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    Newton Guedolphe
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    Message par Newton Guedolphe le Dim 10 Fév 2008 - 15:37

    Newton priait intensément pour ne pas croiser Maruk au détour d’un couloir. Il venait récemment de faire l’expérience cuisante du percutage d’individu dans le tournant d’un corridor et il ne voulait pas recommencer. C’est pourquoi il marchait à une allure moins vive que d’habitude, s’éloignant presque le plus possible du mur pour voir si quelqu’un arrivait en face. Donc, niveau percutage de gens, c’était réglé. Mais la finalité de la chose, c’était que Maruk était bien plus petit qu’un gens, et chargé comme Newton l’était, il avait très peur de ne pas le voir et de lui foncer dedans.

    Car l’intendant ne se baladait pas les mains vides. Il portait avec le bras gauche une espèce de panier à linge bleu glacial, mais pas flashi pour autant. On voyait dépasser du panier des vêtements pliés divers, dont les couleurs fusaient entre le sobre d’un côté, et différents rouges de l’autres. Newton avait fait des piles de chaque type de vêtements, qu’il avait ensuite disposé dans le panier à linge. Il y avait la pile "pantalon", dont le premier était marron, il y avait la pile "veste" surplombée par le veston que Erwyn avait oublié dans la salle des machines quelques jours plus tôt, il y avait la pile "hauts" avec sur le dessus un débardeur dans le style 'simple et relax' posé sur un chemisier blanc impeccablement repassé. En réalité, on devinait les vêtements plus qu'on le les voyait, car on ne pouvait apercevoir que des bouts. En effet plusieurs foulards pliés en carré étaient disposés sur le haut des piles de gauche. Des foulards que Newton, sans se l'avouer, avait mis sur le dessus du panier exprès. Parce que même l'odeur d'agrumes de la lessive du vaisseau n'enlevait pas l'odeur du Commandant qui était imprégnée dans ses foulards. Et Newton il l'aimait bien cette odeur, alors il avait mis les foulards à portée de narines, si je puis dire. Et aussi, il avait fallut ranger les sous-vêtements d'Erwyn. Ca, ça avait été la partie délicate de la lessive. Newton avait dû faire face à un rougissement instantané, des yeux qui voulaient se fermer et en même temps observer dans les moindres détails la lingerie du Commandant et la voix de soeur qu'il entendait d'ici lui dire qu'il devait garder un souvenir pour son usage personnel. Il avait rangé les sous-vêtements à toute vitesse au milieu du panier, entre la pile veston et la pile pantalon.

    Déjà, ce gros panier à linge gênait sa visibilité. Et en plus, dans l'autre main, il tenait en équilibre un plateau avec un repas dessus. Bon, Erwyn lui avait uniquement demandé de lui rapporter son linge mais vu l'état de concentration et de -même si elle avait fait bonne figure- fatigue dans lequel elle se trouvait, Newton était pratiquement certain qu'elle n'avait pas dîné. Alors, notre super intendant avait pris l'initiative de passer préalablement aux cuisines pour demander un petit quelque chose à apporter au Commandant. Le cuisinier et son apprentie avaient concocté un plateau-repas qu'ils avaient ensuite donné à Newton (enfin, plus le cuisinier que l'apprentie, puisque Tallie s'était sauvée dès que l'intendant était arrivé). Il avait vaguement demandé ce que c'était puisqu'il ne pouvait le voir en raison des cloches qui conservaient la chaleur des plats. Donc de l'extérieur le plateau contenait une grande assiette sur le côté droit, deux petites sur la gauche, un verre dans coin avec une bouteille d'eau et des couverts sur le bord, entourés d'une serviette blanche.

    Voilà pourquoi Newton ne désirait aucunement rencontrer Maruk. Il faisait bien attention à ne rien renverser, ce n'était pas pour qu'un chien -bien que gentil- l'aide à mettre tout par terre. Mais il était assez tard et l'intendant ne croisa pas grand monde, même si théoriquement le "tard" n'a aucune valeur sur un vaisseau dans l'espace. Ce n'est parce qu'il fait nuit sur une planète quelconque que le vaisseau serait laissé à l'abandon par ses membres qui iraient piquer un somme. Tout de même, le fait est qu'il n'y avait pas foule. Et, heureusement, pas de Maruk à percuter pour perdre l'équilibre ! Il arriva donc à la porte du bureau du Commandant sans embûches mais avec un petit problème de commodité. Il ne pouvait pas frapper avant d'entrer. D'habitude, il frappait toujours, il n'attendait pas forcément qu'on lui dise d'entrer mais il frappait toujours, pour prévenir qu'il arrivait. Et là et bien... Il n'allait tout de même pas donner un coup de pied pour révéler sa précense. Tant pis, il ne frapperait pas... Il avait au préalable atteint son pass, qu'il tenait dans la main qui soutenait le panier à linge, et il passa celle-ci devant la petite plaque à droite de la porte. Cette dernière s'ouvrit automatique, laissant Newton entrer doucement.

    "Voici votre..."

    Il s'arrêta net en voyant le Commandant. Elle était allongée sur son canapé et semblait plus propice à s'endormir qu'à écouter son intendant. Elle avait les bras sur le visage et avait enlevé ses chaussures. C'est bien simple, depuis les quelques semaines où elle était passée du poste de second à celui de commandant, c'était la première fois qu'il la voyait aussi peu...Commandant. Là, elle apparaissait femme avant tout.

    Zut, peut être dormait-elle ? Newton n'avait sincèrement pas envie de la réveiller si jamais c'était le cas... C'est pourquoi il posa délicatement le panier à linge terre, et s'approcha du canapé pour laisser le plateau-repas sur la table basse.


    Dernière édition par Newton Guedolphe le Jeu 13 Mar 2008 - 19:23, édité 2 fois
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    Re: Apparté [fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Mar 12 Fév 2008 - 18:45

    Elle aurait tout donné pour avoir du temps. Du temps pour boucler la paperasse urgente. Du temps pour pouvoir aller vers les autres et ne pas être cloitrée ici afin que la machine tourne. Juste… Avoir du temps.
    Pour la énième fois, elle repoussa un papier et soupira. Se pinçant l’arête du nez, elle tentait de résister à la tentation d’envoyer tout valser et d’hurler un bon coup. Bien que ce petit débordement pourrait s’avérer salutaire et jouissif, Erwyn se contint et se leva. S’étirant un bon coup, elle décida de se faire une petite pause. Elle n’en pouvait plus de tout ces chiffres, de tout ces rapports qui s’entassent sur son bureau et dont elle n’en voit plus la fin. Oh ! Cela aurait pu être pire si Kalli n’était pas là pour faire un tri en amont. Là, on ne la verrait quasiment plus derrière son bureau à cause des tours qu’aurait fait la paperasse.
    Elle préféra chasser de son esprit une telle vision d’horreur. C’était déjà assez difficile comme ça.

    Son canapé l’appelait de tous ses attraits si moelleux et si confortables qu’elle céda. Elle s’assit sur le bord, desserra le nœud de son foulard, ôta lunettes, chaussures et chaussettes et s’affala de tout son long sur le divin divan.
    Ah ! Quel bonheur mes aïeux ! Ou plutôt quel bonheur pour son dos ! Elle soupira d’aise. Ah ! Ce qu’on était bien là, allongée sur un canapé, les doigts de pieds en éventail et presque détendue. Oui presque. Elle avait les muscles du cou meurtris par ses longues heures de boulot acharné. Et encore elle n’avait pas fini…

    *Je voudrais bien un massage* se dit-elle rêveuse…

    Posant son bras droit sur ses yeux, sa main gauche sur son ventre, elle ferma les yeux deux minutes.

    Elle avait eu l’impression d’avoir juste eu le temps de fermer ses yeux lorsque le bruit caractéristique de la porte qui s’ouvre se fit entendre. Elle ne bougea pas pour autant. Ah non alors ! Elle était si bien là.

    « Voici votre... »

    Newton n’avait pas eu besoin de parler pour qu’Erwyn sache que c’était lui qui venait d’entrer. Il avait une odeur si particulière qu’Erwyn n’aurait pu se tromper. Mais quelque chose titilla ses narines. C’était bien l’odeur de Newton mais il y avait quelque chose en plus… Un parfum en plus. Comme elle le sentit se rapprocher d’elle, elle en profita pour respirer profondément… Trouvé ! Les agrumes ! Ca sentait les agrumes ! Sa senteur préférée. Elle eut un sourire derrière son bras. Cela sentait bon. Et l’odeur de Newton ajouté… c’était un véritable délice.

    « Tu sens bon. » lâcha-t-elle en un chuchotement.

    Oups ! Elle contracta son bras sur son visage pour cacher sa gêne. Ce n’était pas dans ses habitudes de faire de tels commentaires. Et encore pire, de le tutoyer lui.
    Newton… C’était particulier pour Erwyn. Il faisait parti de l’équipage mais en même temps il n’était pas important au bon fonctionnement du vaisseau. Il était juste… à part. Utile, elle ne pouvait le nier. Auparavant elle avait des doutes mais depuis qu’il était à son service, elle avait pu voir à quel point cela pouvait servir d’avoir quelqu’un qui vous fait les menu-services de la vie quotidienne.
    N’empêche qu’Erwyn n’a jamais su comment se comporter avec lui. Sa barrière automatique s’était levée et elle s’était mise à le vouvoyer, comme la plupart des gens à bord mais à la différence près que si elle vouvoyait les autres, c’était par politesse. Alors que pour Newton, c’était plus par … protection qu’autre chose.
    Et cela l’exaspérait… De quoi se protégeait-elle ? De quoi avait-elle peur ? Il n’allait pas la manger après tout !

