forces actuelles dans la corbeille, où elle n’eut même pas la décence de se briser, la garce ! Puis il se tourna vers Shannel, l’air las mais déterminé du colérique qui refusait de perdre la face.
« Toujours là ? J’peux savoir c’que vous m’voulez, à la fin, ou vous allez me poursuivre pour me casser les roues encore longtemps ? Et qu’est-ce que c’est que ce foutu bouquin, merde ?»
C’était lui le second, tout de même, même après une scène aussi lamentable, et il n’allait pas s’en laisser compter par une bleue comme Shannel ! Et puis, là, il avait surtout envie d’aller cuver tranquille ; quand il dormait, il ne pensait plus à rien, et ça faisait du bien…
"Tu crois que voler, c'est être libre? Tu crois que changer, c'est s'envoler? Conneries. On finit toujours par se planter, et ensuite on reste cloué au sol."
Joshua G. Jensen, dit "le Vieux"
Gilad Antilles - Jan Sanada/Ethan Geetaï - Joshua G. Jansen - Jarvis Stark - Amelia Caine

Joshua G. Jansen- Second - Balor
- Messages : 35
Inscrit le : 10 Mar 2008
Localisation actuelle : Dans sa cabine / Sur le pont de Balor
Mission actuelle : Causer bouquins avec Shannel/Jouer son rôle de second sur le pont
Citation : Botte toi le cul avec tes propres pieds; pour moi c'est plus trop possible, tu vois?
Fiche de données
Surnom: le Vieux
Race: Humain
Unité: Militaire
Re: Burning hearts
Le fou rire de Shannel commença enfin à se calmer, et peu à peu, l’amusement fit place à l’effroi. Mais qu’est-ce qu’elle avait encore fait ? Elle s’était mise à rire de l’infirmité du Second ! La situation devait déjà être assez humiliante pour lui, et elle en avait rajouté une couche… Elle était complètement folle !
Le temps qu’elle réalise l’ampleur de sa bêtise, le Vieux s’était mis à la fusiller du regard, et tentait de l’enguirlander en la pointant d’un doigt revanchard. Shannel se sentit un peu mal à l’aise devant le comportement anormal de son supérieur. Il faut dire qu’elle n’était pas très habituée à fréquenter des gens soûls, du moins à ce point. Elle était de plus déstabilisée d’avoir compris qu’elle s’était comporté comme une idiote, ce qui avait pour conséquence de la laisser pantoise devant le spectacle du Second l’accusant de tous ses maux ou presque.
Pourrait-on dire « heureusement » ? En tous cas, le Vieux fut obligé de foncer à toute allure dans la salle de bains, ce qui permit à Shannel de se reprendre un peu en main. Tandis qu’elle essayait d’ignorer les bruits peu ragoûtants que faisait son supérieur, elle jeta un regard circulaire à la pièce.
Malgré l’ancienneté du Vieux sur la base, la cabine n’avait pas l’air d’être vraiment habitée. Il n’y avait aucune affiche, aucune photo de famille ou d’amis. Seuls quelques cadavres de bouteilles d’alcool étaient dispersés ça et là, difficiles à repérer pour qui ne passerait pas au moins dix minutes dans la cabine.
*Bon, alors c’est bien ce qu’on dit, il a vraiment un problème avec l’alcool… Le pauvre… *conclut-elle en pensée. En fait, les gens ne retenaient de lui que sa mauvaise humeur, et à chaque fois qu’on lui avait parlé du Vieux soûl, c’était uniquement pour la mettre en garde : il était encore plus hargneux que lorsqu’il était sobre. Mais Shannel commençait à se demander si le problème n’était pas plus profond qu’il n’en avait l’air.
C’est alors que le Vieux revint de la salle de bains. Pour le coup, il méritait bien son surnom. Shannel le trouva fatigué, vieilli, faible. Elle ne put s’empêcher de penser, une fois de plus :
*Le pauvre…*
Tout à coup, il se saisit de la bouteille vide, et la balança dans une corbeille. La violence du choc et le bruit du verre fit sursauter Shannel. Ca y était, maintenant il était en colère. Pendant une seconde, Shannel se sentit extrêmement lasse. Elle aurait tout donné pour se retrouver dans sa cabine, sous ses couvertures.
Toujours là ? J’peux savoir c’que vous m’voulez, à la fin, ou vous allez me poursuivre pour me casser les roues encore longtemps ? Et qu’est-ce que c’est que ce foutu bouquin, merde ?
Et puis zut à la fin. Elle était là, de toute manière, et elle était allée trop loin pour reculer au dernier moment. Autant aller jusqu’au bout, au moins elle n’aurait rien à se reprocher. Elle allait se remettre à sourire, mais se ravisa, au dernier moment. Elle était sérieuse, et elle avait intérêt à le faire comprendre au Second. Et puis, ils étaient adultes, tous les deux, ils n’avaient pas besoin de ce genre d’artifices.
Oui, je vais encore vous casser les roues, un peu. Je vous ai apporté un livre, parce que je pense qu’il pourrait peut-être vous intéresser. J’aime lire, et j’ai cru comprendre que vous aussi. Alors pourquoi ne pas lire ensemble ?
Oui, parfait, dit comme ça, c’était totalement pathétique. Il ne manquait plus qu’elle pleure et appelle sa maman pour compléter le tableau. Elle détourna le regard une seconde. Décidément, tout allait mal, ce jour-là. Un peu gênée de montrer un peu de sa faiblesse au Vieux, elle lui adressa un petit sourire en coin, comme pour présenter ses excuses.
Bien sûr, vous pouvez vous contenter de me mettre à la porte. Je me disais juste que vous auriez peut-être voulu un peu de compagnie, pour une fois… ajouta-t-elle.
Le temps qu’elle réalise l’ampleur de sa bêtise, le Vieux s’était mis à la fusiller du regard, et tentait de l’enguirlander en la pointant d’un doigt revanchard. Shannel se sentit un peu mal à l’aise devant le comportement anormal de son supérieur. Il faut dire qu’elle n’était pas très habituée à fréquenter des gens soûls, du moins à ce point. Elle était de plus déstabilisée d’avoir compris qu’elle s’était comporté comme une idiote, ce qui avait pour conséquence de la laisser pantoise devant le spectacle du Second l’accusant de tous ses maux ou presque.
Pourrait-on dire « heureusement » ? En tous cas, le Vieux fut obligé de foncer à toute allure dans la salle de bains, ce qui permit à Shannel de se reprendre un peu en main. Tandis qu’elle essayait d’ignorer les bruits peu ragoûtants que faisait son supérieur, elle jeta un regard circulaire à la pièce.
Malgré l’ancienneté du Vieux sur la base, la cabine n’avait pas l’air d’être vraiment habitée. Il n’y avait aucune affiche, aucune photo de famille ou d’amis. Seuls quelques cadavres de bouteilles d’alcool étaient dispersés ça et là, difficiles à repérer pour qui ne passerait pas au moins dix minutes dans la cabine.
*Bon, alors c’est bien ce qu’on dit, il a vraiment un problème avec l’alcool… Le pauvre… *conclut-elle en pensée. En fait, les gens ne retenaient de lui que sa mauvaise humeur, et à chaque fois qu’on lui avait parlé du Vieux soûl, c’était uniquement pour la mettre en garde : il était encore plus hargneux que lorsqu’il était sobre. Mais Shannel commençait à se demander si le problème n’était pas plus profond qu’il n’en avait l’air.
C’est alors que le Vieux revint de la salle de bains. Pour le coup, il méritait bien son surnom. Shannel le trouva fatigué, vieilli, faible. Elle ne put s’empêcher de penser, une fois de plus :
*Le pauvre…*
Tout à coup, il se saisit de la bouteille vide, et la balança dans une corbeille. La violence du choc et le bruit du verre fit sursauter Shannel. Ca y était, maintenant il était en colère. Pendant une seconde, Shannel se sentit extrêmement lasse. Elle aurait tout donné pour se retrouver dans sa cabine, sous ses couvertures.
Toujours là ? J’peux savoir c’que vous m’voulez, à la fin, ou vous allez me poursuivre pour me casser les roues encore longtemps ? Et qu’est-ce que c’est que ce foutu bouquin, merde ?
Et puis zut à la fin. Elle était là, de toute manière, et elle était allée trop loin pour reculer au dernier moment. Autant aller jusqu’au bout, au moins elle n’aurait rien à se reprocher. Elle allait se remettre à sourire, mais se ravisa, au dernier moment. Elle était sérieuse, et elle avait intérêt à le faire comprendre au Second. Et puis, ils étaient adultes, tous les deux, ils n’avaient pas besoin de ce genre d’artifices.
Oui, je vais encore vous casser les roues, un peu. Je vous ai apporté un livre, parce que je pense qu’il pourrait peut-être vous intéresser. J’aime lire, et j’ai cru comprendre que vous aussi. Alors pourquoi ne pas lire ensemble ?
Oui, parfait, dit comme ça, c’était totalement pathétique. Il ne manquait plus qu’elle pleure et appelle sa maman pour compléter le tableau. Elle détourna le regard une seconde. Décidément, tout allait mal, ce jour-là. Un peu gênée de montrer un peu de sa faiblesse au Vieux, elle lui adressa un petit sourire en coin, comme pour présenter ses excuses.
Bien sûr, vous pouvez vous contenter de me mettre à la porte. Je me disais juste que vous auriez peut-être voulu un peu de compagnie, pour une fois… ajouta-t-elle.
Delphane Bumaire ◊ Denadath Aruwea Steawald ◊ Federico Portanares ◊ Tallulah Gibb ◊ Perry Mc Ginley ◊ Shannel Kômoku-Vidar ◊ Gaëtan Théodicée



Shannel Kômoku-Vidar- Bosco - Balor
- Messages : 55
Inscrit le : 16 Mar 2008
Localisation actuelle : Dans la cabine du Second, pourq... Attendez, c'est pas ce que vous croyez !!
Mission actuelle : Faire l'infirmière (oui, j'adore ça, et alors ?)
Citation : Bof, c'est pas si grave...
Re: Burning hearts
Dans sa description de la cabine du second de Balor, Shannel avait vu juste et n’avait omis que peu de détails, parce qu’il n’y avait que très peu de détails à énumérer à la base. La cabine était un peu plus grande que celles des membres d’équipages, et possédait sa propre salle d’eau ; comme celle du commandant, la cabine du second était plus spacieuse et mieux équipée.
Mais le confort semblait s’arrêter là chez Joshua : la pièce était vide. Il y avait certes un lit (défait), un bureau (en fouillis), deux chaises et quelques meubles dont une armoire ouverte contenant du linge chiffonnés et une commode qui disparaissait sous des documents et des emballages vides –le Vieux préférait en général manger seul dans sa cabine- que l’infirme ne prenait pas le temps de trier et de ranger.
Non, quand on disait que la pièce était vide, c’était parce qu’on avait beau chercher, on n’y trouvait aucun objet personnel. Pas de bibelot quelconque, pas de souvenir divers, pas de photos de famille ou d’amis, pas de diplôme d’officier attaché au mur… Si Joshua Jansen conservait de tels objets, ce n’était visiblement pas pour les exposer à la vue de tous. Par contre, cachés ici et là, on pouvait effectivement discerner une bouteille d’alcool vide, que Joshua envoyait la plupart du temps balader rageusement dans la pièce après y avoir succombé. Le seul objet notable qui tranchait avec le désœuvrement de la pièce était une caisse à outils qui semblait avoir connu des jours meilleurs et qui reposait par terre contre le mur, à côté du bureau.
Et, accessoirement, une Shannel debout au milieu de la cabine, le fameux livre à la main.
