Je sais ce que j'ai fait...

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    Federico Portanares
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    Message par Federico Portanares le Dim 10 Fév 2008 - 14:23

    C'est avec délice que Federico s'enfonça dans son fauteuil, une tasse de café à la main. Il était plutôt fier de lui : réussir à échapper à une réunion d'Etat-Major au bout de seulement deux heures et demi, c'était un véritable exploit. En plus, cela lui avait permis de boucler son programme en avance et de régler quelques petites choses de-ci, de-là. Il avait même passé trois quarts d'heure à tenter en vain de convaincre Balor de lui parler.

    Après avoir crapahuté en salle des machines, il s'était un peu reposé en s'occupant de toute la paperasse qui l'attendait sur son bureau. Il avait fait un saut à la cafétéria pour se prendre un petit gateau
    [pour éponger le café XD] et y avait surpris une jeune recrue en train de lire un bouquin. Il s'était amusé à lui faire peur, en lui envoyant son gobelet de café (celui de la cafétéria était définitivement ignoble, comparé à celui d'Eilaire et de la machine d'Ambre) en pleine tête, sous prétexte qu'une base militaire n'est pas une bibliothèque. Evidemment, le pauvre soldat ne se doutait pas que l'activité principale de Federico pour occuper son temps libre était la lecture... Mort de peur, le jeune s'était répandu en excuses, et était devenu blême devant le regard noir du Commandant, sa spécialité. Il s'était enfui le plus dignement possible, laissant derrière lui, à la surprise de Federico, un exemplaire de "L'art de la guerre" par Sun Tzu.

    *Tiens donc, on a des soldats cultivés maintenant ? Bah, ça ne pourra pas lui faire de mal...* Il était retourné dans son bureau, avait terminé ses papiers, puis était parti à la recherche de son propre exemplaire de "L'art de la guerre", et avait fini par le bouquiner, ainsi que "Le Prince" de Machiavel et "De la guerre" de Clausewitz. Eilaire l'avait interrompu dans ses lectures pour le prévenir qu'il était l'heure de manger. Après un dîner un peu frugal, mais auquel il était habitué, il était retourné dans sa cabine, avait congédié Eilaire, et avait savouré plusieurs cafés bien chauds, le dos bien coincé dans son fauteuil.

    Il lui restait à peine plus d'une demi-heure avant que Niorun n'arrive dans son bureau... Pour peu qu'elle vienne. Il hésita entre se remettre à bouquiner "le Prince" et simplement fermer les yeux en buvant, mais, soudain, il se souvint que, plus tôt dans la journée, il s'était donné une mission. Il posa la tasse sur le bureau, appuya sur un petit bouton camouflé à côté d'un pot à crayons, et la surface du bureau changea, s'illumina, pour faire apparaitre l'écran de son ordinateur personnel. Il tapota ça et là sur l'écran (il avait toujours détesté les ordinateurs à reconnaissance vocale, il avait déjà bien assez à faire avec Balor), à la recherche d'un dossier particulier. Il ne mit que dix minutes à le trouver, et pourtant, pendant toutes ces années, il s'était convaincu que ces vidéos étaient perdues à jamais. Avec un peu d'émotion, il chercha parmi les fichiers celui auquel il pensait en particulier. Quand il le trouva, son coeur fit un bond. Il tapota dessus, puis choisit l'option projecteur. Son bureau redevint normal, mais un rai de lumière en sortit pour projeter la vidéo sur le mur. Il reprit sa tasse de café, et regarda le film.

    Les images étaient floues et de mauvaise qualité, ce qui témoignait de l'ancienneté du fichier. Le film avait été tourné avec une vieille caméra numérique HD. Les premières images montraient une grande salle aux murs lambrissés et éclairée par des lampes d'où s'échappait une douce lumière. Plusieurs dizaines de tables en bois sombre étient disposées dans la pièce. On apercevait, au loin, des rayonnages de bibliothèque, et une horloge qui indiquait 21h30. Tout à coup, une voix murmura.

    "Hey ! Federico !"
    La caméra se baissa, pour révéler un petit groupe de neuf étudiants en plein travail. Il y avait trois femmes, dont une ase, et six hommes, dont un shitennô. Ce dernier était le seul à regarder l'objectif de la caméra, et c'était vraisemblablement lui qui avait parlé. Il était souriant et semblait heureux, cependant des cernes assombrissaient son visage.
    "- T'es malade de filmer ici, on va encore se faire jeter de la bibliothèque, ajouta-t-il.
    - Bah, vu l'heure qu'il est, on va pas déranger grand monde, y'a que nous pour bosser la géopolitique intra-Cercle, un vendredi soir" répondit celui qui tenait la caméra.
    Federico se sentit étrangement joyeux de revoir le visage de Ailie et d'entendre sa propre voix, plus jeune de quinze ans. Il était complètement absorbé par la vidéo. Pourquoi n'avait-il pas ressorti ses archives plus tôt ? La simple vue de la bibliothèque de l'Académie lui avait fait un choc.
    La caméra s'était tournée vers un autre étudiant à l'air bougon, qui, toujours en murmurant, commençait à s'énerver :

    "- Je te rappelle qu'on a une analyse de la collatéralité dans l'éventualité de la colonisation d'une île de Tenkaï par les humains à rendre en fin de semaine prochaine !
    - Du calme, j'ai déjà préparé toute ma partie, j'ai plus qu'à rédiger, répondit Federico. Pourquoi tu stresses autant ?
    - Parce que mes bons résultats à moi ne sont pas dûs à la position de mes parents !
    - Tu te fous de moi ? " Federico avait littéralement hurlé. Sa voix avait résonné dans la bibliothèque. La caméra captura encore le regard surpris des autres étudiants qui avaient relevé la tête, avant de tomber sur le sol au milieu des cris, puis de s'éteindre. Le film passa immédiatement à la séquence suivante, tandis que Federico, toujours confortablement installé dans son fauteuil, se remémorait comment il avait cassé le nez de l'étudiant bougon, lequel lui avait tout de même collé un oeil au beurre noir.

    Pendant un petit quart d'heure, Federico avait redécouvert le jeune homme studieux mais insouciant qu'il était, à travers plusieurs séquences dont une soirée trop arrosée et une scéance de révisions en solo au sommet d'une colline verdoyante. Puis, alors qu'il avait totalement perdu de vue ce pour quoi il s'était replongé dans ses archives, une pièce qu'il n'avait pas vue depuis bien longtemps apparut à l'écran. Il reconnut tout de suite l'immense salle tapissée de velours blanc et or, et au parquet presque entièrement recouvert d'un épais tapis écri, étendu de la porte en boix ouvragé à la baie vitrée donnant sur Babel : c'était l'appartement de ses parents. Il vit les bougies éparpillées ça et là, la bouteille de vin dans un seau près de la table basse, et le bouquet de fleurs aussi large qu'une roue de voiture, et comprit instantanément quand cette séquence avait été tournée. Il se vit entrer dans le champ de la caméra, qui était posée sur une étagère.

