Le Chevalier

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    Elie Moon
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    Le Chevalier

    Message par Elie Moon le Ven 12 Déc 2008 - 14:02

    Un peu de musique ?



    1 – THE KNIGHT




    Elie n’aurait jamais dû quitter la sécurité de la civilisation pour ce pays barbare. Ici, les meilleurs hommes devenaient des sauvages. Et dire que certains parlaient d’apporter la civilisation en Terre Sainte… Elie avait perdu la foi, comme on disait, en constatant que les autochtones se comportaient mieux que les siens. Il avait décidé de jouer le jeu à sa façon, même s’il était sans doute trop jeune pour espérer survivre longtemps en temps que mercenaire. Oui, Elie, fils d’un grand seigneur français, à dix-sept ans, louait ses maigres compétences à l’épée au plus offrant, dans la ville d’Acre, pour survivre. Jamais il n’aurait pu imaginer une chose pareille, quelques mois, à peine, auparavant. La déchéance totale… Alors qu’Elie n’avait demandé qu’à faire de son mieux. Finalement, il avait fui le seigneur qu’il servait et qui le terrifiait. Oh, il ne le regrettait pas. Seulement, sans appui, il était perdu, dans ce pays étranger.

    Et Dieu qu’il y faisait chaud ! Elie maudit copieusement son gambison, son haubert et son surcot, tout en essuyant la sueur de son front blanc. Il savait bien qu’il ne survivrait pas longtemps sans le heaume dont il venait de se débarrasser. Mais qu’il aille au diable ! Elie étouffait sous cette fichue boîte de métal. Il songeait même à couper sa magnifique chevelure amarante, comme la plupart des soldats l’avaient fait, ici, ô combien inesthétique cela pouvait être. Mais pour l’heure, Elie avait encore une lourde masse ondulante de cheveux d’un rouge soutenu, nouée en catogan. Et encore, même attaché, les cheveux d’Elie lui descendaient le dos jusqu’aux fesses. Elie en était extrêmement fier et finalement, il ne les couperait pas.
    Le jeune soldat s’engagea dans une rue quasiment déserte et ombragée. Il en avait assez de cette foule compacte et de cette poussière qu’il soulevait à chaque pas. Et il n’y avait pas que la chaleur qui le faisait souffrir. Ce soleil infernal s’amusait à brûler sa peau si blanche et si fragile. Une peau si douce qu’elle attirait les convoitises, Elie en avait fait l’amère expérience. Il ne maniait même pas assez souvent l’épée pour avoir des cals sur les mains. Non, celles-ci restaient invariablement fines et aristocratiques. Mais il les gardait bien au chaud dans ses épais gants de cuir. Il n’était pas sûr de gagner l’estime de ses collègues en les montrant.

    En parlant de collègue… Egbert s’approchait d’Elie d’un pas conquérant. Il marchait toujours d’un pas conquérant, de toute façon. C’était facile, quand on était un géant. Même si beaucoup d’hommes étaient des géants aux yeux d’Elie. Non, ce n’était pas Elie qui était petit, c’étaient tous les autres qui étaient trop grands. Simple question de point de vue.
    Egbert s’arrêta près d’Elie avec un sourire bienveillant aux lèvres. Il tapota le crâne du jeune garçon de sa grosse paluche et Elie fit une moue boudeuse.

    « Du neuf, petit ?
    - Cesse de m’appeler ainsi. Non, je n’ai rien vu. C’est normal que tu viennes me demander ça toutes les heures ? »

    Egbert parut mal à l’aise. Il se mit à regarder partout autour de lui. Cette méfiance gagna Elie qui eut subitement l’impression qu’on observait le moindre de ses faits et gestes.

    « Oui, c’est normal. Je travaille pour lui depuis longtemps, tu sais. Et lorsqu’il recrute autant de mercenaires, c’est qu’il craint quelque chose, quelque chose dont il ne peut pas parler ouvertement.
    - Comme quoi ?
    - Qu’est-ce que j’en sais, moi ? C’est un grand seigneur et il sait des choses qui dépassent un simple mercenaire comme moi.
    - De belles paroles… Crois-moi, ce n’est pas si compliqué que ça, un grand seigneur. »

    Egbert dévisagea Elie en silence.

    « Qu’y a-t-il ?
    - Certains disent que tu le connais mieux que nous tous.
    - C’est ridicule.
    - Pardon, Elie, je ne voulais pas t’offenser. »

    Elie soupira.

    « Ce n’est pas grave, mais je me demande comment tu as pu survivre aussi longtemps à son service en étant aussi peu discret.
    - Tu parles avec la voix de la sagesse, Elie. À l’avenir, j’éviterais de me mêler des affaires du seigneur. »

    Sur ces paroles, Egbert donna une violente accolade à Elie et lui souhaita bon courage avant de s’éloigner.
    Elie le savait, il n’aurait jamais dû accepter ce travail. Il allait avoir des ennuis, c’était certain. Il soupira une nouvelle fois et reprit sa ronde. Les passants le regardaient d’un drôle d’œil, comme toujours. Elie s’y était fait. Il pouvait comprendre que les gens puissent être choqués de voir un soldat d’allure aussi juvénile et surtout, aussi féminine. En effet, le visage d’Elie faisait immédiatement penser à celui d’une femme, ce qui ne rendait pas les choses faciles, lorsque l’on cherchait du travail. En fait, cela avait toujours généré beaucoup de difficultés pour Elie. Et c’était en partie à cause de son visage d’une exceptionnelle beauté qu’il en était là où il en était aujourd’hui. Il était tout en courbes fines et gracieuses. Seul son nez était parfaitement droit. Il avait encore de grands yeux d’enfants, bruns clairs, qui pouvaient prendre la couleur de l’or suivant l’éclairage. Ces mêmes yeux étaient bordés de cils longs, sombres et courbés, ce qui accentuait évidemment son aspect féminin. Ses sourcils étaient bien dessinés mais peu fournis. Elie était d’ailleurs parfaitement imberbe, alors pour donner l’impression d’un homme viril, c’était plutôt raté. Pour couronner le tout, les lèvres d’Elie, sans êtres épaisses, étaient pulpeuses et roses comme celles d’une jeune fille.
    Aussi esthétique pouvaient être ces détails, ils n’avaient jamais été utiles à Elie. Il pouvait se faire passer pour une femme, s’il le voulait, mais personne, pas même Elie ne pouvait vouloir être une femme. En tant qu’homme, Elie avait sa liberté. Enfin… Plus ou moins.

    Un bruissement d’ailes fit lever les yeux d’Elie. Des pigeons s’envolaient d’un toit et le jeune garde se demanda un instant qu’est-ce qui avait bien pu les effrayer.





    2 – PLUCKED FROM TIME




    Elie eut à peine le temps de voir une silhouette bondir du toit et se jeter en travers de son chemin. L’assassin neutralisa Elie sans difficulté et ce dernier ne comprit pas exactement comment il avait procédé. L’homme maintenait fermement ses bras dans son dos d’une main, tandis que de l’autre, il glissait une lame effilée sous sa gorge.
    Elie savait bien que ce travail ne lui apporterait que des ennuis. Mais il aurait tout de même préféré avoir l’occasion de se défendre. Il était déjà mort.

    « Dis-moi tout ce que tu sais de ton maître, si tu veux vivre.
    - Tu vas me tuer, de toute façon.
    - Tu ne parleras pas ? »

    Elie garda le silence. La voix de l’assassin n’était pas désagréable, mais ce n’était pas une raison suffisante pour lui céder quoi que ce soit.

    « Tu en sais plus que quiconque sur lui.
    - Qu’est-ce qui te fait dire ça ? C’est peut-être vrai, mais aucune des informations que je peux te fournir ne te serviront.
    - Tu dois bien connaître ses habitudes. Dis-moi tout et ta mort ne sera pas veine.
    - Belle consolation. Mais je te le dis, je ne vois vraiment pas en quoi le fait qu’il ait un grain de beauté sur la fesse gauche peux t’aider… »

    Ce fut au tour de l’assassin de rester silencieux. Comme c’était mignon. Elie eut un léger sourire.

    « Ça te choque ?
    - Tu es répugnant. »

    La pression de la lame se fit plus forte sur la gorge d’Elie. Celui-ci déglutit puis eut un rire jaune.

    « Comme s’il m’avait laissé le choix. »

    Un nouveau silence s’installa entre les deux hommes.