Joshua ne lui cria pas d’aller se faire voir. Il en avait eu envie, mais la curiosité avait été pour une fois plus forte que le plaisir de gueuler, et il n’avait pas encore les idées tout à fait claires après la flasque de tout à l’heure. Et puis ce petit bout de femme l’intriguait ; elle n’avait pas encore courbé l’échine sous ses accès de fureur, elle n’avait pas hésité à rire de le voir s’écrouler comme le vieil ivrogne handicapé qu’il était, et elle semblait décidée à… il ne savait pas trop quoi au juste, mais elle semblait décidée. Une vraie tête de mule ! Et voilà que maintenant elle lui parlait de…lire ensemble. Ce genre de proposition, la dernière personne à la lui avoir faite était sa maîtresse d’école il y a plus de soixante ans, quand il apprenait à lire !
« Ca vous arrive souvent de pourchasser les gens pour lire avec eux, Komôku-Vidar ? J’croyais que c’était personnel, la lecture. J’ai passé l’âge qu’on me la fasse, et j’suis pas encore assez gâteux pour qu’on recommence. Et c’est quoi cette idée de compagnie ? Y a pas un matelot avec une belle gueule à courser ? Vous vous lancez dans l’aide sociale, c’est ça ? Z'êtes bosco, mais ça oblige pas à venir border les grabataires ! »
Etonnamment, la voix du Vieux avait perdu de son ton hargneux, même s’il continuait de grommeler. Il était vraiment curieux de voir de voir ce qu’elle espérait vraiment, à venir comme ça, un livre dans les pattes.
« Nan bosco, j’vais pas vous fiche dehors tout de suite. Plus tard, j’dis pas, mais pas tout d’suite. Etrangement, z'avez du cran de me les briser à ce point et de continuer. Sans oublier que t’as même pas peur de te foutre de moi quand j’me casse le dos en tombant de ce putain d’fauteuil. Mais comptez pas sur moi pour vous offrir un rafraîchissement. Si vous trouvez un endroit où pour vous asseoir, hésitez pas ; moi c’est déjà fait. »
Il eut un rictus en contemplant les chaises encombrées de vêtements et de papiers en tous genres, et roula jusqu’à sa table de nuit où il alla allumer la lumière.
« Bon, avant que je change d’avis et que je vous foute dehors, bosco, c’est quoi ce foutu bouquin, à la fin ? »
Mais le confort semblait s’arrêter là chez Joshua : la pièce était vide. Il y avait certes un lit (défait), un bureau (en fouillis), deux chaises et quelques meubles dont une armoire ouverte contenant du linge chiffonnés et une commode qui disparaissait sous des documents et des emballages vides –le Vieux préférait en général manger seul dans sa cabine- que l’infirme ne prenait pas le temps de trier et de ranger.
Non, quand on disait que la pièce était vide, c’était parce qu’on avait beau chercher, on n’y trouvait aucun objet personnel. Pas de bibelot quelconque, pas de souvenir divers, pas de photos de famille ou d’amis, pas de diplôme d’officier attaché au mur… Si Joshua Jansen conservait de tels objets, ce n’était visiblement pas pour les exposer à la vue de tous. Par contre, cachés ici et là, on pouvait effectivement discerner une bouteille d’alcool vide, que Joshua envoyait la plupart du temps balader rageusement dans la pièce après y avoir succombé. Le seul objet notable qui tranchait avec le désœuvrement de la pièce était une caisse à outils qui semblait avoir connu des jours meilleurs et qui reposait par terre contre le mur, à côté du bureau.
Et, accessoirement, une Shannel debout au milieu de la cabine, le fameux livre à la main.
Joshua ne lui cria pas d’aller se faire voir. Il en avait eu envie, mais la curiosité avait été pour une fois plus forte que le plaisir de gueuler, et il n’avait pas encore les idées tout à fait claires après la flasque de tout à l’heure. Et puis ce petit bout de femme l’intriguait ; elle n’avait pas encore courbé l’échine sous ses accès de fureur, elle n’avait pas hésité à rire de le voir s’écrouler comme le vieil ivrogne handicapé qu’il était, et elle semblait décidée à… il ne savait pas trop quoi au juste, mais elle semblait décidée. Une vraie tête de mule ! Et voilà que maintenant elle lui parlait de…lire ensemble. Ce genre de proposition, la dernière personne à la lui avoir faite était sa maîtresse d’école il y a plus de soixante ans, quand il apprenait à lire !
« Ca vous arrive souvent de pourchasser les gens pour lire avec eux, Komôku-Vidar ? J’croyais que c’était personnel, la lecture. J’ai passé l’âge qu’on me la fasse, et j’suis pas encore assez gâteux pour qu’on recommence. Et c’est quoi cette idée de compagnie ? Y a pas un matelot avec une belle gueule à courser ? Vous vous lancez dans l’aide sociale, c’est ça ? Z'êtes bosco, mais ça oblige pas à venir border les grabataires ! »
Etonnamment, la voix du Vieux avait perdu de son ton hargneux, même s’il continuait de grommeler. Il était vraiment curieux de voir de voir ce qu’elle espérait vraiment, à venir comme ça, un livre dans les pattes.
« Nan bosco, j’vais pas vous fiche dehors tout de suite. Plus tard, j’dis pas, mais pas tout d’suite. Etrangement, z'avez du cran de me les briser à ce point et de continuer. Sans oublier que t’as même pas peur de te foutre de moi quand j’me casse le dos en tombant de ce putain d’fauteuil. Mais comptez pas sur moi pour vous offrir un rafraîchissement. Si vous trouvez un endroit où pour vous asseoir, hésitez pas ; moi c’est déjà fait. »
Il eut un rictus en contemplant les chaises encombrées de vêtements et de papiers en tous genres, et roula jusqu’à sa table de nuit où il alla allumer la lumière.
« Bon, avant que je change d’avis et que je vous foute dehors, bosco, c’est quoi ce foutu bouquin, à la fin ? »
"Tu crois que voler, c'est être libre? Tu crois que changer, c'est s'envoler? Conneries. On finit toujours par se planter, et ensuite on reste cloué au sol."
Joshua G. Jensen, dit "le Vieux"
Gilad Antilles - Jan Sanada/Ethan Geetaï - Joshua G. Jansen - Jarvis Stark - Amelia Caine
Dernière édition par Joshua G. Jansen le Dim 27 Avr - 16:54, édité 1 fois

Joshua G. Jansen- Second - Balor
- Messages : 35
Inscrit le : 10 Mar 2008
Localisation actuelle : Dans sa cabine / Sur le pont de Balor
Mission actuelle : Causer bouquins avec Shannel/Jouer son rôle de second sur le pont
Citation : Botte toi le cul avec tes propres pieds; pour moi c'est plus trop possible, tu vois?
Fiche de données
Surnom: le Vieux
Race: Humain
Unité: Militaire
Re: Burning hearts
[HJ : Tiens, Joshua a appris à lire à 13 ans ?
]
Un beau jeune homme à courser ? Mais Shannel avait déjà eu tous ceux qui l'intéressaient ! Faire l'assistante sociale ? Ben quoi, c'était pas ça son boulot ? Shannel aurait bien voulu répondre, mais quelque chose d'étonnant survint : son petit doigt, qui était resté muet pendant tant d'années, venait de lui souffler de n'en rien faire, et de laisser le Vieux continuer. Et pour la première fois de sa vie, Shann eut une bonne intuition : petit à petit, le Second se radoucissait.
Bingo ! Il ne la fichait pas dehors ! Elle le regarda tandis qu'il allait allumer la lumière. Elle ne put s'empêcher de remarquer que la cabine était dans un état encore plus lamentable qu'elle ne l'avait cru en entrant. Elle s'approcha d'une chaise. Tiens donc, le Second était bordélique ? Cela ne dérangeait pas Shannel. Elle était plutôt du genre organisée, mais pas maniaque, et détestait plus que tout les gens qui se permettent de ranger chez les gens désordonnés. D'un geste nonchalant, elle poussa un tas de feuilles et de tissu (peut-être des vêtements ? Elle n'en était pas certaine, et préférait ne pas vérifier. Qu'y-a-t-il de plus terrible qu'un tas de linge trouvé dans l'appartement d'un vieux célibataire ?) qui s'écroula au sol. Elle s'assit enfin sur la chaise, et ouvrit son livre à la première page. D'un air taquin, elle répondit :
J'ai franchement hésité, et j'ai failli prendre "Contes et Légendes pour Enfants Shitennôs Insomniaques", mais je me suis demandé si vous n'alliez pas le prendre mal. Alors à la place, j'ai pris "Le Marathon de Freyr et autres Légendes Ases". C'est un peu enfantin, mais il n'y a presque pas de littérature ase, à la bibliothèque. Si ça vous intéresse, je pourrai vous en apporter de ma propre collection !
Shannel feuilleta le livre, très sérieuse. Il fallait trouver la bonne histoire qui pourrait intéresser le Second. Mais quel genre d'histoire pouvait-il bien aimer ?
Le plus simple, c'est qu'on commence par le Marathon de Freyr. C'est l'une des légendes les plus connues, et il y a un peu de tout dedans, de la guerre, de l'amour... Enfin, de l'amour, si on veut, c'est vrai qu'il finit par faire rôtir son amante pour la servir au banquet de son mariage... Enfin bref, vous êtes prêt, je commence à lire ?
Shannel était toute excitée. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas eu l'occasion de faire découvrir sa culture à quelqu'un qui n'était pas de sa race. Elle espérait vraiment que le Second, bien assis dans son fauteuil roulant, apprécierait l'histoire du marathon de... Fauteuil ? Marathon ? ... Oups.
]Un beau jeune homme à courser ? Mais Shannel avait déjà eu tous ceux qui l'intéressaient ! Faire l'assistante sociale ? Ben quoi, c'était pas ça son boulot ? Shannel aurait bien voulu répondre, mais quelque chose d'étonnant survint : son petit doigt, qui était resté muet pendant tant d'années, venait de lui souffler de n'en rien faire, et de laisser le Vieux continuer. Et pour la première fois de sa vie, Shann eut une bonne intuition : petit à petit, le Second se radoucissait.
Bingo ! Il ne la fichait pas dehors ! Elle le regarda tandis qu'il allait allumer la lumière. Elle ne put s'empêcher de remarquer que la cabine était dans un état encore plus lamentable qu'elle ne l'avait cru en entrant. Elle s'approcha d'une chaise. Tiens donc, le Second était bordélique ? Cela ne dérangeait pas Shannel. Elle était plutôt du genre organisée, mais pas maniaque, et détestait plus que tout les gens qui se permettent de ranger chez les gens désordonnés. D'un geste nonchalant, elle poussa un tas de feuilles et de tissu (peut-être des vêtements ? Elle n'en était pas certaine, et préférait ne pas vérifier. Qu'y-a-t-il de plus terrible qu'un tas de linge trouvé dans l'appartement d'un vieux célibataire ?) qui s'écroula au sol. Elle s'assit enfin sur la chaise, et ouvrit son livre à la première page. D'un air taquin, elle répondit :
J'ai franchement hésité, et j'ai failli prendre "Contes et Légendes pour Enfants Shitennôs Insomniaques", mais je me suis demandé si vous n'alliez pas le prendre mal. Alors à la place, j'ai pris "Le Marathon de Freyr et autres Légendes Ases". C'est un peu enfantin, mais il n'y a presque pas de littérature ase, à la bibliothèque. Si ça vous intéresse, je pourrai vous en apporter de ma propre collection !
Shannel feuilleta le livre, très sérieuse. Il fallait trouver la bonne histoire qui pourrait intéresser le Second. Mais quel genre d'histoire pouvait-il bien aimer ?
Le plus simple, c'est qu'on commence par le Marathon de Freyr. C'est l'une des légendes les plus connues, et il y a un peu de tout dedans, de la guerre, de l'amour... Enfin, de l'amour, si on veut, c'est vrai qu'il finit par faire rôtir son amante pour la servir au banquet de son mariage... Enfin bref, vous êtes prêt, je commence à lire ?