    Il était déjà grand, à cette époque là, mais moins musclé. Ses cheveux étaient d'un noir de jais, ses yeux marron glacé, son visage ne portait aucune marque. Cela faisait une éternité que Federico ne s'était pas vu comme ça. Il était sur son 31 et semblait d'humeur joyeuse. Pendant que la caméra continuait de tourner, il préparait un repas de fête en chantonnant. A mesure que le temps passait, il devenait plus impatient. La personne qu'il attendait était sans aucun doute en retard. Plusieurs fois, il s'approcha de la caméra, et l'éteignit, probablement pour économiser du temps de vidéo. Il la rallumait de temps en temps, l'air aux aguets, puis, déçu, l'éteignait de nouveau. A chaque nouvelle séquence, la nuit se faisait plus noire. Enfin, il ralluma la caméra, cette fois-ci heureux, bien qu'extrêmement fatigué. Il avait fait une nuit blanche, comme en témoignaient ses cernes et la lumière blafarde de l'aube qui entrait par la baie vitrée.

    Il ralluma toutes les bougies, fonça dans la cuisine, fit réchauffer le repas qu'il avait préparé la veille au soir, revint dans le salon, se recoiffa et reserra son noeud de cravate devant un immense miroir, se servit un verre d'eau, et allait le boire, quand une musique envahit l'appartement. Dans sa cabine sur Balor, le Federico de 3333 sourit avec nostalgie : il se souvenait parfaitement de cette sonnette de porte. Il n'y avait plus personne dans le champ de la caméra, mais on entendait assez clairement des voix venant d'une pièce noin loin.

    "- Ni, t'étais où ? Je t'ai attendu toute la nuit ! Et c'est quoi tout ce sang ??
    - Oh, pardon, j'étais coincée à l'hôpital, on a eu une opération incroyable, et le Docteur Wainwright a voulu que je l'assiste ! C'était un bordel monstre, je sais même pas comment on a fait pour sauver ce type, en plus ma blouse était déchirée... Tu m'en veux pas trop, Rico ?"

    Le jeune Federico soupira, mais ne répondit pas. L'autre Federico, celui qui regardait la vidéo, se souvint que malgré sa fatigue, malgré sa déception, malgré sa colère, ce matin-là, il avait pardonné à Niorun. Lui qui était capable de se battre avec un étudiant pour un mot un peu blessant, il avait instantanément pardonné à Niorun qui était arrivée presque douze heures après l'heure de leur rendez-vous. Il était plongé dans le doute : pourquoi était-il si contradictoire, à l'époque ? Plusieurs fois, dans la nuit, il avait eu l'air excédé, voire désespéré. Et pourtant, après avoir vu le véhicule de Niorun dans la rue, il n'avait plus pensé qu'à une chose : tout préparer pour son arrivée. Et quand elle luia vait dit qu'elle avait fait passer son boulot avant lui, au lieu de la mépriser et de la quitter, il avait soupiré, et l'avait embrassée.

    "Viens... " dit le Federico de la vidéo. Il entra dans le champ de la caméra, suivi de près par Niorun, qu'il tenait par la main. Ca y était. La Niorun qu'il avait connue, qu'il avait aimée, se tenait là, devant lui, sur le mur de sa cabine. Elle avait les cheveux plus courts, ses cornes aussi étaient différentes, peut-être plus fines, ou plus claires. Elle avait le teint pâle et des cernes, mais ses yeux trahissaient son émerveillement. Malgré ses vêtements larges tachés de sang, elle resplendissait. Federico se regarda installer Niorun sur un pouf près de la table basse, faire quelques allers et retours à la cuisine, puis, une fois le repas servi, sortir un écrin de la poche de sa veste, le présenter à la belle ase, et lui dire, les yeux brillants : "Joyeux Anniversaire, Ni". Federico réalisa que le simple fait de l'appeler Ni était mille fois plus tendre que tous les "mon amour" qu'il avait pu proférer à d'autres. Il se perdit dans le regard de Niorun, qui regardait son exemplaire de l'époque avec plus d'amour qu'on ne pouvait imaginer.

    *C'était de la passion, et en même temps, ça n'en était pas... Elle m'épaulait, et je lui rendais la pareille, on était tellement proches... Qu'est-ce que qu'il s'est passé pour qu'on en arrive là ? Qu'est-ce que... Qu'est-ce que j'ai fait... *

    On frappa à la porte, et il sursauta si violemment qu'il renversa ce qu'il restait de café dans sa tasse sur son bureau. Il appuya sur le bouton pour éteindre le projecteur, puis essuya le café à la hâte, et se dirigea vers la porte. Il était encore ému de ce qu'il venait de voir, et commençait à regretter d'avoir retrouvé ses archives. Il fallait qu'il tienne le coup, il ne fallait surtout pas qu'il flanche. Niorun était derrière la porte, il le savait. Et l'ouvrir allait être le début d'un long chemin obscur et difficile à suivre, il le savait.

    Pourtant, il ouvrit. Elle était là. Elle était venue. Subitement, il ne voyait plus le nouveau médecin de Balor, il voyait en elle la femme qu'elle était aujourd'hui, et celle qui l'avait regardé avec tant d'amour. La gorge un peu serrée, et même plus conscient du fait qu'il portait son masque, il dit :


    "Entre. " Il ne serait plus question de Commandant ou de Docteur, ce soir.

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    Niorun Ynglingar

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    Re: Je sais ce que j'ai fait...

    Message par Niorun Ynglingar le Dim 10 Fév 2008 - 17:45

    La visite du vaisseau avait prit un certain temps. Le bosco avait emmené Niorun dans tous les endroits "habituels à une visite", mais elle avait demandé à voir un peu plus, histoire d'imprimer dans sa tête les plans du vaisseau, en cas d'urgence. Ni considérait qu'un médecin doit être le premier à connaître les salles, les couloirs et toute l'organisation d'un bâtiment. Alors elle était allée dans tous les niveaux, demandant par la même occasion où se trouvait le bureau du Commandant. Il était hors de question qu'elle se perde et d'arriver en retard à la re-rencontre dont Federico lui communiquerait l'heure.

    Et puis, Niorun avait rencontré ses homologues [si seulement c'était vrai... T_T]. Certains apparaissaient automatiquement charmants, d'autres beaucoup moins. Le bosco l'avait laissé là, avec les autres médecins. Ils avaient commencé à parler, à lui expliquer quelques petites choses "Vous avez déjà vu une des salles, n'est-ce pas ?", "Venez, nous allons vous montrer le reste.", "Vous allez voir nos armoires...antiques ! Ca va vous changer de la modernité du C.H.U. de Kekkaï je suppose..." Mais Niorun les écoutait à peine, car l'intendante était arrivée et lui avait donné un papier du Commandant. Le médecin avait saisit l'enveloppe d'une main déterminée alors que son corps s'était réfrigéré en à peine une seconde. Si elle était comme ça rien qu'à l'annonce du rendez-vous, elle n'osait même pas imaginer comment elle serait lorsqu'elle se présenterait devant la porte du bureau de Federico.

    "Docteur Ynglingar ?"

