'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

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    Shannel Kômoku-Vidar
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    Message par Shannel Kômoku-Vidar le Lun 7 Juil 2008 - 14:56

    Manech était gentil. Manech était mignon. Manech était un bon coup. Mais Manech ne l'avait pas réveillée, ce matin là, et Shannel avait pris son quart avec presque une demi heure de retard. Elle avait donc du courir encore plus vite que d'habitude pour rattraper son retard, mais, comme toujours, tout s'était accumulé, et elle n'avait même pas eu le temps de manger à midi. Quand le soir était arrivé, elle avait hésité entre s'écrouler sur son lit ou faire un crocher par la cuisine pour avaler une cuisse de knorlak toute crue.

    Mais elle avait une mission plus urgente, bieeen plus urgente. Elle se rendit donc, très lasse, à sa cabine, pour récupérer un petit paquet joliment enrubanné. Elle traversa ensuite les couloir pour atteindre l'élévateur et rejoindre le niveau 1. Elle se sentait complètement raplapla, et son estomac commençait largement à protester, mais elle devait d'abord donner son paquet à qui de droit, quitte à ce que tout son corps se mette en grève.

    Arrivée au niveau 1, elle traversa les couloirs d'un pas rapide, puis stoppa net devant une porte qu'elle n'avait traversée qu'une seule fois jusque là, et cela remontait à deux semaines, déjà. Il s'agissait de la porte de la cabine de Jansen, le Second de Balor.

    L'air morne, elle appuya sur le bouton de la sonnette. Un bruit strident retentit derrière la porte. Shannel inspira profondément, puis expira à fond. Enfin, elle reprit son soufle en arborant un immense sourire, si immense qu'on aurait pu se noyer dedans. Seuls ses proches auraient été capables de dire, à ce moment là, qu'elle n'était pas si enjouée qu'il n'y paraissait.
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Joshua G. Jansen le Lun 7 Juil 2008 - 15:53

    « Hernandez ! Pascal Hernandez ! Non, pas Hernandes, Hernandez, avec un «z », espèce d’ahuri ! »

    Assis devant son bureau, dans sa cabine, Joshua Jansen gesticule dans le vide tandis qu’il crie devant son écran de communication. Sur celui-ci, l’image d’un officier de liaison visiblement insensible aux vitupérations du capitaine attend que le Vieux reprenne son souffle.

    « Pascal Hernandez, actuellement médecin-chef à bord du Brasilia, je viens de le trouver. »

    « Pas trop tôt. Qu’est-ce qu’il faut faire pour entrer en communication avec lui, à la fin ? »

    « Je regrette capitaine, mais le Brasilia ne prend actuellement aucune communication non-officielle. »

    « Et qu’est-ce qu’il faut faire, pour être officiel, bordel ? Ca fait huit jours que j’essaie de le joindre ! »

    « Vous voulez laissez un message ? Il sera transmis au Brasilia dès que les communications normales seront à nouveau permises. »

    « Ouais, c’est ça, un message… »
    grogna Joshua, faisant de gros efforts pour ne pas balancer tout ce qui se trouvait à portée sur son écran. « Faites ça. Dites que Jansen essaie de le joindre et que c’est foutrement important. »

    « Bien capi… »

    Ulcéré, Joshua coupa la communication sans permettre à l’officier de liaison de terminer sa phrase et se laissa aller dans son fauteuil en grommelant. Joshua n’aimait pas les salamalecs. Cela prenait toujours trop de temps, et quand Joshua parlait trop longtemps il finissait fatalement par s’énerver, ce qui n’arrangeait généralement pas ses affaires.

    Tout en bougonnant, il fit rouler son fauteuil à l’autre bout de la pièce jusqu’à son lit où étaient disposées une demi-douzaine de cartes de données et de contact. Il en saisit une qu’il retourna nerveusement entre ses doigts avant de la jeter sur les draps. Tapotant sur son accoudoir, le Vieux semblait sur le point de prendre une décision mais le bruit caractéristique de la sonnette de sa cabine le fit sursauter.

    Voilà qu’il avait de la visite, maintenant ! Dans toutes les années passées sur Balor, il ne se rappelait pas avoir eu une seule fois la visite de quelqu’un. Les membres de l’équipage préféraient entrer en contact avec lui par système comm’, où les colères du second de la base étaient plus faciles à affronter.

    L’air grognon, Joshua roula jusqu’à sa porte dont il activa le panneau de commande.

    « Quoi ? » aboya-t-il à une Shannel qui se découpait dans l’encadrement de la porte.

    Il la toisa une ou deux secondes, parut sur le point de hurler quelque chose et…lui referma la porte au nez sans rien dire.

    Bougonnant et râlant, le Vieux resta quelques instants indécis dans sa tanière devant la porte close. Il n’avait pas particulièrement envie d’être dérangé par le bosco, d’autant plus sur son temps de libre, mais quelque chose au fond de lui se sentait tout de même vaguement mal à l’aise à l’idée de la laisser à la porte.

    Inspirant un grand coup en se plaignant mentalement de l’âge qui devait le ramollir, Joshua rouvrit la porte presque aussitôt :

    « Quoi ? » répéta-t-il, cette fois un ton au-dessous…
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Shannel Kômoku-Vidar le Lun 7 Juil 2008 - 23:34

    Shannel était trop fatiguée. Trop fatiguée pour réaliser à temps qu'on venait de lui fermer la porte au nez, trop fatiguée pour désamorcer son sourire Colgate, trop fatiguée pour garder un minimum de professionnalisme. Quand la porte se rouvrit, elle souriait toujours, mais son regard était assassin. Elle avait envie de s'incruster à l'intérieur et de casser quelque chose, mais quelque chose (une once de bon sens ? ou l'instinct de survie ?) l'en empêcha.

    Elle resta donc plantée là, sur le seuil de la porte. Sans un mot, elle plaqua son paquet juste sous le nez du Capitaine. S'il osait lui faire la moindre remarque déplaisante, elle explosait.

    Et, au fond, elle espérait qu'il appuierait sur le bouton. Elle avait grand besoin de se défouler.
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    Joshua G. Jansen
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Joshua G. Jansen le Mar 15 Juil 2008 - 17:52

    Joshua Godefroy Jansen resta un certain temps à regarder Shannel Komôku-Vidar, levant la tête pour chercher le regard de la jeune femme. Il se rappelait –non pas qu’il n’y accord d’importance, il n’allait pas se mettre à éprouver de l’intérêt pour les gens, hein !- un regard vivant, pétillant, toujours luisant. Un regard expressif, reflétant l’enthousiaste énergie de la métisse, qu’elle soit enjouée ou en colère. Mais il ne se rappelait pas cette teinte vide, éteinte qui voilait les yeux de la bosco en ce moment même. Toute l’énergie que Joshua avait décelée chez elle lors de leur dernière rencontre avait disparue.