    « Dors en paix. »

    La lame mordit brusquement la chaire d’Elie qui sentit son sang s’écouler de sa plaie en même temps que la chaleur de son corps. La vie était en train de lui glisser entre les doigts alors que l’assassin accompagnait doucement son corps dans sa chute.
    Elie se débattit pour garder la vie à l’intérieur de son corps, mais une immense obscurité le gagna.

    Elie aurait dû aller en Enfer. Ou au Paradis, à la limite. Mais cela ne ressemblait à rien de tout cela. Il faisait si sombre… En fait, non, pas tant que cela. Il y avait des étoiles. Oui, Elie nageait dans un ciel étoilé qui s’étendait à l’infini. Enfin, « nager » n’était pas le terme exact puisqu’il marchait tout à fait normalement. Sur rien de tangible, mais il marchait. C’était effrayant. Qu’en pensaient les autres ? Les autres ? Quels autres d’abord ? Elie regarda partout autour de lui et découvrit sept autres personnes, apparemment aussi perdues que lui. Le sol sur lequel ils marchaient tous finit par apparaître. C’était un pont noir qui menait à un terrifiant château, perdu au milieu des étoiles. Elie avait peur, mais il était excité, aussi. Il savait qu’on allait lui offrir une nouvelle vie, peu importait à quoi elle allait ressembler.

    « Bienvenue… »





    3 – LIQUID ETERNITY




    Forever poussa un soupir.

    « Alors ta décision est irrévocable ?
    - Irrévocable… Mais… Tu n’es pas obligé, tu sais, je peux mourir, aussi. Je ne veux pas que tu le regrettes par la suite.
    - Je ne peux pas décemment te laisser mourir.
    - J’ai déjà expérimenté, c’est pas si dramatique…
    - Non, non et non ! »

    Elie eut un grand sourire. Forever était mignon, à sa façon. Très bizarre, bien sûr. Mais mignon.

    « Tu ne regretteras pas, alors ?
    - Bien sûr que si. Je vais forcément le regretter : je m’attache à tous les humains que je rencontre. »

    Elie ne put se retenir : il éclata de rire. Forever fit ce qui pouvait correspondre à une sympathique moue boudeuse.

    « Ce n’est pas drôle.
    - Détrompe-toi : ça l’est. »

    Forever soupira encore. Et avec sa curieuse façon de se déplacer, il fit demi-tour et d’un signe de sa main effilée, il ordonna à Elie de le suivre. Celui-ci se sentait toujours un peu perdu dans cet étrange endroit. C’était un vaisseau spatial. Lana lui avait expliqué dix fois, mais Elie avait toujours du mal à comprendre tout ça. Forever lui avait dit que cela viendrait avec le temps. Pour l’instant, Elie s’émerveillait de tout comme un enfant qu’il était encore. Forever lui fit traverser un couloir dont la longue baie vitrée donnait sur l’espace. Elie fut ébloui par un grand soleil blanc.

    « C’est mon étoile… »

    Elie hocha la tête, sans vraiment bien comprendre ce qu’il avait voulu dire par là. Ils poursuivirent leur chemin et entrèrent dans une nouvelle salle pleine de machines bizarres. Elle était très bien éclairée et rangée, malgré la foule d’objets étranges qui l’encombrait.
    Forever indiqua d’un long doigt un curieux fauteuil horizontal.

    « Allonge-toi là-dessus. »

    Elie obéit et alla s’allonger sur l’engin infernal. Et Forever se mit à faire tout un tas de petites choses auxquelles Elie ne comprenait pas grand-chose. Il installa des petits tuyaux souples, des poches aussi transparentes et souples que les tuyaux. Enfin, Forever s’assit doucement sur une chaise à côté de lui. Il s’enfonça une aiguille dans son bras et les tuyaux en aspirèrent un liquide d’une couleur située entre le bronze et l’or. Ensuite, Forever activa un système de robinet et s’arma de l’un des tuyaux rempli de liquide, également équipé d’une aiguille. Il la planta doucement dans le bras d’Elie.
    Et ils restèrent ainsi longtemps.
    Elie ne comprenait pas comment tout cela marchait, mais il comprenait bien que Forever était en train de lui donner son sang…
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    Elie Moon
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    Re: Le Chevalier

    Message par Elie Moon le Ven 12 Déc 2008 - 14:03

    4 – TROIE




    D’un pas élastique, la silhouette fine et souple de l’Amiral parcourait les coursives pour atteindre le pont d’Adonis le plus rapidement possible. Vêtu de son élégant uniforme bleu marine, il n’était pourtant pas très impressionnant. D’ailleurs, c’était toujours la même chose : on ne le remarquait pas et il devait se frayer un chemin comme un vulgaire matelot. Ce n’était pas parce qu’il avait l’air d’un gamin de dix-sept ans et une petite silhouette souple et mince qu’on ne devait pas s’écarter de son chemin pour le laisser passer, que diable. Il arborait pourtant comme toujours son exceptionnelle et épaisse chevelure d’un roux sombre, telle une bannière. Et son incroyable beauté devait bien assez irradier pour qu’on le reconnaisse au premier coup d’œil, tout de même ! Mais non, très régulièrement, on ne le reconnaissait pas dans les couloirs d’Adonis. Les officiers qui y circulaient étaient toujours bien trop affairés pour saluer l’Amiral Elie Moon. Les mufles. Heureusement, sur le pont, on faisait un effort évident pour respecter son autorité. Trop évident, même. Quoi ! C’était si difficile que ça d’obéir aux ordres d’Elie Moon ? Ah là là… Cette vie n’était décidément pas faîte pour lui. Mais c’était le seul poste qui lui permettait de faire avancer les choses. Et Dieu seul savait à quel point il voulait la trouver, cette foutue planète habitable. Ce n’était pas qu’il n’aimait pas l’espace… Elie Moon avait trouvé cette idée de voyager dans un vide infini fascinante. Au début. Maintenant, il en avait un peu marre de se les geler dans cette grande carcasse de métal. Sans vouloir offenser Adonis, bien sûr. Son vieil ami de plus de vingt ans à présent faisait partie de ceux qui rendaient leur quête plus agréable.

    Enfin, Elie ralentit son allure lorsqu’il arriva devant l’une des portes automatiques qui donnaient sur le pont. Elle s’ouvrit sur son passage. Au moins, Adonis, lui, ne lui faisait pas l’affront de ne pas le reconnaître…
    Suite à son entrée sur la passerelle de commandement, le Capitaine de frégate Sergheï Yu se leva du fauteuil de commandement et salua.

    « Amiral.
    - À moi le quart.
    - Le Commandant prend le quart. »

    Et Elie alla s’asseoir confortablement dans le magnifique fauteuil de commandement d’Adonis. En bois sculpté, il possédait peu d’instruments comparés aux fauteuils des vaisseaux les plus récents. Mais à vrai dire, Elie préférait la façon de commander sur Adonis. Il ne restait pas sur son fauteuil indéfiniment. Parfois, il prenait la barre, il allait voir les écrans tactiques du Lieutenant Reigher, il allait utiliser les micros du Lieutenant Stinger…
    Bref il bougeait. C’est que ça faisait mal aux fesses de rester assis pendant des heures. Encore que le fauteuil du Commandant était toujours très confortable.

    Bon, c’était bien beau toutes ses considérations pratiques, mais Elie devait faire son boulot de Commandant. Un petit peu. Pour la forme.

    « Monsieur Tippit, combien de temps avant la fin du saut ?
    - Deux minutes, Amiral.
    - Ah ouais, quand même. »

    Elie se raidit un peu sur son fauteuil. Il détestait toujours autant ça. Le passage de l’hyperespace à l’espace normal était une chose à laquelle il n’avait pas réussi à s’adapter.
    Elie jeta un œil à l’horloge qui lui donnait le décompte avant la fin du saut et prit une grande inspiration lorsque la sortie fut imminente.

    Comme sortis de nulle part, Adonis et le R.L.S. Legacy firent leur apparition dans l’espace normal à proximité d’un nouveau système. Et ils débouchaient en pleine tempête électromagnétique. Sur le pont d’Adonis, le générateur de gravité fluctua sous le choc et tous les officiers furent projetés à terre. Tandis qu’Elie se relevait, la lumière sur le pont clignota avant de s’éteindre. Le pont n’était plus éclairé que par les diodes des machines encore en état de fonctionner et par la lumière des étoiles, notamment celle du système qu’ils tentaient d’approcher.