    La voix d'un des médecins la ramena à la réalité et elle sourit faiblement en inspirant longuement. Puis deux de ses confrères l'emmenèrent faire le tour des infirmeries, lui expliquant les rangements, l'organisation et tout le reste. Elle ne pu s'empêcher de sourire en voyant dans un cadre, dans une des salles de repos, une copie de la première image aux rayons X. Si Niorun ne l'avait pas vu trente-cinq milles fois ce cliché qui représentait la main de Mrs Wilhelm Roenegen... Généralement on apprenait à l'école de médecine que la technique du rayon X de la fin du XIXème siècle avait été majeure dans toutes les améliorations faites ensuite et ce jusqu'à aujourd'hui.

    Peu de temps après, les médecins avaient laissé un petit moment à Niorun pour installer son bureau comme elle le souhaitait. Apparemment, chaque médecin avait son propre bureau. La nouvelle recrue comprit rapidement qu'il devait souvent arriver qu'ils vivent 24h/24h dans les infirmeries. Niorun était retournée auprès des autres après avoir régulé sa respiration et son rythme cardiaque. Habituellement elle était déjà très nerveuse, mais alors là ça dépassait tout ce qu'elle avait jamais connu. Quand Dominique avait dit en plaisantant qu'elle mourrait d'un infarctus à 36 ans, il n'avait peut être pas forcément tort. L'après-midi se passa ensuite sans problèmes. Niorun se forçait à sourire et à paraître aussi normale que possible, alors qu'elle n'avait qu'une envie : partir très loin d'ici. Et là, ce n'était pas uniquement pour éviter Federico. Bien sûr, le rendez-vous qui s'annonçait alourdissait un peu plus son coeur, mais c'était surtout qu'elle était mal à l'aise, gênée et ne se sentait pas à sa place. Dominique lui manquait, Kekkaï lui manquait, ses collègues de l'hôpital lui manquaient... Et puis cela faisait tellement étrange de revoir des militaires, des hommes habillés en uniformes qui sortaient tout juste de l'école, d'autres avec bien plus d'expérience. Bon sang, Niorun en avait tellement côtoyé des comme ça à une époque...
    De toute évidence, son état de nervosité extrême ne passa pas tant que ça inaperçu puisqu'elle sentit le regard d'un des médecins plusieurs fois sur elle, et elle était certaine que ce n'était pas d'un oeil intéressé qu'il la regardait.
    Quelques heures plus tard, après avoir "dîné", Niorun commença à se diriger vers la cabine du Commandant. La gorge serré, l'estomac noué, le coeur retourné, les mains gelées et le visage fermé. Mais à l'intérieur, c'était une véritable palette d'émotions qui se déversait. Pourquoi avait-il fallut qu'elle accepte de venir sur Balor...? Revoir Federico ne l'enchantait absolument pas. A chaque fois qu'elle croisait un officier ou même un simple pilote, Niorun se sentait oppressée. Elle faisait ce qu'elle pouvait pour marcher droit mais elle sentait bien qu'elle était à la limite de chanceler. Lorsqu'elle arriva dans un couloir désert, elle s'appuya contre un mur quelques secondes pour reprendre ses esprits. Elle se donna mentalement une gifle, respira un grand coup, dénoua ses cheveux pour ensuite les renouer avec le pic en bois en une sorte de chignon encore plus serré que le précédent, et reprit sa route.

    Ca suffisait les crise de gamine ! Être ici, ce n'était si terrible. Et puis il fallait un temps d'adaptation, normal. Et cette période d'adaptation, il fallait se l'accorder. Comme disait Dominique : "Niorun, tu ne peux pas toujours tout réussir tout de suite." Et il avait raison. Il fallait faire des efforts et se concentrer sur son travail. Et puis petit à petit tout irait mieux. Du moins pour ce problème. Car celui-ci comparé au problème vers lequel elle avançait lui semblait bien dérisoire. Ca avait le mérite d'être un avantage, d'une certaine façon.

    Niorun arriva plus rapidement que prévu devant la porte du bureau de Federico. C'est alors qu'elle entendit très distinctement un "Joyeux anniversaire, Ni." alors qu'elle s'apprêtait à frapper. Le son n'était pourtant pas vraiment audible, mais le silence dans lequel elle était plongée depuis 15 minutes avait fait que le premier son entendu était parfaitement compréhensible. Et puis, c'est aussi qu'elle connaissait la voix. Et elle ne mit qu'un quart de seconde avant de se souvenir de la dernière fois où elle avait entendu ça. Elle ne savait pas vraiment pourquoi une telle phrase était sortie du bureau de Federico mais ne se posa pas longtemps la question. L'espace d'une seconde, ses yeux furent soudainement emplis d'une profonde tristesse. C'était bien cette époque. C'était bien d'être heureux. C'était bien d'être jeune et de ne pas se poser de questions. C'était bien. Tellement bien.
    Mais c'était finit. Niorun releva la tête, frappa et attendit, le regard froid, le corps droit comme un I et le visage complètement obscurci par une rigidité dont elle ne se parait jamais. Un tourbillon de peur vagabondait dans tout son être alors que la porte s'ouvrit soudain sur un Federico qui portait son masque. Niorun le fixa un instant.

    "Bonsoir." dit-elle d'une voix entre la sévérité et l'indifférence.

    Puis, elle se permit d'entrer, comme venait de lui dire le Commandant. Elle se contenta de lancer un vague regard circulaire pour observer la pièce puis attendit que Federico fasse quelque chose. Elle ne pouvait pas lâcher un "On s'fait un scrabble, vieille branche ?!" tout de même... Alors elle se retourna vers l'homme plutôt que de lui tourner le dos, elle ne savait même pas pourquoi. Elle l'observa sans changer d'expression, analysant le masque qu'il portait.

    "Tu dois le porter aussi souvent qu'avant ?" lança t-elle sans ciller ou même bouger.
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    Federico Portanares
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    Re: Je sais ce que j'ai fait...

    Message par Federico Portanares le Sam 16 Fév 2008 - 21:12

    Federico n'avait jamais vu Niorun aussi froide. La vision du couple qu'ils avaient été l'avait radouci, il était prêt à être ouvert avec l'ase. Mais son regard froid et son ton acerbe étaient comme une douche glacée. Federico commençait déjà à regretter cette invitation.
    Il réalisa qu'il était ridicule de vouloir cacher son traitement à Niorun : elle était médecin, et elle était la première sur place quand il s'était fait empoisonner. De plus, le masque lui servait de rempart, de protection, car puisqu'elle ne pouvait pas voir ses yeux, elle ne pouvait pas savoir qu'il la dévorait du regard. Il se détourna, et tout en sortant d'un meuble au fond de la pièce une bouteille et deux verres, répondit :


    Oui. Six heures, toutes les huit heures. Plus souvent et plus longtemps en période de stress.

    Il s'aperçut soudain que, d'instinct, il avait sorti son meilleur bourbon. Il y a quinze ans, c'était leur boisson favorite. Il espérait qu'elle n'avait pas changé de goût. Il hésita un peu, puis remplit les deux verres sans lui demander son avis. Peut-être cela lui rappellerait-il de vieux souvenirs, et la radoucirait un peu. Il se tourna vers elle, les verres à la main et lui en tendit un.