    Et, quelque part, tout au fond de lui entre les couches de mauvaise foi et d’humeur grognonne, le capitaine commençait à se demander s’il n’y était pas pour quelque chose. Quand on analysait leur dernière rencontre de manière objective, on pouvait sans se tromper dire que le Vieux n’y avait pas joué le beau rôle, et il était encore assez lucide pour s’en rendre compte. Quelque part, il se demandait s’il n’était pas en train de ressentir de la mauvaise conscience, un sentiment qu’il avait depuis longtemps piétiné avant de l’enfermer à double tour dans le croûton de pain séché qui battait dans sa poitrine.

    Et voilà que depuis cette fichue histoire avec Shannel, cette sensation de mauvaise conscience ne cessait de gagner du terrain. A croire qu’elle avait trouvé la clef. De plus, le second de Balor n’avait pratiquement pas bu une seule goutte d’alcool depuis que Shannel était partie avec le livre en morceaux, et l’inhibition rassurante du breuvage n’était plus là pour contenir tout ce qui pouvait s’agiter dans les tréfonds de la conscience de l’homme en fauteuil. Et s’il n’était pas sûr d’aimer ça, il n’arrivait pas pour autant à en faire fi, comme il en avait l’habitude.

    Après de longues secondes d’observation silencieuse qui durent paraître bien longue à Shannel –pour peu qu’elle en ait eu conscience- Joshua finit par pousser un soupir à mi-chemin entre l’acceptation et le grognement et fit marche arrière pour laisser la place à la bosco.

    De plus, Joshua était intrigué par le paquet que la jeune femme tenait serré entre ses mains et qu’elle semblait lui présenter. Le capitaine ne voyait nullement ce dont il pouvait s’agir, et se demandait vaguement si Shannel y avait caché un furil enragé prêt à lui sauter dessus ou toute autre surprise du même acabit. Pas une seule seconde il ne lui vint à l’esprit qu’il pouvait s’agir d’une délicate attention, d’un quelconque présent. La dernière fois qu’on lui avait offert quelque chose ou rendu un service désintéressé remontait à trop loin pour qu’il s’attende encore à une surprise du genre.

    « Bon, vous rentrez, oui ? » lança Joshua à Shannel de sa voix rauque et malhabile, attendant que la bosco se décide enfin à franchir le pallier.
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    Shannel Kômoku-Vidar
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Shannel Kômoku-Vidar le Mer 23 Juil 2008 - 21:38

    Le Second mettait du temps à se décider, et ça rendait Shannel encore plus en rogne. Si seulement il pouvait lui faire une remarque désobligeante ! Elle pourrait alors lui balancer son paquet à la figure et lui hurler un bon coup dessus. Mais lorsque Joshua se décida, ce fut pour lui dire d'entrer. C'était rugueux, c'était bourru, mais c'était une invitation.

    Légèrement déstabilisée, Shannel cessa de brandir son cadeau, et entra. La pièce était beaucoup mieux rangée que la dernière fois qu'elle y avait mis les pieds, et aucun cadavre de bouteille d'alcool ne gisait sur le sol, ni sur les quelques meubles.


    *J'avais dû tomber dans un mauvais jour...*

    La jeune femme remarqua alors tout un matériel disposé sur le bureau de Joshua. Elle posa distraitement son paquet sur une étagère à portée de sa main, et s'en approcha. Elle reconnut une console de communication, et elle était certaine de ne pas l'avoir vue lors de sa précédente visite. La console était encore allumée, bien que l'écran soit noir.

    "Qu'est-ce que vous faites avec ça, Capitaine ?"

    Shannel s'aperçut soudain qu'elle avait perdu toute son agressivité, et son faux sourire par la même occasion. Peu à peu, elle sentait la lassitude poindre.

    "Je ne pensais pas que vous vous intéressiez à la com'... D'habitude, on ne vous voit qu'en salle des machines..."

    *Idiote !* Au ton qu'elle venait d'employer, le Capitaine avait du penser qu'elle sous-entendait qu'il ne faisait pas son travail de Second... Un peu embarrassée, elle ajouta maladroitement :

    "... Et sur le pont, aussi, bien sûr..."

    Superbe. Le Capitaine allait probablement criser aussi vite que la lumière... Shannel détourna le regard du vieil homme, honteuse et vulnérable.
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    Joshua G. Jansen
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Joshua G. Jansen le Jeu 21 Aoû 2008 - 16:13

    Faisant pivoter son fauteuil, Joshua précéda Shannel dans la cabine et s’en alla rouler jusqu’à son bureau. Un bureau qui avait, il faut le dire, bien changé : disparus les dossiers épars, les emballages vides et les verres sales. Plus un seul cadavre de bouteille, c’était dire !

    Bon, il fallait dire aussi que la console de communication prenait pas mal de place, et que le rangement n’avait du coup certainement pas été spontané et agréable. A vrai dire, Joshua s’était contenté de débarrasser l’entier du foutoir dans un sac avant d’aller balancer celui-ci aux ordures de la station. Rien de tel que de faire table rase –au sens purement vocabulaire- pour se faire une peau neuve.

    Et en parlant de peau, le capitaine avait même fait l’effort de soigner sa personne. Du moins, plus que d’habitude. Il avait vaguement taillé sa barbe, mais étant donné qu’il ne s’en était plus donné la peine depuis bien longtemps, le résultat n’était pas à proprement parler des plus nets. A ce bel effort, il avait démêlé ses cheveux gris pour les attacher correctement derrière sa tête, et il portait un uniforme certes un brin chiffonné et ouvert sur sa chemise réglementaire, mais propre.

    Quant au reste de la cabine, il n’était pas spécialement mieux rangé que la dernière fois que la bosco y avait mis ses petits petons mignons, mais il s’en dégageait aussi une impression nouvelle. On n’y trouvait plus de vieux emballages, ni de bouteilles et, ma fois, là aussi, cela semblait plus propre. De l’auge du vieil ivrogne, on passait doucement à la tanière du vieux célibataire…

    Loin de toutes ces considérations, Joshua grommelait mentalement, se forçant pour ne pas invectiver la jeune femme sans raison comme il le faisait généralement avec toute personne assez bête pour venir se fourrer dans ses roues. Mais il n’allait pas la jeter dehors, même si le souvenir de leur dernière rencontre le laissait mal à l’aise. En fait, il était curieux de connaître la raison de sa présence ici, et où est-ce qu’elle voulait en venir avec ce paquet qu’elle portait.