    « Amiral ! Le système de navigation automatique est HS !
    - Passez en mode manuel. Maintenance ! Comment se porte la propulsion ?
    - Les moteurs sont OK, Commandant.
    - Lieutenant Reigher, quelle est la position du R.L.S. Legacy ?
    - On n’a plus que le balayage visuel, Monsieur !
    - Monsieur Stinger, peut-on contacter le Legacy ?
    - Négatif ! Impossible d’ouvrir le moindre canal dans ce merdier ! »

    Bon, en somme, Elie était tout seul à pouvoir les tirer de ce guêpier. Il prit en main la barre et le levier qui contrôlait l’axe de tangage et l’axe de roulis du vaisseau.

    « Capitaine Yu, allez aider le Lieutenant Doyle. »

    Sans attendre, le second d’Adonis alla s’installer au poste de maintenance aux côtés du Lieutenant Doyle qui semblait débordée, les multiples alertes d’avarie sur son écran faisant clignoter en rouge son visage tendu.

    « Adonis ? »

    L’agréable image de l’ordinateur à personnalité apparut en tressautant sur un écran encore alimenté. Le regard malicieux et le sourire carnassier, Elie lui lança :

    « Prêt pour une petite séance de surf ?
    - Toujours ! »

    Adonis répondit au sourire d’Elie.

    « On met les gaz ! »

    Et tandis que le Lieutenant Doyle et le Capitaine Yu transféraient 80% de l’énergie vers la propulsion, Elie leva le nez de la Vivenef et la fit rouler sur bâbord et atteint ainsi une puissante vague électromagnétique.

    « Baissez tout ! Propulsion à 10% ! »

    Doyle et Yu s’affairèrent sur leurs consoles tandis qu’Elie s’efforçait de maintenir Adonis dans l’axe de la vague avec la barre et le levier. La vague entraîna la Vivenef qui glissa avec plus ou moins de grâce jusqu’à l’extérieur de la tempête et à l’intérieur du système. Adonis était sorti seul de la tempête électromagnétique et avec une coque passablement abîmée. Mais si les instruments étaient tous perturbé et avaient du mal à se remettre en route, du moins la plupart d’entre eux fonctionnaient encore. Tous les officiers du pont poussèrent des soupir de soulagement. Mais pas Elie.

    « Des nouvelles du R.LS. Legacy ? »

    Reigher se tourna à demi vers l’Amiral Moon.

    « Aucune trace. Il est sans doute resté dans la tempête… »

    Elie se mit à caresser le bois de la barre d’un air songeur. Le Capitaine Yu jeta un coup d’œil à son commandant par-dessus son épaule. Il se doutait un peu de ce qu’il pouvait avoir en tête et il ne put s’empêcher de grimacer à cette idée. Sergheï Yu était sans cesse agacé par le cruel manque de professionnalisme de l’Amiral Moon. Le pire, c’était qu’il ne tenait pas compte des avis plus sages. Il n’en faisait qu’à sa tête. Et sa tête avait tendance à aimer tout ce qui n’était pas raisonnable. Bon, il n’était pas si mauvais Commandant. Il venait de le prouver en les sortant de cette tempête, et son habileté à la barre était tout simplement incroyable, mais…

    « On va aller le chercher. »

    Voilà, c’était ça le problème avec Elie Moon.
    Le Lieutenant Doyle tourna un visage effaré vers le Commandant.

    « Mais monsieur, on ne va quand même pas retourner là-dedans !
    - Eh bien si, on va retourner là-dedans. »

    Et sans attendre une seconde de plus, il fit tourner brusquement la barre à tribord et Adonis vira de bord. La Vivenef plongea à nouveau dans la tempête électromagnétique et les instruments se déréglèrent une fois de plus.
    Elie Moon était tout simplement cinglé, pensa le Capitaine Yu en sentant ses joues rougir de rage. Il était téméraire, généreux, mais il avait complètement pété les câbles. Il était tellement égoïste, tellement égocentrique, tellement sûr de lui qu’il était certain qu’il allait tous les sortir de là. Ce type était tout simplement puant…

    Yu jeta à nouveau regard à l’Amiral qui le remarqua entre deux coups de barre et lui adressa un sourire énigmatique et confiant. Yu revint immédiatement à sa console.

    Elie Moon était détestable. Alors pourquoi ne parvenait-il pas à le détester ?

    Elie ne ménageait pas les moteurs ni la coque, il roulait, bondissait, plongeait et virait de vague en vague pour fouiller cette tempête de fond en comble à la recherche du R.L.S. Legacy, et tout cela à la force de ses petits bras de gamin.

    « Qu’est-ce que… »

    À ces mots, les officiers regardèrent Elie, qui lui-même avait les yeux rivés sur la grande baie vitré du pont. En effet, à travers les remous électromagnétiques on pouvait distinguer une forme métallique.

    « Le Legacy ! »

    Oui, c’était bien le vaisseau de l’Amiral McGinley qui se trouvait tout près – trop près – d’eux et sur lequel ils fonçaient.
    Elir donna un violent coup de barre à tribord et il faillit tordre le levier et le penchant d’un coup sec vers l’avant avant de faire rouler le vaisseau à bâbord et de changer le sens de rotation de la barre. Adonis frôla le flanc du R.L.S. Legacy.

    « Lancez les amarres ! Et vite ! »

    Les flancs d’Adonis vomirent une nuée d’énormes câbles qui se précipitèrent sur la coque du Legacy et qui s’y fixèrent. Le Legacy fut entraîné dans le sillage d’Adonis, lui-même porté par une vague.

    « Et maintenant, accélération maximale.
    - Impossible, Monsieur ! Vu l’état du vaisseau, ça ne va pas tenir !
    - On en aura pas besoin longtemps. Vous voulez sortir de là, oui, ou merde ? »

    Les officiers ne purent qu’obéir et Elie manoeuvra énergiquement pour changer de vague tandis qu’on entendait le vaisseau gémir sous l’action de trop nombreuses forces. Lorsque la vague fut atteinte, le Lieutenant Tippit éleva faiblement la voix :

    « Peut-on réduire la puissance, Monsieur ?
    - Non, si on ralentit ou si on laisse faire la vague, on risque quelque peu de se prendre un R.L.S. Legacy dans le cul, voyez-vous. »

    Le Lieutenant astrogateur déglutit bruyamment.
    Elie changea encore une fois de vague.

    « Allez, allez ! On y est presque ! »

    Le capitaine Yu se prit à espérer qu’Elie Moon savait ce qu’il faisait et où il allait. Dénués de tous instruments l’équipage d’Adonis devait s’en remettre entièrement aux sens d’Elie.
    Mais Elie savait parfaitement où il allait car Adonis et le R.L.S ? Legacy furent éjectés de la tempête, enchaînés l’un à l’autre, vers l’intérieur du système.

    « C’est bon, vous pouvez tout couper. »

    Elie bloqua la barre, soupira et se laissa tomber dans le fauteuil de commandement, un sourire d’aise étirant ses lèvres roses.

    « Je suis génial… »

    Le Capitaine Yu lança un regard furibond à l’Amiral et Elie éclata de rire.



    ***
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    Re: Le Chevalier

    Message par Elie Moon le Ven 12 Déc 2008 - 14:04

    « Et voici la partie chiante de l’histoire… »

    Sergheï Yu lança un regard assassin à l’Amiral Elie Moon. Elie aimait bien son second, qui, non content d’avoir une belle gueule, était très mignon quand il jouait les rabat-joie.

    « Vous pourriez surveiller votre langage, Amiral. »

    Tiens… Qu’est-ce qu’Elie se disait, à l’instant ?

    « … Ou pas, Capitaine. »

    Les joues de Yu s’enflammèrent tandis que ses yeux bleus tentaient de fusiller Elie sur son fauteuil de commandement. Ce dernier, pour toute réaction, s’affala un peu plus sur son fauteuil et étendit ses deux petites jambes devant lui avant de poser sa botte gauche sur la droite.

    « Monsieur Yu, détendez-vous un peu. Toutes ces analyses sont si longues et si ennuyeuses. Pourquoi ne discuterions-nous pas en attendant les résultats ? »

    Sergheï s’appuya sur le dossier du fauteuil de commandement et se pencha au-dessus d’Elie d’un air sévère. Le Commandant d’Adonis leva son regard vers son second en plissant les yeux et en affichant une délicieuse moue boudeuse.

    « Amiral, il faut rester concentré. Cette planète, sur laquelle nous venons d’envoyer nos sondes, se trouve en plein milieu de la zone habitable de ce système !
    - Et alors ? Je suis certain que le Lieutenant Reigher fera correctement son travail et nous préviendra s’il y a quelque chose à tirer de ce caillou. Allons, ne faîtes pas votre tête de lard, Capitaine. Venez avec moi dans ma cabine et… »

    Sergheï se redressa brusquement, faisant virevolter sa sombre queue-de-cheval.

