Parce qu'il faut bien parler... {#001}

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    Ephram Einar
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    Message par Ephram Einar le Jeu 16 Oct 2008 - 23:18

    Ephram avait marché le long d'un couloir en silence, droit comme un I, d'un pas rapide et assuré pour s'éloigner du pont et rejoindre au plus vite le jardin. Pourquoi le jardin ? Et bien, le lieutenant se disait, au fond de lui, que ce ne serait pas correct d'appeler une demoiselle en peine dans sa cabine ou sur le pont, à la vue de tous. Ça serait lui manquer de respect ou passer pour un type sans savoir vivre. Ou pire... Une espèce de Goujat...

    Et mamie Einar n'aurait pas été contente de voir son petit fils se comporter comme ça. Le lieutenant l'entendait presque...

    C'est pourquoi, accompagné d'un air déterminé, Ephram longeait les couloirs, saluant d'un rapide hochement de tête improbable les gens qui le regardaient passer d'un air médusé. Il y avait de quoi en même temps... le lieutenant com était comme un fantôme habituellement dans la vivenef. Il semblait prendre un certain plaisir à ne croiser personne dans les couloirs, évitant ainsi habillement les discutions à la volée. Certain étaient même venus à se demander s'il existait vraiment, entre sa chambre, la salle de communication, le pont, la cantine et toutes ses autres salles où on pouvait en toute logique, le croiser ou s'il disparaissait du plan matériel. Peut-être se téléportait-il...

    Quoi qu'il en soit, arrivé devant l'ascenseur, Ephram appuya sur la touche pour descendre et attendit que la porte s'ouvre en croisant les bras et fermant furtivement les yeux. Une fois la porte ouverte et l'ascenseur prêt à accueillir son passager, il passa la porte, appuya sur le bouton fermeture et savoura que l'ascenseur était vide pour finalement enfoncer le bouton d'arrêt d'urgence. La lumière s'éteignit alors, plongeant le lieutenant dans une semi obscurité, avec comme seule source lumineuse une petite loupiote rouge, tandis que d'un seul coup, Ephram se laissait tomber contre le mur le plus proche en reprenant une respiration saccadée, comme s'il avait été en apnée pendant des heures. Et c'est bien ce qu'il lui avait semblé, pendant un instant; pendant qu'il donnait ses consignes, ou du moins celle qu'il croyait justes, et que chaque personne le regardait ainsi s'agiter.

    Si Ephram avait fait preuve d'un sang froid peu commun jusqu'à maintenant, il avait l'impression que toute la pression qui l'aidait à tenir sur ses jambes le lâchait d'un coup. Il passa une main sur son visage, et tenta de ré-organiser un peu de tourbillon de pensées qui s'agitait dans sa tête. Le commandant était malade... et pas qu'un peu. Il y aurait put y avoir une réaction de panique mais jusqu'à maintenant, ça semblait plutôt bien se passer. Mis à part l'enseigne Nuum, un tantinet à côté des règles, et le docteur qui semblait prendre un malin plaisir à outrepasser l'autorité et le respect, Ephram n'avait rencontré aucun soucis avec les gens avec qui il devrait bientôt travailler. Il croisa les bras sur sa poitrine, et ramena ses jambe un peu contre lui, saluant le fait qu'il n'y ait pas de caméra dans cet cage là. Il aurait eut l'air beau le « commandant par interim »...

    Car c'était tout ce qu'il était. Ni plus, ni moins. Il devait assurer le commandement de la vivenef en attendant un possible rétablissement du commandant. Si déjà, cette perspective là ne l'enchantait guère, l'idée que ce soit en pleine bataille lui glaçait le sang. Il n'avait rien d'un tacticien ou d'un astrogateur... Et la simple pensée qui lui soufflait que c'était pourtant ce qu'on attendait de lui le plongeait dans une abime d'anxiété. Il poussa un long soupire et tandis qu'il sentait son coeur revenir à un rythme normal, il pensait qu'il devait y avoir une autre personne, aussi perdue que lui sur cette vivenef. Et maintenant, son rôle, c'était d'aller la voir, de lui parler et de la consoler comme il le pouvait. Car il ne doutait pas qu'elle avait put assister à chaque petite moment de la crise de son commandant, peut-être même que sa nature de vivenef lui avait permise de sentir chaque gouttes de sang qui tombait... Nimue...