    Excuse-moi... commença-t-il. De quoi s'excusait-il ? Il ne le savait pas, mais il en avait subitement ressenti le besoin. Il voulait lui parler de ce qu'il avait revu dans la vidéo, il voulait briser la glace qu'il avait lui-même installée entre eux, mais ce regard froid l'en dissuada. Pourquoi était-elle fâchée ?

    Après une légère hésitation, il continua :


    ... De t'avoir si mal accueillie, tout à l'heure.

    Il se maudit intérieurement. Il fallait qu'il fasse quelque chose, car une ambiance pesante d'installait peu à peu dans la cabine. Il saisit aussitôt un siège et l'approcha de Niorun, espérant que malgré tout, elle consentirait à s'y asseoir. Il comprit tout à coup qu'il ne réussirait pas à parler à coeur ouvert avec l'ase tant que celle-ci continuerait à être en colère. Mais pourquoi donc était-elle en colère ? Pourquoi cette froideur, pourquoi même cette raideur ? Il l'observait depuis quelques minutes, dans le silence étouffant de la cabine, et il ne comprenait pas son attitude. Quelque chose lui disait que ce n'était pas de la colère...

    Et puis tout à coup, il sut. Il sut pourquoi Niorun avait l'air si étrange, pourquoi elle était comme elle n'avait jamais été avec lui. Elle était terrifiée. Elle était terrifiée de le revoir, comme lui était bouleversé de la voir debout devant lui. Cela voulait dire que cette rencontre ne servirait pas à rien, cela signifiait que cet instant comptait pour elle !

    Rassuré, il prit son siège et s'assit juste en face d'elle. Il but une petite gorgée de bourbon. Il commençait enfin à se détendre. Il arrivait encore à comprendre ce qui se tramait dans l'esprit de Niorun, après quinze ans de séparation. Cette pensée le rendait joyeux. Il fallait qu'il trouve les mots pour l'aider à être plus à l'aise, mais, cette fois-ci, il n'était pas tout à fait sûr de la méthode à appliquer...

    Il soupira. Autant être sincère.


    Bon, c'est faux. Je me fiche d'avoir été froid, tout à l'heure. J'étais simplement angoissé. Ce n'est pas pour ça que je te présente mes excuses. Je... Il prit une grande inspiration. Je ne savais pas ce que je faisais, à l'époque, mais, maintenant, je sais.

    Il but une nouvelle gorgée de bourbon, et répéta : Je sais ce que j'ai fait. Autant qu'on crève l'abcès tout de suite, puisqu'on va être amenés à travailler au même endroit, non ?

    C'était peu de choses, mais avoir prononcé ces paroles l'avait déjà un peu soulagé. Il redoutait tout de même la réaction de Niorun : c'était une femme de caractère, il le savait (c'était d'ailleurs pour ça qu'il l'avait tellement aimée), et elle était donc imprévisible... Mais tant qu'il resterait honnête avec elle, et avec lui-même, dans le pire des cas, il n'aurait rien à regretter.

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    Re: Je sais ce que j'ai fait...

    Message par Niorun Ynglingar le Dim 2 Mar 2008 - 21:51

    Pour tout dire Niorun savait déjà la réponse. Elle savait parfaitement que le port d'un masque oculaire après un empoisonnement comme Federico en avait subit ne diminuait pas de fréquence. Sauf miracle. Et les miracles, elle n'y croyait pas. Néanmoins elle ne se désintéressa pas de la réponse et ne bougea pas. Elle aussi elle était presque soulagée de ne pas avoir à croiser le regard du commandant. Elle ne voulait pas le regarder dans les yeux. Elle l'observa remplir les deux verres sans rien dire, se demandant pourquoi il avait choisit une telle boisson.
    Puis elle l'écouta de nouveau. Le ton hésitant qu'il employait, la fragilité de son assurance, tout cela ne ressemblait pas à ce qu'elle avait imaginé. Et encore... Qu'avait-elle imaginé ? Elle même ne le savait pas vraiment. Elle ignorait même ce qu'elle voulait qu'il se passe. Et ça ne lui plaisait pas du tout de douter autant. Elle détestait être comme ça, si vulnérable, si faible.

    Niorun resta debout quelques secondes avant de consentir à s'asseoir sur le siège que lui avait présenté Federico et elle croisa automatiquement les jambes. Elle n'avait même pas le coeur à balancer une réponse à ce qu'il avait dit précédemment, ni même pour dire un merci. Et lui, il but une gorgée de son bourbon. Et il semblait si... à l'aise. Oui, c'était ça, à l'aise. Bien entendu, Niorun ne pouvait voir les émotions qui auraient pu filtrer dans son regard, mais l'image qu'il donnait à présent de lui n'était la même que celle que le médecin avait perçu en rentrant quelques minutes plus tôt. Elle l'écouta sans rien dire, se contentant d'être -intérieurement parlant- profondément étonnée par chaque parole qu'il prononçait. De l'étonnement ? Non, ce n'était pas ça... Elle n'était pas choquée, ni outrée, c'était autre chose. Ca la rendait triste, ça c'était certain. Mais quelque part elle ne pouvait pas s'empêcher d'admirer la sincérité dont faisait preuve Federico. Pourtant elle ne pouvait absolument pas être d'accord avec lui. Il voulait crever l'abcès. Bien. Lequel ? Niorun considérait qu'il venait d'en percer un minuscule en avouant simplement qu'il voulait parler. Pour tout le reste, tout ce qu'ils avaient à régler ensemble, elle ne prenait certainement pas ça pour uniquement un abcès à crever. Au contraire, pour elle il avait été crevé 12 ans plus tôt, et maintenant il fallait nettoyer toute la plaie qui avait pris sa place. A études de médecine images mentales de médecins.
    Niorun ne voulait qu'une chose : partir. Elle refusait d'écouter encore ce que lui racontait Federico. Il lui balançait la conversation comme s'il s'agissait d'une demande pour la liste des courses. Peu importait s'il était en réalité aussi paniqué que le médecin, Ni ne voyait que ce qu'il voulait montrer. L'espace d'un instant, elle se demanda si Federico n'allait tout simplement pas bien. Pour parler avec autant de facilité, il allait forcément bien.

    "Si." lâcha t-elle en réponse aux dernières paroles du commandant.

    Elle s'était retenue d'ajouter un "malheureusement" de justesse. Non, elle ne pouvait sincèrement pas croire ce qu'elle entendait. Federico disait lui même qu'il avait été angoissé à l'idée de revoir Niorun et il lui proposait de partager un verre pour renouer une franche amitié. Bientôt, ça serait lui qui lui proposerait une partie de scrabble...

    "Tu es sincère, là ?"

    Cette question avait été posée d'un ton assez dubitatif, voire méprisant. Par contre, Niorun avait toujours le visage aussi fermé.

    Mais pourquoi était elle ainsi ? Qu'est-ce qui la gênait ? Ca l'énervait de voir Federico aussi à l'aise et elle ne comprenait pas pourquoi. Etait-ce parce que sa présence ne semblait pas le tracassé plus que ça ? Non, ça ne pouvait pas être ça. Parce qu'il semblait s'être remis de leur mission et de leur séparation avec une facilité déconcertante ? Pourtant, Niorun était persuadée que non... Alors pourquoi diable prenait-il la situation avec autant de désinvolture ?! "Oui... Alors écoute Ni, je sais qu'on a un passé commun, mais ça te dirait si on l'oubliait, hein ? Après tout, ce n'est pas si grave ce qui nous ait arrivé, pas vrai ? Aller, un scrabble ?". Non, vraiment, là ça frisait la surchauffe pour le cerveau de Niorun. Ou plutôt la congélation, vu la vague de froid qui perdurait à l'intérieur d'elle.