Shannel était toute excitée. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas eu l'occasion de faire découvrir sa culture à quelqu'un qui n'était pas de sa race. Elle espérait vraiment que le Second, bien assis dans son fauteuil roulant, apprécierait l'histoire du marathon de... Fauteuil ? Marathon ? ... Oups.
Delphane Bumaire ◊ Denadath Aruwea Steawald ◊ Federico Portanares ◊ Tallulah Gibb ◊ Perry Mc Ginley ◊ Shannel Kômoku-Vidar ◊ Gaëtan Théodicée



Shannel Kômoku-Vidar- Bosco - Balor
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Inscrit le : 16 Mar 2008
Localisation actuelle : Dans la cabine du Second, pourq... Attendez, c'est pas ce que vous croyez !!
Mission actuelle : Faire l'infirmière (oui, j'adore ça, et alors ?)
Citation : Bof, c'est pas si grave...
Re: Burning hearts
« Et l’odeur de la chair passée sur les flammes se mêla aux senteurs des épices… »
Eraillée comme si elle cherchait des mots issus d’un lointain passé, la voix du second s’éleva dans la pièce suite au babillage de Shannel. Joshua avait parlé doucement, ce qui n’était pas dans ses habitudes ; à vrai dire, il ne s’était même pas rendu compte qu’il avait machinalement repris l’une des phrases du bouquin que tenait la bosco. En réalité, depuis que la jeune femme avait évoqué le Marathon de Freyr, l’esprit de Joshua s’était projeté plus de trente ans en arrière…
Quand il tenait encore sur ses deux jambes, et qu’il arpentait fièrement les coursives du vaisseau qu’il commandait alors, l’Avalonia, et qu’ensuite il rentrait chez lui, dans ses quartiers sur Avalon. Où l’attendait ce petit garçon qu’il ne connaissait plus, réclamant une nouvelle histoire tirée des livres que son père, le fringant capitaine Jansen, conservait dans sa bibliothèque. Il y avait les récits des premiers explorateurs humains du Cercle, et les grandes découvertes bien sûr, ainsi que des histoires antérieures, transmises et retranscrites depuis l’exode forcé qui avait suivi la destruction de la Terre il y a des siècles et des siècles. Il y avait des romans de toutes sortes, mais ce que père et fils préféraient, c’étaient les contes. Plus d’une fois, Joshua avait dit au garçon que le mythe permettait à l’être de se dépasser, d’être digne de cet héritage fantastique que ces récits lui prêtaient. Et cela ne s’arrêtait pas à l’humanité : Joshua avait aussi apporté son attention sur les légendes ases et shitennôs. Pour lui, seuls comptaient les mots, et on avait beaucoup à apprendre d’eux. Quand on y prêtait attention, qu’on les étudiait simplement pour les histoires que ces écrits narraient, on voyait bien que ces trois races étaient extrêmement proches dans leur manière de transcrire le monde.
« C’est l’amour en bouche, l’amour que l’on croque à pleines dents tandis que s’abreuvent de vins les belles et les beaux… »
Dans son fauteuil, Joshua paraissait comme plus petit, ratatiné, ses rides creusés par les épreuves et la vie qu’il avait perdue. Dans ses yeux flottait le fantôme du petit garçon à qui il n’avait plus jamais raconté d’histoires. Seth en racontait-il à ses enfants aujourd’hui ? Joshua ne savait même pas s’il en avait ; il pourrait être grand-père qu’il ne le saurait même pas !
« Et c’est en riant que les enfants couraient entre les tables, innocents du futur qui s’offraient à eux… »
Mais qui s’en souciait, hein ? Joshua Godefroy Jansen n’avait besoin de personne ! Et personne n’avait besoin de lui, cela tombait bien ! Ici, sur Balor où on l’avait relégué, on l’avait oublié, et il pouvait alors oublier tout le reste, lui aussi ! Mais il le faisait déjà avant qu’un vieil officier distingué ne lui propose ce poste… Quand il n’était qu’une épave même pas capable de voir clair plus d’une ou deux heures. Alors pourquoi avoir accepté de se retrouver ici, sur cette base, à jouer le second irascible ?
« Et Freyr coursait les étoiles qui le surplombaient, toujours plus éloignées et pourtant toujours plus proches, hors d’atteinte… »
Le regard du second croisa une bouteille à demi-vide qui dépassait du fatras de son bureau. Est-ce qu’il buvait moins, depuis peu ? Les bouteilles avaient remplacé les seringues de morphine, mais qu’est-ce qui remplacerait les bouteilles ? Au moins, elles étaient là, au rendez-vous…
« Merde ! »
Joshua roula jusqu’à son plan de travail et se saisit furieusement de la bouteille, qu’il écrasa contre le mur. Ce n’était qu’éclaboussures d’alcool et de verre tandis que le bosco retirait rageusement sa main ensanglantée avec un cri de douleur. Il s’était ouvert la paume de la main, et la boisson se mêlait à la blessure, intensifiant la souffrance. De rage, le capitaine serra le poing, broyant dans sa chair les bouts de verre qu’il y restait avant de flanquer un coup de poing dans la paroi.
Puis, lentement, il se retourna et se rappela qu’il n’était pas seul. Les doigts de sa main blessée toujours serré, il fixait Shannel du regard de l’homme trahi, même s’il ne savait par qui ; par lui-même, sans doute…
« Qu’est-ce que vous r’gardez ? Ca s’passe pas comme dans les histoires, c’est ça ? De toute façon, cette édition de Freyr est une putain de mauvaise blague. Ca ne vaut pas la version de Daggassy. »
Il avait parlé de sa voix rocailleuse avec assurance, comme pour la mettre au défi de le prendre en pitié, ou il ne savait quoi d’autre ; la soirée commençait bien…
Eraillée comme si elle cherchait des mots issus d’un lointain passé, la voix du second s’éleva dans la pièce suite au babillage de Shannel. Joshua avait parlé doucement, ce qui n’était pas dans ses habitudes ; à vrai dire, il ne s’était même pas rendu compte qu’il avait machinalement repris l’une des phrases du bouquin que tenait la bosco. En réalité, depuis que la jeune femme avait évoqué le Marathon de Freyr, l’esprit de Joshua s’était projeté plus de trente ans en arrière…
Quand il tenait encore sur ses deux jambes, et qu’il arpentait fièrement les coursives du vaisseau qu’il commandait alors, l’Avalonia, et qu’ensuite il rentrait chez lui, dans ses quartiers sur Avalon. Où l’attendait ce petit garçon qu’il ne connaissait plus, réclamant une nouvelle histoire tirée des livres que son père, le fringant capitaine Jansen, conservait dans sa bibliothèque. Il y avait les récits des premiers explorateurs humains du Cercle, et les grandes découvertes bien sûr, ainsi que des histoires antérieures, transmises et retranscrites depuis l’exode forcé qui avait suivi la destruction de la Terre il y a des siècles et des siècles. Il y avait des romans de toutes sortes, mais ce que père et fils préféraient, c’étaient les contes. Plus d’une fois, Joshua avait dit au garçon que le mythe permettait à l’être de se dépasser, d’être digne de cet héritage fantastique que ces récits lui prêtaient. Et cela ne s’arrêtait pas à l’humanité : Joshua avait aussi apporté son attention sur les légendes ases et shitennôs. Pour lui, seuls comptaient les mots, et on avait beaucoup à apprendre d’eux. Quand on y prêtait attention, qu’on les étudiait simplement pour les histoires que ces écrits narraient, on voyait bien que ces trois races étaient extrêmement proches dans leur manière de transcrire le monde.
« C’est l’amour en bouche, l’amour que l’on croque à pleines dents tandis que s’abreuvent de vins les belles et les beaux… »
Dans son fauteuil, Joshua paraissait comme plus petit, ratatiné, ses rides creusés par les épreuves et la vie qu’il avait perdue. Dans ses yeux flottait le fantôme du petit garçon à qui il n’avait plus jamais raconté d’histoires. Seth en racontait-il à ses enfants aujourd’hui ? Joshua ne savait même pas s’il en avait ; il pourrait être grand-père qu’il ne le saurait même pas !
« Et c’est en riant que les enfants couraient entre les tables, innocents du futur qui s’offraient à eux… »
Mais qui s’en souciait, hein ? Joshua Godefroy Jansen n’avait besoin de personne ! Et personne n’avait besoin de lui, cela tombait bien ! Ici, sur Balor où on l’avait relégué, on l’avait oublié, et il pouvait alors oublier tout le reste, lui aussi ! Mais il le faisait déjà avant qu’un vieil officier distingué ne lui propose ce poste… Quand il n’était qu’une épave même pas capable de voir clair plus d’une ou deux heures. Alors pourquoi avoir accepté de se retrouver ici, sur cette base, à jouer le second irascible ?
« Et Freyr coursait les étoiles qui le surplombaient, toujours plus éloignées et pourtant toujours plus proches, hors d’atteinte… »
Le regard du second croisa une bouteille à demi-vide qui dépassait du fatras de son bureau. Est-ce qu’il buvait moins, depuis peu ? Les bouteilles avaient remplacé les seringues de morphine, mais qu’est-ce qui remplacerait les bouteilles ? Au moins, elles étaient là, au rendez-vous…
« Merde ! »
Joshua roula jusqu’à son plan de travail et se saisit furieusement de la bouteille, qu’il écrasa contre le mur. Ce n’était qu’éclaboussures d’alcool et de verre tandis que le bosco retirait rageusement sa main ensanglantée avec un cri de douleur. Il s’était ouvert la paume de la main, et la boisson se mêlait à la blessure, intensifiant la souffrance. De rage, le capitaine serra le poing, broyant dans sa chair les bouts de verre qu’il y restait avant de flanquer un coup de poing dans la paroi.
Puis, lentement, il se retourna et se rappela qu’il n’était pas seul. Les doigts de sa main blessée toujours serré, il fixait Shannel du regard de l’homme trahi, même s’il ne savait par qui ; par lui-même, sans doute…
« Qu’est-ce que vous r’gardez ? Ca s’passe pas comme dans les histoires, c’est ça ? De toute façon, cette édition de Freyr est une putain de mauvaise blague. Ca ne vaut pas la version de Daggassy. »
Il avait parlé de sa voix rocailleuse avec assurance, comme pour la mettre au défi de le prendre en pitié, ou il ne savait quoi d’autre ; la soirée commençait bien…
"Tu crois que voler, c'est être libre? Tu crois que changer, c'est s'envoler? Conneries. On finit toujours par se planter, et ensuite on reste cloué au sol."
Joshua G. Jensen, dit "le Vieux"
Gilad Antilles - Jan Sanada/Ethan Geetaï - Joshua G. Jansen - Jarvis Stark - Amelia Caine

Joshua G. Jansen- Second - Balor
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Mission actuelle : Causer bouquins avec Shannel/Jouer son rôle de second sur le pont
Citation : Botte toi le cul avec tes propres pieds; pour moi c'est plus trop possible, tu vois?
Fiche de données
Surnom: le Vieux
Race: Humain
Unité: Militaire
Re: Burning hearts
A tout prendre, Shannel aurait franchement préféré que le Second se formalise de cette histoire de marathon et de handicap. Ça avait presque l'air fun, en comparaison avec le champ de bataille qu'était devenue la cabine. Elle avait d'abord été soufflée de s'apercevoir que le vieil homme lui récitait des passages de la légende du marathon de Freyr. Mais très vite, elle s'était focalisée sur une seule information : le Vieux s'était atrocement blessé ! Elle laissa tomber le livre à terre et se précipita auprès de Joshua.
Capitaine, ça va ? Vous vous êtes coupé ? Faites-moi voir ça !
Ca y était, là, elle paniquait. Qu'est-ce qu'elle avait fait ? Qu'est-ce qu'elle pouvait faire ? Par tous les dieux du Cercle, il fallait qu'elle fasse quelque chose !! Elle repéra ce qui semblait être un torchon, non loin d'elle. Elle le saisit, puis s'accroupit devant le fauteuil de son supérieur. Elle nettoya la plaie avec le bout de tissu du mieux qu'elle put.