    Après un haussement d'épaule, Ephram se releva, ressentant de nouveau ses jambes capable de le soutenir. Il s'avança vers le panneaux de commande et appuya sur le bouton marche. Aussitôt, l'ascenseur se remit en fonction, et ce fut plus détendu déjà qu'Ephram en sortit, une fois arrivé à destination.

    De nouveau, il retraversa les couloir, mais cette fois, son esprit n'était plus embrumé. Peut-être le serait-il de nouveau après la prochaine entrevue qui allait venir, mais il fit le voeux que non. Il devait être prêt pour tout à l'heure. Il le devait.

    Ephram passa la porte du jardin et resta quelque secondes muets devant les plantes qui poussaient là. C'était une véritable chance que Nimue possède un tel endroit, qui plus est, son ordinateur était placé à un bien bel endroit, dans un cadre bien plus agréable qu'un pont ou un sous-sol. Il s'avança vers la commande de fermeture, tapa son code et observa les porte se fermer en silence. Pas question que qui que ce soit vienne le déranger à un moment pareil. C'était l'un des privilège que de faire partit des hauts gradés d'un navire, et si jusqu'à maintenant, Ephram n'en avait pas vu l'utilité, l'accès à certaine salle et la fermeture de certaine porte lui semblait soudain être un véritable avantage. Il se pinça les lèvres et fit un demi tour sec pour s'avancer un peu plus dans le jardin. Il toucha du bout des doigts une feuille gigantesque et sentie la fraiche rosée de l'arrosage automatique sous sa main gauche. Pas l'autre, évidement... D'ailleurs, il faudrait peut-être qu'il se résigne à aller voir ce médecin à ce sujet... et aussi au sujet du commandant... et aussi au sujet de ce qu'il voulait lui dire...

    Oui, il faudrait sans doute, au grand damne d'Ephram, qu'il s'oblige à voir... des gens...

    Il déglutit à cette idée et tenta de se concentrer uniquement sur celle avec qui il devait à présent s'entretenir. Il vu l'ordinateur, se plaça devant lui et tenta de prendre une inspiration... mais rien ne lui vint. Comment devait-il s'adresser à Nimue ? Il devait se pencher un peu sur l'ordinateur pour plus de proximité ? S'éloigner d'elle et lui faire un salut militaire ? La traiter comme une de ses subordonnée ? Comme son supérieur ?

    Ephram se sentit alors bien seul. Il n'avait pas la moindre idée d'une façon d'amorcer la conversation. Qui plus est, qui disait qu'elle avait envie de lui parler ? Le lieutenant eut une petite moue triste de la tête et s'obligea tout de même à dire quelque chose. Les informations que la vivenef pourrait lui fournir étaient bien sûr, importants, mais s'entretenir de l'état de cette dernière était une priorité. Pourrait-elle donner de son mieux si elle est perturbée ? Ephram en doutait. Se détendant un peu, le visage résigné mais doux (ou du moins, aussi doux qu'il le pouvait), il déglutit et finit par ouvrir la bouche d'où il sortit enfin une phrase :

    « Nimue ? Puis-je te... Vous parler ? S'il vous plaît... »

    La voix d'Ephram était naturellement grave et avait un petit quelque chose de chaleureux et rassurant, quand il n'était pas sur un ton de reproche. C'est ce qu'on lui disait, de temps en temps. Mais là, il aurait fort à parier que ça ne suffirait pas et il craignait de bientôt voir apparaître le visage d'une jeune fille ravagé par des sillons de larme sur ses joues. Peut-être était-ce parce que l'absence du commandant lui pesait également, peut-être était-ce à cause du fait qu'il était dans une vivenef, mais Ephram avait l'impression, au fond de lui, de ressentir à une moindre échelle la peine de la vivenef et de la partager.

    [Voilà My snail, s'il y a quelque chose qui va pas, dis le je changerais ! J'espère cependant que ça te va car voici enfin la suite du scénarioooo ! Oui, on y croit !!!]
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    Re: Parce qu'il faut bien parler... {#001}

    Message par Nimue le Ven 5 Déc 2008 - 13:19

    [HJ : Oui ! On y croit, on se bat ! Faudra que quelqu’un me dise d’où vient cette phrase au fait… J’me rappelle qu’elle était sur la signature d’Eloi Sirilun…]



    C’était une Nimue déterminée, comme on en voyait rarement, qui se préparait à la bataille qui allait venir. Passée les premiers instants d’inquiétude pour Lana Lane, l’ordinateur à personnalité du vaisseau de guerre avait oblitéré ses sentiments handicapant pour se concentrer sur sa volonté d’aider ses semblables. On ne pouvait pas dire que Nimue aimait les combats. Mais elle s’y était faite comme le seul moyen de protéger ceux qu’elle aimait. Elle avait parfaitement conscience de ce que signifiait une bataille spatiale. Il y avait toujours un trop grand nombre de morts. Elle le savait, elle en avait déjà vu. Nimue était capable d’occulter l’horreur que lui inspirait toute cette violence le temps de la bataille.