    « Non ! S’exclama-t-il, une lueur de panique dans les yeux.
    - Allons, Monsieur Yu… Vous ne pensez tout de même pas que je vais vous violer, si ? Fit Elie, visiblement amusé par la réaction du Capitaine. »

    Mais un léger toussotement attira l’attention d’Elie sur un moniteur de son fauteuil.

    « Je ne voudrais pas interrompre cette charmante conversation, Amiral Moon, déclara l’Amiral McGinley, commandant du R.L.S. Legacy. Mais nous avons les premiers résultats de nos sondes.
    - Je vous écoute, Amiral.
    - Il y a de l’eau sur cette planète, la pression atmosphérique est idéale et il y a donc sans doute de l’eau à l’état liquide et en quantité suffisante pour permettre la vie. Au moins, nous pourrons nous ravitailler… Où en sont vos sondes, Amiral ? »

    Elie se tourna légèrement vers le poste tactique.

    « Lieutenant Reigher ? »

    Les doigts de la jeune femme courraient à toute allure sur sa console. Sur l’ordre de son Commandant, elle éleva une voix tremblante.

    « Nous avons nous aussi nos premiers résultats, Monsieur ! Nous vérifions encore qu’il n’y ait pas d’élément toxique, mais… Les proportions de dioxygène sont suffisantes pour que l’atmosphère de cette planète soit considérée comme respirable.
    - Vous avez entendu, Amiral ?
    - Oui. »

    L’excitation illumina le visage buriné de McGinley.
    La voix du Lieutenant Reigher se fit une nouvelle fois entendre.

    « J’ai les résultats définitifs, Commandant ! Aucune substance toxique dans l’atmosphère. »

    Ce fut au tour du visage d’Elie de s’illuminer, ainsi que ceux de tout le pont d’Adonis.

    « Vous avez entendu ? On l’a trouvé ! »

    Adonis poussa un véritablement rugissement de joie et nombre d’officiers suivirent son exemple. Mais Elie vit sur son écran l’Amiral McGinley se tourner vers un autre interlocuteur sur son propre pont.

    « Négatif, dit-il en fronçant les sourcils, et les cris de joie cessèrent aussitôt. J’ai obtenu des précisions sur la quantité d’eau et les climats. L’eau et trop rare pour alimenter confortablement une civilisation aussi avancée que la nôtre. Et le climat et bien trop rude. Il n’y a que des déserts, là-dessus.
    - Vous êtes sûr que ce n’est pas possible de s’y installer ?
    - Si. Bien sûr que si. Mais ce n’est pas suffisant. »

    Ce fut au tour d’Elie de froncer les sourcils.

    « Que voulez-vous dire par là ?
    - La vie ne sera pas facile sur cette planète. Ce ne sera guère mieux que la vie dans l’espace.
    - C’est beaucoup mieux de pouvoir s’installer. Si on continue à errer dans l’espace, nous sommes voués à l’extinction ! Nous avons survécu à une tempête électromagnétique, mais combien de fois aurons-nous cette chance ? La vie dans l’espace est trop dangereuse, nous ne pourrons pas continuer ainsi bien longtemps.
    - Vous ne comprenez pas : ce n’est pas la planète qu’il nous faut. Ce n’est que la première que nous trouvons et elle est loin d’être idéale. Non, nous cherchons une nouvelle Terre, pas un caillou poussiéreux.
    - C’est vous qui ne comprenez pas, Amiral McGinley. La Terre, c’est foutu, elle est détruite. Vous n’aurez pas de deuxième Terre, encore moins si nous mourrons tous pour la trouver. »

    C’était la première fois que le Capitaine Yu entendait Elie Moon parler aussi raisonnablement. Comme quoi, tout arrivait…

    « Et si nous ne la cherchons pas, nous ne la trouverons pas. Amiral Moon, je ne vous empêche pas de vous installer sur votre planète, vous l’avez mérité. Mais en échange, ne m’empêchez pas d’aller là où je trouverai notre terre promise. »

    Elie fronça encore plus les sourcils. Il n’aimait pas du tout ce que disait l’Amiral McGinley.

    « Et où est-ce que vous comptez la trouver, exactement, cette terre promise ?
    - Pas dans ce trou à rat, c’est certain. Si je veux avoir plus de chance de la trouver, je dois aller plus loin.
    - Statistiques à la con… Marmonna Elie.
    - Je compte me rendre dans la galaxie d’Andromède.
    - NON ! »

    Elie tapa du poing sur l’accoudoir du fauteuil et Sergheï sursauta. C’était au tour d’Elie de fusiller l’Amiral McGinley de ses grands yeux à l’éclat doré.

    « Soyez compréhensif, Amiral Moon, et laissez-moi partir.
    - NON ! Je ne serais pas COMPRÉHENSIF ! Vous n’avez pas le droit de prendre une telle décision sans l’autorisation de l’Amirauté toute entière !
    - Je ne peux pas attendre l’arrivée de toute l’Amirauté, Elie, je dois partir maintenant, j’ai déjà perdu trop de temps.
    - Ça fait longtemps que vous l’avez décidé, hein ? Fit Elie avec un sourire effrayant. Mais vous ne trouverez rien, là-bas. Seulement la mort et la destruction.
    - Qu’en savez-vous ? Je dois aller voir par mes propres yeux.
    - Vous avez le droit de ne pas me croire, mais vous n’avez pas le droit d’arracher Sakyamuni à l’humanité, elle en aura encore besoin.
    - Mais je sers l’humanité, Elie.
    - Non ! Vous la mettez en danger ! Vous ne pouvez pas vous en aller ! Amiral McGinley ! Amiral ! »

    L’image de McGinley avait disparu de l’écran.

    « Ils ont coupé le canal et refusent toute communication, déclara le Lieutenant Stinger. »

    Elie se leva et se mit à faire les cent pas sur le pont. Sergheï le regarda avec inquiétude. Ce comportement n’était pas du tout habituel. Pourquoi se mettait-il dans un tel état, lui qui prônait si souvent les libertés individuelles ? C’était tout à fait son genre de n’en faire qu’à sa tête et pourtant il était furieux de voir que McGinley faisait de même…

    « Tactique ? »

    Cette voix cinglante était méconnaissable.

    « le Legacy s’en va, Monsieur…
    - Astrogation, on le prend en chasse.
    -
    - Lieutenant ?
    - À vos ordres, Monsieur ! »

    Le vecteur d’Adonis se calqua sur celui du Legacy.

    « Adonis ? Tu sais ce que tu as à faire ?
    - Oui, je m’en occupe tout de suite.
    - On ne peut pas l’arrêter… Murmura le Capitaine Yu. »

    Elie ne répondit pas.

    « Elie… C’est la cata complète. Il refuse de désobéir. Et il veut voir ce qu’il y a là-bas. Il se sent… « attiré ». »

    Elie se figea. Tout partait en cacahouète. Nom de Dieu, pourquoi fallait-il que tout parte en vrille alors qu’il venait de trouver la première planète !
    Il se tourna brusquement vers le poste tactique.

    « Lieutenant Reigher, envoyez un coup de semonce. »

    Un silence de mort s’installa sur le pont d’Adonis.

    « … Commandant, vous êtes sûr ?
    - Tout à fait.
    - Vous êtes fou ! Intervint Sergheï.
    - Apparemment pas assez et de toute évidence beaucoup moins que McGinley. »

    Alors le Lieutenant Reigher entra les ordres dans sa console et un missile fut envoyé. Il explosa à proximité du Legacy, mais trop loin pour causer le moindre dégât.

    « Alors ?
    - Il continue d’accélérer… Répondit le Lieutenant Reigher à voix basse. »

    Elie s’effondra sur le fauteuil de commandement et plongea son visage dans ses mains.

    « J’ai échoué. Pardon. »

    Sergheï s’appuya sur le dossier du fauteuil et se pencha vers Elie comme il le faisait d’habitude pour le sermonner. Mais cette fois-ci, ce fut pour lui demander d’une voix douce :

    « Et maintenant, que fait-on, Commandant ? »

    Elie leva son visage pour regarder d’un air hagard le point lumineux du R.L.S. Legacy disparaître dans l’Hyperespace par la baie vitrée du Pont.

    « On croise les doigts pour que le R.L.S. Legacy revienne un jour… »
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    Re: Le Chevalier

    Message par Elie Moon le Ven 12 Déc 2008 - 14:05

    5 – FLAMEY-O !