    Niorun avait envie de lui hurler qu’il se trompait sur toute la ligne, que jamais ils n’arriveraient à travailler correctement ensemble, parce que leur passé commun s’était brisé en mille morceaux, parce que l’indifférence dont ils avaient chacun fait preuve pour l’autre avait détruit tout reste de relation imaginable, parce que Federico était un vieux con borné et qu’elle elle était terriblement prétentieuse d’avoir cru qu’elle pourrait réussir à guérir les douloureuses blessures laissées par leur histoire !

    Niorun suffoquait intérieurement, elle n’arrivait plus à respirer et elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Lorsque soudain…

    SHBLING !

    Le verre de Niorun tomba de sa main, et celle-ci sursauta clairement et décroisant les jambes et se penchant pour s’écarter de l’endroit où le verre avait lancé des bouts tranchants alors qu’il tombait. Automatiquement sa jambe gauche trémula et Niorun observa le verre brisé pendant quelques secondes avant de lever son visage vers Federico.

    "Douze ans." lâcha t-elle d’un ton neutre.

    "Douze ans qu’on ne s’est pas vu. Et au bout de tout ce temps, alors qu’on se parle pour la première fois, tu m’annonces que tu sais ce que tu as fait, tu m’offres à boire et tu me proposes qu’on crève l’abcès ?"

    Au fur et à mesure qu’elle parlait, la voix de Niorun flanchait de plus en plus, trahissant toutes les émotions que la jeune femme pouvait ressentir : colère, mais surtout tristesse et étonnement.

    "Si renouer le contact était si facile, pourquoi crois tu que j’ai attendu aussi longtemps ? Ou plutôt, pourquoi n’est-ce pas toi qui est venu ?
    Non, Federico, tu n’as aucune idée, encore aujourd’hui, de ce qui s’est passé après l’expédition. Nous sommes exactement dans la même situation, à ceci près que moi j’en ai conscience
    " acheva t-elle d’un ton toujours aussi triste.

    C’était peut être beaucoup pour une première entrevue… Mais Niorun n’était pas du genre à mâcher ses mots ou à jouer les hypocrites. Surtout quand elle était aussi bouleversée…
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    Re: Je sais ce que j'ai fait...

    Message par Federico Portanares le Ven 7 Mar 2008 - 22:15

    Le coeur de Federico manqua un battement lorsque Niorun lui demanda : "Tu es sincère, là ?". Elle n'avait pas changé d'expression, mais tout dans sa voix disait à Federico qu'elle n'en resterait pas là. Cette légère déformation de la voix de l'ase le fit presque frissonner. Il semblait qu'il avait eu raison de redouter sa réaction.

    Il fallait qu'il trouve quelque chose à dire, il fallait qu'il évite que les choses se passent mal. Parce que s'ils se quittaient en colère l'un contre l'autre, ça aurait des conséquences terribles... Federico n'avait pas peur que cette conversation n'ait une influence néfaste sur leurs relations professionnelles, non, Federico avait peur pour lui. Peur d'être bouleversé. Peur que sa petite routine soit chamboulée à tout jamais. Il fallait donc à tout prix qu'il trouve les mots pour radoucir Niorun.

    Mais alors qu'il allait prendre la parole, le verre de Niorun éclata en mille morceaux dans sa main. Sous son masque, les yeux de Federico s'agrandirent. Qu'est-ce qu'il venait de se passer ? Il avait à peine compris la situation que Niorun éclatait elle aussi, de colère. Il l'écouta, abasourdi, mais la dernière phrase retentit dans sa tête comme le bruit de la hache sur le billot : "
    Non, Federico, tu n’as aucune idée, encore aujourd’hui, de ce qui s’est passé après l’expédition. Nous sommes exactement dans la même situation, à ceci près que moi j’en ai conscience."

    C'en fut trop pour lui. Il perdit tout self-control, se leva, et, d'un geste enfantin, lança son propre verre de bourbon qui s'écrasa contre le mur. Il sentit la rage monter en lui, tenta de la contenir, mais finit par la laisser l'envahir. Il rugit :


    Je n'en ai pas conscience ? C'est ça que tu veux dire ? Je n'ai peut-être pas compris ce qu'il s'est passé, sur Troie, il y a douze ans ? Alors comment expliques-tu que j'ai laissé tomber tout ce qui faisait ma vie ? Que j'ai abandonné tous mes projets, que j'ai laissé derrière moi tous ceux que j'aimais, que j'ai accepté un poste dont je me fichais comme de ma première couche, que je me suis rabaissé à accepter de passer le reste de mes jours ici, sur cette base, loin de Babylone, loin de mon pays, loin de tout ? C'est toi qui n'as aucune idée de ce que mon échec sur Troie a pu avoir comme conséquences ! Et d'ailleurs, je te signale que tu avais décidé de partir avant que moi, j'accepte ce poste sur Balor ! Ce n'est pas parce que tu m'as sauvé la vie que tu as le monopole du spleen !

    Federico était debout, les bras le long du corps, le dos légèrement courbé, comme un rapace s'apprêtant à fondre sur sa proie. Malgré son masque, il sentait ses yeux le brûler et commencer à s'humidifier. Il n'aurait plus manqué qu'ils se mettent à pleurer, pour parfaire la scène. Pendant une fraction de seconde, Federico eut le sentiment qu'il était en train de régler des comptes vieux de près de quinze ans... Et qu'il aurait dû le faire bien plus tôt.


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    Re: Je sais ce que j'ai fait...

    Message par Niorun Ynglingar le Sam 8 Mar 2008 - 18:01

    Niorun resta figée, observant Federico dans son état de rage, laissant s’installer le silence le plus horrible qu’elle n’avait jamais connu.

    Il y a toujours des paroles qui vous blessent plus que d’autres. Et il y a parfois des pensées qui vous traversent l’esprit comme des hérissons traversent la route. Le plus souvent écrasés par un véhicule qui ne fait pas attention. Et pour Niorun, heureusement que son cerveau s’occupait de pulvériser les idées douteuses. Car si elle s’était écoutée, elle aurait flanqué à Federico une jolie baffe.

    Comment osait-il l’accuser, elle ?!
    Non, là, vraiment, c’était trop… Après ce qu’il avait dit quelques minutes avant, elle était persuadée qu’il n’aurait pas pu faire pire, mais de toute évidence elle s’était trompée !

    "Quoi ?!"

    Niorun se leva à son tour, laissant elle aussi sa colère prendre le dessus.

    "Ne rejette pas la faute sur moi ! Qui n’a jamais voulu parler de la mission ?! Qui m’a laissé en dehors de tout ?! Qui s’est éloigné pendant 6 mois, refusant toute discussion ?! Tu as la mémoire courte, Federico. C’est de m’avoir devant toi ou c’est l’âge ?"