    Mais ce qui s’était passé sur le Pont, rien ne l’y avait préparée. Elle pouvait presque sentir le sang qui souillait encore le fauteuil de commandement et le sol de la salle de commandement. Voir le Commandant de Balras s’écrouler ainsi était très dur pour elle. Elle n’avait peut-être pas encore eu le temps de s’attacher à lui autant qu’au précédent commandant, mais elle le connaissait depuis un moment malgré tout et elle savait que c’était quelqu’un de doux et compréhensif qui ne méritait pas qu’une telle chose lui arrive. Et pour Nimue, le départ d’Axentowiez était encore beaucoup trop récent pour subir la perte d’un nouveau commandant.

    Nimue commençait déjà à céder à la panique quand elle entendit ce qui se disait dans l’infirmerie où le Commandant De Balras avait été transporté. Le pessimisme du Docteur Andorias finit d’affoler complètement le pauvre ordinateur à personnalité dont l’image apparut au Lieutenant Einar sur l’un des écrans qui cernaient la structure de l’ordinateur central au milieu du jardin. Comme il s’y attendait, c’était le portrait d’une jeune femme en larmes. Mais Nimue ne pleurait pas tout doucement comme elle l’avait fait devant la princesse Denadath. À ce moment-là, la douleur du départ d’Ivanhoé avait été un peu érodé par le temps. Non, cette fois-ci, Nimue pleurait à chaudes larmes et montrait des signes évidents de panique. Si elle avait disposé d’un corps matériel, il était évident qu’elle se serait jetée sur le Lieutenant, qu’elle aurait agrippé ses épaules et qu’elle l’aurait secoué comme une bouteille de Space-Orangina. Mais elle se contenta de tordre ses mains virtuelles tout en jetant des regards affolés tout autour d’elle.


    « Je… Oui ? C-c’est terrible ! Le-le Docteur Andorias dit q-q-que… Il dit que… Que… Que… Que le Commandant de Balras a… a… a… C’est peut-être un… un-un-un-un c-c-c-can-can-can-can-c-c-c… »

    Nimue n’arrivait pas à prononcer les mots fatidiques. Elle déglutit bruyamment et reprit :

    « Un c-can-cancer. Si c’est le cas, il f-faut… enlever la… t-tumeur. Et il dit qu’il ne peut pas le faire. »

    La voix de l’ordinateur à personnalité se brisa.

    « Je croyais que tous les médecins de bord de la flotte était chirurgien… Je… Je ne pensais pas qu’on nous enverrait un médecin qui ne s’y connaît pas assez en chirurgie pour faire ça. Apparemment ça ne se passait pas comme ça à l’époque du Docteur Andorias… Et maintenant… Il-il aurait fallu le former avant de nous l’envoyer. P-pourquoi ils n’ont pas fait plus attention avant de l’enrôler, hein ? M-maintenant… »

    Nimue fondit en larmes, ne se rendant pas compte que ce qu’elle disait n’avait probablement aucun sens pour le Lieutenant Einar.
    Elle pleurait comme une enfant, en gémissant et hoquetant, de lourdes larmes trempant ses joues et la mèche coulant de son nez.

    Il lui fallut un moment pour se rendre compte qu’elle se donnait en spectacle. Cela fait, son image se dépêcha d’essuyer ses joues et son nez par des gestes rapides et saccadés. Et le réalisme de son interface graphique fit qu’elle eut du mal à en venir à bout… Tout le monde sait que les mains ne sont malheureusement pas un matériau merveilleusement absorbant…

    Nimue rougit et baissa les yeux, honteuse.