    « Désolée. »

    Oui c’était maigre mais sur le moment c’est tout ce qu’elle trouva à dire. Et puis bon, c’était pas tous les jours qu’elle s’excusait.

    Un bruit de vaisselle la tira de ses pensées. Relevant le bras, elle tourna la tête pour voir ce qu’il se passait.


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    Re: Apparté [fini]

    Message par Newton Guedolphe le Mar 12 Fév 2008 - 20:50

    Newton était, pour ainsi dire, un homme très pratique pour la gente féminine. C’était simple, depuis qu’il était tout petit, il avait vécu entouré de femmes. Au niveau familial comme au niveau relations extérieurs. Il était pratiquement le seul être masculin de la tribu et ensuite sa vie n’avait été peuplée presque que de femmes. Est-ce que ça avait été gênant ? Bien… Il suffit de regarder le résultat. Certes, à certains moments, c’était assez pesant. Mais il avait vite appris à se taire sinon c’était pire : "Tu es bien à plaindre Newton… Entourée de femmes… Pauvre garçon ! Tu te fiches de moi ?!". C’est pourquoi notre homme avait appris à être gentil. Parce qu’en un sens, il n’avait jamais vraiment eu le choix…

    Alors une femme pouvait se mettre à le tutoyer sans problème. Sans compter que Newton était un homme sociable et pas coincé. Enfin… presque pas. Disons que ça dépendait des situations. Il faut dire que quand on a vécu des années avec une femme comme sa sœur, la gêne et l’embêtement, on fait une croix dessus trèèès rapidement. Et ça aurait été n’importe quelle autre femme qui se mettait à le tutoyer subitement, Newton n’aurait pas été vexé pour 3 cacahouètes. Mais là… C’était différent. Déjà, qu’Erwyn l’ait tutoyé brutalement ça lui avait fait stoppé tout mouvement. Mais en plus qu’elle le tutoie pour lui sortir…ça ! Newton la regarda avec des yeux ronds et bien entendu, ses joues prirent une légère teinte rosée. Inévitable, le rougissement, sinon ce n’était pas drôle. Heureusement… Heureusement, Erwyn ne le regardait pas ! Elle avait juste très légèrement bougé…

    Mais la pensée d’avant n’était pas "Erwyn dormait-elle ou ne dormait-elle pas ?" ?! Voilà. Newton eut un sourire moqueur pour lui-même alors qu’il se persuadait que le Commandant était bel et bien en train de roupiller. Oui, ça ne pouvait être que ça. D’une il voyait très mal Erwyn le tutoyer d’un seul coup, et de deux jamais elle n’aurait pu lui sortir un "Tu sens bon", même chuchoté, si elle avait été éveillée. Pas vrai ?
    La gêne de l’intendant s’éclipsa puis il balaya la pièce d’un regard circulaire pour mesurer l’étendue des dégâts. Moui… Ce n’était pas mieux que quand il été parti. Remarquez, ce n’était pas pire non plus. Il se pencha alors pour mieux ‘préparer’ le plateau et s’accroupit (oui, parce qu’il est grand lui, ça aurait fait mal au dos de faire ça sans plier les jambes).

    "Désolée."

    Newton, persuadé qu’Erwyn dormait, qu’elle n’allait plus rien dire et surtout qu’elle n’était pas consciente lors de sa précédente phrase, se releva d’un bond mais il avait juste oublié que ses genoux étaient coincés sous la table basse. Il se cogna donc contre ladite table et fit bouger tout ce s’y trouvait : le plateau dériva subitement de 10 cm (se rapprochement dangereusement du bord et faisant par la même occasion un potin du diable), les lunettes d’Erwyn suivirent le même chemin et atterrirent à moitié dans le vide, la pile de feuilles posée perdit de sa superbe lorsque toutes les feuilles glissèrent les unes sur les autres (les premières flanchèrent jusqu’au sol, naturellement) et le verre placé à l’intérieur du plateau tomba, roula, dégringola par terre et continua de rouler joyeusement. Heureusement, la table était solide et lourde et s’était seulement déplacée de quelques centimètres. Et Newton ? Et bien lorsque ses genoux s’étaient brutalement cognés contre la table basse il avait… légèrement perdu l’équilibre et était retombé aussi sec sur le postérieur.

    "Putain ! Pardon !" lâcha t-il automatiquement.

    Non, vraiment, là il s’était surpassé… Il se redressa à l’aide de ses bras et la couleur sur ses joues revint instantanément. Merde…

    "Celui qui a construit cette table n’a certainement pas pensé à moi…" dit-il plus pour lui-même que pour autrui.

    Il se rendit alors compte qu’il ne s’était pas raté et que ses genoux étaient plutôt douloureux. Il tenta d’abord de les posés à terre mais il comprit rapidement que c’était une mauvaise idée et se remit accroupi avec des gestes précautionneux. Il commença à remettre en place les affaires qui étaient posées sur la table, ramenant avec prudence le plateau un peu moins vers le bord et réunissant les feuilles éparpillées.

    "Je suis désolé, je vous ai réveillée ?" demanda t-il avec hésitation.

    Newton n’était d’habitude pas maladroit. Enfin, pas trop. Mais là, il avait fait très fort. Il n’avait qu’une envie : tout ranger et aller fumer.

    "Et… Je vous ai apporté un petit quelque chose à manger."

    Il regarda le plateau avec tristesse. Il avait uniquement vaguement demandé ce qu’il contenait, sans aucun détail. En clair le cuisinier avait répondu "de la viande" et rien de plus.

    "Il faut juste espérer que ce n’était pas une pièce montée…" ajouta-t-il avec un sourire gêné.
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    Re: Apparté [fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Mer 13 Fév 2008 - 13:08

    Un bruit de vaisselle la tira de ses pensées. Relevant le bras, elle tourna la tête pour voir ce qu’il se passait. Et là elle vit Newton assit par terre près de la table qui venait apparemment de subir un choc. Au juron qu’il poussa, Erwyn devina ce qu'il venait de se passer et se redressa.

    « Ca va ? » s’enquit-elle.

    Oui elle s'inquiétait ! Elle n'était pas aussi insensible à la douleur d'autrui qu'on voudrait le faire croire.
    Elle était un peu comme ces directrices d'orphelinat qui aimaient les enfants comme s'ils étaient les leurs et qui se montraient fermes et dures pour ne pas trop souffrir lorsqu'ils quittaient les lieux.
    A la différence près qu'Erwyn ne dirigeait pas un orphelinat mais une Vivenef, que "ses" enfants étaient tous (pour la plupart) des adultes et qu'elle les maniait à la baguette uniquement parce qu'elle ne connaissait pas d'autre manière de commander des hommes. Formation militaire oblige.

    Elle s’assit et attrapa ses lunettes sur le point de tomber et les remit sur son nez.
    Certains, plus philosophes que d’autres diront qu’une paire de lunettes agit comme une sorte de barrière entre la personne et le monde extérieur, la protégeant des souffrances et autres joyeuseries du même acabit…
    D’autres plus pragmatiques diront simplement que c’était pour mieux voir.
    Erwyn était plutôt de la seconde catégorie.

    « Non. Je ne dormais pas. Enfin je crois… » répondit-elle sobrement.

    Elle le regarda remettre un peu d’ordre sur la table.

    « Ah ? Il est déjà si tard ? » demanda-t-elle lorsqu’il lui annonça son initiative.

    Elle regarda l’horloge murale et retint un nouveau soupir de justesse. Oui, il était déjà tard. Cela en était presque décourageant.
    Mais l’idée de Newton était bonne, après un bon repas, elle retrouverait sans doute assez d’énergie pour finir le plus urgent dans les temps.

    Elle sourit à la mention d’une pièce montée. Cela aurait paru un peu incongru mais bon, connaissant le caractère un peu fantaisiste de leur cuisinier, Erwyn s’attendait un peu à tout. Bien qu’il ait été pour le moment dès plus... classique en ce qui concernait ses repas. Peut-être avait-il peur de commettre un impair si jamais il tentait quelque chose de spécial et que cela ne lui plaisait pas. Erwyn l’ignorait et préférait se contenter de ce qu’elle avait.


    Un verre lui frôla le pied. La sensation de froid fut… saisissante. Elle se pencha pour ramasser l’objet. Elle venait à peine de le saisir lorsque la main de son interlocuteur se posa sur la sienne. Elle releva la tête et se retrouva quasi nez-à-nez avec son intendant.
    Elle haussa un sourcil et ne bougea pas.


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    Re: Apparté [fini]

    Message par Newton Guedolphe le Mer 13 Fév 2008 - 16:16

    Si l’on devait résumer la pensée de Newton, ce serait comme ça :

    *Saint Eloi, Sainte Elvire, Saint Patrick, Saint Antoine et tous les autres, faîtes qu’Erwyn me dise qu’elle dormait. Tant pis si je l’ai réveillée, au moins elle ne m’aura pas dit ça consciemment !*

    "Non, je ne dormais pas."