    « Ouais, c’est bien un post comm’. Bravo, z’êtes une bosco perspicace. »
    grogna-t-il en guise de réponse aux dires de Shannel.

    « Et il m’arrive de sortir de la salle des machines. C’est dingue hein ? Le Vieux sait encore comment passer une communication, c’est extraordinaire! Tu parles… »

    Pour qui elle se prenait, la donzelle ? Il était le second de cette base, que diable ! Et même si cela ne se voyait pas tellement depuis un bail, il n’avait pas de comptes à rendre à une subordonnée pour autant. Il se retint une nouvelle fois de lui aboyer dessus, et se sentit très seul sans une bonne bouteille à portée de mains. Se frottant les mains pour penser à autre chose, il pivota pour faire face à Shannel :

    « J’avais besoin de contacter un vieil ami, et j’ai horreur qu’on r’garde par-dessus mon épaule. Est-ce que vous allez me dire ce que vous êtes venue faire ici ? »
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    Shannel Kômoku-Vidar
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Shannel Kômoku-Vidar le Dim 7 Sep 2008 - 18:28

    Comme elle l'avait redouté, le Vieux avait relativement mal réagi à sa dernière remarque. Mais Shannel remarqua qu'il était loin d'être aussi désagréable qu'à l'accoutumée. Se serait-il assagi en deux petites semaines ? Un peu rassurée de ne pas s'être fait jeter de la cabine, Shannel s'assit sur une vieille chaise rembourrée, et son dos lui cria merci. Elle s'aperçut alors qu'elle était bien plus fatiguée qu'elle ne le pensait. Curieusement, elle s'attarda plus sur le fait que le Capitaine employait le surnom insultant qu'on lui donnait à travers la base que sur le fait qu'il essayait de contacter quelqu'un sans passer par la Com' de Balor. Puis elle fut tirée de sa rêverie par la dernière question de son supérieur.

    Je suis venue vous donner ça. Ca serait sympa de votre part si vous en preniez soin.

    Elle lui donna le paquet, tout en restant assise. Elle bougea un peu pour se mettre dans une position plus confortable et, la joue appuyée sur son coude qui reposait sur le dossier de la chaise, elle observa son commandant.

    Il avait fait un effort de toilette : il avait revêtu son uniforme et s'était bien coiffé. Shannel se demanda en quel honneur cet homme aigri avait bien pu se pomponner. Elle se mit à le dévisager, tout en essayant d'imaginer quel jeune homme il avait pu être. Dans son esprit se gommèrent les rides et les marques du passé, elle vit ses cheveux reprendre de la couleur (était-il brun, roux, blond ? Elle n'en avait aucune idée, et choisit au hasard un châtain foncé), un sourire adoucir ses traits et, pour combler le tout, elle le vit debout, à la barre d'un prestigieux bâtiment de guerre. Elle se perdit complètement dans sa rêverie, tandis que le Commandant déballait son paquet.
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    Joshua G. Jansen
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Joshua G. Jansen le Lun 29 Sep 2008 - 16:35

    A l’aide de gestes rapides, comme s’il était pressé d’en finir, Joshua débarrassa le paquet de son emballage qu’il jeta distraitement dans un coin avant de découvrir son contenu. Et s’il n’avait oublié depuis longtemps comment on faisait, il en aurait été bouche bée de surprise. Et les surprises, il n’en avait pas connues depuis bien longtemps. A vrai dire, il s’était au fond de lui-même persuadé que plus rien ne pouvait surprendre un vieil aigri comme lui. Balor déclamant des vers sur la beauté du petit matin calme ou le commandant Portanares renoncer au café et prendre des décisions censées ne l’auraient d’ailleurs pas plus surpris que ce que venait de faire Shannel à l’instant : lui rendre son livre, le Lys d’Or, entièrement rénové.

    Quelque part, le but de la chose échappait totalement à Joshua : pourquoi se donner tant de peine pour un bouquin qu’il avait lui-même mis dans un état pareil ? Etait-ce là encore une de ces étranges manies féminines ? Refreinant une envie de grommeler qui montait en lui, il se força à étudier plus en avant le présent, feuilletant quelques pages de ses doigts calleux.

    Il était comme neuf. Ce qui chiffonnait Joshua (au contraire des pages du livre, toutes impeccables). Et étant Joshua, il ne put s’empêcher de le faire savoir :

    « C’est pas mon livre. »

    Son premier réflexe avait été de le balancer dans les bras de Shannel, mais il n’avait pas envie d’avoir une nouvelle fois un bosco au bord des larmes dans sa cabine. Et puis, quelque part tout au fond de lui, il devait bien s’avouer que cela partait d’une bonne intention. Personne n’en avait eu à son égard depuis tellement longtemps qu’il ne savait plus trop réagir. Aussi essaya-t-il de se justifier, mi-penaud mi-grognon :

    «Enfin oui, c’est mon livre. C’que j’veux dire, c’est qu’il n’est plus chiffonné, corné et cabossé comme avant. Les livres, c’est fait pour lire. Pour être trituré entre des mains au rythme des mots, par pour être impeccables et beaux sur une étagère. Alors ce livre là, c’est comme s’il n’avait…plus vécu. Et les histoires, ça a besoin de vivre. »

    Tout à son explication embrouillée, il ne prêtait pas attention à la console de communication qui bipait avec insistance sur son bureau. Concentré sur l’effort de ne pas faire de faux pas plus grand que d’habitude envers l’attention de Sannel, il tournait et retournait le livre entre ses mains en fixant la bosco de ses yeux plissés par l’effort :

    «Mais c’est...euh...c'est quoi ce mot déjà...ah oui: gentil. Gentil à vous, j'dis pas. Même si c’est moi qui l’ai encore plus abîmé qu’avant. J’veux dire, c’tait pas la peine de faire tout ça. Enfin, j’veux dire… »


    La console se manifesta à nouveau et Joshua pivota sur son fauteuil pour lui jeter un regard noir. Profitant de cette distraction qui l’empêchait momentanément de se sentir encore plus mal à l’aise et qui lui donnait un prétexte pour crier, il posa le livre –se rappelant au dernier instant qu’il valait mieux ne pas le balancer sur une chaise- et pianota sur le clavier :

    « Quoi ? » rugit-il à l’adresse du visage qui s’afficha sur l’écran.