    « P-pardon… Vous aviez besoin de quelque chose ? »



    [HJ : Et voilà, maintenant Nimue va passer pour une affreuse pleurnicharde. Au moins, si je reprends Anthony, y aura plus trop ce problème… ¬¬’ ]
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    Re: Parce qu'il faut bien parler... {#001}

    Message par Ephram Einar le Sam 6 Déc 2008 - 22:58

    Ephram devait se l'avouer. La situation était au delà ses prévisions pessimistes les plus folles. Il s'attendait certes à trouver Nimue dans un état semblable ayant, en 4 ans de service, entendu parler des états émotifs de l'ordinateur à personnalité, cependant, il ne s'était pas préparé à la voir avec un tel état de détresse. Ses yeux s'ouvrirent légèrement plus qu'à l'accoutumée de surprise, ses sourcils s'inclinèrent pour souligner d'avantage son expression, mais cependant, il ne cilla pas. Il tenta de se composer un regard doux, ou du moins, le plus doux possible -ce qui n'était pas forcément une mince affaire quand on lui accréditait habituellement un regard dit « effrayant » ou « noir »-, et écouta patiemment la jeune femme qui s'agitait dans son écran.

    Une pensée fugace lui fit regretter que cette première rencontre seul à seul avec la jeune femme se passe comme ça. Cela faisait 4 ans qu'il officiait à bord, il n'empêchait que l'occasion de discuter ainsi avec Nimue ne s'était jamais vraiment présenté. Une rapide présentation lors de sa prise en fonction, mais c'était tout. Ephram se gronda intérieurement d'un tel manque d'initiative, de ne pas être allé se présenter de lui même et seul à la personnalité de la vivenef, mais n'en fit pas part. Comme beaucoup d'autre chose en ce bas monde -ou haut espace, comme on veut- il garderait ça pour lui et se montrerait plus prévoyant la prochaine fois, même si cela signifiait... parler avec quelqu'un.

    Dans sa panique, Nimue parla alors à la volé du diagnostique pessimiste du commandant et pendant un instant, Ephram sentit ses jambes le lâcher de surprise. Heureusement pour son séant, il parvint assez vite à se reprendre et regarda juste d'un air hébété la jeune femme qui continuait à exprimer sa peine. S'il ne s'attendait pas à avoir comme nouvelle que le commandant n'avait qu'un simple rhume, jamais il ne se serait attendu à une telle chose. La bouche sèche, il entrouvrit les lèvres de surprise et tenta de plutôt canaliser son attention sur ce que disait son interlocutrice, même si le pronostique inquiétant raisonnait encore et encore dans sa tête.

    Il tenta de se redonner un peu confiance en pensant qu'en 3333, ce genre de maladie, aussi avancée soit-elle, pouvait se soigner avec la technologie moderne, mais aussitôt, Nimue elle même mit fin à cet optimisme inhabituel. Ce qui fut dit laissa le lieutenant profondément perplexe. Comment-ça il ne pouvait pas enlever la tumeur ? C'était quoi cette blague ? Il secoua la tête, un visage légèrement déconfit par tant de mauvaise prévisions en si peu de minutes, mais ne comprit pas ce que disait à présent Nimue. Quel époque ? Quelle formation ? Que quoi ?

    Ephram n'avait certainement pas l'esprit assez fantasque pour élaborer une hypothèse où il serait lieux d'un esquimau venue d'un autre temps... Et plutôt que de perdre le fil de ses pensées en hypothèses fumeuses, il canalisa son attention sur l'esprit de la vivenef, pensant vivement que s'il y avait un rapport avec les dernières paroles lancée sur le pont, alors... Alors il verrait, il n'en était pas là. Quand Nimue se calma et tenta d'essuyer ses larmes, dans un stupide réflexe et toujours secoué par les sombres prévisions qu'il apprenait par Nimue, Ephram sortit un mouchoir et le tendit naturellement à Nimue.

    Il regarda ensuite successivement sa main, son mouchoir et l'écran et parvint à articuler d'une voix rauque :

    « Hum... désolé. »

    Il posa cependant le mouchoir à côté de l'écran, toujours un peu déboussolé, et croisa les bras devant lui, lançant un regard sombre au sol.

    « Maintenant... Maintenant, on peut espérer que les autres médecins à bord sauront faire quelque chose. »

    Ephram se dit que ce n'était pas des choses à dire. C'était remettre en question les compétences du médecin chef, mais en même temps... Cependant, il avait remarqué le comportement extravaguant du docteur Andorias, et se demandait quel était le tout qui reliait tout ça. Mais finalement, il soupira, et continua :

    « Oui, essaye... essayez de faire confiance au reste de l'équipe médicale. Je suis certain qu'elle remettra le commandant de Balras sur pied rapidement. »

    Ephram se redressa un peu et adoucit son visage jusqu'alors sévère.

    « Et quand ce sera le cas, il reviendra et reprendra le commandement de ce bâtiment. Et tu... heu... Vous pourrez lui expliquer tout ce qui s'est passer ici en son absence.