    Newton le savait, maudits soient tous les saints du paradis… Il se retint de répondre un "Ah… Merde." et déglutit difficilement en fixant le sol. Allons bon… Il fallait positiver, au moins elle ne lui avait pas sorti un "Dégage !" ou un "Fous moi le camp !". C’est une bonne chose. Même en étant un petit peu dans les nuages (ou un tout petit peu moins concentrée), Erwyn ne disait pas ses quatre vérités à son intendant. Elle l’aurait envoyé sur les roses, leur relation aurait été encore plus…étrange.

    L’intendant se pencha alors (direction nord-est), appuya sa main (la gaaaauche) sur la table basse pour allonger le bras libre (le droiiiit) afin d’attraper la saleté de verre qui avait perversement roulé plus loin. Quelle idée aussi de faire des trucs ronds ! Et surtout, quelle idée avait eu le Commandant en voulant exécuter la même tâche ?! Newton aurait volontiers voulu arrêter son mouvement, mais c’était impossible. C’est comme ça, c’est universel, le temps d’assimiler ce qui allait se produire, c’était déjà trop tard. Alors que leurs mains se touchaient, Newton releva soudainement la tête vers Erwyn, pendant une demi-seconde. Puis, comme c’était prévisible pour un homme comme Newt-Newt, il se recula brutalement. Un peu trop brutalement. Il serait à moitié parti en arrière s’il ne s’était pas soutenu avec ses mains. Par contre, ses genoux se re-cognèrent contre le dessous de la table.

    "Merde !"

    Certes c’était moins violent que la première fois, mais le plateau re-bougea, la vaisselle re-fit du bruit et les feuilles qu’il avait posées à la hâte sur la table re-tombèrent par terre. Braves objets…

    "Pardon ! Encore !"

    Newton se remit dans une position à peu près décente alors que la douleur aux genoux se faisait encore plus vive. Non, accroupi ça n’allait pas. Genoux posés, il n’osait même pas imaginer. Bon… tant pis pour l’image de l’homme fort qui supporte la douleur sans broncher ! Newton se permit de s’asseoir en tailleur et en profita pour masser une seconde ses genoux. Assis comme ça, déjà ça ne faisait pas plus mal.
    Il fixa Erwyn pendant quelques secondes, attendant une réaction d’exaspération puis reprit la parole avec un sourire :

    "Bon… vous avez faim j’espère ?"
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    Re: Apparté [fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Mer 13 Fév 2008 - 20:11

    Newton s’était écarté un peu trop rapidement et ce que craignait Erwyn arriva, il se fit de nouveau mal. Elle se redressa et posa le malencontreux verre sur le plateau qu’elle repoussa une nouvelle fois loin du bord de la table.
    Ce type était définitivement maladroit…

    Elle passa une main sur sa nuque et balança un peu la tête de droite à gauche, de haut en bas. Certes elle avait eu besoin de se détendre mais elle s’était peut-être un peu trop laissé aller. Elle devait se reprendre.
    D’une, elle avait pensé tout haut quelque chose qui aurait mieux fait de rester cloitrer dans son esprit embrouillé. Embrouillé ? Oui il l’était. Non pas par cette confidence des plus inappropriées mais plutôt par tout ce boulot qui allait… ou qui avait fini par la rendre dingue.
    De deux, elle avait par la même occasion cessée d’être cette Commandant sèche et froide qui maniait ce navire comme personne… Ce qui pouvait se révéler extrêmement délicat alors qu’elle tenait à conserver une certaine tenue... rigueur… bref une certaine réputation. Même auprès de son équipage.
    Surtout ! Auprès de son équipage. Et ce brave Newton qui affrontait tous les jours la reine des glaces qu’elle était et qui revenait encore et encore, infatigable. Brave newton ? Oula ! Erwyn avait vraiment besoin de quelque chose... un remontant... un jus de fruit. N’importe quoi qui aurait pu lui remettre les idées en place.

    « Cessez de vous excuser. »

    Ce n’était pas avec ces quelques jurons d’enfant qu’elle allait être choquée. Après tout, elle en connaissait un rayon elle aussi et parfois, Dieu sait à quel point elle aimerait en hurler quelques uns…
    Oui mais bon, Newton était un garçon poli.

    « Faim ou pas, il faut que je mange quelque chose. Merci pour le repas. »

    Ce n’était pas parce qu’on était sensé être une personne distante qu’il fallait se montrer impolie.
    Elle souleva une à une les coupoles. En entrée : carottes râpées. Plein de vitamines. Plat de résistances : des pates avec de la viande, plus précisément de la volaille. Erwyn n’était pas quelqu’un qui reconnaissait à coup sûr au premier coup d’œil tous les ingrédients qui se trouvaient dans son assiette. C’était bon ? Et bien c’était l’essentiel. Quand au dessert, une part de gâteau. Vraisemblablement au chocolat…
    Depuis quand le cuistot savait-il ce qu’elle aimait ? Une petite inspection ne serait pas futile… encore faudrait-il qu’elle en est le temps… Ah le temps…

    Sentant un regard sur elle, Erwyn releva les yeux et vit Newton baisser les siens.
    C’était étrange tout de même. Elle avait l’impression qu’il était… timide. Oui, c’est ça. Timide. Timide avec elle.
    Alors qu’elle l’avait vu parlant et riant avec l’ancien Commandant sans aucun problème, Erwyn sentait qu’il avait plus de retenu en sa présence. Pourtant il n’y avait pas de quoi. Bien au contraire, elle serait ravie d’avoir quelqu’un à qui parler. Parler de tout, de rien, des ennuis comme des petits bonheurs, et même des derniers potins. Après tout, elle était une femme et avoir ce genre de conversation ne la dérangerait nullement. Mais bon voilà, l’iceberg planté entre elle et le monde extérieur avait une sacrée épaisseur… Et personne pour le moment n’avait réussi ou même tenté de creuser avec elle dans cette paroi.
    Sans vraiment le chercher, elle fixa les yeux de l’homme assit devant elle.

    « Newton ? Quelles sont les limites de votre travail ? »

    C’était vrai quoi. Elle n’avait jamais eu d’intendant de sa vie et, bombardée Commandante du navire, elle s’en était vu attribué un. Et elle n’avait jamais su comment se comporter vis-à-vis de lui. Rys était plutôt détendue et il le lui rendait bien mais elle… Elle n’était pas du genre à tailler une bavette avec le premier venu.

    « Je dois bien avouer que je n’ai pas la moindre idée de ce en quoi consiste votre job… »

    C’était la soirée confidences apparemment…
    Malgré cette réputation qu'elle voulait garder, elle souhaitait quand même avoir des relations avec les autres qui ne se bornent pas à une simple relation de travail... Et pour en arriver là, il fallait passer par la phase confidence...
    Briser la glace... Rien de plus difficile pour Erwyn Von Drachnar.


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    Re: Apparté [fini]

    Message par Newton Guedolphe le Mer 13 Fév 2008 - 23:45

    Newton observa son Commandant en souriant intérieurement. Elle était redevenue elle-même. Du moins, l’elle-même qu’elle s’évertuait à montrer à tout le monde. Car si l’intendant ne venait pas d’assister à une mise de côté de la partie sévère et froide du caractère d’Erwyn, il voulait bien être changé en tapis moelleux [Non, non, non, cette métaphore est belle et bien splendide, inutile de vous acharnez dessus…]. Et il était sincèrement heureux de voir que la jeune femme s’était permise une telle relâche en sa présence. Etait-il déçu que ce soit fini ? Oui, bien sûr que oui.
    Mais pas découragé pour autant ! Avec Rys ça n’avait pas été beaucoup plus simple au début. Elle avait eu l’avantage de savoir comment se comporter avec un intendant et surtout de ne pas être devenue Commandant 2 mois plus tôt avec la mort subite de la précédente… Rys aussi avait été une de ces femmes de caractère qui peuvent vous enterrer un argument masculin (ou féminin) en moins de 2 secondes, vous expédier plus bas que terre et vous mettre le plus gros vent de votre vie.

    Il avait plusieurs fois vu Erwyn bien plus cinglante, plus froide, plus rigide et beaucoup plus sarcastique et acerbe. Alors le fait qu’elle le remercie pour le repas signifiait énormément pour l’intendant. Surtout vu ses maladresses précédentes, il n’aurait pas été étonné qu’elle le congédie immédiatement. Et Newton souriait intérieurement. Ca se voyait à son visage d’ailleurs, il n’avait jamais réellement su cacher ses émotions. Ses yeux vert foncés étaient un peu plus pétillants et les courbes de son visage étaient plus détendues.

    Newton fut soulagé lorsqu’il découvrit en même temps qu’Erwyn les plats qu’avait préparés le cuisinier. Ce n’était ni fragile, ni en équilibre. Au moins, le commandant pensait que l’intendant était toujours maladroit, puisqu’en sa présence c’est vrai qu’il l’était automatiquement. Bon, il n’était pas spécialement adroit mais habituellement il n’y avait pas autant de je-n’ai-pas-fait-exprès. Enfin, physiquement parlant. Parce que vocalement parlant, c’était une autre histoire…

    Alors quand elle lui demanda quelles étaient les « limites de son travail », Newton releva la tête d’un coup pour regarder son Commandant avec incompréhension.

    « Mes limites ? »

    Comment ça les limites ? Elle pensait quoi, qu’il y avait un Code d’intendant, avec des articles joliment numérotés ?