    « Toujours aussi aimable. Ca fait quoi, cinq ans qu’on ne s’est pas parlés ? Dis moi, tu ne changes pas hein ? Et qui est cette ravissante jeune femme assise derrière toi ? »

    Sur l’écran, le médecin-chef Pascal Hernandez se demandait quelle expression afficher entre la surprise et l’amusement, aussi opta-t-il pour le sourire qui l’avait toujours caractérisé au sein des équipages où il avait servi :

    « Alors Joshua, depuis tout ce temps, pourquoi cherchais-tu soudain à me recontacter ? J’ai cru comprendre d’après l’officier com’ terrorisé que tu cherchais à avoir des nouvelles d’Ellen ? Et par les dieux de l’espace, qui est cette fille ? Bonjour, moi c’est Pascal, je suis médecin ! » fit l’homme avec son plus beau sourire.

    « Epargne nous ton numéro ! » grogna Joshua en roulant de manière à se placer entre Shannel et Hernandez. Elle allait sans doute se poser des questions, et il n’y avait rien de pire qu’une femme se posant des questions… « C’est rien. Enfin non, c’est le bosco de Balor. Elle m’a apporté un euh… un livre. »

    « On t’offre des livres maintenant ? » Hernandez écarquilla des yeux gros comme des soucoupes.

    Misère…
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    Shannel Kômoku-Vidar
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Shannel Kômoku-Vidar le Lun 20 Oct 2008 - 13:21

    ... Et il se tenait à la barre, l'air conquérant, et autour de lui s'affairait n équipage qui avait confiance en lui, et en qui il pouvait avoir confiance... Et il donnait ses ordres, non, il les tonnait d'une voix de stentor, et partout dans le vaisseau résonnait la voix du glorieux Commandant Janssen qui...

    « C’est pas mon livre. »

    Shannel cligna plusieurs fois des yeux. Mouais. La version actuelle du Capitaine n'arrivait franchement pas à la cheville de la version "mes années de jeunesse" remasterisée par l'esprit tordu et fatigué de Shannel. Mais il allait falloir mettre cette idée de côté, ça ferait un excellent sujet de roman pour sa mère.

    La jeune bosco écouta attentivement ce que son supérieur avait à lui dire sur la réparation de son livre. Eh bien, au moins, il avait encore une once de sensibilité ! Tout n'était pas perdu pour lui, finalement. Quand le Capitaine se tourna vers son écran pour beugler à l'encontre de son interlocuteur, Shannel ne put réprimer un sourire. Janssen était probablement un peu ronchon de nature, et la vie l'avait rendu abrupt... Mais toute cette animosité, cette façon de s'entourer de longues épines pour que personne ne l'approche... Tout ça, ce n'était rien, rien que du vent. Au fond, le vieil homme aimait des choses simples, des choses qui pouvaient encore le toucher aujourd'hui, même s'il faisait tout pour les mettre de côté...

    L'homme qui avait contacté le Capitaine (ou plutôt, que le Capitaine avait vraisemblablement tenté de contacter jusque là) semblait très étonné de constater la présence d'une jeune femme dans la cabine du vieil homme. Sans blague. Shannel se leva lorsqu'elle entendit qu'on parlait d'elle et répondit au sourire du médecin par un grand sourire banane qui dissimulait à peine son amusement de voir son supérieur empêtré dans une situation qu'il allait probablement avoir du mal à gérer.

    Elle allait se présenter à son tour quand Janssen manqua de peu de lui casser un orteil en lui roulant dessus. Ah, il voulait s'interposer ? C'était bien mal connaître Shannel. Tandis que le Vieux tentait de donner un semblant d'explication au dénommé Pascal, la jeune femme tirait sur son débardeur pour le positionner à la limite de la décence, puis s'ébouriffa un peu les cheveux pour qu'ils retombent négligemment sur sa poitrine déjà bien mise en avant. Elle riait intérieurement, elle se sentait comme une petite fille en train de préparer un mauvais coup.

    Brusquement, elle s'interposa entre la console de communication et Joshua. Elle se planta face à la caméra de telle façon que le médecin ne pouvait qu'avoir une vue plongeante sur son décolleté.


    Bonjour, Pascal, je m'appelle Shannel... dit-elle d'une voix suave, sans prêter attention au fait qu'elle avait quasiment donné un coup de fesses dans le visage de Joshua. Je suis navrée mais le Capitaine et moi étions en train de... Discuter. Nous n'en aurons pas pour très longtemps, mais vous comprendrez que j'aimerais beaucoup terminer notre... Discussion. Vous pourrez rappeler d'ici une demi-heure, je pense... Merci ! Et elle termina par un petit clin d'oeil suggestif suivi d'une rapide manip' sur le clavier qui fit s'éteindre la console de communication.

    Très fière d'elle, elle se retourna vers Joshua, les poings sur les hanches (le décolleté toujours dangereusement plongeant, mais elle avait déjà oublié ce détail) et l'air victorieux.


    HA HA ! Voilà comment on gère une situation de crise, Capitaine ! Et maintenant, une petite mise au point.

    Shannel le sentait, le Capitaine n'allait pas tarder à exploser de rage, il fallait donc faire vite. Elle enchaîna à toute vitesse :

    Primo, je ne suis pas "rien", et je ne vous apporte pas "un livre". Je suis l'une des seules personnes sur ce vaisseau qui vous respecte, et je vous ramène un livre précieux que vous possédez et que j'ai fait réparer sur Babylone exclusivement pour vous et pour vous faire plaisir.

    Secundo, bien sûr que si, c'est votre livre. Et oui, un livre c'est fait pour être lu. Et justement, un livre ce n'est pas fait pour être balancé négligemment à travers la pièce, comme si c'était un bout de chiffon quelconque !

    Et tertio, un livre, au fil du temps, il devient usé, il s'abîme, mais il prend du caractère aussi. C'est ce qui fait sa valeur sentimentale, il suffit de le rouvrir pour retrouver tous les bons moments qu'on a vécus avec lui, et tous les moments où il nous a émus. Mais parfois, il lui arrive de s'abîmer énormément, et parfois d'un seul coup, sans qu'on s'y attende. Et alors quoi ? Tout est fini ? On le met à la poubelle et on l'oublie ? Eh bien non, Capitaine, si on aime vraiment ce livre, on le fait réparer. Et vous savez pourquoi ? Parce qu'on a tous besoin d'une seconde chance. Même un livre. Même une fille écervelée qui prend sur son temps libre pour venir visiter un vieillard rabougri auquel plus personne ne fait vraiment attention. Et même le vieillard en question.