    Oui, ça va aller. 
    »

    Ephram parlait autant pour Nimue que pour lui même. Il n'avait pas beaucoup officié au côté de Commandant de Balras, mais quand ce dernier était second, au moins, Ephram avait apprit à doucement l'apprécier. Et ce qui était certain, c'est que présentement, Le lieutenant com croisait mentalement tout les doigts possibles en souhaitant qu'il puisse de nouveau appeler de Balras « pacha ».

    Ephram ferma un peu les yeux et soupira, avant de finalement reprendre :

    « Je sais que le Commandant de Balras ne va pas bien... mais, ayons confiance en l'équipe médical. Ça va aller, répéta-t-il. »

    Il réouvrit les yeux et fixa l'ordinateur à personnalité.

    « Pour le moment, on va aider Lana Lane. »

    Intérieurement, Ephram se demandait si c'était bien la chose à faire. Ne valait-il pas mieux s'occuper du commandant ? Ou fallait-il prendre le risque que le commandant ne puisse pas être soigné à temps pour aider Lana Lane ? Et ce dernier combat avait-il un seul espoir ? Un visage sévère se format sur Ephram et il reprit doucement la parole :

    « ça doit être dur pour toi... pour vous, rectifia le lieutenant. Mais Nimue... on a besoin de toi... De vous. Est-ce que... vous sauriez quelque chose sur ce qui nous attend là bas ? »

    Ephram se pinça un moment les lèvres entre les dents, entendant presque sa grand mère fulminer qu'on ne demande pas quoi que ce soit avant de s'être assuré que la belle en détresse va mieux. Et c'est sans doute pour ça qu'aussitôt, le lieutenant s'empressa de rajouter :

    « Navré de vous brusquer... et... prenez votre temps...»

    Mais là, la situation était légèrement... critique. Et le lieutenant com n'était pas connu pour ses facilités en rapport humain.
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    Re: Parce qu'il faut bien parler... {#001}

    Message par Nimue le Sam 24 Jan 2009 - 0:16

    Personne dans cette galaxie n’aurait pu expliquer comment cette conversation pouvait avoir lieu, faisant abstraction de toutes les lois connues de la physique. Sans doute le créateur des ordinateurs à personnalités aurait pu le faire, lui… Mais il était un peu compliqué d’aller le lui demander à l’instant présent.
    Toujours est-il que cette conversation avait lieu et que personne ne pouvait l’entendre si ce n’était les participants eux-mêmes.


    « Hé ! Nimue ! Tu pleures ?
    - Oui. »

    Le ton misérable employé par l’ordinateur central de la Vivenef de la Flotte fit de la peine à Adonis.

    « Bon… Qu’est-ce qu’il se passe ?
    - Ah, vous choisissez vraiment votre moment pour bavarder comme deux vieilles pies, grogna Pandore.
    - Je ne te le fais pas dire. Il y a mieux à faire que gémir !
    - Oh la ferme, Balor ! Je suis pas sûr que tu sois en position de donner des ordres… »

    Adonis avait touché un point sensible et Balor se mit à l’écart de la conversation. Il était toujours là, mais en retrait.

    « Bon ok, dis-nous ce qui ne va pas Nimue, mais grouille-toi un peu.
    - Pandore !
    - Nan, c’est bon, ça ira, dit Nimue. »

    Mais Adonis, Pandore et Balor surent immédiatement que Nimue mentait, que ça n’allait pas et qu’ils devaient l’aider à évacuer sa peine. Adonis faisait de son mieux, mais les interventions de Pandore et de Balor ne l’aidaient pas beaucoup. Qu’est-ce qu’il se passait à la fin ? D’habitude tous tombaient plus facilement d’accord… Tant pis, si Pandore et Balor ne se montraient pas plus coopérant, il parlerait seul à seul avec Nimue.

    « Foutaises ! Allez, crache le morceau, fit Pandore avant qu’Adonis ait eu le temps de reprendre la parole.
    - C’est que je… préfère éviter qu’on se dispute… Surtout juste à cause de moi.
    - Oh, arrête de tourner autour du pot et dis-nous ce qui ne va pas, s’exclama Pandore, excédée.
    - Allez, Nimue, parle-nous, je te promets qu’on ne se disputera pas.
    - Bon… C’est Anthony. Il est malade. Très malade. Je sais qu’il souffre beaucoup… Et ça me fait mal à moi aussi.
    - Ah merde… »

    Adonis chercha des paroles de réconfort, mais il n’en trouva pas.