    « Je dois bien avouer que je n’ai pas la moindre idée de ce en quoi consiste votre job… »

    « Aaaah. Il fallait le dire tout de suite ! » lâcha t-il spontanément.

    Et bien sûr, il regretta immédiatement d’avoir balancé ça direct. Avec n’importe quelle autre femme ça serait bien passé mais là il doutait cruellement. Maiiiiis, mais, mais, mais, il ne fallait plus s’excuser…

    « Théoriquement je suis sensé vous obéir au doigt et à l’œil. »

    Mauvais départ…

    « Comme tout l’équipage, finalement ! Sauf que je m’occupe de choses plus personnelles. »

    Tu t’enfonces là…

    « Enfin, personnelles dans le sens que peu de monde côtoie. A moins que vous ne donniez votre linge au lieutenant Hlodowic… »

    Mayday ! Mayday !
    Voilà, quand Newton essayait de ne pas dire n’importe quoi, c’était pire. Il soupira tristement et reprit avec un air bien plus déterminé.

    « Vous, vous vous arrangez pour que rien ne trouble le bon fonctionnement du vaisseau et de la vie à bord. Disons que je m’arrange pour que rien ne perturbe le bon fonctionnement de votre vie et de vos moments passés dans votre environnement privé qu’est votre cabine. »

    Il se souvint brusquement de comment Rys l’avait définit : « Homme de ménage, nounou, larbin, Cosette et souffre-douleur du Commandant, Newton est le pilier d’une vie de femme qui vit sur une vivenef. » Bon, il allait éviter de sortir ça à Erwyn, tout de même…

    « Je m’occupe de tout de qui est détails. Mais des détails qui comptent. Imaginez votre vie sans personne pour faire votre lit, votre linge, pour vous réapprovisionner en jus de fruit, pour vous faire votre planning sur papier, pour aller laver les différents verres que vous utilisez, pour…se péter les genoux sur vos meubles. »

    Et si Newton ne s’était pas arrêté à temps, il aurait ajouté avec amusement un « Je vous suis indispensable ! Vraiment, vous avez fait un bon investissement en me gardant ! Je suis pratique, mobile, obéissant ! Petit vice de fabrication : non modulable. ». Mais bon, il n’avait pas osé.

    « Rys disait que j’étais sa nounou. » lança t-il sans s’en rendre compte.

    Et là, il se dit que c’était une appellation qu’Erwyn n’apprécierait peut être pas. Une femme comme Erwyn ne peut pas vouloir de nounou, d’après Newton…

    « Maiiiis Rys avait une façon bien précise de voir les choses ! Personnellement je me considère comme l’employé préposé à tout ce qui est gestion de l’organisation de votre journée. Et pas un simple larbin… »

    Ah, ça aussi c’était sortit tout seul. Newton ferma les yeux une seconde d’exaspération envers lui-même. Heureusement il n’était pas allé jusqu’à lâché un « Standing oblige ! ». Mais il continua. Parce qu’un Newton qui se fout la honte et qui se rend à moitié ridicule, il ne fait pas ça à moitié.

    « Et mes limites… Disons qu’il faut me laisser en dehors de tout ce qui est confidentiel. J’ai… tendance à parler un peu sans le faire exprès. » termina t-il avec un sourire triste.
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    Re: Apparté [fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Jeu 14 Fév 2008 - 20:17

    « Aaaah. Il fallait le dire tout de suite ! »

    Son regard se fit plus dur à l’entente de ces mots. Sortis spontanément ou pas, Erwyn n’aimait pas particulièrement ce genre de remarque…

    « Théoriquement je suis sensé vous obéir au doigt et à l’œil. »

    *Ca, c’était évident.* Se dit-elle en défronçant ses fins sourcils.

    « Comme tout l’équipage, finalement ! Sauf que je m’occupe de choses plus personnelles. »

    *Plus personnelles ? Comment ça plus personnelles ?*

    « Enfin, personnelles dans le sens que peu de monde côtoie. A moins que vous ne donniez votre linge au lieutenant Hlodowic… »

    Alors celle-là ! C’était la meilleure de la journée ! Erwyn ne put retenir un pouffement de rire qu’elle camoufla derrière sa main. Son linge au lieutenant… Ah non ! Celle là était trop forte.
    Elle n’eut pas le temps de penser que cela était déjà suffisamment dérangeant de savoir que quelque d’autres faisait sa lessive et encore plus, lorsqu’il s’agissait d’un homme, qu’il enchaîna avec :

    « Vous, vous vous arrangez pour que rien ne trouble le bon fonctionnement du vaisseau et de la vie à bord. Disons que je m’arrange pour que rien ne perturbe le bon fonctionnement de votre vie et de vos moments passés dans votre environnement privé qu’est votre cabine. »

    Ah ! Les choses sérieuses ! Enfin on entrait dans le vif du sujet. Donc voilà à quoi servait Newton. Cette définition lui convenait. Claire et nette. Voilà donc pourquoi elle le retrouvait presque toujours dans ses quartiers… et qu’elle avait l’impression d’avoir à faire à une femme de ménage… version homme.

    « Je m’occupe de tout ce qui est détails. Mais des détails qui comptent. Imaginez votre vie sans personne pour faire votre lit, votre linge, pour vous réapprovisionner en jus de fruit, pour vous faire votre planning sur papier, pour aller laver les différents verres que vous utilisez, pour…se péter les genoux sur vos meubles. »

    C’est sûr. Ca a son côté pratique un intendant. Ca, elle l’avait bien remarqué en deux mois…
    Elle eut presque un sourire moqueur lors de la référence à sa solide table basse.

    « Rys disait que j’étais sa nounou. » lança t-il sans s’en rendre compte.

    Elle plissa les yeux. Sa nounou ? Erwyn n’avait nullement envie ni besoin d’une nounou… Des réminiscences de son passé la titillèrent une fraction de seconde avant que Newton continua :

    « Maiiiis Rys avait une façon bien précise de voir les choses ! Personnellement je me considère comme l’employé préposé à tout ce qui est gestion de l’organisation de votre journée. Et pas un simple larbin… »

    Ca aussi c’était évident, jamais elle ne se serait permise de traiter quelqu’un comme un larbin… Elle ne donnait pas dans l’esclavage.

    « Et mes limites… Disons qu’il faut me laisser en dehors de tout ce qui est confidentiel. J’ai… tendance à parler un peu sans le faire exprès. »

    « Oui, ca j’avais remarqué. » lâche-t-elle en piquant sa fourchette dans ses carottes.

    Tout en dégustant son entrée, Erwyn venait de remarquer quelque chose… S’il était du genre gaffeur… alors tout le monde allait connaitre sa lingerie ! Là, elle regarda Newton d’un œil… étrange. Nooon ! Il n’était tout de même pas du genre à balancer ce genre d’informations aussi gaffeur qu’il soit…. Si ?

    « Et jusqu’à quel point vous êtes maladroit ? » fit-elle suspicieuse, entre deux bouchées de carottes.

    On dit que les carottes rendent aimable. Ben pour Erwyn, cela ne marchait pas des masses… ou alors il lui faudrait ingurgiter des tonnes et des tonnes de carottes… Evitant de justesse de s’imaginer en une oie qu’on gave, elle finit son entrée.

    Cette mise-en-bouche lui avait donné soif. Elle se leva alors du canapé.

    « Non non. Restez assis. » ordonna-t-elle alors qu’elle voyait qu’il tentait de se lever lui aussi.*

    Elle passa derrière Newton et alla vers la bibliothèque-bar. Penchant le buste, elle ouvrit les portes et chercha sa boisson du soir. Elle jeta son dévolu sur jus de fruits tendance tropical (orange 40%, pomme 38%, fruits de la passion 11%, mangues 11%).
    Alors qu’elle attrapait la bouteille, elle entendit un bruit bizarre. Elle se retourna à moitié, toujours penchée. Quelque chose n’allait apparemment pas avec Newton.

    « Qu’est-ce qu’il y a ? »



    [*encore une fois, désolée si je ne suis pas sensé lui faire faire quoique ce soit…]


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    Re: Apparté [fini]

    Message par Newton Guedolphe le Sam 16 Fév 2008 - 20:01

    « Oui, ça j’avais remarqué. »

    Et VLAN !
    Aller Newton, mange, aller… Et avec le sourire s’il vous plait !
    Et pourtant, Newton ne le prenait pas mal. Certes, il savait qu’il venait de se prendre un vent magistral, mais il avait l’habitude. Généralement quand il disait ça, les gens avaient la même réaction. Rys avait répliqué avec un « Ah ouiiii ? » ironique à souhait. Alors, pensez, le « J’avais remarqué » d’Erwyn lui passait au dessus de l’esprit. Enfin, non, il ne lui passait absolument pas au dessus de l’esprit. Surtout venant d’elle. Mais c’est qu’on lui avait répondu déjà bien pire. Alors Newton garda son sourire, à défaut de lâcher un énorme soupir.

    Il fronça les sourcils (même s’il est le seul à le savoir puisque ses sourcils sont positivement impossibles à voir. Pour Erwyn, elle aurait pu, au mieux remarquer un changement d’intérêt dans les yeux de l’intendant) à la question du Commandant mais plus particulièrement à son regard. Il comprit parfaitement qu’elle venait d’interpréter dans le bon sens ce qu’il avait dit, mais pourquoi est-ce qu’elle le regardait de cette façon ? Ce n’est pas comme si elle lui avait confié quelque chose d’important… Si ? Merde, si c’était le cas, Newton ne voyait absolument pas ce que ça pouvait être. Il fit mentalement la liste de tout ce qu’elle avait pu dire ou faire qui était si important… et il ne trouvait pas, à son grand désespoir. Alors il chercha du côté de ce qu’il faisait, lui. Et là, il tilta. Oui, ça ne pouvait être que ça. Et rien qu’à la pensée de la lingerie d’Erwyn, ses joues rosirent de nouveau.