    Et le R.L.S. Legacy était revenu, pensa Elie en ouvrant péniblement les yeux. Mais dans quel état… Le Legacy, pas Elie Moon. Quoique… Le directeur de l’Atome Crochu, couché sur le côté en position fœtale sur un lit aux draps de soie d’un rouge évocateur, se rendit compte que sa tête était appuyée sur la poitrine opulente d’une danseuse de sa nouvelle salle. Elie se dégagea doucement de la jeune femme et se redressa douloureusement pour s’asseoir sur son séant. Il avait une de ces gueules de bois ! Et c’était drôle la façon dont il se comportait avec les gens en fonction de leur apparence. Lorsqu’Elie rencontrait une femme avec de gros seins, il lui trouvait toujours un petit quelque chose de maternel. Et voilà qu’il se réveillait dans les bras d’une femme comme un bébé que sa mère vient de bercer. Sauf qu’il y avait eu une sacré dose d’alcool dans le biberon…

    Et toutes ces images s’emmêlèrent dans l’esprit embrouillé d’Elie qui observa le lieu dans lequel il se trouvait. Sur le lit, il n’y avait que lui et la danseuse, mais il y avait d’autres gens dans la chambre qu’ils avaient de toute évidence tous empruntés à la maison de plaisir de l’Atome Crochu pour passer la nuit. Gaëtan s’était assoupi sur un fauteuil, une danseuse, plus mince et plus jeune, dormait profondément sur le tapis en compagnie d’un jeune garçon inconnu. Cela ressemblait à un lendemain d’orgie. Elie eut un mal de crâne plus atroce encore et un léger frisson de frayeur lorsqu’il se rendit compte qu’il ne se souvenait pas de ce qui s’était passé juste avant qu’il ne s’endorme.

    Mais tout le monde était habillé dans la pièce. Elie souffla. Apparemment, il ne s’était rien passé. Finalement, Elie n’était pas sûr d’apprécier l’abus d’alcool. Coucher avec une danseuse, c’était une chose. Mais coucher avec elle parce qu’ils étaient tous les deux complètement imbibés… Ça lui plaisait beaucoup moins.
    Elie était souvent vu comme un petit bonhomme excentrique s’adonnant sans vergogne à tous les plaisirs terrestres lui passant sous la main… Et c’était faux. Elie Moon n’était pas une sorte de démon lubrique, malgré ce que pouvait laisser penser sa très longue chevelure rougeoyante et les reflets dorés de ses yeux. Ce n’était pas non plus un sale gosse trop gâté comme disaient d’autres, en dépit de son apparente jeunesse. Comment justifiait-on qu’un homme qui semble avoir dix-sept ans soit à la tête d’un établissement comme l’Atome Crochu ? La théorie du fils à papa souriait à la plupart des gens. Les autres parlaient de chirurgie plastique. Et Elie laissait parler. De toute façon, même s’il se mettait à déclarer aux journaux qu’un extracirculaire lui avait transfusé de son sang pour le rendre immortel, personne ne le croirait.

    Bon, alors, comment s’était terminé cette nuit ? Elie Moon décida de se remémorer les évènements de la veille en commençant par le début de la soirée pour laisser le temps à son cerveau de reconstituer ses souvenirs…



    ***




    La nouvelle salle de l’Atome Crochu, nommée « Flamey-O » par le directeur (nom qui ne semblait amuser que lui, d’ailleurs), avait été aménagée dans l’un des sous-sols de l’établissement. Elle était prévue pour rendre un certain nombre de services autour d’un unique thème : la culture Shitennô des îles Mujin. Une première partie de la salle était consacrée à un petit restaurant servant exclusivement des plats typiques de cette région de Tenkaï. Au fond de la salle, une estrade assez vaste avait été construite pour accueillir un orchestre qui déversait la musique endiablée des îles Mujin dans la salle tout au long de la soirée et divers artistes : danseurs, acrobates, cracheurs de feu… Enfin, la dernière partie de la salle était une piste de danse dont le sol était un parquet en bois souple et qui était bordé par un grand buffet.
    La décoration avait été soigneusement élaborée autour du thème de la salle. Et cela avait nécessité un certain nombre d’installations techniques assez délicates. Elie avait été intransigeant sur le système d’aération. Il savait qu’il allait régner une chaleur étouffante dans la salle et il avait donc exigé un système de refroidissement discret et efficace à la fois. Les parois de la salle étaient exceptionnelles tout comme l’aménagement décoratif. Elie, comme toujours, ne lésinait pas sur les moyens. Les clients entraient d’abord dans une sorte d’antichambre par des portes capitonnées battantes. Cet espace était volontairement laissé dans une luminosité très réduite par rapport à la pièce principale. Il était uniquement éclairé à droite et à gauche par deux appliques, chacune surmontée de trois bougies rouge, fixées sur des murs noirs laqués. La large paroi faisant face à l’entrée était percée de trois grandes ouvertures qui permettaient d’accéder à la pièce principale. Ces ouvertures étaient cernées de rideaux cramoisis et leur encadrement était en bois sculpté. Toujours dans l’antichambre, deux portes cachées sur les côtés permettaient aux majordomes qui accueillaient les clients d’apporter les affaires de ces derniers dans des petits vestiaires (bien qu’il existât déjà d’immenses vestiaires dès l’entrée de l’Atome Crochu). On entrait ensuite dans la pièce principale qui semblait plus large que l’antichambre sur la droite, là où se trouvait la piste de danse. En réalité, derrière la paroi de gauche se trouvaient les cuisines, qui étaient reliées aux coulisses et accessibles aux employés par un ascenseur et un escalier de service. Le visiteur pénétrait d’abord dans la partie restaurant de la salle. Un grand nombre de petites tables basses carrées en bois, encerclées de coussins ventrus et éclairées par de petites bougies, était disposé sur un sol noir et laqué comme les murs de l’antichambre, mais couvert d’une épaisse couche de tapis bariolés. Au fond de la salle, l’alcôve dans laquelle la scène avait été construite avait été creusée à même le sous-sol de Babel pour donner l’illusion d’une grotte. Sur cette paroi rocheuse, on avait disposé aléatoirement une foule de bougies rouges. De chaque côté de l’estrade, des rideaux bordeaux dissimulaient les coulisses dont se servaient les artistes pour se préparer. Derrière la cavité, un petit tunnel avait été creusé, reliant les coulisses de droite et de gauche. Sur sa gauche, le visiteur pouvait constater qu’une plaque de bois avait été installée et sculptée de vieux personnages mythologiques Shitennô. Et s’il se retournait, il pouvait remarquer que le mur dans lequel avaient été percées les trois entrées était décoré de la même façon. Le dernier mur, celui de droite, était en fait un écran devant lequel une projection holographique d’une qualité époustouflante passait en boucle un long film d’une plage de Tenkaï sous un ciel nocturne. Des haut-parleurs oblongs placés aux quatre coins de la pièce diffusaient doucement le bruit des vagues et des ventilateurs bien dissimulés donnaient l’illusion d’une légère brise. La piste de danse était en parquet de bois sombre et souple, idéal pour sa fonction, et de longues tables nappées de rouge longeaient le mur de droite, supportant des verres d’alcool et des plateaux de friandises des îles Mujin.

    C’est dans ce décor qu’Elie Moon, le très célèbre propriétaire de l’Atome Crochu donnait ses derniers ordres avant l’arrivée des invités pour l’inauguration de cette nouvelle salle. Des employés costumés, Shitennô pour la plupart, allaient et venaient à grandes enjambées pour s’occuper des finitions. Elie lui-même avait enfilé un costume traditionnel Mujin. Évidemment, il y avait costume traditionnel et costume traditionnel. Les employés qui faisaient le service avaient des vêtements simples mais bien coupés, les artistes portaient des ensembles plus voyants. Mais Elie avait une allure princière.
    Une ample tunique de lin teintée de noir suivait gracieusement tous ses mouvements. Cette tunique à col montant descendait jusqu’au-dessus de ses genoux, était fendue de chaque côté et était légèrement brodée d’or – notamment aux extrémités du tissu. Elie portait ce vêtement sur un pantalon de soie grenat serré aux chevilles par des grelots qui sonnaient chacun de ses pas. Mais le plus impressionnant était l’étonnante coiffe dorée qui ornait sa chevelure.
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    Re: Le Chevalier