    Shannel était redevenue peu à peu sérieuse, au fur et à mesure de son soliloque. Elle était à présent prête à subir toutes les remontrances de son supérieur. Mais elle ne regrettait rien : elle s'était bien amusée à jouer les bimbos devant le médecin et elle était satisfaite d'avoir pu donner le fond de sa pensée à Joshua. Pour le reste... Alea jacta est.


    Dernière édition par Shannel Kômoku-Vidar le Sam 3 Jan 2009 - 15:38, édité 1 fois
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Joshua G. Jansen le Ven 5 Déc 2008 - 14:46

    C’était une manie, ou quoi ? Cette manière que cette fille avait de remuer sans cesse la bouche pour émettre des sons. Ou alors c’était comme une maladie. Ouais, c’est ça, une maladie. On ne pouvait pas parler autant sans être malade. Joshua avait connu des bavardes dans sa vie, et il s’était retrouvé en face de moulins à paroles en vérité encore plus performants que la bosco de Balor, mais aucun avec un pareil ton. Les longues tirades vaguement moralisatrices, il n’en avait plus l’habitude. Les gens avaient depuis longtemps cessé d’essayer de lui secouer les puces. Principalement parce qu’il avait eu tendance à négliger son hygiène personnelle –il y avait bien des puces- et parce qu’il donnait l’impression de pouvoir mordre si on le chatouillait d’un peu trop près (les puces aussi).

    Aujourd’hui, Joshua se lavait tous les jours et son haleine n’empestait plus autant l’alcool. Mais il ne fallait pas trop lui en demander non plus. Etre présentable, d’accord, mais être aimable, c’était une autre histoire. Joshua se fichait comme d’une guigne de ce que les autres pouvaient bien penser de lui. Il n’accordait aucune importance aux avis des techniciens quand il bricolait dans les entrailles de Balor, il ne considérait Federico comme un commandant que parce qu’il portait un uniforme et les bruits de couloir ne lui faisaient ni chaud ni froid. Ca lui donnait même un prétexte pour se détendre en sautant par surprise sur les membre de la base qui parlaient trop.

    Alors, si Joshua n’était plus homme à s’en laisser conter, pourquoi est-ce que la tirade de Shannel le chiffonnait à ce point ? Ce n’était pas normal. Quelque part, les mots de la femme le touchaient, et il s’en trouvait plus troublé qu’il ne l’aurait cru. Fut un temps où le capitaine aurait bien réagi à une telle remise en place. Fut un temps où il était un homme –et un officier- qui acceptait les critiques, les commentaires et le franc-parler.

    Là, tout de suite, il avait très envie de réagir comme il avait appris à le faire depuis son accident : en aboyant très fort, en montrant les dents et en cherchant une bouteille. Rien ne vint. Sous son crâne tempêtaient des injures et des réparties agressives, mais aucune ne franchit sa bouche sèche. Si sèche. Bon dieu, qu’il crevait de soif ! Et il faisait chaud, dans cette cabine. Encore un problème de climatiseur, il l’aurait parié. Ouais, les climatiseurs. Ca ne pouvait être que les climatiseurs. Putain de climatiseur.

    Bon, il fallait qu’il réagisse. Qu’il dise quelque chose au lieu de rester les bras ballant sur son fauteuil, vieux garçon pris en faute. Et comme il ne pouvait rouler sur Shannel jusqu’à la mort, il devait se contenter de parler. Bon sang, dis quelque chose espèce de vieil abruti ! Tu vas pas te laisser clouer le bec par une donzelle à peine sortie de ses langes ? Ouais, c’était bien, ça !

    « Dites donc, j’vais pas me laisser faire par une donzelle à peine sortie de ses langes ! »

    Bizarrement, il était moins fier de sa réplique une fois prononcée à voix haute, mais tant pis. C’était lui le capitaine, après tout, il disait ce qu’il voulait !

    « Et puis ça suffit, vos leçons de choses, là. J’sais mieux que vous comment j’aime mes livres. J’sais même pas pourquoi j’m’explique. C’est moi l’capitaine, dans cette pièce ! »

    S’emportant, Joshua roula contre Shannel, la poussant presque contre le mur.

    « Et oui, je suis un vieux grincheux aigri. Et qui en ras la casquette de vous entendre déblatérer vos salades. Qu’est-ce que vous me voulez à la fin ?! »

    C’est vrai ça, qu’est-ce qu’elle voulait à la fin ? Et lui, qu’est-ce qu’il voulait ? Et pourquoi est-ce qu’elle ne rangeait pas son artillerie, là, qui lui pendait sous le nez ? Ce n’était pas des manières !

    « C’était très gentil, votre historie de livre là, j’en suis sûr. Mais moi, j’en ai rien à foutre des trucs gentils ! Et rhabillez-vous correctement ! C’est une base militaire, ici, pas un camp de vacances pour jeunes filles ! »

    Joshua voulut rouler plus en avant, mais s’il continuait, Shannel allait se retrouver écrasée contre le mur. L’un dans l’autre, il hésitait encore… Et il n’était pas sûr de ce que cela voulait dire. Ca faisait bien vingt ans qu’il n’avait pas hésité pour quoique ce soit. A croire qu’il avait fini par tomber sur la seule personne capable de le secouer.

    Manquait plus que ça.
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Shannel Kômoku-Vidar le Sam 3 Jan 2009 - 15:54

    Shannel avait tendance à cerner assez facilement les gens, mais elle n'était pas une voyante extra-lucide non plus. Le Second ne répondait pas. Rien. Pas de long enchaînement d'insultes, pas de rugissements furieux. Même pas de tentative d'assassinat à grands coups de fauteuil roulant.

    C'était probablement seulement le calme avant la tempête, c'est pourquoi la jeune femme se prépara au pire. D'ailleurs, le Second reprenait enfin ses esprits, et beugla :


    Dites donc, j’vais pas me laisser faire par une donzelle à peine sortie de ses langes !

    Hein ? C'est tout ? Le niveau de sarcasme du Vieux baissait sacrément ! Ce constat regonfla un peu la confiance de Shannel. Finalement, elle avait peut-être réussi à le toucher !

    Elle allait répliquer qu'être aux portes de la mort ne faisait pas d'un individu un grand sage, mais le Capitaine s'était remis à hurler et, pour combler le tout, il ruait contre elle avec son fauteuil !