    Et en plus, il ne savait pas quoi répondre. Jusqu’où était-il maladroit ? C’est qu’il n’était pas toujours concentré, Newt. Il n’était pas parfait, voilà tout. Son défaut c’était sa tendance à parler trop. A côté de ça il savait faire plein de chose ! Et il ne s’énervait jamais ! Qui aurait pu garder son calme plus de deux minutes seul avec quelqu’un comme Erwyn, sauf Newton, hein ? Qui avait la patience de ne pas se mettre en colère ou même d’être agacé par son attitude d’iceberg ? Et surtout, quel homme accepterait d’être la nounou d’une femme pareille, et plus jeune que soit en plus ? Bon, en même temps, il n’y avait que Newton pour tomber amoureux d’Erwyn (enfin, il l’espérait !) donc forcément, ça aide. Il en faudrait biiiiien plus pour que l’intendant sorte ne serait-ce qu’une phrase une tout petit petit petit peu sèche.
    Bref, il ne savait toujours pas quoi répondre. Et le regard qu’elle lui lançait ne l’aidait guère. Il n’était pas sûr que lui demander : « Jusqu’où pouvez vous pardonner ? » lui ferait franchement plaisir. Et puis lui dire de but en blanc « Je ferai tout pour ne pas décrire à l’équipage vos sous-vêtements, c’est promis » n’était certainement pas la bonne solution non plus. Et si il lui répondait « J’arrive à penser de temps en temps », il était sûr qu’elle lui répliquerait quelque chose qui le blesserait réellement venant d’elle, même un regard suffirait. Mais alors que dire ? Il n’y avait pas de règle à la maladresse de Newton, ça ne dépendait pas de ses relations avec la personne concernée, ça ne dépendait pas de l’heure, ça ne dépendait pas de son humeur, ça ne dépendait de rien ! C’était juste… un défaut. Mais merde, comment voulez vous qu’il mesure ce défaut ?! Ce n’était pas scientifique, ni mathématique, ni rationnel. C’était… comme ça. Est-ce qu’il lui demandait à Erwyn d’abord jusqu’à quel point elle était glaciale, hein ?! Avec la maladresse de Newton, on pourrait faire toutes les études possibles, ça ne servirait à rien. Il n’y a aucune relation à établir, aucune proportionnalité, aucune courbe d’étalonnage, aucune équation, rien.

    Bon, et bien tant pis. Il n’allait pas rester muet, pas vrai ?

    « Jusqu’à ce que je me rende compte de ce que je dis. Ca peut prendre un quart de seconde ou bien beaucoup plus longtemps. Mais d’un autre côté, quand je sais que je ne dois pas dire quelque chose et que je le garde bien en tête, on peut m’interroger et me torturer pendant des heures je ne dis rien. C’est uniquement par inadvertance qu’une information peut sortir. »

    Moui… ça par exemple, il l’avait dit sans le faire exprès. Il espérait franchement qu’Erwyn ne s’arrêterait pas à ce gros défaut qu’avait son intendant. Parce que ça pouvait être un motif tout à fait valable pour le virer. Et ça, Newton ne voulait pas. Il aurait préféré parler de ce qu’il savait faire, comme par exemple… et bien… euh… le pliage des chemises ! Il est doué pour ça ! Et puis il pouvait être une compagnie agréable. Et puis il savait éplucher les fruits comme personne (si, si, c’est un don qu’on a ou qu’on n’a pas) ! Et puis, il sentait bon, n’est-ce pas (ça, malgré ce qu’il pouvait dire il n’était pas prêt de l’oublier) ? Et il ne s’énervait pas. Et il était amoureux. On pardonne tout à quelqu’un d’amoureux… Nan ? Nan… Bon.

    Mais voilà qu’Erwyn se levait. Newton allait en faire autant, des fois qu’elle ait besoin d’aide mais elle lui ordonna de rester assis avant même qu’il se soit de nouveau cogné contre la table… Lorsqu’il comprit qu’elle prenait un jus de fruit, il se retourna pour informer Erwyn qu’il avait rapporté du jus « fruits sauvages » qu’il avait à moitié mis derrière les autres. Mais aucun son ne sortit de sa bouche. Certains auraient encore dit que Newton avait une chance incroyable. Après avoir percuté un Commandant au décolleté plongeant, voilà qu’à présent il pouvait regarder l’effet que faisait le pantalon d’Erwyn lorsque celle-ci se penchait. Non, en fait il ne pouvait pas regarder, il regardait, tout court. Et ses yeux restaient fixés sur les fesses du commandant. Nous allons éviter de transmettre les pensées détraquées qui ricochaient contre la boîte crânienne de Newton, pour ne pas choquer les plus jeunes. Notre grand gaillard avait beau être timide, c’était un homme (oui, on a tendance à l’oublier) et il avait des réactions d’homme. Et à la place de dire la localisation des jus de fruits qu’il avait apporté, il avala sa salive de travers, manquant de s’étouffer puis se retourna. Il dû tousser franchement bruyamment puisque…

    « Qu’est-ce qu’il y a ? »
    « Rien ! » répondit-il d’une voix étranglée entre deux toussotements.

    Au bout d’un moment, tout danger d’étouffement écarté, il toussa une dernière fois et essuya la larme qu’il avait au coin de l’œil. Newton Guedolphe, mesdames et messieurs, la discrétion et le tact incarnés !
    Il passa alors la main dans ses cheveux noirs et tenta de penser à autre chose qu’à… qu’à ce qu’il venait de voir… ou plutôt d’observer. Et autant dire qu’il avait du mal. Il entendit alors Erwyn revenir vers le canapé et tenta de garder la tête froide.

    « J’en ai rapporté d’autres cet après-midi, ils sont au fond. » dit-il en désignant le bar.

    Il regarda le commandant s’asseoir et pendant une seconde son regard hésita franchement à se balader sur tout le corps d’Erwyn.

    « Sinon… Vos impressions sur votre nouveau second ? »

    Car c’était aussi le boulot de Newton de savoir si tout allait bien pour le commandant. Enfin « tout allait bien », façon de parler. Même s’ils n’avaient pas pour le moment réellement parlé de quoi que ce soit, il fallait bien que ça arrive un jour ! Après tout, Newton devait faire son travail correctement, n’est-ce pas ? Et puis il fallait aussi qu’il pense à autre chose qu’à… Enfin qu’au… qu’aux… Bref ! il fallait se sortir Erwyn de l’esprit. Du moins la vision d’Erwyn qu’il avait depuis une bonne minute.

    « Elle a l’air compétente. »

    Ça, il ne l’avait pas dit sans y penser. C’était vrai, Kallista avait l’air d’être quelqu’un de débrouillard et qui faisait du bon travail. Ce à quoi il n’avait pas pensé, c’était l’interprétation de sa phrase. N’importe quel homme dirait de Kallista qu’elle avait l’air compétente…

    [Encore navrée pour ce... ce... 'post'...]
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    Re: Apparté [fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Dim 17 Fév 2008 - 17:04

    A moitié retournée, elle le voyait tousser de plus belle. Elle se redressa, nan parce que le dos plié... on tient pas la pose des heures quoi. Elle fronça un peu les sourcils. Cela n’avait pas l’air de se calmer… ah non ! Il reprenait son souffle. Attrapant un verre, elle retourna près de Newton. Posant verre et bouteille sur la table, elle hocha la tête à sa remarque. C’était donc ça ces bouteilles en plus dans le fond… Elle avait eu, le temps d’une seconde, l’impression que son stock avait augmenté d’un coup… tout seul... Ou alors Erwyn avait carrément moins bu qu’elle ne le croyait.

    Une fois assise, il lui demanda son opinion sur Kallista…

    Elle ouvrit la bouteille et servit deux verres. En silence.

    Kallista. La première chose qui lui venait lorsqu’on prononçait son nom était une grande rousse aux jambes interminables et à la grande gueule. Oui bon. Erwyn n’était pas spécialement objective quand on abordait ce sujet là. Elle voyait plus le côté provocateur de la demoiselle que son côté professionnelle.

    « Elle a l’air compétente.. » ajouta-t-il.