    Message par Elie Moon le Ven 12 Déc 2008 - 14:07

    Elie renvoya un dernier serveur béat en cuisine lorsque le premier invité fit son entrée. Et quelle entrée ! L’une des portes capitonnées de l’entrée s’ouvrit avec violence et faillit bien écraser un pauvre employé sur le mur. Un secrétaire obséquieux et empressé sur ses traces, le Gouverneur de Babylone s’avança dans l’antichambre qu’il traversa en une enjambée conquérante pour arriver dans la salle Flamey-O à proprement parler. Au passage, il foudroya un autre petit employé de son terrible regard d’acier (celui-ci avait l’affront de présumer avoir le droit de toucher à son manteau de la meilleure facture). L’abominable secrétaire devait presque courir pour pouvoir suivre le gigantesque Dante Santos. Il se pencha légèrement de côté derrière l’immense politicien , se rapetissant apparemment volontairement, par rapport au grand homme qui se plantait juste devant Elie (qui, lui, tenta de se grandir de son mieux), et lui demanda avec une profonde déférence :

    « Monsieur le Gouverneur souhaite-t-il que je m’occupe moi-même de son manteau ? »

    Pour toute réponse, M. Santos dégrafa d’un coup sec sa grande cape noire et la fit valser sur son secrétaire sans ouvrir la bouche d’un demi-millimètre et sans lâcher des yeux Elie (qui soutenait ce regard extraordinaire avec une joie visible). De quelques mouvements experts et sans bouger un cil, le Gouverneur de Babylone retira ses gants et les jeta à la figure d’un serveur qui se trouvait sur sa gauche. Enfin, il envoya d’un coup sec sa canne dans le ventre d’un autre employé qui eut le souffle coupé. Le secrétaire et les serveurs disparurent rapidement pour aller ranger les différents accessoires qui leurs avaient été distribués avec toute la douceur dont était capable de Gouverneur. Ce n’était pas quelqu’un de particulièrement violent, non. Mais il était comme ça : il prenait énormément de place. Lorsqu’il était présent, toute autre existence disparaissait. Le souci, c’était qu’Elie était exactement pareil. D’une autre manière, bien entendu. Alors, pendant un instant, leurs énergies respectives emplirent la salle chacune de moitié et luttèrent. Alors Elie offrit à M. Santos un sourire radieux et ouvrit grand ses bras. Et il se produisit quelque chose d’absolument aberrant à un éventuel spectateur ignorant. La sombre énergie du Gouverneur se transforma en lumière éblouissante lorsque ce dernier ouvrit à son tour ses grands bras en souriant de tout son visage. Lorsque Dante Santos exprimait sa joie de vous voir, il n’y avait rien de plus touchant. Tous les muscles de sa sévère figure se mobilisaient pour exprimer la joie de vous retrouver, ses yeux se réduisaient à deux fentes lumineuses, ses pattes d’oie s’accentuaient allégrement, ses pommettes semblaient tirer sur sa peau pour sortir de son visage, d’énormes fossettes se creusaient aux côtés des rides qui cernaient sa bouche élégante largement ouverte sur une rangée de dents blanches et parfaitement alignées.

    Dante attrapa le petit corps souple et envoûtant d’Elie pour le serrer dans ses bras arachnéens.

    « Elie, mon ami ! »

    Elie tapota à deux mains le dos du Gouverneur.

    « Bienvenue sur mon nouveau terrain de jeu, Dante !
    - Je vois que tu n’as pas oublié tes vieux amis, répondit le Gouverneur en lâchant Elie.
    - Il faut bien s’occuper des personnes âgées. »

    Si cette réplique avait été prononcée par une personne avec laquelle Dante n’était pas intime, il aurait assassiné cette personne de l’un de ses regards qui semblaient lancer des éclats de glace. Et si elle avait été dite par un autre ami, il aurait éclaté de rire. Mais là, il s’agissait d’Elie Moon. Dante eut un sourire de connivence et déclara d’une voix très basse :

    « Nous savons très bien qui est le plus vieux de nous deux. »

    Elie croisa ses bras sur son étroite poitrine et adressa un de ces sourires en coin dont il avait le secret à Dante.

    « Tu l’admets avec tant de facilité…
    - Non. »

    Le visage si expressif de Dante se fit plus sérieux. Il jeta son dévolu sur une table du restaurant d’un simple regard (qui affirmait aux autres êtres vivants alentour : « ceci est à moi ») et alla s’asseoir lentement sur l’un des coussins qui l’entouraient. Sans même se retourner, il fit un léger signe de la main à Elie. Celui-ci imagina furtivement le secrétaire du Gouverneur se précipiter aux pieds de son patron tout en rejoignant la table. Il s’assit doucement en face de Dante Santos, s’agenouillant sur un coussin d’une manière toute féminine.

    « Ce sont des faits, je suis obligé de les admettre, reprit le Gouverneur. Et quand je parle de faits, je ne parle pas d’apparences, d’indices douteux… Je parle de faits irréfutables. »

    Elie appuya ses coudes sur la table en hochant la tête pour confirmer les paroles de Dante. Pour ce qui était de déceler la vérité, il s’y connaissait comme personne. Elie posa son menton sur ses mains et un regard attentif sur Dante. Les lèvres de ce dernier s’étirèrent en un sourire doux et un peu mélancolique.

    « Il est dommage que cette immense sagesse ne serve aucune… »

    Elie leva la main pour interrompre Dante.

    « Nous en avons déjà parlé.
    - Les quelques conseils que tu me donnes pour la direction de Babylone ne suffisent pas ! »

    Dante commençait à s’emporter. Enfin, il y avait s’emporter et s’emporter pour M. Santos. Il ne s’emportait pas de la même façon suivant l’estime qu’il avait pour la personne qui lui faisait face. Avec Elie, il se contentait de froncer un peu le sourcil et de hausser légèrement le ton de sa voix.
    Elie fit une moue ennuyée.

    « Mais que veux-tu que je fasse ? Que j’aille voir les dirigeants du Cercle et que je leur dise : « Vous devriez faire ceci, ceci et cela » ?
    - C’est bien ce que tu fais avec moi, répondit Dante, goguenard.
    - Je te connais et tu me connais. Supposons que je sois capable de donner des conseils concernant la politique du Cercle, ce qui me semble fort peu probable ; pourquoi m’écouterait-on ? »

    Dante baissa légèrement la tête, fronça les sourcils et passa doucement son pouce sur sa lèvre inférieure. Elie connaissait cette expression : Dante réfléchissait. Et il avait beau se creuser le citron, Elie avait raison : personne ne l’écouterait à part lui. Et sans doute Gaëtan, par obéissance aveugle (ce que Dante n’approuvait absolument pas). Malheureusement (ou heureusement ?), Gaëtan ne dirigeait pas le Cercle.
    Cependant…

    « Comment peux-tu dire que tu ne t’y connais pas en politique ? L’Empire State Building… C’est grâce à toi, non ? Cet accord tacite avec les pirates que tu me demandes de sauvegarder… Grâce à lui, Babylone est plutôt bien protégée du pillage.
    - Ça, c’est ce que tu constates en tant que politicien. Ça, c’est la raison pour laquelle tu acceptes mon conseil. Mais ce n’est pas la raison qui m’a poussé à te le donner.
    - Comment ? »

    Elie avait perdu une occasion de se taire. Dante le regardait avec des yeux arrondis de surprise et sa voix reflétait un début de colère. Elie pensa qu’il devait mieux mesurer ses propos.

    « Ma raison n’est pas politique, mais stratégique, expliqua-t-il lentement.
    - Qu’est-ce que tu cherches à faire, Elie ? »

    Sur cette question de Dante, les invités suivants pénétrèrent dans la salle Flamey-O. Elie se releva, il devait les accueillir.

    « Sauver la galaxie ! »

    Et le directeur de l’Atome Crochu éclata de rire comme s’il venait de dire la plaisanterie du siècle. Dante, lui, ne riait pas. Il penchait légèrement la tête en avant, fronçait les sourcils et passait son pouce sur sa lèvre inférieure.