    Heeeeey ! s'écria Shannel en effectuant un petit bond en arrière. Mais le Second n'avait pas terminé, il continuait sa diatribe, et il continuait à tenter de lui rouler dessus. Shannel recula encore, et se retrouva coincée contre le mur.

    HEEEEEEEEEY ! cria-t-elle de nouveau. Elle voulut s'échapper sur le côté, mais son pied gauche se prit dans une roue du fauteuil de son supérieur, et elle perdit l'équilibre.

    Comme dans un mauvais holo d'action, elle se vit tomber au ralenti. Elle eu même une fraction de seconde pour se dire : "
    C'est pas vrai, je vais ENCORE me ridiculiser...", puis elle s'affala de tout son long sur le sol, le pied toujours coincé dans la roue du fauteuil.

    AAAAAAAAÏEUUUUUUUH !! Mais c'est pas vrai, regardez ce que vous m'avez fait !! hurla-t-elle en se relevant péniblement. Elle pâlit quand elle vit la drôle de torsion que subissait sa cheville, mais rassembla son courage pour se décoincer. Son pied sortit de la roue d'un coup, et elle grimaça de douleur.

    Toujours assise par terre, elle releva les yeux vers le Second. Bizarrement, elle n'était pas vraiment en colère contre lui. Elle était juste un peu triste pour lui, de le voir si bloqué dans ses convictions, prêt à mordre alors qu'elle ne voulait qu'être un peu gentille avec lui.

    Elle soupira tout en se massant la cheville.


    Vous savez, vous devriez redevenir un peu plus civilisé, ça ne vous ferait pas de mal. dit-elle calmement, comme si elle-même ne venait pas tout juste de s'incruster dans une conversation privée de façon franchement provocante, le tout pour finir par couper sans autorisation ladite conversation.

    Bah, il n'y avait pas de raison de lui en vouloir, ce n'était pas si grave après tout, hein ?
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Joshua G. Jansen le Sam 24 Jan 2009 - 17:49

    C’était pas vrai. Non, ce n’était pas vrai ! Ce n’était possible ! Ca ne pouvait pas être arrivé ! Et pourtant si. La bosco empotée avait réussi à se prendre le pied dans la roue du fauteuil de Joshua et s’était étalée sur le sol de la cabine du capitaine. Une véritable gourde. Parce que bien entendu, Joshua ne voyait nullement en quoi il aurait pu avoir ne serait-ce qu’une infime part de responsabilité dans le malheureux accident de la jeune femme. Elle avait mis son pied dans les rayons de la roue toute seule comme une grande, il ne l’y avait certainement pas invitée ! Et puis, il était hors de question pour Joshua Jansen d’admettre qu’il se souciait de l’état de Shannel. Il ne s’était pas soucié de l’état de qui que ce soit –et même du sien- pendant des années, il n’allait tout de même pas changer d’état d’esprit pour une bonne femme !

    Il espérait qu’elle n’allait se remettre à pleurer. Si elle avait laissé ne serait-ce qu’une larme s’échapper, il se serait retrouvé bien embêté, gros malin dans son fauteuil. Mais le bosco sembla laisser son émotivité toute féminine au vestiaire, et se contenta de reprocher calmement à Joshua son soi-disant comportement peu aimable en se massant la cheville. Jansen se contrôla pour éviter de pousser un soupir de soulagement, et fit un nouvel effort pour ne pas monter que la torsion visible au-dessus du pied de la jeune femme l’inquiétait soudain. Mais il ne put cacher son bref instant de trouble. Et il y avait fort à parier que Shannel le remarquerait. Elle n’était certainement pas bosco pour rien ! Il n’avait pourtant aucune envie qu’elle finisse par réaliser qu’il y avait des chances pour qu’il lui reste quelques lambeaux de bon fond. Ou peut-être que si, il en avait envie. Ce qui par esprit de contradiction typiquement masculin le fit reprendre un air bougon tandis qu’il cherchait quelque chose à dire :

    « Vous n’allez pas saigner sur le sol de ma cabine, hein ? Bon, ça a pas l’air si grave. Mais quelle idée, aussi, de se jeter dans mes roues ! »

    Bon, comme réconfort, on passera. Mais il ne fallait pas s’adresser à Joshua pour espérer du réconfort. Un ours dérangé en pleine hibernation aurait été capable de faire bien plus preuve de réconfort. Mais Joshua, par un effort inhabituel, se surprit à tenter d’aller un peu plus loin :

    « Ca devrait aller. C’pas l’air mortel, en tout cas. Allez voir Ynglingar s’il le faut. Faudrait quand même pas que ça empire, hein, on sait jamais. »

    Il y avait du progrès. Maigre comme une plaque de margarine, mais du progrès tout de même. Il allait malgré tout ouvrir la bouche pour rajouter quelque chose de désobligeant, juste au cas où et histoire de tout gâcher, mais la sonnerie de son poste de communication l’en empêcha de justesse. C’était un appel des communications de Balor, aussi le capitaine fit pivoter son fauteuil pour s’empresser d’aller y répondre tout en lançant à Shannel un « Ne bougez pas ! » un peu inutile, la jeune femme n’étant certainement pas en mesure de se mettre à faire des claquettes.

    Il pressa le bouton de réception, et le visage de l’officier des communications de la base apparut sur l’écran, visiblement anxieux à l’idée de déranger le second.

    « Jansen. Quoi encore ? » aboya Joshua, secrètement heureux d’avoir quelqu’un sur qui gronder un coup avant de revenir à Shannel.