    Ca pour être compétente… elle l’était... mais ca dépendait du domaine auquel vous faisiez référence… Oui d’accord c’était peut-être vache mais Erwyn n’était pas dupe et certainement pas aveugle (bien qu’elle cru le devenir à un moment) pour ne pas voir les regards lourds de sous-entendus que certains hommes et la rouquine s’échangeaient parfois. Bah elle était humaine. Et les autres aussi. C’était normal qu’il y ait des liaisons à bord, surtout quand Pandore ne faisait pas escale pendant un long moment. M’enfin ! Erwyn ne cautionnait pas ce genre de relation… Elle était plus…
    Tiens ? Elle avait gardé le silence un peu trop longtemps là. Newton allait penser qu’il avait encore mal fait quelque chose et c’est pourquoi elle se décida à répondre un…

    « C’est une grande gueule. »

    Elle trinqua avec Newton. Petite habitude de faire tinter les verres lorsqu’elle buvait avec quelqu’un. Ou même lorsqu’elle buvait seule. Dans ce cas-là c’était la bouteille qui trinquait.
    Elle but une gorgée et se sentit revigorée. Elle laissa échapper un petit soupir de contentement et enchaina :

    « Mais elle fait son travail. Je n’ai rien à lui reproché. »

    Rapide et concis. Digne d’Erwyn. M’enfin faut dire qu’il lui demandait de discuter sur un sujet qui la mettait toujours légèrement sur les nerfs…
    Elle voyait Kallista plus comme une menace que comme une alliée. Elle avait débarqué comme ça (bon, un peu comme Erwyn en fait mais… ce n’était pas le propos.) et avait réussit à mettre l’équipage dans se poche en moins de deux.
    Elle avait l’impression qu’il lui montrait plus de respect qu’à elle… Elle avait l’air bien plus intégrée qu’Erwyn ne le serait probablement jamais…
    Et cela avait une nette tendance à l’agacer.
    Sans parler du fait qu’elle minaudait en la présence du seul homme qui voulait bien rester près d’elle plus longtemps que nécessaire… Voulait… voulait… Oui bon, peut-être qu’Erwyn se faisait de fausses idées et qu’il s’obligeait à rester là, par pure contrainte professionnelle.
    Elle préféra chasser cette idée là en touillant dans ses carottes.

    Finissant son entrée, elle se demanda :

    « Vous avez mangé vous ? »

    Oui bon, il était un peu tard pour poser la question. Généralement, quand on était polie, on n’entamait pas son repas avant de demander ça…
    Elle regarda de nouveau l’heure et se dit que oui. Il avait déjà du certainement dîner… avec les autres… tandis qu’elle était coincée dans son bureau… presque noyée sous la paperasse.

    « J’aimerai bien que vous mangiez avec moi de temps en temps. » Chuchota-t-elle en fixant délibérément son plat.

    On la croyait froide et distante à souhait mais peut-être était-elle tout simplement… timide elle aussi. On lui avait tellement rabâché et appris à ne pas exposer ses sentiments aux autres, à tout garder pour soi, rester maître de ses pensées afin d’agir au mieux dans une situation donnée… qu’elle avait l’impression parfois d’avoir perdue son humanité dans l’affaire. De n’être qu’un robot froid qui faisait son travail et c’est tout.
    Est-ce que tout le monde la voyait ainsi ? Une femme… rigide (j’ai pas mis de « f », j’ai pas mis de « f » ! ) inabordable et dont il fallait mieux se tenir éloigné pour sa propre santé ?

    « Suis-je si effroyable que ça ? » demanda-t-elle plus pour elle-même que pour que quelqu’un lui réponde… Bien qu’elle aimerait connaitre la réponse.

    La tête toujours baissé, elle préféra regarder son plat de pates plutôt que d’affronter le regard de Newton. Il y avait toujours quelque chose qu’on avait peur d’affronter. Pour Erwyn, c’était le regard des autres…
    Elle pouvait se battre corps et âmes dans une bataille perdue d’avance face à un régiment de l’armée sans éprouver la moindre peur paralysante (parce qu’évidement on a tous peur dans ces moments-là, elle y comprit) mais essayer de faire face aux autres, à leur jugement alors qu’elle tentait de tendre la main vers eux, c’était tout autre chose.
    Elle était capable de tout faire pour ses amis et partenaires… mais leur parler en face de ses faiblesses ne faisait absolument pas partit d’elle. Elle aurait plus tendance à se refermer comme une huitre et à faire semblant de tenir le choc que de laisser une faille béante à la merci de doigts investigateurs et fouineurs fureter dedans allégrement… On appelait ça plus couramment aussi : remuer le couteau dans la plaie.

    Et là, elle se dit que la plaie béante de son cœur… elle venait de la laisser à la merci de Newton…

    Gare à la fermeture de l’huitre…


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    Re: Apparté [fini]

    Message par Newton Guedolphe le Dim 2 Mar 2008 - 16:54

    Newton écouta la réponse d’Erwyn en souriant. Non parce que ce qu’elle disait le faisait sourire, mais le fait qu’elle trinque avec lui avant de boire l’amusa. Et c’était rigolo d’entendre le commandant dire de son second que c’était une grande gueule, car elle-même n’était pas le genre de femme à avoir sa langue dans sa poche. C’était vrai Kallista était plus… elle était moins… plus ou moins… Bref, ce n’était pas le même style, mais toutes deux avaient un sacré caractère. D’ailleurs Newton était persuadé que l’équipage aurait certainement droit à de belles disputes, parfois.

    « Oui, oui, j’ai déjà mangé. Il n’y a pas longtemps, il n’y avait déjà plus beaucoup de monde. Je devais finir d’envoyer… Bref, je devais finir quelque chose. » répondit-il.

    Ca ne servait à rien de raconter sa vie. Surtout que ce n’était absolument professionnel ce qu’il avait envoyé, et il n’avait pas envie d’embêter Erwyn alors qu’elle mangeait. Peut être qu’elle préférait le silence. Peut être même qu’elle aurait voulu que Newton lui fiche la paix purement et simplement…

    « J’aimerai bien que vous mangiez avec moi de temps en temps. »

    Hein ? Ah… Mais ? Vrai ? Elle ne plaisantait pas, là ? Newton avait-il parfaitement entendu ? Après tout elle ne l’avait pas dit fort… Pourquoi d’ailleurs ?
    Mais l’intendant ne mit pas longtemps à trouver la raison du chuchotement. Même s’il avait du mal à y croire…

    « D’accord ! » lança t-il avec un sourire.

    En vérité, Newton était très heureux qu’elle lui ait dit ça. Normal en même temps, quand on connaît la nature de ses sentiments. Il allait d’ailleurs ajouter un « Avec plaisir ! » lorsqu’Erwyn lui balança :

    « Suis-je si effroyable que ça ? »

    « Hein ?! Mais bien sur que non ! » cria t-il automatiquement.

    Oui, Newton avait crié. Enfin, pas hurlé non plus, mais il avait parlé d’une voix forte. Bien sur que non elle n’était pas effroyable ! Quelle idée de penser ça ! Erwyn était une personne merveilleuse ! Intéressante ! Formidable ! Intelligente ! Admirable ! Belle ! Majestueuse ! Sexy !

    « Pourquoi vous dîtes ça ?! »

    Newton demanda ça plus par inadvertance qu’autre chose. Car pour quelqu’un dise ça de soi, il n’y avait qu’une raison : la personne n’avait pas d’excellents contacts avec l’extérieur.

    « Moi je trouve queeee… »

    …Vous êtes parfaite.
    Mais Newton s’arrêta avant.

    « …Vous n’êtes pas effroyable du tout ! »

    Quand Newton était à l’aise et arrivait à cerner son interlocuteur, il savait trouver les mots. Mais là, ça risquait d’être beaucoup moins évident.

    « Au contraire, vous êtes… »

    Ouiiii… Et ensuite ? Parce que si Newton disait ce qu’il avait sur le cœur, ça ne passerait pas… Un « vous êtes merveilleuse » n’apaiserait peut être pas Erwyn. Au mieux elle ne le croirait pas et prendrait ça pour une plaisanterie de mauvais goût avant de demander à son intendant de débarrasser le plancher, au pire elle serait vexée, flanquerait deux baffes à Newton et le ficherait dehors avec un coup de pied au cul.

    « Vous êtes très bien, vraiment. »

    Que dire ? Qu’elle était pleine de qualités mais qu’elle avait oublié d’être avenante ?

    Newton était content qu’Erwyn ait osé lui parler de cette façon, qu’elle ait brisée l’image qu’elle donnait d’elle-même devant Newton. C’était soirée confidences. Une chance, Newton n’était pas encore trop maladroit. Mais là, ce qu’il disait n’aidait pas.

    « Vous dîtes ça par rapport au fait que Kallista soit plus…’populaire’ que vous ? »

    Oui, Newton avait laissé tomber le nom de la demoiselle pour l’appeler par son prénom, sans y faire vraiment attention.

    « Je pense que nous savons tous les deux pourquoi elle est si appréciée. Et naturellement, personne ne vous demande d’en faire autant. »

    Il hésitait à rajouter « Mais un sourire de temps en temps serait le bienvenue… ». Là, il avait particulièrement l’impression de marcher sur des œufs très, très, trèèèès fragiles.

    « En tout cas, moi j’aime votre compagnie. Et ça me ferait plaisir de manger avec vous. »
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    Re: Apparté [fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Ven 7 Mar 2008 - 17:55

    Elle sursauta lorsque Newton réfuta avec véhémence sa question. Elle avait relevé la tête et le regardait à présent avec un air… assez étonné tout de même. Chose à noter, elle laissait transparaître cet étonnement. A vrai dire, au point où elle en était de la discussion, de l’heure tardive et du fait qu’ils n’étaient que deux dans la pièce et qu’il s’agissait de Newton, Erwyn ne se souciait guère de garder son masque de Reine des Glaces.
    A peine remise de cet éclat qu’il enchainait sur un « vous êtes très bien »…

    Erwyn replongea dans son plat de pâtes et sa viande. Vous êtes très bien. C’était plutôt banal ça… mais c’était bien aussi. C’était un bon début. Elle l’admettait…

    Et c’est alors qu’il revint à Kallista.