    Niorun détestait ce genre de petits piques, mais là c’était sorti tout seul. Elle ne pensait même pas à faire du mal au Commandant, elle voulait juste dire ce qu’elle avait le cœur, tout déballer, lui envoyer en pleine face ce qu’elle pensait de lui, le forcer à ouvrir les yeux ! Parce que Niorun ne voulait pas obligatoirement faire du mal à Federico, non. Tout ce qu’elle voulait, c’était aller mieux, elle. C’était elle qui était venue sur Balor, elle qui avait pris cette décision, alors peu importe les obstacles qu’elle rencontrerait, elle fera tout pour repartir d’ici guérie. Et si pour cela elle devait démolir la vie de Federico, elle n’hésiterait pas à le faire.

    Ce qu’elle ne s’avouait pas, c’était l’impact qu’avaient les paroles de l’homme sur elle. Se pires craintes étaient confirmées. Niorun n’avait pas su trouver les mots, elle n’avait pas su comment aider l’homme dont elle était amoureuse à l’époque. Quand est-ce qu’elle le reconnaîtrait ? Lorsqu’elle sera calmée, peut être… Pour le moment, les mots étaient trop récents.

    "Tu es… pathétique ! Me reprocher, à moi, tous tes malheurs ! Qu’est-ce que tu veux ?! Des excuses ?! Une explication ?! Mes larmes ?! Qu’est-ce que tu attends de moi ?! Que je sois docile et que je te conforte dans ton idée qu’une simple entrevue peut tout arranger entre nous ?!"

    Niorun ne s’énervait pour ainsi dire… jamais. D’ailleurs elle n’était même pas certaine que Federico l’avait déjà vu si en colère. Non, vraiment, une Niorun en colère, personne ne veut en avoir devant soi.

    [Hj : Ricotta, tu me diras si ça te convient, sinon j'éditerai... *esquive le mug de café bouillant qui arrivait vers elle*]
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    Re: Je sais ce que j'ai fait...

    Message par Federico Portanares le Sam 8 Mar 2008 - 21:37

    Quelques secondes s'écoulèrent, durant lesquelles Federico entendit sa voix continuer de résonner dans le bureau. Il avait les yeux rivés sur le visage de Niorun. Quand son "Quoi ?" retentit, il sut qu'il n'aurait pas dû dire ce qu'il avait dit. Elle se leva, et il ne put s'empêcher de remarquer que malgré la colère qui l'envahissait, elle restait pleine de grâce et d'élégance.

    Ne rejette pas la faute sur moi ! Qui n’a jamais voulu parler de la mission ?! Qui m’a laissé en dehors de tout ?! Qui s’est éloigné pendant 6 mois, refusant toute discussion ?! Tu as la mémoire courte, Federico. C’est de m’avoir devant toi ou c’est l’âge ?

    Paradoxalement, ce n'était même pas le pic sur son âge qui avait blessé Federico. C'était vrai qu'il s'était renfermé sur lui-même, après la mission. Il ne s'était jamais convaincu que c'était de la faute de Niorun, mais il n'avait jamais pensé qu'il avait pu faire le mauvais choix, en la laissant de côté. Il ne trouva même pas le courage de répondre, ce qui laissa à Niorun tout le loisir de continuer.

    Tu es… pathétique ! Me reprocher, à moi, tous tes malheurs ! Qu’est-ce que tu veux ?! Des excuses ?! Une explication ?! Mes larmes ?! Qu’est-ce que tu attends de moi ?! Que je sois docile et que je te conforte dans ton idée qu’une simple entrevue peut tout arranger entre nous ?!

    Ce que j'attends de toi ? Federico avait baissé d'un ton. Les premières paroles de Niorun avaient été comme une douche glacée pour lui. Sous son masque, il clignait des yeux à répétition. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas été dans une situation aussi stressante. Excepté peut-être le matin où il s'était réveillé avec Weena dans les bras, bien conscient qu'il ne serait pas au bout de ses peines avec lui.

    Ce que j'attends de toi... Si seulement je le savais ! Il y a douze ans en arrière, je ne le savais pas, comment veux-tu que je le sache maintenant ?

    Federico se détourna. Les grands yeux noisette de Niorun le transperçaient de part en part. Par réflexe, et aussi parce qu'il sentait qu'il en avait besoin, il alla se préparer un café. Il aurait préféré que ce soit Eilaire qui le lui prépare, mais d'un autre côté, il préférait encore qu'elle soit loin de son bureau tant que Niorun et lui seraient dans cet état. Après quelques secondes de silence, il reprit :

    D'accord, je le reconnais, je t'ai mise de côté... Je crois que je ne savais pas vraiment où j'en étais. Mais tu ne peux pas me le reprocher, qu'est-ce que tu aurais voulu que je fasse d'autre ? J'ai passé toute ma jeunesse à tenter de prouver que même sans l'aide de mes parents, je valais quelque chose, et quand j'ai enfin pu faire mes preuves une bonne fois pour toutes...

    La machine à café émit un petit bip. D'un geste vif, il récupéra son mug, et avala cul sec son contenu, qui lui brûla littéralement la gorge. Il cligna des yeux, sans que Niorun puisse le voir. Même lui, qui était un habitué, avait vraiment eu mal en buvant ce café. Mais c'était bien peu, comparé à ce qu'il aurait été prêt à se faire pour se sortir de ce guêpier. Il acheva sa phrase, la voix un peu éraillée :

    ... Je me suis lamentablement planté ! Des hommes sont morts par ma faute, et je serais mort avec eux, si tu n'avais pas été là ! Et après ça, on m'a affublé de cette horreur, dit-il en désignant son masque, et on m'a envoyé chez mes parents ! Je n'ai jamais rien vécu de pire, crois-moi. Comment j'aurais pu vivre une vie normale, après ça ? Comment j'aurais pu continuer à t'inviter au restaurant, à discuter toute la nuit avec toi, à faire semblant de me gratter sur tes cornes pour te faire enrager ? Tout ça, c'était génial, mais c'était avant ! Je n'avais pas d'autre choix que de partir seul, parce que si j'étais resté, je t'aurais fait payer très cher le fait de ne pas m'avoir laissé crever sur Troie !

    Il était debout, à l'autre bout du bureau, son mug vide dans la main, et plus il regardait Niorun, plus il se sentait petit, faible, et vulnérable. Ce qui aurait dû être une accusation était devenu la complainte pitoyable d'un homme qui n'avait pas su regarder la vérité en face, et qui le réalisait enfin - mais trop tard.

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    Re: Je sais ce que j'ai fait...

    Message par Niorun Ynglingar le Ven 14 Mar 2008 - 12:02

    La colère de Niorun disparaissait petit à petit, au profit d’une tristesse infâme. Elle n’était même pas certaine d’être heureuse de ce changement de situation. Elle s’était répétée qu’elle ne s’énerverait pas, que Federico et elle parleraient à cœur ouvert et que le ton ne monterait pas, mais maintenant qu’elle était face à l’ambiance voulue, elle n’était vraiment pas sûre de parvenir à tout gérer. Non, en fait c’était sûr et certain : elle n’arriverait pas à tout gérer.