Capitaine, je suis navrée, je ne voulais pas, je... Oh, merde !
Ce n'était pas un torchon, qu'elle avait appliqué sur la blessure de Joshua, et qui était à présent imbibé de sang. C'était une chemise d'uniforme. Son sang se glaça dans ses veines. C'était vraiment pas son jour. Elle leva un regard implorant vers son supérieur. Elle ne savait vraiment plus quoi faire.
Capitaine, ça va ? Vous vous êtes coupé ? Faites-moi voir ça !
Ca y était, là, elle paniquait. Qu'est-ce qu'elle avait fait ? Qu'est-ce qu'elle pouvait faire ? Par tous les dieux du Cercle, il fallait qu'elle fasse quelque chose !! Elle repéra ce qui semblait être un torchon, non loin d'elle. Elle le saisit, puis s'accroupit devant le fauteuil de son supérieur. Elle nettoya la plaie avec le bout de tissu du mieux qu'elle put.
Capitaine, je suis navrée, je ne voulais pas, je... Oh, merde !
Ce n'était pas un torchon, qu'elle avait appliqué sur la blessure de Joshua, et qui était à présent imbibé de sang. C'était une chemise d'uniforme. Son sang se glaça dans ses veines. C'était vraiment pas son jour. Elle leva un regard implorant vers son supérieur. Elle ne savait vraiment plus quoi faire.
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Shannel Kômoku-Vidar- Bosco - Balor
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Re: Burning hearts
Il ne l’admettrait sans doute jamais, mais Joshua n’était pas très fier de lui. Il était peut-être un vieux poivrot au caractère de cochon, mais quelques lambeaux de sa dignité d’officier avaient encore tendance à refaire surface depuis qu’il servait sur Balor, et ces lambeaux là ne trouvaient pas très intelligent le fait de s’ouvrir bêtement la main devant un subordonné. Ce n’était pourtant pas la première fois que le Vieux se donnait en spectacle mais cette fois-ci, il n’était vraiment pas fier de lui. Ce qui le mettait d’autant plus en colère. Et quelle idée de faire ça devant la bosco, en plus ! Elle allait à coup sûr vouloir s’occuper de lui et de son bien-être maintenant, et il allait l’avoir définitivement sur le dos !
Tiens, qu’est-ce qu’il disait ! Voilà qu’elle se jetait déjà sur lui, un air désolé sur le visage, pour jouer les infirmières ! Et que je te prenne la main pour y appliquer un torchon en me confondant en excuses, et que je lève tout à coup un regard implorant sur le pauvre blessé… Minute, pourquoi elle avait un regard implorant, maintenant ? Elle n’allait pas le prendre en pitié à ce point là tout de même ? Joshua sentait la colère revenir et les mots doux se bousculer dans sa bouche, prêts à être déclamés, mais la gamine avait plus l’air prise en faut qu’autre chose, aussi il se retint, du moins pour l’instant. Il suivit les yeux de Shannel, qui allaient sans cesse du chiffon à Joshua, et lorsqu’il comprit… il partit dans un grand éclat de rire.
Bon, comme il ne riait pas souvent, c’était une sorte de bruit rocailleux qui rappelait une quinte de toux et il soufflait comme une forge mais de toute façon, Joshua n’était pas du genre à avoir un rire aussi chantant que les cascades en montagnes. Mais c’était néanmoins un rire, un vrai rire et non un ricanement ou un gloussement forcé. Nom d’un chien, ça faisait du bien ! Il en aurait presque oublié la douleur qui lui tenaillait la main, tiens ! Presque… C’est pourquoi il finit rapidement par se calmer et ses épaules cessèrent de se secouer lorsqu’il saisit fermement le poignet de Shannel pour écarter la chemise qu’elle avait utilisé pour tenter de nettoyer sa blessure :
« Deux petites choses quand on veut nettoyer une plaie, bosco… Premièrement, on évite de prendre un vieux vêtement chiffonné dont on ne sait pas à quand remonte le dernier lavage. Deuxièmement… on évite de nettoyer la blessure avec acharnement quand il y a encore des bouts de verre dedans, parce que ça fait un mal de chien, nom de dieu ! »
Un Joshua qui accablait un subalterne de reproches, voilà déjà qui lui ressemblait plus. D’un autre côté, le ton de sa voix avait changé : elle n’était pas remplie d’amertume, mais ferme, comme celle d’un homme qui dénonce simplement des évidences suite à la faute d’un autre. Une vraie voix d’officier, ce qu’on entendait rarement chez le Vieux, finalement…
« Bon, vous allez me balancer ce torchon quelque part, et foncer à la salle de bain chercher une serviette propre et de quoi désinfecter tout ça dans la petite armoire, au-dessus du lavabo. Et peut-être une petite pince pour ôter les bouts de verres que j’ai eus la connerie de me planter dans la peau, compris ? Et ensuite, je vous dirai pourquoi le Marathon de Freyr transcrit par Davis, comme votre édition, là, est une putain de mauvaise blague ! »
Et, tandis qu’il s’écartait pour la laisser passer, il rajouta quelque chose en marmonnant, vaguement gêné :
« Et faites pas attention au désordre dans la salle d’eau... »
Tiens, qu’est-ce qu’il disait ! Voilà qu’elle se jetait déjà sur lui, un air désolé sur le visage, pour jouer les infirmières ! Et que je te prenne la main pour y appliquer un torchon en me confondant en excuses, et que je lève tout à coup un regard implorant sur le pauvre blessé… Minute, pourquoi elle avait un regard implorant, maintenant ? Elle n’allait pas le prendre en pitié à ce point là tout de même ? Joshua sentait la colère revenir et les mots doux se bousculer dans sa bouche, prêts à être déclamés, mais la gamine avait plus l’air prise en faut qu’autre chose, aussi il se retint, du moins pour l’instant. Il suivit les yeux de Shannel, qui allaient sans cesse du chiffon à Joshua, et lorsqu’il comprit… il partit dans un grand éclat de rire.
Bon, comme il ne riait pas souvent, c’était une sorte de bruit rocailleux qui rappelait une quinte de toux et il soufflait comme une forge mais de toute façon, Joshua n’était pas du genre à avoir un rire aussi chantant que les cascades en montagnes. Mais c’était néanmoins un rire, un vrai rire et non un ricanement ou un gloussement forcé. Nom d’un chien, ça faisait du bien ! Il en aurait presque oublié la douleur qui lui tenaillait la main, tiens ! Presque… C’est pourquoi il finit rapidement par se calmer et ses épaules cessèrent de se secouer lorsqu’il saisit fermement le poignet de Shannel pour écarter la chemise qu’elle avait utilisé pour tenter de nettoyer sa blessure :
« Deux petites choses quand on veut nettoyer une plaie, bosco… Premièrement, on évite de prendre un vieux vêtement chiffonné dont on ne sait pas à quand remonte le dernier lavage. Deuxièmement… on évite de nettoyer la blessure avec acharnement quand il y a encore des bouts de verre dedans, parce que ça fait un mal de chien, nom de dieu ! »
Un Joshua qui accablait un subalterne de reproches, voilà déjà qui lui ressemblait plus. D’un autre côté, le ton de sa voix avait changé : elle n’était pas remplie d’amertume, mais ferme, comme celle d’un homme qui dénonce simplement des évidences suite à la faute d’un autre. Une vraie voix d’officier, ce qu’on entendait rarement chez le Vieux, finalement…
« Bon, vous allez me balancer ce torchon quelque part, et foncer à la salle de bain chercher une serviette propre et de quoi désinfecter tout ça dans la petite armoire, au-dessus du lavabo. Et peut-être une petite pince pour ôter les bouts de verres que j’ai eus la connerie de me planter dans la peau, compris ? Et ensuite, je vous dirai pourquoi le Marathon de Freyr transcrit par Davis, comme votre édition, là, est une putain de mauvaise blague ! »
Et, tandis qu’il s’écartait pour la laisser passer, il rajouta quelque chose en marmonnant, vaguement gêné :
« Et faites pas attention au désordre dans la salle d’eau... »
"Tu crois que voler, c'est être libre? Tu crois que changer, c'est s'envoler? Conneries. On finit toujours par se planter, et ensuite on reste cloué au sol."
Joshua G. Jensen, dit "le Vieux"
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Joshua G. Jansen- Second - Balor
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Citation : Botte toi le cul avec tes propres pieds; pour moi c'est plus trop possible, tu vois?
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Re: Burning hearts
Ouaiiiiiiiiis, lui aussi il se mettait à rire ! Bon, après mûre réflexion, c'était peut-être pas une très bonne nouvelle, mais bon, ça fait du bien de rire, c'est déjà ça, non ?
Quand le Vieux se mit à lui parler très sérieusement, le sang de Shannel ne fit qu'un tour. Bien sûr qu'on ne pouvait pas être guilleret après s'être ouvert la main... Elle écouta attentivement toutes ses instructions, puis se leva d'un bond en s'écriant : Oui, Capitaine !
Shannel se précipita dans la salle de bains, et n'entendit pas la dernière remarque du Vieux. Elle ouvrit la porte en grand fracas, et ne put retenir un petit : Oh !! La pièce était plus large que les salles d'eau des autres cabines que Shannel avait déjà visitées, mais elle était remplie de vêtements, propres et sales, empilés ça et là. Elle se dirigea vers le lavabo encrassé, et ouvrit la petite armoire, comme le Vieux le lui avait ordonné.
*Mais comment fait-il pour atteindre cette armoire ?*
Shannel prit du désinfectant, une bouteille de solution saline, une pince, de la gaze et des bandages. Le Second avait l'air d'être bien paré en cas d'urgence médicale. Elle jeta un dernier regard à la salle de bains avant d'en sortir, pensive. Elle revint auprès de son supérieur et commença à nettoyer la pince avec la solution saline.
Vous savez à quoi votre salle de bains me fait penser ? Aux loges de l'Atome Crochu, après un défilé...
Shannel détacha un peu de gaze et y versa une bonne dose de désinfectant. Ca y était, tout était prêt. Elle se saisit de la pince d'un côté, et prit la main du Second de l'autre.
Je ne savais pas que vous vous y connaissiez, en légendes ases... Et alors, qu'est-ce qu'elle a, la traduction de ce livre ?
Elle avait repéré un gros morceau de verre dans la plaie béante. Très concentrée, elle le saisit avec la pince, et le retira délicatement. Elle avait enfin évacué un peu du stress que toute la scène lui avait donnée, ce qui lui permettait de se rendre enfin utile. Sans détacher le regard de ce qu'elle faisait, elle attendit la réponse du Vieux.
Quand le Vieux se mit à lui parler très sérieusement, le sang de Shannel ne fit qu'un tour. Bien sûr qu'on ne pouvait pas être guilleret après s'être ouvert la main... Elle écouta attentivement toutes ses instructions, puis se leva d'un bond en s'écriant : Oui, Capitaine !
Shannel se précipita dans la salle de bains, et n'entendit pas la dernière remarque du Vieux. Elle ouvrit la porte en grand fracas, et ne put retenir un petit : Oh !! La pièce était plus large que les salles d'eau des autres cabines que Shannel avait déjà visitées, mais elle était remplie de vêtements, propres et sales, empilés ça et là. Elle se dirigea vers le lavabo encrassé, et ouvrit la petite armoire, comme le Vieux le lui avait ordonné.
*Mais comment fait-il pour atteindre cette armoire ?*
Shannel prit du désinfectant, une bouteille de solution saline, une pince, de la gaze et des bandages. Le Second avait l'air d'être bien paré en cas d'urgence médicale. Elle jeta un dernier regard à la salle de bains avant d'en sortir, pensive. Elle revint auprès de son supérieur et commença à nettoyer la pince avec la solution saline.
Vous savez à quoi votre salle de bains me fait penser ? Aux loges de l'Atome Crochu, après un défilé...