    ***




    Elie s’étira longuement en souriant d’aise. Repenser au grand homme qu’était le Gouverneur de Babylone (grand sur bien des plans) semblait lui éclaircir les idées. Dante Santos avait raison quand il disait qu’ils étaient de vieux amis. Ils se connaissaient depuis trente ans. Et Dante n’avait pas manqué de remarquer qu’Elie ne vieillissait pas, contrairement à lui. Mais Dante Santos avait beau vieillir physiquement, il avait su garder toute son énergie. Encore que… Dante Santos était une forte personnalité du Cercle très connue, mais peu de gens savaient comment il était lorsqu’il n’avait qu’une vingtaine d’années. Elie se remémora cette époque avec nostalgie.
    Puis il oublia le passé et jeta ses petites jambes par-dessus le bord du lit. Son maquillage était devenu collant et désagréable, il ressentait un besoin subit de s’en débarrasser. Il enjamba le couple qui dormait toujours sur le tapis et passa dans la petite salle d’eau attenante à la chambre. N’ayant pas de démaquillant à portée de main, Elie ouvrit le robinet du lavabo et entreprit de se débarrasser de la substance collante qu’il s’était volontairement mis sur le visage avec de l’eau glacée. Parfois il se disait que sa volonté d’être une icône de la mode du Cercle le rendait un brin masochiste. Ah ! Où était passée l’époque où il n’avait besoin que de se brosser les cheveux, les attacher en catogan et passer un uniforme ? Mmh… Elie devait avouer que même à cette époque-là il s’attardait sur sa toilette. Crèmes, parfums, savons… Tout avait toujours été bon pour séduire son entourage.
    Le petit propriétaire de l’Atome Crochu attrapa une serviette blanche et s’essuya le visage dessus, y laissant joyeusement les dernières traces de son maquillage. Cela fait, il laissa la serviette tomber sur le sol, comme s’il prenait un malin plaisir à laisser un peu de désordre partout où il passait. Puis il contempla son reflet dans le miroir, avec une satisfaction évidente. Eh bien oui, quoi ! Elie Moon était l’être le plus magnifique de l’univers, il fallait vraiment ne pas avoir les yeux en face des trous pour ne pas s’en apercevoir ! Elie retira son encombrante coiffe dorée et dénoua ses cheveux qui tombèrent en cascade sur ses épaules et dans son dos. À l’origine, sa chevelure était d’un roux très sombre. Mais au fil du temps, elle s’était éclaircie et avait prit cette teinte presque rouge assez curieuse. On pensait parfois qu’il s’agissait d’une coloration. Ce n’était pourtant pas la plus étrange transformation physique qu’avait subie Elie. Ses cheveux poussaient suivant un cycle anormalement long, su bien qu’ils pouvaient atteindre une longueur peu ordinaire, surtout pour un homme. Évidemment, Elie en profitait largement et sa chevelure pourpre descendait en douces vagues jusqu’en dessous de ses fesses. Tout cela n’était pas pour lui donner une allure virile. Mais cela faisait très longtemps qu’Elie avait abandonné toute idée de ressembler à un homme. Il cultivait son apparence androgyne en portant des vêtements toujours plus ambigus. Évidemment, Elie avait gardé sa peau lisse de jeune garçon. Elle avait toujours été très pâle et très fine, mais à présent elle semblait presque translucide, lui donnant des faux airs de vampire. Enfin, bien sûr, les reflets dorés étaient plus que jamais présents dans ses yeux aux iris originellement brun clair.
    Elie adressa un sourire ravageur à son reflet. Il n’y avait pas à dire : l’immortalité, ça le réussissait !

    Lorsqu’Elie Moon daigna enfin diriger un tant soit peu ses pensées vers autrui, il se détourna du miroir, éteignit la lumière de la petite salle d’eau et revint dans la chambre à coucher. Il mit ses poings sur ses hanches et contempla la scène. Gaëtan dormait toujours dans le fauteuil. La soirée avait dû être éreintante pour lui. Elie aurait voulu faire quelque chose pour lui, mais, bien qu’il était plus fort qu’il n’en avait l’air, il se voyait très mal traîner le grand corps du jeune homme jusqu’au lit. D’ailleurs, la danseuse avec une grosse poitrine avait profité de l’absence d’Elie pour s’étaler sur toute la largeur du matelas. Le directeur jeta un œil aux deux jeunes gens endormis sur le tapis. Elie se creusa la cervelle pour se souvenir d’eux, mais rien n’y fit. Il avait dû les rencontrer en fin de soirée. Elie ne buvait pas souvent autant que durant la soirée précédente. Il n’aimait pas trop ne pas se souvenir de ce qu’il avait fait.
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    Re: Le Chevalier

    Message par Elie Moon le Ven 12 Déc 2008 - 14:08

    Un léger gémissement attira l’attention d’Elie : c’était l’adolescent qui se réveillait. Elie s’approcha de lui et se pencha au-dessus de lui tandis qu’il se relevait péniblement pour s’asseoir contre le bord du lit. Il avait de toute évidence une sacrée gueule de bois.

    « Ça va ? Chuchota Elie. »

    Le gamin se frotta les yeux avant de les ouvrir pour regarder Elie d’un air hagard.

    « Non, répondit-il d’une voix rauque. »

    Elie ricana doucement. Le garçon commença à se mettre debout avec difficulté. Elie attrapa son bras pour l’aider. Après tout, il faisait partie de ses invités et il ne serait pas dit qu’Elie Moon est un mauvais hôte. Le jeune regarda autour de lui, ne reconnaissant de toute évidence pas l’endroit où il se trouvait. Elie vit une lueur de panique s’allumer dans son regard.

    « Où suis-je ? Rauqua-t-il.
    Dans une chambre du lupanar de l’Atome Crochu, on dirait bien, répondit simplement Elie.
    Dans une… »

    Le jeune homme tourna un regard paniqué vers Elie Moon.

    « Non, je ne suis pas une prostituée, dit-il d’un ton moqueur. »

    Mais le garçon n’avait pas l’air franchement rassuré. Elie soupira.

    « Nous n’étions pas en état d’aller où que ce soit. Gaëtan nous a amené dans cette chambre vide le temps que nous récupérions un peu.
    Gaëtan ?
    Mon euh… Majordome. »

    Le garçon hocha douloureusement la tête, prêt à croire tout ce qu’on voulait. D’ailleurs, cette histoire était tout à fait vraisemblable. Cela s’était probablement passé comme ça.

    « Quelle heure est-il ?
    Je ne sais pas… Peut-être six ou sept heure du matin, répondit Elie en jetant un œil à la faible lumière qui traversait les rideaux clos de la fenêtre. »

    L’adolescent poussa un long gémissement.

    « Mes parents vont me tuer !
    Première soirée arrosée ? Fit Elie en penchant légèrement la tête de côté.
    Ouais… Pas aussi bien que je le pensais.
    Ça… »

    Brusquement, le garçon se redressa et dégagea son bras de l’étreinte d’Elie. Il le dévisagea en plissant les yeux. Elie remarqua que l’adolescent était déjà plus grand que lui. Le directeur de l’Atome Crochu carra instinctivement les épaules et redressa sa colonne vertébrale.

    « Au fait, vous êtes qui ?
    Je suis Elie Moon, voyons ! »

    Le garçon ouvrit béatement la bouche, complètement ahuri.

    « C’est vrai ?
    Évidemment. Ça se voit non ?
    Oui… Oui, c’est vrai, dit le jeune garçon, tout penaud.
    Bon, je vais te raccompagner chez tes parents, dit brusquement Elie en enjamba la danseuse qui était toujours allongée sur le tapis pour se diriger vers la porte.
    Hein ? Quoi ? Mais vous ne pouvez pas !
    Pourquoi ? fit Elie d’un air surpris.
    Eh bien parce que vous êtes Elie Moon.
    Et ?
    Et vous ne raccompagnez pas les gens. Vous êtes le directeur de l’Atome Crochu.
    Je ne te suis pas, mon garçon.
    Mon garçon ?
    Oui, je suis plus vieux que toi. »

    L’adolescent avait l’air perdu et méfiant tout à la fois.

    « Vous êtes sûr ?
    Bien sûr que je suis sûr. Je suis plus vieux que tout le monde ici.
    Ici, dans cette chambre ?
    Non, ici dans cette galaxie. Sans compter les ordinateurs à personnalité, bien sûr.
    Vous êtes sûr que vous êtes en état de me raccompagner ? »

    Elie étouffa un éclat de rire.

    « Mais oui, rassure-toi, je plaisantais. »

    Ou pas.