    Niorun observa Federico se faire un café, une expression triste et apeurée sur le visage. Oui, elle avait peur. Peur d’être allée trop loin, de ne pas pouvoir recoller les morceaux et d’être incapable de trouver les mots pour arranger leur affaire. Et qu’est-ce que c’était horripilant d’être ainsi…
    Elle écouta le commandant, se sentant un peu plus mal à l’aise à chaque mot prononcé. Au fur et à mesure qu’il parlait, le corps de Niorun devenait de plus en plus rigide et tendu, si c’était encore possible. Et lorsqu’il eu finit de parler, elle ne su pas quoi répondre. Que pouvait-elle dire qui aurait une quelconque valeur ? Niorun se sentait vidée, épuisée. Elle se rassit sur sa chaise, en douceur, comme si elle avait peur de la casser. Sans prévenir, une petite larme tomba de son œil pour venir rouler sur sa joue.

    « Pourquoi ne pas me l’avoir dit ? » demanda t-elle d’une voix tremblante.

    « On… On se disait tout. »

    Avant la mission, leur relation était à son apogée depuis plusieurs mois déjà. Niorun s’en souvenait parfaitement, de la confiance qui régnait entre eux. Leur relation était merveilleuse. Alors Niorun ne pouvait pas comprendre comment Federico avait pu se renfermer sur lui-même au point de l’exclure, elle.

    « Qu’est-ce que… » commença t-elle.

    Mais Niorun ne savait pas vraiment comment verbaliser ce qu’elle ressentait.

    « De quoi ai-je manqué ? »

    Et elle ne savait pas non plus si Federico comprenait ce qu’elle voulait dire.

    « Qu’est-ce que j’ai fait ? Ou… qu’est-ce que je n’ai pas fait pour… pour que tu ne puisses plus me parler ? »

    Une nouvelle larme glissa sur le visage de Niorun alors qu’elle aurait voulu garder la tête haute et ne pas se montrer aussi faible devant Federico.
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    Re: Je sais ce que j'ai fait...

    Message par Federico Portanares le Ven 14 Mar 2008 - 22:02

    C'en était trop pour Federico. Il n'avait jamais eu l'intention d'élever la voix sur Niorun, et pourtant il l'avait fait. Il n'avait pas voulu la rendre triste, et pourtant elle pleurait. Cette unique larme lui transperça le cœur. Plus il la regardait, et plus il regrettait de ne pas être mort douze ans plus tôt, dans le sous-sol de Troie.

    La voix de l'ase avait complètement changé. Elle avait l'air triste, infiniment triste. Federico comprit qu'il était à l'origine de cette tristesse, et cela lui brisa littéralement le cœur.

    Le plus dur, c'était qu'elle croyait être responsable de son malheur à lui. Il ne lui répondit pas tout de suite. Il posa son mug, s'approcha d'elle en chancelant un peu. Il s'assit lui aussi, juste en face d'elle. Il avait comme une boule dans la gorge. Il tenta de dire quelque chose, mais sa voix resta coincée.

    Il regardait couler les larmes de Niorun. Il ne savait plus que faire. Ses yeux s'étaient calmés, paradoxalement, mais le masque semblait être en surchauffe. Il baissa la tête, éteignit le masque, et décida de le retirer. De toutes façons, il avait envie, et besoin, de voir Niorun de ses propres yeux. Il l'enleva donc, et le posa sur le bureau.


    Niorun était belle, indéniablement belle, et sa beauté était magnifiée par sa peine. Federico essuya les restes de larmes de douleur de ses yeux avec sa manche. Puis il fixa son regard sur celui de l'ase, et ne s'en détourna plus. D'une voix faible, il parvint à articuler :


    Tu as été parfaite...

    Il fallait qu'elle le croie, il fallait à tout prix qu'elle cesse d'être triste... Il s'avança un peu sur son siège.

    J'étais tellement déçu de ce que j'étais, j'étais tellement en colère contre moi-même. J'aimerais pouvoir te dire que je voulais te préserver, mais la vérité, c'est que je ne voulais pas que tu aies pitié de moi, et je ne voulais pas sentir de compassion venant de toi. Mais je me sentais aussi tellement coupable, et tout ma culpabilité rejaillissait au fond de tes yeux. J'ai voulu partir pour oublier, et pour que tu m'oublies... Je ne m'estimais pas assez pour penser que te quitter aurait pu te rendre si triste... Je pensais être le seul à souffrir, le seul à devoir renoncer à mon amour...

    Federico stoppa net. Il avait lâché ce mot, comme ça, comme si de rien n'était, mais à présent qu'il avait résonné dans la cabine, il prenait tout son sens, et ce sens lui faisait peur. Que se passait-il en lui ? Pourquoi le simple fait d'avoir prononcé le mot "amour" lui avait-il donné des frissons ?

    Il hésita un instant. Puis, sans vraiment se rendre compte de ce qu'il faisait, il glissa à terre. Il se pencha près d'elle. Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres. Pendant une fraction de seconde, il se demanda pourquoi il était là, un genou à terre, le visage levé vers celui de l'ase. Mais il repoussa bien vite cette pensée, et murmura, fébrile :


    Ni...

    Sa main tremblait un peu. Il la leva, et la posa doucement sur la joue de Niorun. Il la regarda une dernière fois dans les yeux. Sans plus réfléchir, il attira le visage de l'ase vers lui, et l'embrassa délicatement, comme on pose les lèvres sur une rose veloutée et au parfum enivrant.

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    Re: Je sais ce que j'ai fait...

    Message par Invité le Ven 11 Juil 2008 - 0:08

    [HJ : Une petite explication s'impose. J'ai donc décidé de laisser tomber Ambre et Vivenef, étant donné que je me montre incapable de jouer. Mais je tenais quand même à faire un départ correct donc voilà. Cela risque d'être carrément précipité et un peu tiré par les cheveux mais c'est mieux que rien. Pardonnez le ton très théâtral donné au post mais c'était pour me détendre, histoire de rigoler une dernière fois. Bonne lecture ^^ !]

    « Non mais je rêve ! »

    Un cri suraigu vint rompre la douce et paisible atmosphère du bureau. Debout dans l’encadrement de la porte, Ambre regardait, effarée, le spectacle qui s’offrait à ses yeux. Là, juste devant elle, se tenait l’homme qu’elle aimait (ou du moins qu’elle croyait aimer), embrassant une parfaite inconnue et semblant y prendre le plus grand des plaisirs ! Horrifiée, elle sentit ses jambes avancer seules vers le couple enlacé et, avec une force qu’on n’aurait pu lui soupçonner, attrapa Federico par le col de son uniforme de capitaine et l’arracha à sa tendre étreinte.

    «
    Non mais je REVE ! », répéta-t-elle plus fort encore. Ambre regarda l’homme, SON homme, dans les yeux et se retint de pleurer. Trop furieuse pour dire quoi que ce soit, elle resserra sa prise pour l’empêcher de fuir et le gifla à plusieurs reprises, laissant ainsi éclater toute la colère et le désarroi qui affluaient en elle depuis l’instant où elle était entrée dans ce bureau, découvrant avec horreur l’honteuse tromperie dont elle avait été victime.