Shannel détacha un peu de gaze et y versa une bonne dose de désinfectant. Ca y était, tout était prêt. Elle se saisit de la pince d'un côté, et prit la main du Second de l'autre.
Je ne savais pas que vous vous y connaissiez, en légendes ases... Et alors, qu'est-ce qu'elle a, la traduction de ce livre ?
Elle avait repéré un gros morceau de verre dans la plaie béante. Très concentrée, elle le saisit avec la pince, et le retira délicatement. Elle avait enfin évacué un peu du stress que toute la scène lui avait donnée, ce qui lui permettait de se rendre enfin utile. Sans détacher le regard de ce qu'elle faisait, elle attendit la réponse du Vieux.
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Citation : Bof, c'est pas si grave...
Re: Burning hearts
Shannel se précipita dans la salle de bains, et Joshua fut content de voir qu’elle obéissait aux ordres. Mais sa satisfaction ne dura que le temps qu’il se rappelle qui il était, et qu’un poivrot handicapé qui se réjouissait de se faire obéir en criant n’était pas une image flatteuse pour la flotte du Cercle. Car malgré toute l’amertume, toute la colère dont faisait preuve Joshua, il gardait quelque part en lui la conscience de ce que porter un uniforme signifiait. Et après toutes ces années sur Balor, voilà que cette conscience se faisait de plus en plus ressentir…
« Qu’est-ce qu’elle fiche… ? » grommela Joshua, même si personne n’était là pour l’entendre. Mais il préférait râler que ne rien dire, histoire de se garder une contenance…même si ce n’était que face à lui-même. Un lui-même qu’il ne prenait plus la peine de regarder en face depuis longtemps.
Mais Shannel arriva enfin, et s’empressa de prendre soin de la main du Vieux qui cachait avec peine son agacement à l’idée de voir sa mimine ainsi triturée par ce qu’il ne pouvait présentement que considérer comme une gamine. Voilà que les subalternes étaient aussi chargés des erreurs de leurs supérieurs, et cette idée ne plaisait pas du tout à Joshua, ce qui permettait à sa conscience de l’uniforme présentée ci-dessus de revenir s’impose à lui un peu plus.
Afin de ne pas continuer à se torturer les méninges sur cette voie, et comme Shannel avait l’air de bien se débrouiller avec les soins, il se racla la gorge avant de continuer :
« Sauf que dans ma salle de bains, bosco, il n’y a pas de mousse partout et les donzelles y laissent rarement traîner leurs sous-vêtements. De toute façon je ne suis allé qu’une fois à l’Atome Crochu lors d’une permission sur Babylone et j’en garde un mauvais souvenir : trop de monde pour moi… »
En effet, Joshua n’avait jamais vraiment aimé la foule ailleurs que sur le pont d’un vaisseau. Lorsqu’il était à terre, il préférait les endroits calmes et aérés, comme les larges marais d’Avalon où s’envolaient les rainettes-libellules. Même après son accident, il avait toujours privilégié les bars miteux et peu courus, où l’alcool coulait en abondance pour pas cher…
« Quant à votre question idiote sur la traduction faite par Davis que vous aviez entre les mains, sachez que c’est sans doute un des plus mauvais travaux de ce clown ; et les autres ne sont pas brillants, vous pouvez me croire ! Davis est un putain de merdeux qui se croit plus intelligent que son monde, et qui a tendance à réinterpréter les éléments à sa façon simplement parce que c’est plus simple – et plus vendeur. Le problème avec ce con là, c’est qu’il se méfie tellement de la traduction littérale qu’il va chercher trop loin et toujours dans la mauvaise direction. L’image joue un rôle, mais chaque mot est là pour quelque chose, dans une histoire. Vanderghast a fait de la légende de Freyr une bien meilleure traduction, pour qui n’a pas peur du sens premier de la légende. Et ce n’est pas tant que je m’y connais en légendes cornues, bosco, mais j’ai eu… »
Il s’interrompit soudain et foudroya Shannel du regard, comme pour lui reprocher de lui avoir fait baisser sa garde :
« Il y a plein de choses que vous ne savez pas sur moi, Kômoku-Vidar. » commenta-t-il d’un ton bourru. « Et je vois pas pour…Bordel, ça fait mal ! »
Instinctivement, il ramena sa main blessée à lui, ses yeux luisant de colère : c’est que ça pique, le désinfectant, même en 3333 ! Non, les hommes ne sont pas douillets, c’est totalement faux…
« Qu’est-ce qu’elle fiche… ? » grommela Joshua, même si personne n’était là pour l’entendre. Mais il préférait râler que ne rien dire, histoire de se garder une contenance…même si ce n’était que face à lui-même. Un lui-même qu’il ne prenait plus la peine de regarder en face depuis longtemps.
Mais Shannel arriva enfin, et s’empressa de prendre soin de la main du Vieux qui cachait avec peine son agacement à l’idée de voir sa mimine ainsi triturée par ce qu’il ne pouvait présentement que considérer comme une gamine. Voilà que les subalternes étaient aussi chargés des erreurs de leurs supérieurs, et cette idée ne plaisait pas du tout à Joshua, ce qui permettait à sa conscience de l’uniforme présentée ci-dessus de revenir s’impose à lui un peu plus.
Afin de ne pas continuer à se torturer les méninges sur cette voie, et comme Shannel avait l’air de bien se débrouiller avec les soins, il se racla la gorge avant de continuer :
« Sauf que dans ma salle de bains, bosco, il n’y a pas de mousse partout et les donzelles y laissent rarement traîner leurs sous-vêtements. De toute façon je ne suis allé qu’une fois à l’Atome Crochu lors d’une permission sur Babylone et j’en garde un mauvais souvenir : trop de monde pour moi… »
En effet, Joshua n’avait jamais vraiment aimé la foule ailleurs que sur le pont d’un vaisseau. Lorsqu’il était à terre, il préférait les endroits calmes et aérés, comme les larges marais d’Avalon où s’envolaient les rainettes-libellules. Même après son accident, il avait toujours privilégié les bars miteux et peu courus, où l’alcool coulait en abondance pour pas cher…
« Quant à votre question idiote sur la traduction faite par Davis que vous aviez entre les mains, sachez que c’est sans doute un des plus mauvais travaux de ce clown ; et les autres ne sont pas brillants, vous pouvez me croire ! Davis est un putain de merdeux qui se croit plus intelligent que son monde, et qui a tendance à réinterpréter les éléments à sa façon simplement parce que c’est plus simple – et plus vendeur. Le problème avec ce con là, c’est qu’il se méfie tellement de la traduction littérale qu’il va chercher trop loin et toujours dans la mauvaise direction. L’image joue un rôle, mais chaque mot est là pour quelque chose, dans une histoire. Vanderghast a fait de la légende de Freyr une bien meilleure traduction, pour qui n’a pas peur du sens premier de la légende. Et ce n’est pas tant que je m’y connais en légendes cornues, bosco, mais j’ai eu… »
Il s’interrompit soudain et foudroya Shannel du regard, comme pour lui reprocher de lui avoir fait baisser sa garde :
« Il y a plein de choses que vous ne savez pas sur moi, Kômoku-Vidar. » commenta-t-il d’un ton bourru. « Et je vois pas pour…Bordel, ça fait mal ! »
Instinctivement, il ramena sa main blessée à lui, ses yeux luisant de colère : c’est que ça pique, le désinfectant, même en 3333 ! Non, les hommes ne sont pas douillets, c’est totalement faux…
"Tu crois que voler, c'est être libre? Tu crois que changer, c'est s'envoler? Conneries. On finit toujours par se planter, et ensuite on reste cloué au sol."
Joshua G. Jensen, dit "le Vieux"
Gilad Antilles - Jan Sanada/Ethan Geetaï - Joshua G. Jansen - Jarvis Stark - Amelia Caine

Joshua G. Jansen- Second - Balor
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Inscrit le : 10 Mar 2008
Localisation actuelle : Dans sa cabine / Sur le pont de Balor
Mission actuelle : Causer bouquins avec Shannel/Jouer son rôle de second sur le pont
Citation : Botte toi le cul avec tes propres pieds; pour moi c'est plus trop possible, tu vois?
Fiche de données
Surnom: le Vieux
Race: Humain
Unité: Militaire
Re: Burning hearts
Des sous-vêtements partout ? Mais pas du tout ! La plupart du temps, les filles n'avaient même pas le droit d'en porter... Et ce n'était pas toujours au goût de tout le monde, d'ailleurs... Bref, le Vieux changeait de sujet, et c'était tant mieux. Shannel n'aimait pas tant que ça parler de son passé de mannequin. Les gens avaient toujours pas mal d'a priori et elle préférait éviter autant que possible de se faire étiqueter.
La plaie était impressionnante, mais pas trop profonde. Il faut dire que le Vieux avait les mains calleuses, et que le verre avait peiné à entamer la corne. Tout en finissant de désinfecter, après avoir enfin retiré le dernier morceau de verre, Shannel observa quelques instants les mains du Second.
Elles étaient rugueuses, on y devinait quelques vieilles cicatrices, cachées dans les plis des doigts, et elles portaient les stigmates de la vieillesse. Ces mains avaient touché tellement plus que celles de Shannel... Ces mains avaient frappé, caressé, elles avaient tourné les pages d'un livre, elles avaient réparé des machines bruyantes, elles avaient serré des mains de toutes sortes, elles avaient frôlé des corps brûlants, elles avaient tapoté des épaules en guise de consolation... Le Second n'était pas qu'un "Vieux" bougon, c'était un homme qui avait vécu une longue vie pleine de joies et de peines.
Shannel tressaillit quand Joshua reprit la parole. Elle l'écouta, incrédule, lui parler de la traduction de son livre de contes en véritable expert. Ça y était, c'était incroyable, mais elle commençait enfin à voir une infinitésimale partie de ce que le Second était, derrière sa carapace de vieillard colérique. Comment donc s'y connaissait-il en contes et légendes ?
Mais le Second coupa court à toute interrogation. Il la fusillait du regard. Shannel perdit un peu de contenance, et de concentration par la même occasion. Elle laissa un long filet de désinfectant couler sur la plaie, ce qui eut pour effet de faire sursauter le Second.
Bordel, ça fait mal !
Alors là, c'en était trop. Elle s'occupait de lui, et maintenant, il l'engueulait ?
- Si vous restiez tranquille, ça ferait moins mal !
Non mais ! Shannel, l'air un peu renfrogné, reprit la gaze qu'elle avait momentanément lâchée sur ses genoux. Elle se redressa pour se retrouver à la même hauteur que le Second, et tenta d'appliquer de nouveau le tampon de désinfectant sur la paume de son supérieur.
La plaie était impressionnante, mais pas trop profonde. Il faut dire que le Vieux avait les mains calleuses, et que le verre avait peiné à entamer la corne. Tout en finissant de désinfecter, après avoir enfin retiré le dernier morceau de verre, Shannel observa quelques instants les mains du Second.
Elles étaient rugueuses, on y devinait quelques vieilles cicatrices, cachées dans les plis des doigts, et elles portaient les stigmates de la vieillesse. Ces mains avaient touché tellement plus que celles de Shannel... Ces mains avaient frappé, caressé, elles avaient tourné les pages d'un livre, elles avaient réparé des machines bruyantes, elles avaient serré des mains de toutes sortes, elles avaient frôlé des corps brûlants, elles avaient tapoté des épaules en guise de consolation... Le Second n'était pas qu'un "Vieux" bougon, c'était un homme qui avait vécu une longue vie pleine de joies et de peines.
Shannel tressaillit quand Joshua reprit la parole. Elle l'écouta, incrédule, lui parler de la traduction de son livre de contes en véritable expert. Ça y était, c'était incroyable, mais elle commençait enfin à voir une infinitésimale partie de ce que le Second était, derrière sa carapace de vieillard colérique. Comment donc s'y connaissait-il en contes et légendes ?