    « Bon, maintenant que c’est sorti, ça va mieux ? Dit Pandore.
    - Je ne sais pas. Peut-être…
    - Très bien, je suppose que tu n’as plus besoin de moi. J’ai besoin de me concentrer sur le vaisseau. »

    Pandore disparut de la conversation.

    « Pourquoi est-ce qu’elle a été si méchante avec moi ? Gémit Nimue. »

    Adonis sentit une pointe d’exaspération monter en lui, à son tour. Mais il la repoussa vivement et s’adressa à Nimue avec douceur.

    « Je suis certain qu’elle ne voulait pas l’être. Elle est juste irritée, c’est tout. On est un peu tous sur les nerfs en ce moment.
    - Je crois qu’Adonis a raison, intervint Balor. Mais en partie seulement.
    - Quoi ? Qu’est-ce que tu cherches à dire ? Répliqua Adonis, non sans agressivité.
    - Calme-toi, je ne veux faire de reproche à personne. Mais regarde-nous… Nous sommes incapable de nous entendre tous correctement. Vous n’avez pas l’impression que quelque chose cloche ?
    - Si… Si, maintenant que tu le dis.
    - Évidemment que quelque chose ne va pas, dit naïvement Nimue. Il manque Lana.
    - Oui, c’est ça. Et quand il y avait Lana, tout se passait si aisément, si naturellement que nous n’avons jamais pris la peine de réfléchir au rôle de chacun. Maintenant qu’elle n’est plus là, nous n’arrivons qu’à nous focaliser que sur un seul but : faire en sorte qu’elle soit de nouveau là. Mais imaginez une seconde qu’elle ne soit plus là définitivement, qu’on ne puisse plus se focaliser sur son sauvetage…
    - Tu imagines toujours le pire, Balor, grogna Adonis.
    - Écoute-moi, pour une fois, Adonis. Si Lana n’est plus là… C’est le bazar. Complètement. On ne sera peut-être plus capable de se coordonner. Et comment ferons-nous face à ces vaisseaux noirs ? Ils peuvent être partout ! Notre atout est la coordination en toute discrétion qu’offre notre télépathie. Si cet atout disparaît, notre désavantage sera peut-être fatal au Cercle tout entier.
    - Mais tu es certain que la disparition de Lana aurait de si graves conséquences ?
    - Presque. Ce ne serait pas la première fois que nous perdrions l’un des nôtres. Pourtant, cela n’a pas affecté notre cohésion. Alors que là… »

    Un silence répondit aux paroles de Balor.

    « Tout ça ne change rien : on doit aller sauver Lana.
    - Oui, mais si votre équipage commence à songer trop sérieusement à sauver sa peau plutôt que celle d’un ordinateur, il sera peut-être utile de lui expliquer tout cela.
    - Merci du conseil, Balor, le champion de la communication avec les humains.
    - Grmpf. »

    Ce fut au tour de Balor de disparaître de la communication.

    « Dommage que Pandore soit partie trop tôt. Y a bien que ces tire-au-flanc de contrebandier pour reculer devant une bonne bagarre… Ça ira, Nimue ?
    - Oui, je crois. Merci, Adonis. »

    Après une phase d’absence qui dut paraître plutôt courte au lieutenant Einar, l’attention de Nimue revint enfin complètement dans le jardin du croiseur. Et à son retour, Nimue se rendit compte que le lieutenant était en train de lui tendre un mouchoir. Pourquoi faisait-il cela, déjà ? Ah oui, elle était encore en train de sécher ses larmes. Nimue voulut accepter le mouchoir et l’utiliser pour s’essuyer virtuellement le visage… Mais elle se rendit bien vite compte que ce n’était pas vraiment possible.

    « Ah… Euh… »

    Puis elle se rendit compte de l’absurdité de la situation. Son image pleurait et s’essuyait maladroitement les yeux, mais ce n’était pas vraiment elle, c’était son image… Son image qui s’affichait simplement en fonction de ses émotions. Elle s’essuyait avec ses mains parce qu’elle n’y pensait pas vraiment. En réalité, elle pouvait faire apparaître un mouchoir sur l’écran et s’en servir si elle voulait. Ou même les faire disparaître comme ça, d’un coup… Mais elle avait pris l’habitude, ainsi que tous les autres ordinateurs à personnalité, de ne jamais procéder de cette façon. Cela pouvait se révéler très perturbant pour les humains, les Ases ou les Shitennô.
    Le lieutenant s’excusa, mais apparemment désorienté, il posa tout de même le mouchoir à côté de l’écran. Alors Nimue décida d’utiliser un mouchoir. Elle fit comme si elle fouillait ses poches et en sortit un ridicule petit mouchoir rose. C’était tout ce qu’elle avait pu imaginer… Et elle commença à s’essuyer le visage en disant, stupidement :


    « Merci, mais en fait, j’en ai déjà un. »

    Nimue se rendit compte de l’absurdité de sa réflexion après coup. Elle se mit à rougir.