    Elle finit par le lâcher mais ce fut pour mieux se jeter sur l’inconnue qui avait eu le malheur d’attirer les faveurs du capitaine. Telle une furie, elle hurla, griffa, mordit, arrachant par poignées entières les blonds cheveux de l’ase qui criait de surprise et de douleur. Ambre ne se contrôlait plus. Son ardeur à frapper, à faire mal, à blesser, à tuer reflétait la douleur qu’elle ressentait à l’idée d’avoir été trompée, trahie, déshonorée. Plus rien pour elle n’importait si ce n’est que cette femme souffre comme elle-même souffrait, qu’elle ressente tout comme elle l’horreur et la honte ! La jeune femme ne réfléchissait plus.

    Autour d’elle, le décor de la pièce s’estompait peu à peu pour mieux laisser place à sa rage. Elle ne voyait que cette femme, encore et toujours, cet être odieux, infâme qui avait osé lui faire tant de mal. Que Federico tente de l’arrêter, elle n’en avait que faire. Sa hargne de faire du mal était telle qu’elle en décuplait ses forces. Elle frappait, frappait encore, frappait toujours !

    Puis, trop faible pour continuer à frapper, elle finit par relâcher le médecin. Elle écarta Federico qui essayait toujours de la maîtriser, se recula, vacillante et manqua s’écrouler, se retenant de justesse au meuble derrière elle. Les larmes qu’elle avait si longtemps retenues se mirent enfin à couler, et avec elles s’évanouirent les derniers vestiges de sa fureur. L’âpre et douloureux goût de la tromperie et de la trahison quitta sa bouche, laissant place à la seule tristesse. Son chagrin était tel qu’elle avait cessé de hurler. Elle pleurait, muette, et ce silence lourd de sens pesait désormais au-dessus de la pièce et au-dessus du couple pris en faute. De temps à autre, Ambre laissait échapper un gémissement de souffrance et d’amertume. Elle semblait désormais intarissable et ses larmes impossibles à étancher. La peine envahissait son être, anesthésiant chacun de ses membres. Bientôt, elle ne sentirait plus rien. Bientôt, la douleur disparaîtrait. Seul le dégoût et la rancœur muette subsisteraient.

    A cet instant, Ambre releva la tête, rejetant en arrière ses longs cheveux et lançant à Federico un regard noir empli de reproches. Plus trace de colère ou de tristesse dans ses yeux. D’un revers de manche, elle essuya rageusement ses larmes et s’efforça de montrer toute l’aversion qu’elle éprouvait pour cet homme et sa maîtresse. Oui, par ce comportement que jamais elle n’aurait pu lui soupçonner, il la dégoûtait, la repoussait, lui infligeait le plus atroce des écœurement. Sa seule vue la remplissait d’horreur et une vague nausée la prit aux tripes.

    S’avançant fièrement, la tête haute, Ambre s’approcha de Federico. Bien qu’il la dépassât de plusieurs centimètres, il parut minuscule face au courroux et à la prestance retrouvée de la jeune femme.

    «
    Tu me répugnes », murmura-t-elle pour que Niorun ne puisse percevoir ses paroles. « Un instant supplémentaire en ta présence et je gerbe sur ton beau tapis. Tu m’entends ? Combien de temps espérais-tu te moquer de moi de la sorte ? Vous avez dû bien rire de moi, n’est-ce pas ? C’était amusant, de se foutre de la belle gueule du Général Vallini ! Hein ? » L’espace d’un instant, Federico sembla vouloir esquisser un geste de réconfort, auquel Ambre réagit immédiatement par un sursaut de dégoût. « Au moindre contact avec toi, je hurle. Il t’est impossible d’imaginer à quel point tout ton être me déplaît. Tu n’es qu’un odieux et abject individu, au comportement fourbe, ignoble et que par dessus tout j’exècre. Regarde-moi bien car plus jamais tu n’auras l’occasion de me voir de si près. Contemple ma beauté et ma prestance, ma fierté et mon honneur que tu as, seul, osé bafouer, toi, petit homme ridicule et minuscule. Je vais te détruire, te réduire à néant. Ta vie sera un enfer, et tu regretteras tout le reste de ton existence ce jour où tu m’as trahie ! »

    Satisfaite, Ambre se recula, cracha aux pieds du capitaine Portanares telle la plus vulgaire des femmes de joie, fit volte face et se dirigea d’un pas triomphant vers la sortie, sans plus un regard derrière elle, ni pour son ancien amant, ni pour l’ase, immonde objet de la tromperie.
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    Federico Portanares
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    Re: Je sais ce que j'ai fait...

    Message par Federico Portanares le Ven 11 Juil 2008 - 21:47

    Il y a des jours où on ferait mieux de se la mettre derrièr l'oreille.

    La fierté, la tentation, la faiblesse, ou autre chose, aucune importance : derrière l'oreille. Et ce jour là, Federico avait tout laissé devant, bien dressé... Ahem, enfin presque. Passons.

    Quelque chose qui ressemblait à la fille cachée de Twister et de Wolverine venait de débouler dans le bureau de Federico. Et, manque de bol, il était supposé être en couple avec ce quelque chose.

    Soyons franc : Federico n'avait pas reconnu Ambre. Il savait que la jeune femme était capable de s'énerver, mais là, elle pétait carrément une durite. Le temps qu'il reprenne ses esprits, il s'était pris trois gifles, et Ambre s'était ruée vers Niorun. Abasourdi, il finit par se jeter sur elle pour tenter de la maîtriser, mais en vain. Il voyait Niorun ployer sous les coups. Ambre était devenue une véritable furie.

    Soudain, Ambre s'écarta de Federico et de Niorun pour reprendre son souffle. Federico, quant à lui, n'avait qu'une envie : se précipiter auprès de Niorun pour vérifier qu'elle allait bien. Mais son petit doigt lui disait que cela ne rendrait Ambre que plus folle, et il n'osa pas bouger.

    Ambre le regarda droit dans les yeux. Et là, là Federico comprit. Cette femme n'avait plus rien à voir avec la femme qu'il avait aimée jusque là. Alors qu'il était prêt, quelques instants plus tôt, à s'écraser au sol pour lui supllier de le pardonner, son visage se fit plus dur.

    C'est alors qu'Ambre se posta juste sous son nez pour lui murmurer des paroles qui le laissèrent pantois. Il ne savit plus s'il la trouvait puérile ou s'il commençait à avoir peur d'elle. A tout hasard, il tenta de la réconforter, mais elle évita son geste, et commença à le menacer. Federico en resta bouche bée, si bien qu'il laissa Ambre partir sans rien dire.

    Dans la cabine, le silence devint lourd. Lentement, Federico se tourna vers la pauvre Niorun.


    Niorun... Tu...

    Il allait lui demander comment elle allait. Mais il se retint. Il fallait qu'il retrouve Ambre. Même s'il ne sauvait pas son couple, il fallait qu'il sauve sa réputation. Avec un peu de chance, il réussirait à la contenir, et personne ne serait au courant de tout cela.

    Il jeta un regard désolé à Niorun, et bafouilla :


    Excuse-moi mais... Je dois y aller. Pardon...

    Puis il sortit en trombe de la cabine pour retrouver Ambre.


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