Mais le Second coupa court à toute interrogation. Il la fusillait du regard. Shannel perdit un peu de contenance, et de concentration par la même occasion. Elle laissa un long filet de désinfectant couler sur la plaie, ce qui eut pour effet de faire sursauter le Second.
Bordel, ça fait mal !
Alors là, c'en était trop. Elle s'occupait de lui, et maintenant, il l'engueulait ?
- Si vous restiez tranquille, ça ferait moins mal !
Non mais ! Shannel, l'air un peu renfrogné, reprit la gaze qu'elle avait momentanément lâchée sur ses genoux. Elle se redressa pour se retrouver à la même hauteur que le Second, et tenta d'appliquer de nouveau le tampon de désinfectant sur la paume de son supérieur.
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Shannel Kômoku-Vidar- Bosco - Balor
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Localisation actuelle : Dans la cabine du Second, pourq... Attendez, c'est pas ce que vous croyez !!
Mission actuelle : Faire l'infirmière (oui, j'adore ça, et alors ?)
Citation : Bof, c'est pas si grave...
Re: Burning hearts
La médecine avait beau eu avoir fait des progrès considérables en plus d’un millénaire –greffe de membres artificiels plus performants que les vrais, redonner un semblant de vue aux aveugles, guérir le cancer- il y avait une chose où elle n’avait bougé d’un poil : les désinfectants. Ils avaient traversé les siècles, changeant sans cesse de structure et de produits, mais ils n’avaient jamais cessé de brûler là où on les appliquait. Tous. Sans exceptions.
Joshua étant un homme, il était donc plus douillet que la moyenne, ce qui ne s’accordait jamais avec un bon désinfectant. Et celui que Shannel lui administrait était particulièrement corsé, assez pour que Joshua se fiche de montrer sa douleur devant un subalterne. Le fait qu’elle soit en train de l’aider ne nuançait même pas son jugement : du moment qu’elle faisait quelque chose, elle n’avait qu’à le faire bien, merde ! Et pas le faire souffrir encore plus !
Et puis cela faisait combien de temps que ce désinfectant là traînait dans ses affaires, à Joshua ? Dix ans ? Plus ? Ca n’avait pas une date de péremption ces trucs là ? Il aurait presque préféré que la bosco en revienne à l’alcool à brûler, tiens… Il aurait pu boire un coup en attendant, au moins ! Ouais, c’était une bonne idée, ça, boire un coup ; ça ferait oublier la douleur plus facilement que les soins maladroits de la bachi-bouzouk qui s’acharnant sur sa pauvre main de travailleur.
Mais il ne pouvait pas lui gueuler dessus pour ça, tout de même ? Après tout, elle avait montré de la bonne volonté, admettait en ronchonnant intérieurement le capitaine. D’un autre côté, elle lisait les mauvaises traductions, ce qui n’était pas terrible pour l’opinion qu’il allait se faire d’elle. Mais finalement, n’était-ce pas du devoir d’un officier supérieur que de remettre ses hommes (et femmes) dans le droit chemin lorsqu’ils (et elles) se fourvoyaient ? Ouais, parfaitement, il ne pouvait pas la laisser partir comme ça, avec sa mauvaise traduction sous le bras !
Cela dit, il espérait qu’elle allait se calmer sur les soins, parce qu’elle n’avait pas l’air de soigner les bobos du corps aussi bien que ceux de l’âme ; elle était bosco, pas toubib, et Joshua avait tout le loisir de le remarquer en serrant les dents.
Non, ce n’était pas parce qu’il avait l’intention de lui mettre du plomb dans la tête qu’il allait être aimable et gentil, non plus ! Rome ne s’est pas faite en un jour, faut pas rêver ! Il allait ajouter quelque chose de purement grognon mais se retint ; malgré lui, il était fasciné par le spectacle des mains de Shannel qui s’agitaient dans la sienne. Elles étaient si fines, si douces, si délicates, alors que sa papatte à lui était grosse et pleine de cales, dure et sèche et si maladroite lorsqu’elle ne tenait pas un outil ou un verre. L’image de ces mains si différentes côte à côte le troublait, et il avait très peur que cela soit parce qu’il ne trouvait pas sa désagréable. Et ça, ça n’allait plus du tout !
« Et si vous n’étiez pas venue me harceler, je ne me serais pas blessé ! » grogna-t-il afin de se donner une convenance et une excuse pour essayer d’attirer sa main vers lui. Il eut un sourire -ou du moins ce qui y ressemblait le plus- parcheminé du vieux qui croit avoir remporté la partie alors que c'était loin, loin d'être le cas...
Joshua étant un homme, il était donc plus douillet que la moyenne, ce qui ne s’accordait jamais avec un bon désinfectant. Et celui que Shannel lui administrait était particulièrement corsé, assez pour que Joshua se fiche de montrer sa douleur devant un subalterne. Le fait qu’elle soit en train de l’aider ne nuançait même pas son jugement : du moment qu’elle faisait quelque chose, elle n’avait qu’à le faire bien, merde ! Et pas le faire souffrir encore plus !
Et puis cela faisait combien de temps que ce désinfectant là traînait dans ses affaires, à Joshua ? Dix ans ? Plus ? Ca n’avait pas une date de péremption ces trucs là ? Il aurait presque préféré que la bosco en revienne à l’alcool à brûler, tiens… Il aurait pu boire un coup en attendant, au moins ! Ouais, c’était une bonne idée, ça, boire un coup ; ça ferait oublier la douleur plus facilement que les soins maladroits de la bachi-bouzouk qui s’acharnant sur sa pauvre main de travailleur.
Mais il ne pouvait pas lui gueuler dessus pour ça, tout de même ? Après tout, elle avait montré de la bonne volonté, admettait en ronchonnant intérieurement le capitaine. D’un autre côté, elle lisait les mauvaises traductions, ce qui n’était pas terrible pour l’opinion qu’il allait se faire d’elle. Mais finalement, n’était-ce pas du devoir d’un officier supérieur que de remettre ses hommes (et femmes) dans le droit chemin lorsqu’ils (et elles) se fourvoyaient ? Ouais, parfaitement, il ne pouvait pas la laisser partir comme ça, avec sa mauvaise traduction sous le bras !
Cela dit, il espérait qu’elle allait se calmer sur les soins, parce qu’elle n’avait pas l’air de soigner les bobos du corps aussi bien que ceux de l’âme ; elle était bosco, pas toubib, et Joshua avait tout le loisir de le remarquer en serrant les dents.
Non, ce n’était pas parce qu’il avait l’intention de lui mettre du plomb dans la tête qu’il allait être aimable et gentil, non plus ! Rome ne s’est pas faite en un jour, faut pas rêver ! Il allait ajouter quelque chose de purement grognon mais se retint ; malgré lui, il était fasciné par le spectacle des mains de Shannel qui s’agitaient dans la sienne. Elles étaient si fines, si douces, si délicates, alors que sa papatte à lui était grosse et pleine de cales, dure et sèche et si maladroite lorsqu’elle ne tenait pas un outil ou un verre. L’image de ces mains si différentes côte à côte le troublait, et il avait très peur que cela soit parce qu’il ne trouvait pas sa désagréable. Et ça, ça n’allait plus du tout !
« Et si vous n’étiez pas venue me harceler, je ne me serais pas blessé ! » grogna-t-il afin de se donner une convenance et une excuse pour essayer d’attirer sa main vers lui. Il eut un sourire -ou du moins ce qui y ressemblait le plus- parcheminé du vieux qui croit avoir remporté la partie alors que c'était loin, loin d'être le cas...
"Tu crois que voler, c'est être libre? Tu crois que changer, c'est s'envoler? Conneries. On finit toujours par se planter, et ensuite on reste cloué au sol."
Joshua G. Jensen, dit "le Vieux"
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Joshua G. Jansen- Second - Balor
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Citation : Botte toi le cul avec tes propres pieds; pour moi c'est plus trop possible, tu vois?
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Re: Burning hearts
Et voilà, elle se faisait engueuler une fois de plus ! Ca commençait à bien faire, vraiment ! Shannel n'avait pas l'intention de se laisser faire, alors ça non !
Et si vous n'étiez pas un vieux rustre asocial, je ne vous aurais pas harcelé !
Shannel saisit le bras du Vieux avec vigueur. Elle appliqua fort le tampon sur sa paume, consciente de ne pas être délicate. Non mais !
Laissez-moi vous dire que vous avez très mauvais caractère !
Et encore, c'était un euphémisme. Le Second était considéré partout sur la base comme un vieux con qui ne servait à rien d'autre qu'à ronchonner et traumatiser les nouveaux venus. Être un vieux con n'était pas un problème en soi. Le Commandant Portanares était un vieux con, et ça ne l'empêchait pas d'être un bon commandant. Mais le Second Jansen s'était enfermé dans un rôle certes intéressant, mais inutile. L'équipage de Balor se contentait de l'ignorer en temps normal, et de l'éviter pendant ses crises de colère. Ça n'était pas acceptable, pour quelqu'un comme lui.
Ça pique, c'est l'alcool, c'est normal... dit-elle bêtement, d'un ton didactique.
La plaie semblait être bien désinfectée, et ne saignait plus. Shannel posa la gaze sur la table à côté d'elle et prit un rouleau de bandages. Elle le déroula, l'inspecta un peu. Il semblait propre. Elle se retourna vers Joshua, et lui prit de nouveau la main. Elle commença à la bander avec le plus de douceur possible.
Je ne lis pas les traductions des contes ases et shitennôs. dit-elle doucement. Je les lis en version originale. Et vous avez raison, dans la légende de Freyr, chaque mot est choisi précautionneusement. Je ne sais même pas comment on pourrait vraiment le traduire.
Ca y était, elle avait terminé. Le bandage avait l'air de tenir, mais sans pour autant couper la circulation du sang. Shannel s'impressionnait elle-même. Il faudrait tout de même qu'il aille à l'infirmerie pour faire vérifier tout ça mais, Shannel le réalisa soudain, est-ce qu'il lui arrivait de consulter les médecins de la base ? Il ne prenait même pas ses repas avec le reste de l'équipage... En fait, le Second semblait ne pas connaître d'autres relations sociales que les agents de maintenance et les quelques officiers sur qui il avait pris l'habitude de hurler. Mais alors... Depuis tant d'années passées sur Balor... Avec qui pouvait-il bien discuter ?
Décidément, cet homme était plein de mystère. Il traînait un lourd passé derrière lui, et il devait avoir une vie très différente de ce qu'il laissait voir aux autres. Cela piquait la curiosité de Shannel. Elle mourait d'envie d'en savoir plus.
Comment se fait-il que vous vous y connaissiez tant que ça, en littérature ase ? Vous avez de la famille qui vient d'Asgard ?
Le ton de Shannel s'était considérablement radouci, comparé à quelques instants auparavant. Elle ne voulait pas le brusquer, et elle priait intérieurement pour ne pas, une fois encore, mettre les pieds dans le plat.
Et si vous n'étiez pas un vieux rustre asocial, je ne vous aurais pas harcelé !
Shannel saisit le bras du Vieux avec vigueur. Elle appliqua fort le tampon sur sa paume, consciente de ne pas être délicate. Non mais !
Laissez-moi vous dire que vous avez très mauvais caractère !
Et encore, c'était un euphémisme. Le Second était considéré partout sur la base comme un vieux con qui ne servait à rien d'autre qu'à ronchonner et traumatiser les nouveaux venus. Être un vieux con n'était pas un problème en soi. Le Commandant Portanares était un vieux con, et ça ne l'empêchait pas d'être un bon commandant. Mais le Second Jansen s'était enfermé dans un rôle certes intéressant, mais inutile. L'équipage de Balor se contentait de l'ignorer en temps normal, et de l'éviter pendant ses crises de colère. Ça n'était pas acceptable, pour quelqu'un comme lui.