    « Euh… » L’officier hésita, mais reprit rapidement un ton plus professionnel malgré la crainte que lui inspirait le Vieux : « Le capitaine Von Marsten est en route pour Mars avec le Caprica, monsieur. Le commandant Portanares a donné l’ordre que vous soyez directement averti de tout ce qui concernera sa mission. »

    Joshua sourit, de l’air satisfait du vieux renard ; ainsi, Portanares avait finalement décidé de corroborer ses idées. Même s’il avait tout fait pour ne pas le lui dire en face et qu’il s’était débrouillé pour lui en refiler la responsabilité. Mais quelque part, c’était un début. Ce fut d’un ton sec mais étonnamment plus professionnel qu’à son accoutumée que le capitaine répondit au lieutenant :

    « Reçu, lieutenant. Tenez moi informé de tout ce que le Caprica nous transmettra. Jansen, terminé. »

    Joshua coupa la liaison sur l’air étonné et soulagé du lieutenant de comm’, et ouvrit un à un les tiroirs de son bureau jusqu’à ce qu’il trouve ce qu’il y cherchait. Puis il roula vers Shannel, et il tenait un tube de crème analgésique dans sa main :

    « C’pas spécifique pour les chevilles, mais ça fait des miracles quand on se froisse un muscle en salle des machines. Si vous pouvez vous lever, asseyez vous sur ce bureau et donnez moi votre foutu pied… »

    Joshua avait parlé d’un ton bourru tandis que ses gros doigts s’efforçaient de faire tourner le petit bouchon récalcitrant du tube de crème. Il n’était plus trop sûr de la tournure que prenaient les évènements, et se demandait vaguement qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir faire si Shannel s’exécutait…
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Shannel Kômoku-Vidar le Mer 4 Fév 2009 - 14:26

    Shannel commençait de plus en plus à sentir la douleur de la torsion de sa cheville. Au moment de sa chute, elle avait pensé s'être simplement fait mal, mais à présent que sa cheville la lançait, elle comprenait qu'elle s'était peut-être fait une entorse.

    Elle leva les yeux vers le Second, et fut surprise de constater qu'il avait l'air vaguement inquiet pour elle, alors qu'elle s'attendait à le voir, au mieux, ronchonner, au pire, l'engueuler comme du poisson pourri.

    Cet instant de trouble quitta Jansen très vite, mais Shannel s'en souviendrait. Elle n'eut cependant pas l'occasion d'y réfléchir car il se mit - enfin - à bougonner.


    Vous n’allez pas saigner sur le sol de ma cabine, hein ? Bon, ça a pas l’air si grave. Mais quelle idée, aussi, de se jeter dans mes roues !

    Shannel leva un sourcil colérique (oui, les sourcils de Shannel sont à la fois épilés à la perfection mais surtout très expressifs). Finalement, il n'avait pas pu s'en empêcher, le vieux bougre...

    Ca devrait aller. C’pas l’air mortel, en tout cas. Allez voir Ynglingar s’il le faut. Faudrait quand même pas que ça empire, hein, on sait jamais.

    Ni l'un, ni l'autre n'eut le temps de réagir après cette étonnante démonstration d'empathie (un terme que Shannel n'aurait jamais cru pouvoir un jour utiliser pour parler du Second) car le poste de communication se fit entendre à nouveau.

    Ne bougez pas ! ordonna inutilement Jansen avant de se tourner vers le poste et de prendre la communication.

    Shannel profita de ce que le Vieux répondait à l'officier de communication pour retirer sa chaussure (elle portait toujours des baskets, plus pratiques selon elle pour courir, qu'elle remplaçait par les officielles rangers quand le Commandant ressentit subitement l'envie d'inspecter ses troupes, c'est-à-dire, très peu souvent). Visiblement, elle n'avait rien de cassé, ce qui la rassura un peu. Mais sa cheville était rouge et on aurait dit qu'elle commençait à enfler un peu.

    Tandis que le Vieux conversait avec l'officier, Shannel se concentrait sur le massage de sa cheville tout en se demandant ce qu'elle allait faire si elle n'arrivait plus à marcher. Elle pourrait toujours remplir ses fonctions de bosco, mais elle serait obligée d'utiliser un poste de communication plutôt que de courir d'un bout à l'autre de la base, et ça l'embêtait beaucoup. Elle savait qu'un bosco se devait d'entretenir des rapports humains avec tous, mais ce qui l'embêtait le plus, c'était qu'elle avait besoin de rapports humains.

    Elle fut tirée de ses pensées moroses par le ton très professionnel que prit Jansen pour répondre :


    Reçu, lieutenant. Tenez moi informé de tout ce que le Caprica nous transmettra. Jansen, terminé.

    Shannel était de plus e plus surprise. Depuis les quelques mois qu'elle avait passés à bord de Balor, elle n'avait jamais vu le Second se comporter en tant que... Second, justement. Et bizarrement, ça lui allait bien ! Shannel avait envie de faire une remarque à son supérieur à ce sujet, mais celui-ci revenait déjà de son bureau, dont il avait extirpé quelque chose.

    C’pas spécifique pour les chevilles, mais ça fait des miracles quand on se froisse un muscle en salle des machines. Si vous pouvez vous lever, asseyez vous sur ce bureau et donnez moi votre foutu pied...

    Si l'on s'était trouvé dans un cartoon, la mâchoire de Shannel serait tombée au sol. Mais Shannel se remit vite de sa surprise : quand une occasion pareille se présente, on la saisit au vol ! Elle hocha donc la tête, et se leva péniblement en s'appuyant contre le bureau (elle en profita pour remarquer qu'elle n'arrivait presque pas à poser le pied au sol) et s'y assit, comme Jansen le lui avait demandé. Elle se pencha et saisit délicatement le tube de crème qu'il n'arrivait pas à ouvrir. Elle pensait qu'avec ses doigts plus fins elle y arriverait plus facilement, mais le bouchon était bien coincé. Alors elle fit quelque chose que sa mère détestait, et qu'elle lui avait reproché toute son enfance : elle coinça le bouchon entre ses molaires et fit tourner le tube de crème.

    Le bouchon n'y résista pas et, même si le tout n'avait pas été très élégant, Shannel était plutôt fière d'elle. Elle tendit le tube ouvert à Jansen, puis tendit la jambe vers lui pour qu'il puisse s'occuper de sa cheville.

    Avec un petit sourire, elle lui dit gentiment :


    Merci...
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Joshua G. Jansen le Jeu 5 Mar 2009 - 18:45

    Ce fut à la force de la mâchoire que Shannel libéra le tube de crème analgésique de son bouchon. Joshua la regarda faire, un air prudent sur ses traits comme s’il s’attendait à ce qu’elle délaisse finalement le tube pour se jeter sur lui et le mordre à la jugulaire. Le second de Balor ne savait pas trop pourquoi il imaginait un tel cas de figure, mais il ne voyait que ça ou une autre possibilité. Et l’autre possibilité le mettait tellement mal l’aise qu’il aurait préféré enfoncé un doigt dans le canon d’un blaster chargé à bloc plutôt que d’y penser.