    « Euh… Désolée… »

    Nimue écouta ensuite le discours que lui fit le lieutenant à propos du commandant et des médecins qui allaient s’occuper de lui. Elle faillit bien se donner une grande claque dans le front. Comment avait-elle pu être aussi stupide ? Pourquoi n’y avait-elle pas pensé ? Bien sûr qu’il y avait d’autres médecins à bord de Nimue ! Des médecins dont la formation devait forcément les habiliter à toutes sortes d’opérations chirurgicales. En tout cas, c’était comme ça que cela devait se passer, en temps normal dans la Flotte.

    « Oui, oui, vous avez raison… Tout va bien se passer. »

    C’était la phrase magique de Nimue. Il suffisait de la prononcer ou même simplement de la penser et elle se sentait automatiquement apaisée. Qui la lui avait apprise ? C’était Lana, évidemment. La conversation qu’elle venait d’avoir avec les autres ordinateurs à personnalité lui revint en mémoire, notamment les mots de Balor. Il fallait absolument sauver Lana Lane et les paroles du lieutenant Einar arrivèrent à point nommé. Une bouffée d’enthousiasme et de motivation la prit tout à coup et son image mit ses poings sur ses hanches d’un air déterminé.

    « Non ! Il est hors de question que je prenne mon temps ! Il faut sauver Lana et au plus vite ! C’est très important. »

    Il était rare de voir Nimue dans cet état, mais il était également rare qu’elle ait l’occasion de faire quelque chose d’important, justement.

    « Je vais télécharger les données sur le pupitre de commandement, sur le pont. Je les actualiserai au fur et à mesure des informations que me donnera Adonis. Pour le moment, je peux vous donner le nombre précis de nos opposants, mais il variera très certainement… Je vous transmets aussi un résumé des premières idées du lieutenant tactique d’Adonis. Je peux également calculer approximativement quelle sera la position d’Adonis à notre arrivée, s’il ne change pas de tactique entre temps, bien sûr. Ce sera tout ? »

    Nimue était sacrément motivée. Elle espérait juste que cela durerait assez longtemps pour qu’elle puisse aider Adonis et Pandore à sauver Lana…

    [HJ : Pour les infos, ce sont les mêmes que celles données par Pandore dans ce message.]
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    Re: Parce qu'il faut bien parler... {#001}

    Message par Ephram Einar le Sam 24 Jan 2009 - 16:39

    Il y eut une légère absence de la part de Nimue. Un instant où elle ne régissait plus. Était-ce par rapport à l'absurdité de son geste, tendre un mouchoir, et que ça l'atterrait au point qu'elle ne trouve même pas quoi répondre ? Ou était-ce par rapport à autre chose ?

    Ephram n'en savait rien, et quand il vu l'ordinateur à personnalité de nouveau bouger et s'activer, il se dit juste qu'il était trop paranoïaque. Pourtant, quelque chose s'était passé. Nimue, qui semblait il y a peu de temps encore, écrasée par le poids de ses soucis (ce que le lieutenant comprenait plus que bien : perdre un commandant, aller dans une bataille et craindre pour un être qui lui était cher en même temps, oui, les nerfs de Nimue avaient bien le droit de lâcher.), semblait à présent avoir reprit du poil de la bête, en quelque sorte. Elle s'était arrêtée de pleurer, et le lieutenant com se doutait que ce n'était certainement pas grâce à ses pitoyables efforts pour la consoler.

    Sur le coup, il se sentit même quelque peu inutile pour la vivenef. Il était venu lui parler en privé dans le but de ne pas l'exposer sur le pont, considérant qu'avec tout les évènements malheureux qui s'enchaînaient, Nimue ne devait pas avoir le sourire, mais à présent, il se rendait compte que dans le fond, ça n'aurait peut-être pas changé grand chose. Il y avait quelque chose derrière le changements d'état de Nimue et si Ephram n'avait pas la moindre idée de ce que ça pouvait bien être, il n'empêchait qu'intérieurement, il remerciait chaleureusement cette intervention. Lui n'aurait pas fait mieux.