Ça pique, c'est l'alcool, c'est normal... dit-elle bêtement, d'un ton didactique.
La plaie semblait être bien désinfectée, et ne saignait plus. Shannel posa la gaze sur la table à côté d'elle et prit un rouleau de bandages. Elle le déroula, l'inspecta un peu. Il semblait propre. Elle se retourna vers Joshua, et lui prit de nouveau la main. Elle commença à la bander avec le plus de douceur possible.
Je ne lis pas les traductions des contes ases et shitennôs. dit-elle doucement. Je les lis en version originale. Et vous avez raison, dans la légende de Freyr, chaque mot est choisi précautionneusement. Je ne sais même pas comment on pourrait vraiment le traduire.
Ca y était, elle avait terminé. Le bandage avait l'air de tenir, mais sans pour autant couper la circulation du sang. Shannel s'impressionnait elle-même. Il faudrait tout de même qu'il aille à l'infirmerie pour faire vérifier tout ça mais, Shannel le réalisa soudain, est-ce qu'il lui arrivait de consulter les médecins de la base ? Il ne prenait même pas ses repas avec le reste de l'équipage... En fait, le Second semblait ne pas connaître d'autres relations sociales que les agents de maintenance et les quelques officiers sur qui il avait pris l'habitude de hurler. Mais alors... Depuis tant d'années passées sur Balor... Avec qui pouvait-il bien discuter ?
Décidément, cet homme était plein de mystère. Il traînait un lourd passé derrière lui, et il devait avoir une vie très différente de ce qu'il laissait voir aux autres. Cela piquait la curiosité de Shannel. Elle mourait d'envie d'en savoir plus.
Comment se fait-il que vous vous y connaissiez tant que ça, en littérature ase ? Vous avez de la famille qui vient d'Asgard ?
Le ton de Shannel s'était considérablement radouci, comparé à quelques instants auparavant. Elle ne voulait pas le brusquer, et elle priait intérieurement pour ne pas, une fois encore, mettre les pieds dans le plat.
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Shannel Kômoku-Vidar- Bosco - Balor
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Citation : Bof, c'est pas si grave...
Re: Burning hearts
« Aaaaaaïeuh, bordel ! »
Non mais elle était malade, ou quoi, à presser aussi fort ? Et après, elle s’étonnait qu’il ait un mauvais caractère !
« Subir ce genre de traitement, ça ferait de n’importe quoi un rustre associal... » grommela Joshua tandis que la bosco s’occuper de bander la plaie avec un bandage propre et non, encire heureux, un uniforme abandonné. Et non, le capitaine n’avait pas l’habitude se sentir l’alcool le piquer. Premièrement, le rôle de l’alcool n’était pas de se répandre sur la peau, mais à l’intérieur du gosier. De l’intérieur, il réchauffait le cœur et anesthésiait les douleurs de l’âme, il ne brûlait pas, nom d’un chien !
« Vous en ficherai, moi, de l’alcool qui pique… Est-ce qu’on dilapiderait un whisky shitennô pour une idiotie pareille, par exemple, hein ? Et c’est quoi ce bandage, d’abord, il… »
Mais Joshua ne sut que dire pour continuer sur sa lancée. Il avait préparé toute une litanie de reproche parfaite pour un bandage trop serré et un travail salopé qui vous coupait la circulation du sang, mais il n’avait pas prévu que Shannel s’en tirerait aussi bien après ses maladresses antérieures.
« Ouais, bon, l’pas trop mal. » finit-il par dire, rembruni. Mais au moins, il n’aurait pas à aller à l’infirmerie. Ca faisait bien plus d’un an qu’il évitait toute visite médicale, et cela n’allait pas changer aujourd’hui ! Pour ça, il pouvait remercie la jeune bosco. Bon, il pouvait au moins penser à songer de la remercier. Un de ces jours. Peut-être.
Mais ce qu’elle dit ensuite, sur le fait qu’elle ne lisait pas les traductions, éveilla l’intérêt du second. Ce n’était pas si courant que cela de maîtriser à la fois les langues humaines, ases et shitennôs ; du moins pas à un niveau assez élevé pour se plonger dans les vieux contes tels que la légende de Freyr. Et quelque chose essayait de percer la mémoire embrumée du Vieux. Lors de l’intronisation de Shannel au poste de bosco, il se rappelait avoir vaguement jeté un œil au dossier qu’il avait reçus en tant que second. Et s’il n’y avait guère prêté d’attention, comme à la plupart des dossiers qui échouaient entre ses mains, il se rappelait avoir haussé un sourcil sur les origines de la gamine…
« C’est ça ! » Il claqua des doigts. « Vous êtes une métisse, ase et shitennô. Grandi sur Babylone. Pas courant, ça, le mélange des trois cultures. »
Et effectivement, lorsqu’on prenait le temps de regarder Shannel, on discernait quelques indices par-ci par là qui témoignaient d’une origine aussi variée ; plus des impressions que de gros détails physiques, en fait. Maintenant qu’il se rappelait de tout ça, Joshua était par ailleurs étonné qu’elle n’ait pas de cornes, mais après tout, tous les métis ases n’en possédaient pas, à ce qu’il savait.
« Non, j’ai pas d’famille sur Asgard. » finit-il par dire. « Est-ce que j’ai l’air d’avoir une parenté cornue ? J’ai pas d’famille du tout, t’façon…»
Quand Joshua utilisait un terme comme « cornu », il ne s’agissait nullement d’une attaque raciste ; à vrai dire, Joshua se fichait royalement de l’origine des gens, qu’il se contentait de mettre tous dans le même sac de ceux qui ne le laissaient pas tranquilles.
« Et je n’ai jamais eu le plaisir de lire ces contes dans leur langue d’origine. Vanderghast doit être le plus fidèle. Mais généralement, quand il y a une couille dans une traduction, c’est neuf fois sur dix d’origine sémantique. Tenez, prenez donc ce foutu livre sur l’étagère, là. Celui avec la reliure cuivrée et les lettres rouges, « L’Ys d’Or ». »
Et sur ces mots, Joshua tapotait l’accoudoir de son fauteuil ; lorsqu’il se lançait sur un tel sujet, il lui arrivait de retrouver l’impatience de celui qui n’avait plus trouvé le bon interlocuteur depuis bien trop longtemps…
Non mais elle était malade, ou quoi, à presser aussi fort ? Et après, elle s’étonnait qu’il ait un mauvais caractère !
« Subir ce genre de traitement, ça ferait de n’importe quoi un rustre associal... » grommela Joshua tandis que la bosco s’occuper de bander la plaie avec un bandage propre et non, encire heureux, un uniforme abandonné. Et non, le capitaine n’avait pas l’habitude se sentir l’alcool le piquer. Premièrement, le rôle de l’alcool n’était pas de se répandre sur la peau, mais à l’intérieur du gosier. De l’intérieur, il réchauffait le cœur et anesthésiait les douleurs de l’âme, il ne brûlait pas, nom d’un chien !
« Vous en ficherai, moi, de l’alcool qui pique… Est-ce qu’on dilapiderait un whisky shitennô pour une idiotie pareille, par exemple, hein ? Et c’est quoi ce bandage, d’abord, il… »
Mais Joshua ne sut que dire pour continuer sur sa lancée. Il avait préparé toute une litanie de reproche parfaite pour un bandage trop serré et un travail salopé qui vous coupait la circulation du sang, mais il n’avait pas prévu que Shannel s’en tirerait aussi bien après ses maladresses antérieures.
« Ouais, bon, l’pas trop mal. » finit-il par dire, rembruni. Mais au moins, il n’aurait pas à aller à l’infirmerie. Ca faisait bien plus d’un an qu’il évitait toute visite médicale, et cela n’allait pas changer aujourd’hui ! Pour ça, il pouvait remercie la jeune bosco. Bon, il pouvait au moins penser à songer de la remercier. Un de ces jours. Peut-être.
Mais ce qu’elle dit ensuite, sur le fait qu’elle ne lisait pas les traductions, éveilla l’intérêt du second. Ce n’était pas si courant que cela de maîtriser à la fois les langues humaines, ases et shitennôs ; du moins pas à un niveau assez élevé pour se plonger dans les vieux contes tels que la légende de Freyr. Et quelque chose essayait de percer la mémoire embrumée du Vieux. Lors de l’intronisation de Shannel au poste de bosco, il se rappelait avoir vaguement jeté un œil au dossier qu’il avait reçus en tant que second. Et s’il n’y avait guère prêté d’attention, comme à la plupart des dossiers qui échouaient entre ses mains, il se rappelait avoir haussé un sourcil sur les origines de la gamine…
« C’est ça ! » Il claqua des doigts. « Vous êtes une métisse, ase et shitennô. Grandi sur Babylone. Pas courant, ça, le mélange des trois cultures. »
Et effectivement, lorsqu’on prenait le temps de regarder Shannel, on discernait quelques indices par-ci par là qui témoignaient d’une origine aussi variée ; plus des impressions que de gros détails physiques, en fait. Maintenant qu’il se rappelait de tout ça, Joshua était par ailleurs étonné qu’elle n’ait pas de cornes, mais après tout, tous les métis ases n’en possédaient pas, à ce qu’il savait.
« Non, j’ai pas d’famille sur Asgard. » finit-il par dire. « Est-ce que j’ai l’air d’avoir une parenté cornue ? J’ai pas d’famille du tout, t’façon…»
Quand Joshua utilisait un terme comme « cornu », il ne s’agissait nullement d’une attaque raciste ; à vrai dire, Joshua se fichait royalement de l’origine des gens, qu’il se contentait de mettre tous dans le même sac de ceux qui ne le laissaient pas tranquilles.
« Et je n’ai jamais eu le plaisir de lire ces contes dans leur langue d’origine. Vanderghast doit être le plus fidèle. Mais généralement, quand il y a une couille dans une traduction, c’est neuf fois sur dix d’origine sémantique. Tenez, prenez donc ce foutu livre sur l’étagère, là. Celui avec la reliure cuivrée et les lettres rouges, « L’Ys d’Or ». »
Et sur ces mots, Joshua tapotait l’accoudoir de son fauteuil ; lorsqu’il se lançait sur un tel sujet, il lui arrivait de retrouver l’impatience de celui qui n’avait plus trouvé le bon interlocuteur depuis bien trop longtemps…
"Tu crois que voler, c'est être libre? Tu crois que changer, c'est s'envoler? Conneries. On finit toujours par se planter, et ensuite on reste cloué au sol."
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Unité: Militaire
Re: Burning hearts
Hein ? Le Vieux avait fait un compliment à Shannel ? Bon, ce n'était que sur sa façon de lui bander la main, mais bon sang, c'était un miracle ! Un sourire naquit sur les lèvres de la jeune femme. Elle se releva et entreprit de nettoyer et ranger les affaires qui lui avaient servi à soigner son supérieur. Elle était en train de replacer la pince dans son étui quand le Vieux s'exclama qu'elle était une métisse. Surprise, elle s'arrêta dans son geste. Ça faisait une personne de plus au courant sur la base. Mais ils se comptaient toujours sur les doigts de la main.
Quel genre d'homme était Joshua Jansen ? Etait-il de ceux qui font comme si de rien n'était, mais qui ne peuvent s'empêcher de la voir autrement ? Etait-il de ceux qui s'empressent de lui faire de petites allusions quotidiennement ? Ou était-il de ceux qui s'en fichent éperdument ? Shannel décida d'y rester attentive.
Docile, elle s'approcha de l'étagère et saisit le livre que le second venait de lui indiquer. Elle prit le temps de le caresser et de le retourner dans tous les sens.
Ce livre est sublime ! On n'en fait presque plus, des éditions comme ça, aujourd'hui !
Soudain, Shannel réalisa ce que le second avait marmonné quelques instants plus tôt. Pas de famille ? Il n'avait pas de famille ? Pourtant, certaines rumeurs... Bon, évidemment, ce n'étaient que des rumeurs, mais le bruit courait qu'il avait abandonné femme et enfant... On disait aussi que c'étaient eux qui étaient partis, et au vu du caractère de l'intéressé, ça ne paraissait pas particulièrement impossible.