    Histoire de chasser toutes ces idées étranges de son esprit, Joshua arracha le tube enfin ouvert des mains de Shannel en maugréant, s’accrochant à cette contenance comme un catcheur en fin de course à ses cordes de ring :

    « Pas étonnant que vous ayez une mâchoire aussi costaude, à force de sourire et parler tout le temps comme vous l’faites… »

    Tout en continuant de grommeler entre ses dents, Jansen s’empara le plus délicatement possible de la cheville tendue du bosco, qu’il posa sur ses genoux avant de commencer à la tartiner de crème. Les doigts épais qui avaient eu tant de peine avec le bouchon récalcitrant s’attelèrent à la tâche avec toute l’habitude que leur conféraient des années de petits bobos en tout genre. On aurait pu s’attendre à une rudesse plus grande de la part du capitaine bougon, mais il avait l’habitude de manipuler les blessures et, surtout, il était sobre. Mine de rien, cela aidait considérablement à simplifier la tâche. Il n’avait pratiquement pas bu une goutte depuis sa dernière rencontre avec Shannel, et il avait découvert avec stupéfaction qu’on pouvait se passer de whisky, de scotch et de bière lorsqu’on s’appliquait consciencieusement à sa tâche. Et la tâche de second prenait maintenant beaucoup de temps au capitaine, depuis qu’il avait soudain décidé de s’y consacrer.

    Mais à cet instant, alors qu’il sentait la peau douce de la bosco sous les cales de ses doigts qui étalaient le baume, il aurait volontiers bu une petite goutte. Ou même une grosse rasade. Cela aurait sûrement pu l’aider pour combattre le trouble qu’il combattait de toute la force de sa mauvaise humeur habituelle. Joshua Jansen n’avait pas touché une femme depuis des années, et il n’avait pas beaucoup fait preuve de plus de gentillesse envers qui que ce soit et quel que soit son sexe. Un peu plus, et il finirait par rouler gaiement jusqu’au pont de commande, apportant son café à Portanares à la place de son intendante.

    Il frémit à cette idée grotesque –en partie parce que l’intendant en question préférait sûrement qu’on lui roule sur le corps avant de déléguer ses devoirs- et termina d’étaler la crème un peu plus rudement qu’il l’avait prévu, mais fit de son mieux pour ne pas faire mal à sa patiente improvisée. Il reposa doucement la jambe de Shannel à terre, et recula jusqu’à son bureau où il s’empara d’un mouchoir.
    « Voilà. » dit-il en essuyant ses grosses mains grasses. « J’ai plus l’habitude de la tuyauterie et des tournevis, mais ça devrait faire son effet. Et puis si c’est pas l’cas, on a des toubibs à bord. C’pas mon boulot, à la fin, toutes ces bêtises. »

    Il jeta le mouchoir froissé, qui atterrit à côté de sa poubelle de bureau, et il se pencha en avant, se contorsionnant pour rattraper le déchet, qu’il balança à la place qui lui était due. Il souffla plus bruyamment pour se remettre d’un tel exercice –là encore, l’alcool lui manquait soudain- et il se tourna à nouveau vers Shannel, le visage rouge :

    « Vous pourrez plus courir partout comme le veut votre job pendant un moment, m’est avis. » Puis, se surprenant lui-même, il fit quelque chose dont il n’avait pas l’habitude : les coins de ses yeux se plissèrent, et il sourit : « Bienvenue au club ! »
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    Re: 'L'Ys d'Or' ou 'Prétexte pour emmerder le monde'

    Message par Shannel Kômoku-Vidar le Mer 18 Mar 2009 - 17:09

    [HJ : J'ai pensé qu'on pourrait conclure là, histoire de reprendre un autre topic un peu plus tard =) Si ça te va pas, dis le moi !
    Oh, et, bon, c'est un peu miteux, comme post, navrée ^^']

    Shannel aimait bien se faire masser. Souvent, après les longues heures passées à nager dans l'océan avec sa mère, elle rentrait à la maison fourbue, et son père lui massait le dos et les jambes. Certaines personnes étaient naturellement douées pour les massages, et elle était convaincue qu'il existait un gène du massage. Sinon, pourquoi des gens comme son père ou le capitaine Jansen étaient-ils dotés de mains aussi parfaites pour ça ?

    La bosco se laissa bercer par le rythme lent des mains du capitaine. La situation était plutôt étrange, mais, tant que c'était agréable, et qu'elle ne risquait pas de passer en cour martiale, tout irait bien, n'est-ce pas ?

    Puis le capitaine reposa sa jambe par terre avant d'aller s'essuyer les mains en bougonnant. Elle tenta de poser le talon par terre. Elle fut surprise de constater qu'elle n'avait pas mal. Elle sentait la crème faire chauffer sa cheville. C'était agréable, et cela engourdissait la douleur. Mais elle savait que ce n'était que temporaire, et qu'elle avait tout intérêt à se rendre à l'infirmerie au plus vite.

    Elle regarda le capitaine se contorsionner pour récupérer le mouchoir qui avait atterri par terre (même sans s'être foulé la cheville, il ne lui serait jamais venu à l'esprit de l'aider à le ramasser) puis hocha gravement la tête lorsqu'il confirma ce qu'elle pensait : elle ne risquait pas de pouvoir courir de nouveau avant quelques jours.

    Shannel posa complètement le pied au sol, mais en restant assise. Avec un peu de chance, elle pourrait marcher dignement jusqu'à l'infirmerie. Elle leva les yeux vers le capitaine et fut saisie : ce n'était qu'un petit sourire, mais il le transfigurait complètement.

    A son provocateur «
    Bienvenue au club ! », Shannel répondit, tout naturellement : « Oh, mais heureusement, moi, ça ne sera que provisoire ! » Remuer le couteau dans la plaie ? Mais pourquoi ça ? C'est vrai, non ? ...

    Shannel sourit en retour au capitaine. Elle se leva avec précaution, en s'appuyant surtout sur sa jambe valide. Elle tenait debout, c'était l'essentiel. Elle se tourna vers son supérieur, et son sourire s'élargit.

    « 
    Merci... » dit-elle doucement. Sans s'en apercevoir, elle avait posé la main sur l'épaule du vieil homme. Elle resta ainsi quelques instants, puis retira sa main, et ajouta : « Je vais aller directement à l'infirmerie, voir s'ils peuvent accélérer tout ça. »

    Puis elle boitilla jusqu'à la porte de la cabine. Elle hésita un instant, puis se retourna vivement.

    « 
    Mais après ce que vous m'avez fait subir, vous me devez un gage ! »

    Elle éclata de rire, et s'en fut, clopin-clopant, dans le couloir, avant que le capitaine Jansen ait pu faire quoique ce soit. Elle avait la ferme intention de revenir avec une idée de gage pas piqué des vers...

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