    Quand Nimue, à son tour, sortie un petit mouchoir rose de sa poche, Ephram leva un sourcils surpris. Elle avait déjà...? Non, minutes, c'était... Bref : le lieutenant com décida d'interpréter ce geste comme une forme de politesse : il lui avait tendu un mouchoir, elle utilisait maintenant un mouchoir. Mais à elle. Un qu'elle pouvait utiliser.

    L'espace d'un instant, il sentit une certaine tension qui l'habitait s'envoler furtivement. Cette scène était absurde, autant pour lui que pour l'ordinateur à personnalité. C'était absurde, mais amusant et reposant. Ephram se permit de faire un rare sourire amusé à l'ordinateur à personnalité, en laissant échapper une expiration joviale. Le commandant De Balras avait bien de la chance de parvenir aisément à converser avec un être tel que Nimue. Sans perdre son air sérieux, mais avec cette fois une expression un peu plus détendu, le lieutenant répondit aux excuses de Nimue :

    « Non, c'est moi. »

    Puis il fut rassuré : définitivement, Nimue se ressaisissait. La motivation qui l'habitait de nouveau était palpable et franchement encourageante pour lui, comme pour l'équipage. Ephram ne se défit pas de son sourire, si ce n'est que cette fois, il exprimait la satisfaction qu'il ressentait à l'égard de l'ordinateur à personnalité. Nimue ne semblait pas être simplement l'ordinateur à personnalité timide et gémissant que certains mauvais bruits de couloir insinuaient et à présent, Ephram avait l'impression que c'était un membre de l'équipage, comme un autre. Un équipage qui était provisoirement sous ses ordres et sous sa responsabilité.

    L'espace d'un instant, Ephram en voulu à son esprit de l'avoir ramener aussi rapidement à la réalité des faits. La tension qui l'avait agréablement quitté était revenue au triple galop, mais finalement, ce n'était pas plus mal : Nimue se mettait à présent au travail et il était temps, pour lui aussi, de s'y mettre. Perdant son sourire et adoptant un visage sérieux et professionnel, inerte des inquiétudes qui le secouaient intérieurement, Ephram hocha la tête à chaque chose que lui était énoncée. Quand elle eut finit, à son tour, il reprit la parole :

    « Non, rien d'autre, c'est impeccable. Transmets nous toutes les nouvelles données et informations que tu obtiendras et continue d'assister l'équipage dans ses manœuvres comme tu l'a toujours fait, c'est déjà bien plus que ce qu'un bâtiment normal peut habituellement faire. C'est une chance de t'avoir avec nous.  »


    Oui, se dit Ephram, ça a du bon de travailler sur une vivenef. Vraiment. Alors, autant que Nimue le sache, ça ne mangeait pas de pain, une pensée positive. Au fond, le bâtiment militaire Nimue se dirigeait peut-être vers l'inconnu, mais grâce au statut de Vivenef du dit bâtiments et surtout, grâce à l'OàP, au moins, ce n'était pas à l'aveugle qu'ils avançaient. Et c'était un peu rassurant.

    « Merci pour tout.

    Maintenant, je suis navré, mais je vais devoir partir pour m'occuper de... du reste.  
    » Ephram eut un haussement d'épaule. « Tu sais, des trucs de commandants, je présume.  »

    Ce n'était pas parce qu'il n'avait aucune expérience dans le domaine et qu'il n'était que provisoirement à ce poste qu'il se permettait tout écart ou indulgence envers lui même. Si sa sévérité pouvait éviter des dégâts, alors, ce serait toujours bon à prendre. Enfin, Ephram reprit une grande inspiration et conclut :

    « Maintenant, je vais retourner sur le pont. S'il y a quoi que ce soit, n'hésite pas à m'appeler, je répondrais aussi vite que possible  » puis il baissa la voix et dit, plus pour lui même que pour Nimue « Il ne me reste plus qu'à aller briefer les autres lieutenants...  »

    Ephram tourna les talons, satisfait de cette entrevue qui s'avéra plus courte que prévue : Nimue avait retrouver sa motivation et lui avait fournit les informations qu'il espérait. Et finalement, il se fichait bien d'à qui on pouvait attribuer le mérite : les résultats étaient là, point. Arrivé devant l'entré, le lieutenant com tourna la tête et lança :

    « Encore merci, Nimue. Tu verras, on sauvera Lana Lane.

    J'y vais maintenant. 
     »

    Et sans un mots de plus, Ephram débloqua l'entrée d'un geste vif et prit la sortie.

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