Le livre toujours dans les mains, elle se tourna de nouveau vers son supérieur. Elle tenta le tout pour le tout.
Vous n'avez pas de famille ? Vous vous fichez de moi, j'espère, je ne suis pas bosco pour rien, je sais tout ce qu'il faut savoir de votre vie familiale...
Elle avait dit cela d'un ton amusé et taquin. Il s'agissait d'amener le sujet sur le ton de la plaisanterie, d'une part parce que le second pouvait se braquer à tout moment, et d'autre part parce que le bluff n'était pas franchement la tasse de thé de Shannel. L'air de rien, elle chercha un endroit où s'asseoir. La chaise qu'elle avait réussi à dégager n'était pas très confortable. Elle se dirigea donc vers le lit, qu'elle débarrassa avec autant de délicatesse qu'un bulldozer, et s'y assit, le dos bien calé contre le mur, le livre précieux sur les genoux.
Pourquoi vous n'en parlez jamais ?
Plus Shannel l'observait, et plus elle était intriguée par le personnage de Joshua. Il avait un côté cassant et tranchant, mais quelque chose semblait poindre sous cette carapace... Ce n'était plus par curiosité, ni par jeu qu'elle avait envie de découvrir de quoi il retournait.
Quel genre d'homme était Joshua Jansen ? Etait-il de ceux qui font comme si de rien n'était, mais qui ne peuvent s'empêcher de la voir autrement ? Etait-il de ceux qui s'empressent de lui faire de petites allusions quotidiennement ? Ou était-il de ceux qui s'en fichent éperdument ? Shannel décida d'y rester attentive.
Docile, elle s'approcha de l'étagère et saisit le livre que le second venait de lui indiquer. Elle prit le temps de le caresser et de le retourner dans tous les sens.
Ce livre est sublime ! On n'en fait presque plus, des éditions comme ça, aujourd'hui !
Soudain, Shannel réalisa ce que le second avait marmonné quelques instants plus tôt. Pas de famille ? Il n'avait pas de famille ? Pourtant, certaines rumeurs... Bon, évidemment, ce n'étaient que des rumeurs, mais le bruit courait qu'il avait abandonné femme et enfant... On disait aussi que c'étaient eux qui étaient partis, et au vu du caractère de l'intéressé, ça ne paraissait pas particulièrement impossible.
Le livre toujours dans les mains, elle se tourna de nouveau vers son supérieur. Elle tenta le tout pour le tout.
Vous n'avez pas de famille ? Vous vous fichez de moi, j'espère, je ne suis pas bosco pour rien, je sais tout ce qu'il faut savoir de votre vie familiale...
Elle avait dit cela d'un ton amusé et taquin. Il s'agissait d'amener le sujet sur le ton de la plaisanterie, d'une part parce que le second pouvait se braquer à tout moment, et d'autre part parce que le bluff n'était pas franchement la tasse de thé de Shannel. L'air de rien, elle chercha un endroit où s'asseoir. La chaise qu'elle avait réussi à dégager n'était pas très confortable. Elle se dirigea donc vers le lit, qu'elle débarrassa avec autant de délicatesse qu'un bulldozer, et s'y assit, le dos bien calé contre le mur, le livre précieux sur les genoux.
Pourquoi vous n'en parlez jamais ?
Plus Shannel l'observait, et plus elle était intriguée par le personnage de Joshua. Il avait un côté cassant et tranchant, mais quelque chose semblait poindre sous cette carapace... Ce n'était plus par curiosité, ni par jeu qu'elle avait envie de découvrir de quoi il retournait.
Delphane Bumaire ◊ Denadath Aruwea Steawald ◊ Federico Portanares ◊ Tallulah Gibb ◊ Perry Mc Ginley ◊ Shannel Kômoku-Vidar ◊ Gaëtan Théodicée



Shannel Kômoku-Vidar- Bosco - Balor
- Messages : 55
Inscrit le : 16 Mar 2008
Localisation actuelle : Dans la cabine du Second, pourq... Attendez, c'est pas ce que vous croyez !!
Mission actuelle : Faire l'infirmière (oui, j'adore ça, et alors ?)
Citation : Bof, c'est pas si grave...
Re: Burning hearts
Elle n’arrêtait donc jamais de causer ? Une vraie pile électrique, cette bosco ! Toujours un mot à la bouche, toujours un son qui franchissait ses lèvres, comme si il n’y avait que parler comme meilleur moyen au monde pour communiquer ! Alors que pour Joshua, qui passait le plus clair de son temps à grogner, le silence était d’or. Il aimait le silence, parce qu’on discernait mieux les bruits qui le perçaient : le soupir d’un être vivant, le cliquetis d’une machine, le bruit d’une page qui se tourne… On apprenait parfois beaucoup plus de choses en écoutant qu’en parlant. Et si Shannel s’imaginait que Joshua allait se mettre à papoter comme l’un de ces petits vieux solitaires qui sautaient sur la première occasion de faire la conversation, elle se mettait le doigt dans l’œil gauche jusqu’au petit orteil droit !
Cela dit, si elle voulait parler, libre à elle. Jusqu’à ce que son babillage et ses questions finissent par dépasser le seuil de tolérance de Joshua, elle allait trouver en lui l’interlocuteur qui vous laissait en placer une, et même plus. Bon, principalement parce qu’il s’en fichait et qu’il n’avait pas envie d’user sa salive mais, il devait bien l’avouer, il avait connu pire qu’une bosco qui avait visiblement décidé de rester sur son dos à lui parler de tout et n’importe quoi. Mais n’empêche, elle parlait beaucoup… Voila pourquoi Joshua préférait une bouteille ou un bouquin : c’était tout de même plus calme.
Et évidemment, que c’était un livre magnifique ! Ce n’était pas une petite édition de pacotille, que Joshua conservait aussi précieusement ! D’autant plus que cette version de « L’Ys d’Or » était le cadeau qu’il avait reçu de sa femme pour sa nomination en tant que commandant de bord, du temps où ils étaient encore mariés. D’ailleurs, il n’y songeait même plus, mais si Shannel le feuilletait encore, elle allait sans doute tomber sur la dédicace de la main même de son ex-femme qui disait ceci :
Et s’il ne songeait plus à ces mots griffonnés dans un livre, il se demandait avec agacement pourquoi Shannel s’acharnait sur sa famille. Qu’est-ce que ça pouvait faire, qu’il ait ou non une famille, bordel ? Est-ce qu’il lui demandait si c’était son père ou sa mère qui avait des cornes ? Non ! L’important, c’était la personne en face de soi, pas celles qui l’entouraient ! Et pourquoi est-ce qu’elle voulait tellement lui tirer les vers du nez ? Bosco d’accord, mais pas psy, non plus !
Il allait répondre sèchement que ça n’était pas ses putains d’affaires quand elle vira le bordel qu’il avait soigneusement entretenu sur son lit afin d’y poser ses fesses de bosco. Outre un tas de dossiers non lus qui se mélangeaient maintenant joyeusement sur le sol de la cabine, elle avait aussi dégagé sans faire attention un petit cadre dont le verre brisé gisait maintenant sur le sol. Derrière ce verre éclaté, on pouvait voir la photo d’une femme, et d’un petit garçon…
Le regard de Joshua alla du portrait malmené au visage de Shannel, du visage de Shannel au portrait malmené, et ainsi de suite. Les yeux ridés du capitaine se plissèrent tandis qu’il fixait ceux de la bosco, et il déclama d’une voix à la fois douce et sèche :
« Ce qu’il restait de ma famille est répandu en petits morceaux sur le sol. Dépêchez-vous de ranger ça avant que quelqu’un ne s’ouvre son putain de pied en marchant dessus, merde ! »
Et s’il n’avait pas crié, c’était parce que l’image de la photo en morceaux sur le sol le ramenait à sa propre historie et correspondait d’autant mieux à ce qu’il pouvait dire de sa famille : une famille brisée...
Cela dit, si elle voulait parler, libre à elle. Jusqu’à ce que son babillage et ses questions finissent par dépasser le seuil de tolérance de Joshua, elle allait trouver en lui l’interlocuteur qui vous laissait en placer une, et même plus. Bon, principalement parce qu’il s’en fichait et qu’il n’avait pas envie d’user sa salive mais, il devait bien l’avouer, il avait connu pire qu’une bosco qui avait visiblement décidé de rester sur son dos à lui parler de tout et n’importe quoi. Mais n’empêche, elle parlait beaucoup… Voila pourquoi Joshua préférait une bouteille ou un bouquin : c’était tout de même plus calme.
Et évidemment, que c’était un livre magnifique ! Ce n’était pas une petite édition de pacotille, que Joshua conservait aussi précieusement ! D’autant plus que cette version de « L’Ys d’Or » était le cadeau qu’il avait reçu de sa femme pour sa nomination en tant que commandant de bord, du temps où ils étaient encore mariés. D’ailleurs, il n’y songeait même plus, mais si Shannel le feuilletait encore, elle allait sans doute tomber sur la dédicace de la main même de son ex-femme qui disait ceci :
« A mon Josh adoré, mon grand et fier capitaine. Ellen. PS : N’oublie pas de passer à la maison de temps en temps. ; ) ».
Et s’il ne songeait plus à ces mots griffonnés dans un livre, il se demandait avec agacement pourquoi Shannel s’acharnait sur sa famille. Qu’est-ce que ça pouvait faire, qu’il ait ou non une famille, bordel ? Est-ce qu’il lui demandait si c’était son père ou sa mère qui avait des cornes ? Non ! L’important, c’était la personne en face de soi, pas celles qui l’entouraient ! Et pourquoi est-ce qu’elle voulait tellement lui tirer les vers du nez ? Bosco d’accord, mais pas psy, non plus !
Il allait répondre sèchement que ça n’était pas ses putains d’affaires quand elle vira le bordel qu’il avait soigneusement entretenu sur son lit afin d’y poser ses fesses de bosco. Outre un tas de dossiers non lus qui se mélangeaient maintenant joyeusement sur le sol de la cabine, elle avait aussi dégagé sans faire attention un petit cadre dont le verre brisé gisait maintenant sur le sol. Derrière ce verre éclaté, on pouvait voir la photo d’une femme, et d’un petit garçon…
Le regard de Joshua alla du portrait malmené au visage de Shannel, du visage de Shannel au portrait malmené, et ainsi de suite. Les yeux ridés du capitaine se plissèrent tandis qu’il fixait ceux de la bosco, et il déclama d’une voix à la fois douce et sèche :
« Ce qu’il restait de ma famille est répandu en petits morceaux sur le sol. Dépêchez-vous de ranger ça avant que quelqu’un ne s’ouvre son putain de pied en marchant dessus, merde ! »
Et s’il n’avait pas crié, c’était parce que l’image de la photo en morceaux sur le sol le ramenait à sa propre historie et correspondait d’autant mieux à ce qu’il pouvait dire de sa famille : une famille brisée...
"Tu crois que voler, c'est être libre? Tu crois que changer, c'est s'envoler? Conneries. On finit toujours par se planter, et ensuite on reste cloué au sol."
Joshua G. Jensen, dit "le Vieux"
Gilad Antilles - Jan Sanada/Ethan Geetaï - Joshua G. Jansen - Jarvis Stark - Amelia Caine

Joshua G. Jansen- Second - Balor
- Messages : 35
Inscrit le : 10 Mar 2008
Localisation actuelle : Dans sa cabine / Sur le pont de Balor
Mission actuelle : Causer bouquins avec Shannel/Jouer son rôle de second sur le pont
Citation : Botte toi le cul avec tes propres pieds; pour moi c'est plus trop possible, tu vois?
Fiche de données
Surnom: le Vieux
Race: Humain
Unité: Militaire
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