    « Manquerai plus que ça ! » lâcha-t-elle spontanément.

    Oh oui ! Erwyn avait bien une petite idée du pourquoi cette chèèèère Kallista était autant apprécié à bord de ce rafiot. Et encore heureux que la commandante n’était pas obligée de faire pareil… Nan mais vraiment ! Rien que d’y penser… Elle eut un frisson !

    Mais quel frisson ? De dégoût ? Et bien au début certainement… Mais après quelques secondes, il se transforma plutôt en un frisson d’envie. D’envie oui. Elle devait bien s’avouer que cela faisait un sacré moment qu’elle n’avait pas passé un peu de bon temps en charmante compagnie. La dernière fois… ca remontait à quatre mois environ… (C’est-à-dire une éternité !!) Aaaah… Manech ! Ce fringuant garçon à la peau si douce…
    Posant son coude sur son genou et s’appuyant la tête sur sa main, Erwyn se mit à divaguer un instant, le regard un peu perdu posé sur l’homme en face d’elle.
    Manech. Elle se souvint précisément comment cet homme l’avait abordé dans ce café de Valhalla… Comment elle avait rapidement succombé à ce désir. Combien il avait été doux... chaleureux…

    Le rouge lui monta aux joues alors que Newton venait de dire quelque chose… Son cerveau enregistra l’information… mais ne la traita pas, préférant la ranger dans un coin et la ressortir plus tard… Ou plutôt, après qu’elle aurait fini de rêvasser.
    Car en effet, là, la seule et unique femme commandant une Vivenef n’était absolument pas… Commandant. Mais plutôt une femme qui se rappelait allégrement sa dernière aventure amoureuse… ou pour être plus correct disons charnelle.
    A l’évocation des (d)ébats qu’elle eut avec ce garçon particulièrement mignon, son appétit s’éveilla quelque peu et une sorte de petite lueur s’alluma dans ses prunelles alors qu’elle se « réveillait » de sa rêvasserie passagère et se mit à observer plus attentivement le morceau de steak… hum ! L’homme qui se tenait en face d’elle.

    Elle enfourna une pelletée de pâtes, mâcha lentement et avala le tout en laissant son regard parcourir le corps de son compagnon du soir. Newton était toujours habillé de vêtements clairs. Cela faisait ressortir sa chevelure sombre et attirait immanquablement le regard vers son visage et vers ses yeux… ses magnifiques yeux verts lorsque sa frange voulait bien les laisser apparaître.
    Mais Wywyn ne s’attarda pas à cet endroit pour une fois, lui préférant de loin ce que révélait son col ouvert. Comme quoi, avec trois ou quatre boutons en moins, une chemise pouvait se révéler une arme puissante ! Elle eut une petite bouffée de chaleur alors qu’elle s’imagina poser ses mains sur son torse et dégager les pans de la chemise afin de pouvoir l’intégralité du buste de son intendant.
    Elle attrapa d’ailleurs subitement…



    Son verre et l’avala d’une traite. Sa fraîcheur la rappela à l’ordre.

    Avalant une autre fourchée, Erwyn sentit que son plat avait tiédit. Elle se mit alors à manger consciencieusement son repas.
    Dégustant un morceau de son steak (la viande, pas Newton !) le cerveau d’Erwyn lui signala la présence d’une information en attente de traitement.

    « En tout cas, moi j’aime votre compagnie. Et ça me ferait plaisir de manger avec vous. »

    Oh ! Erwyn en rougirait presque, si elle n’avait pas déjà le feu aux joues. Il faut dire qu’après l’avoir regardé de cette façon… Newton avait de quoi se poser des questions, c’était parfaitement légitime… Et du coup, Erwyn ne savait plus où se mettre.

    Elle hocha la tête pour lui faire comprendre qu’elle avait bien entendu et replongea aussi sec dans son plateau repas, même si l’appétit n’était plus là… enfin ce n’était plus le même qui la rongeait.
    Elle se resservit un verre. Ca fait passer le temps. Et en plus, ca fait croire à son interlocuteur qu’on est en train de réfléchir à quelque chose à dire… ce qui était le cas.
    Trouver quelque chose à dire… Trouve ! Vite ! Merde ! Bon on se calme, on avale son verre, du moins le contenu… D’une ça abaisse la température corporelle qui avait grimpé en flèche, de deux ca remet les idées en place… Aaah ! Le tropical ! Ce que ca peut être bon…
    Bon reprenons le fil de la conversation. Newton parlait de Kallista…

    « En parlant de Kallista… Vous avez fait connaissance tous les deux ? »

    Le mot connaissance avait un lourd sous-entendu tandis qu’elle attendait la réponse de son compagnon du soir, un air suspicieux sur le visage.


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    Re: Apparté [fini]

    Message par Newton Guedolphe le Sam 8 Mar 2008 - 19:56

    Autant dire que Newton avait franchement redouté la réaction d'Erwyn. D'une, il espérait que ses paroles ne l'auraient pas blessée, de deux il n'avait pas envie d'avoir été, lui, blessant. Alors lorsqu'elle avait lâché avec spontanéité son "Manquerait plus que ça !", l'intendant se demanda si c'était une bonne chose qu'elle ai dit ça... Il se sentait comme si l'un des oeufs sur lesquels il marchait avait explosé et tout les autres menaçaient d'éclater à leur tour. Vivant presque cette métaphore au sens propre, Newton stoppa tout mouvement et se retint presque de respirer.

    Il remarqua, bien sûr, la rougeur qui s'était emparée des joues d'Erwyn, mais s'abstint de tout commentaires ou remarques. Qu'aurait-il pu dire, de toute façon ? "Vos pâtes sont trop chaudes ?" ? "Vous avez avalé de travers ?" ? Non, définitivement non. Mais Newton se demanda franchement pourquoi le commandant avait rougi. Enfin... Peut être qu'il se faisait de fausses idées. Il était tard après tout, et lui aussi il était fatigué même s'il ne l'avouait pas. Oui, il apportait sûrement trop d'importance aux détails. Oui, et puis la raison au rougissement d'Erwyn ne le regardait absolument pas. Il était intendant, uniquement intendant. Son boulot, c'était de veiller à ce que tout soit nickel dans la cabine du commandant. Et pour son emploi du temps, aussi. Et également pour tout ce qui concernait son bien être. En clair... Si, savoir ce qui pouvait gêner Erwyn, c'était son job. Un petit peu. Mais si ça dérapait... Car Newton avait peur que s'il commence à aller dans ce chemin là, il déraperait et ça foutrait tout par terre. Alors il n'allait pas plus loin, il ne parlait pas à coeur ouvert avec Erwyn, il restait loin, très loin de sa vie privée. Enfin, il respectait une certaine limite, quoi. Il y avait des bornes qu'il préférait ne pas franchir. Même si évidemment, il ne "préférait" pas, il s'obligeait à ne pas préférer serait plus exacte...

    Et c'est au milieu de ces pensées qu'il sentit le regard du Commandant sur lui. Il leva alors les yeux et la vit attraper son verre rapidement et le vider d'une traite. Newton fronça les sourcils. Il ne comprenait pas et ça l'agaçait. Ou plutôt, il ne savait pas et c'était crispant. Il fixa Erwyn pendant un petit moment, comprenant son hochement de tête pour un "ok" simple. Un peu déçu, il ne tilta d'abord pas la question de la jeune femme.

    Il cligna alors des yeux plusieurs fois pour se tenir droit d'un coup, comme réveillé. Chacun son lot d'absence mentale, hein...

    "Nous n'avons pas vraiment eu le temps de faire connaissance..."

    Et c'était vrai. Quand Kallista était arrivée, Newton avait déjà l'esprit ailleurs.

    "Vous savez, tout est arrivé si vite... Quand il arrive ce genre d'évènements, on ne pense pas toujours à discuter avec la personne."

    Newton parlait de l'arrivée d'Erwyn, ce qui était arrivé pour lui au même instant, et puis les quelques semaines paisibles avant la mort de Rys. Et là, il ne pensait absolument pas que ses paroles pouvaient signifier bien autre chose...
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    Re: Apparté [fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Sam 8 Mar 2008 - 20:43

    Les paroles de Newton refroidirent Erwyn à tel point que l’huître se referma.
    Ah Oui ? Newton était ce genre d’homme ? Pas le temps de faire connaissance, à la casserole direct ! Et bah c’était du joli. Erwyn fut déçue. Oui. Aussi bizarre que cela pouvait paraître pour elle, elle ressentit une déception à l’entente de ces mots. Ce qui l’agaça. Qu’avait-elle à être déçue ? C’était son droit s’il préférait... agir de la sorte.
    Elle, elle était fleur bleue… Elle aimait le romantisme. Elle n’entendait pas une relation, même sans lendemain, du genre : « Bonjour. Vous êtes très belle (pour ne pas employer d’autres termes). Ca vous dirait de me suivre dans un endroit un peu plus tranquille… » Et hop ! L’affaire était dans le sac.
    Non. Définitivement non. Avec Manech, ils ont quand même pris le temps de discuter autour d’un verre tout un après-midi avant de s’isoler.
    Alors que là, Newton avait l’air de dire que lui préférait la première méthode.

    « Ah » lâcha-t-elle en se levant.

    Elle n’avait plus faim. Il lui avait coupé l’appétit.
    C’était stupide vraiment ! Il avait le droit de faire ce que bon lui semblait avec qui il voulait, Erwyn n’avait pas son mot à dire. Et pourtant rien que d’essayer d’imaginer la rousse incendiaire et son timide intendant… ça lui hérissait le poil.
    Elle se passa une main sur la nuque en bougeant la tête de façon à faire partir un peu les courbatures mais ce n’était franchement pas efficace.
    Elle alla vers son bureau sans un regard vers l’homme assis à sa table. Elle le contourna, laissant sa main glissée sur le bois précieux. Il avait été poli. C’était doux au toucher. Finalement, elle s’assit sur son fauteuil. Son trône, comme elle aimait l’appeler parfois.
    De là, sans même lever la tête pour ne pas le voir, elle reprit le document sur lequel elle planchait avant qu’elle ne prenne une pause. Mais la présence toute proche et la voix de Newton l’empêcha de reprendre le boulot.


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    Re: Apparté [fini]

    Message par Newton Guedolphe le Sam 8 Mar 2008 - 22:16

    Newton regarda le commandant avec étonnement.

    Il ne s'attendait certainement pas à une telle réaction. Qu'est-ce qu'il y avait de mal à dire qu'il avait trouvé que tout était allé très vite, depuis l'arrivée d'Erwyn et depuis la mort de Rys ? C'était si horrible que ça ? Quoi, il aurait dû prendre les récents évènements avec plus de légèreté et ne pas les considérer comme graves ? Newton, pour la première fois, épprouva alors de la rancoeur envers Erwyn. On ne pouvait pas prendre la mort de Rys avec légèreté. Non. Non, non et non. Rys avait largement quitté son statut de Commandant avec Newt. Rys avait été une amie, et il ne fallait pas prendre son décès avec légèreté ! C'était... un manque de respect total ! Et ça blessait profondément Newton.

    Il baissa alors la tête quelques secondes, les sourcils froncés et la bouche entre-ouverte. Il observait sans les voir les affaires qu'il avait faillit mettre par terre en se cognant contre la table. Puis, il se redressa pour regarder Erwyn.

    "Pourquoi vous réagissez ainsi ?"

    Newton se leva et se dirigea lentement vers le bureau du Commandant. Pourquoi ? Il n'en avait aucune idée. Mais il ne voulait pas parler de ça en deux ou trois mots. Il ne voulait pas expédier le sujet comme un paquet de linge sale. Parce que ce n'était pas n'importe quel sujet. C'était Rys. Et Rys, même après sa mort, Newton la respectait. Alors s'il fallait parler de ça à coeur ouvert pour exprimer son opinion et défendre la mémoire de l'ancien commandant, Newt le ferait.

    "Ne parlez pas d'elle comme ça, s'il vous plait. Je sais être tolérant, mais je ne supporterai pas que vous l'insultiez."

    Le ton de Newton ne montrait en rien qu'il était énervé. Il était naturel, poli même.

    "La relation que j'avais avec elle, elle est possible entre nous si vous le désirez."

    Et là, Newton évita de justesse le presse-papier qu'Erwyn avait lancé, se plaquant à terre avec des réflexes impressionants. D'où tirait-il ses réflexes ? Ah, ça...

    "Qu'est-ce qui vous prend ?!" lança t-il d'une voix forte.

    Il commença à se relever lentement, se préparant à un autre projectile...
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    Re: Apparté [fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Dim 9 Mar 2008 - 12:41

    Prenant sa tête dans l’une de ses mains, elle poursuivit son geste qui dégagea des mèches de son visage. Finalement elle lui fit face. Une Von Drachnar ne baisse pas les yeux face à un adversaire.

    « Je n’ai insulté personne que je sache. » fit-elle.

    Par contre, il ajouta une toute toute petite goutte qui fit déborder son vase de patience et de retenue. Elle se leva vivement, ce qui faillit renverser son fauteuil, attrapa la première chose sous sa main, en l’occurrence son presse-papier, et le balança sans ménagement en direction de Newton.

    « Pour qui me prenez-vous ?!! » hurla-t-elle, tandis qu’il esquivait le projectile.

    « Je ne suis pas une de ces Marie-couche-toi-là que l’on prend et que l’on jette comme bon vous semble ! » enchaina-t-elle.

    La respiration courte, elle avait le regard féroce, prête à bondir.
    Comment avait-il osé ? Est-ce qu’elle avait la tête d’une fille de passe ? Non ! Alors elle n’allait certainement pas laisser passer l’insulte. Car oui ! C’était une insulte pour elle. Elle venait d’une famille respectable, et son père lui avait inculqué la valeur de l’honneur et il avait fait du bon boulot. Erwyn plaçait honneur et respect avant toute chose. Newton venait donc de mettre les pieds en terrain miné et la jeune femme armait déjà le bazooka.

    « Je suis une femme qui a ses principes et je ne vous laisserais pas m’insulter de la sorte. »

    Oublié l’ambiance détendue des débuts, la guerre était ouverte.


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    Re: Apparté [fini]

    Message par Newton Guedolphe le Lun 10 Mar 2008 - 16:59

    Est-ce que Newton se doutait du quiproquo installé entre les deux ? Non, absolument pas. Parce que d'une, à présent il n'était absolument pas le genre d'homme auquel Erwyn pensait, et il n'aurait pas imaginé une seule seconde que le commandant pense ça de lui. De deux, l'intendant s'était concentré sur ce qu'il croyait, et là tout de suite, tout ce qu'il voyait (ou croyait voir, plutôt) c'était qu'Erwyn salissait la mémoire de Rys avec ses gros souliers plein de boue et de crottes de furils. Et ça, ça ne passe pas. Alors oui, la guerre était ouverte. Amoureux ou pas, il y avait des sujets sur lesquels on devait débattre, des opinions qu'il fallait défendre, des défunts qu'il fallait respecter.

    Newton était partagé entre l'envie de déguerpir sur le champ, pour ne pas avoir à dire quelque chose de blessant pour Erwyn et qui ruinerait à jamais leur relation, et entre le désir furieux de laisser libre cours à sa colère. Il aurait bien sur pu essayer de répliquer sans trop de colère, mais malheuresement notre homme était assz impulsif, parfois... Alors tant pis pour son envie de partir et de laisser la conversation en plant, il s'énerverait. Et pourtant, Dieu seul sait combien Newton ne s'énervait jamais, surtout contre une femme (car, contre les hommes, c'était une autre histoire...). Enfin, il ne balancerait pas non plus de grosses méchancetés, il n'en était pas capable.

    "Il serait temps de vous décoincer !" lança t-il alors qu'il se remettait parfaitement debout.

    Est-ce que Newton était intimidé par la colère d'Erwyn ? Non, absolument pas. Autant elle l'impressionait quotidiennement, autant quand il défendait une cause, le monde pouvait s'écrouler, il n'en n'avait (pardonnez l'expression...) rien à foutre. Sa timidité maladive, là, elle pouvait se rhabiller...

    "Je ne pensais pas que vous consideriez une relation privilégiée avec quelqu'un qui vous est un minimum proche, comme insultante ! Je comprendrais si ce n'était pas dans votre nature, et si des relations de ce genre vous n'en n'avez pas eu des masses, mais ce n'est pas une raison pour être désagréable !"

    C'était vrai, quoi ! Si Erwyn n'avait pas eu de véritables amis depuis un bout de temps, ou bien si elle avait été déçue par une quelconque relation amicale, Newton comprenait sa répulsion. Mais ce n'est pas pour autant qu'il fallait être aussi rigide et mépriser Rys !

    "Sur ce, bonne nuit !"

    Et sur ses mots, Newton fit demi tour et se dirigea vers la porte d'un pas vif, avant de l'ouvrir et de sortir de la cabine d'Erwyn.
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    Re: Apparté [fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Lun 10 Mar 2008 - 19:29

    Alors là, Erwyn en resta muette de stupéfaction. Se…se….se décoincer ?!!!! Il ne manquait pas d’air celui-là ! Certes, elle n’était pas joyeuse comme fille mais elle n’était certainement pas une fille de joie !

    Newton enchaîna avec une petite tirade et tira sa révérence avant qu’elle n’ait pu ajouter quoique ce soit.

    « Rah ! »

    De rage, elle renversa tout ce qui se trouvait sur son bureau. Elle serra les poings sur son bureau, tête baissée, seule au milieu d’un champ de bataille en forme de documents éparpillés.

    « Et merde ! »

    Se disputer avec lui était bien la dernière chose qu’elle voulait ce soir-là. Elle se jeta dans son fauteuil qui roula un peu plus loin sous le choc.

    « Et merde… »

    Qu’est-ce qu’elle avait encore raté ? Elle le savait pourtant. Elle le savait qu’elle n’était pas douée en relation humaine mais là… un truc lui avait échappé. C’était certain.
    Newton ne s’énervait jamais. Et jamais contre elle. Ou contre qui que ce soit, à sa connaissance.
    Mais quoi ? Qu’est-ce qu’elle avait dit ? Qu’est-ce qu’elle avait fait ? Rien qui n’aurait pu justifier une telle réaction…
    Il lui avait dit qu’il n’était pas le genre d’homme à s’embarrasser de préliminaires. Elle, déçue, s’était levée et était retournée s’installer à son bureau. La discussion était ensuite partit en insultes… Non ? Ce n’était pas ça ? Qu’est-ce qu’il avait dit ?

    Qu’est-ce qu’il avait dit…


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