    « Descends dans le hall principal. Je vais me changer et je te rejoindrais. Il ne faudrait pas que tes parents te voient accompagné d’un fêtard aux vêtements tous fripés ! »



    ***




    Le hall de l’Atome Crochu avait une allure étrange dans la lumière du matin. Il avait des airs de palace de luxe plutôt sage et non d’un endroit où l’on faisait la fête toute la nuit. Tout était désert, plongé dans une profonde torpeur. Seuls les agents de la sécurité se dressaient encore devant les portes, telles des statues, comme s’ils n’avaient pas bougé d’un centimètre de toute la nuit. Ce qui était ridicule, l’adolescent le savait. Ils devaient être remplacé régulièrement. Mais le jeune garçon n’avait jamais vu ces changements, ni aucun autre client, semblait-il.
    Quelques minutes à peine après que le garçon fut arrivé dans le hall, Elie Moon s’approchait déjà de lui en enfilant d’élégants gants blancs. Cela ne correspondait pas à sa réputation. On disait toujours de lui qu’il ne lui fallait pas moins d’une heure pour s’habiller. Sa rapidité tenait peut-être aussi du fait qu’il connaissait bien mieux l’immeuble que le jeune garçon, mais tout de même.

    « Vous avez fait vite, fit remarquer le garçon.
    Je ne voulais pas te faire attendre. »

    Elie avait une tout autre allure, à présent : il avait noué ses cheveux en vague chignon derrière sa nuque et revêtu un uniforme des employés de l’Atome crochu qui accueillaient les visiteurs arrivant en speeder. Il ressemblait presque à un jeune homme tout à fait sérieux. Seule sa longue chevelure paraissait un peu incongrue dans ce nouvel accoutrement.

    Elie Moon dépassa le jeune homme d’un pas vif et lui fit un signe de la main.

    « Suis-moi. »

    Le jeune homme obéit et suivit Elie qui se dirigeait à grandes enjambées vers une des sorties du hall. Il avait l’air frais comme un gardon, comme si la soirée précédente n’avait jamais eu lieu. Le jeune garçon envia son aisance tandis qu’il descendait les marches d’un escalier d’un pas encore chancelant. Elie le mena jusque dans un garage privé que le garçon n’avait encore jamais remarqué. Ils s’arrêtèrent devant un long speeder décapotable noir et lustré, aux formes légèrement arrondies.

    « La vache !
    Tu montes ? Fit Elie, non sans quelque fierté.
    Si mes potes pouvaient voir ça… Marmonna le garçon en se glissant sur la place du passager du luxueux speeder. »

    D’un bond agile, Elie se retrouva derrière les commandes de l’engin. Il passa son pouce sur un système de reconnaissance digitale et le moteur s’alluma dans un doux ronronnement.

    « À quelle adresse dois-je mener monsieur ? demanda Elie d’un ton faussement servile. »

    Le garçon donna promptement l’adresse de ses parents. Le speeder s’éleva doucement dans les airs. Elie le fit sortir du garage et la porte se referma derrière eux. Il s’engagea dans l’une des artères aériennes de Babel. C’était la fin de la semaine et personne n’allait au travail. Le soleil levant éclairait les surfaces lisses des immeubles d’une lumière orange assez vive. Elie emprunta des voies de circulations complètement désertes. De toute évidence, il conduisait souvent et connaissait la ville sur le bout des doigts. L’adolescent lui adressa un regard admiratif. À cet instant, il se fichait de tout ce qu’Elie pouvait représenter d’autre. Le directeur de l’Atome Crochu était habillé avec classe. Il conduisait un magnifique speeder en quelques caresses sur le volant et empruntait des routes aériennes que lui seul semblait connaître. En somme, Elie Moon était cool.
    On disait de lui que c’était un dépravé, les plus fanatiques allaient jusqu’à le considérer comme l’incarnation du démon. Il ressemblait à une femme et il en jouait. Il était d’un égocentrisme inégalé, il se comportait comme un gamin, il était capricieux et puéril.
    Mais il était cool et l’adolescent pouvait tout pardonner à quelqu’un d’aussi cool. Et puis après tout, ce qu’on racontait sur son compte n’était peut-être pas vrai… le gamin décida d’engager la conversation.

    « On dit beaucoup de chose sur vous…
    Évidemment. Je serais vexé si ce n’était pas le cas. Imagine un peu, avec tout le cirque que je fais, si on ne parlait pas de moi !
    Je voulais dire qu’il y a beaucoup de gens qui disent du mal de vous…
    Ça, mon garçon, c’est tant mieux. Dire du mal de quelque chose, c’est la meilleure des publicités.
    Mais est-ce que c’est vrai tout ce qu’on dit sur vous ? »

    Elie jeta un œil au jeune homme avant de lui répondre.

    « Ça dépend… Qu’est-ce qu’on raconte sur moi ?
    Il y a plein d’hypothèses sur votre âge.
    Mais aucune n’est la bonne. Enfin, s’il fallait choisir celle qui se rapproche le plus de la réalité je choisirais celle de la chirurgie plastique.
    Bon… On dit aussi que vous êtes hermaphrodite, ou encore que vous étiez une femme et que vous avez changé de sexe… Même que vous êtes une femme qui n’a absolument pas changé de sexe. Je crois aussi qu’il y en a qui disent que vous êtes un homme qui a changé de sexe. »

    Elie éclata de rire.

    « En somme, on dit tout et son contraire. Pourtant, la réponse est toute simple. Je suis un homme depuis toujours. Aussi bien physiquement que mentalement, il n’y a pas de doutes à avoir là-dessus. Qu’est-ce qu’on dit d’autre ?
    On dit que vous êtes un suppôt de Satan.
    Ne me dis pas que tu y crois !
    Non, mais on sait jamais, vous êtes tellement surprenant.
    Merci, répondit Elie, le prenant comme un charmant compliment.
    On dit que vous êtes très narcissique, très égocentrique et que seule votre personne compte. On dit que vous vous prenez pour le centre de l’univers, que vous vous imaginez avoir un rôle primordial au sein de l’humanité, que sans vous, elle ne pourrait pas exister. »

    Elie eut un sourire un peu triste. C’était amusant comme les rumeurs pouvaient se nourrir d’un fond de vérité sans vraiment y faire attention. Il hésita un moment. Il ne savait pas à quel point il pouvait se montrer honnête avec le garçon. Il décida de ne pas trop en dire.

    « C’est en partie vrai. Je suis très narcissique. Je me prends pour la première merveille de l’univers, mais… C’est un peu un jeu. Cependant, je reste profondément persuadé que je suis un être exceptionnel. Et je crois qu’on devrait tous le penser un peu, de temps à autre. Par contre, je ne pense pas que seule ma personne compte. À ma façon, j’aime bien aider mon prochain. Sinon, est-ce que je t’aurais proposé de te raccompagner ? Enfin, je ne crois pas du tout être le centre de l’univers. Mais sans moi, l’humanité n’existerait pas, c’est évident. Seulement, personne ne me croit quand je dis ça. Les gens sont si obtus de nos jours… »

    Il éclata de rire pour alléger ses propos. Mais ce n’était pas tout à fait vrai. Il y avait deux personnes dans cette galaxie prêtes à croire qu’Elie Moon avait déjà sauvé l’humanité. Ces deux personnes étaient Gaëtan et Dante.

    « Il y a souvent une part de vérité dans ce qu’on dit, reprit Elie. C’est vrai que je passe le plus clair de mon temps à m’amuser. En ce moment. Mais cela n’a pas été toujours le cas. Je suis bien plus vieux que tu peux l’imaginer et je fais un nombre incalculable de choses dans ma vie. Je sais faire plein de choses, interpréter une multitude de rôle. Je peux changer de peau très facilement. Mais je ne peux que rarement m’empêcher de prendre beaucoup de place. Quand j’étais jeune, j’étais coincé dans un petit monde étriqué. Depuis que j’en suis sorti, je ne peux plus me passer de ma liberté. J’aime qu’on me laisse faire ce que je veux, quand je veux et où je veux. Mais je n’oublie pas pour autant mes responsabilités. D’autant plus que mes responsabilités me conviennent. La place que j’ai dans cette galaxie me convient et j’aime à croire que ça se voit.
    Ça se voit, en effet, dit l’adolescent à voix basse.
    Merci, répéta Elie. »

    Le speeder noir ralentit son allure et s’arrêta devant un bel immeuble de Babel.

    « C’est bien là ?
    Oui.
    Tu veux que j’aille rassuré tes parents ?
    Oui, s’il vous plait. »

    Ils descendirent tous deux du véhicule et entrèrent dans le bâtiment.
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    Re: Le Chevalier

    Message par Elie Moon le Ven 12 Déc 2008 - 14:10

    Bon, ben ça y est, j'ai fini... J'ai du mal à en revenir moi-même.
    Désolée, ça m'a pris un temps fou et c'est super long sans être extraordinaire... J'espère que j'ai pas laissé trop de fautes dans la dernière partie... Je relirai le tout une autre fois.

    Mais au moins...

    Elie Moon est parmi nous! \o\ \o/ /o/
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    Re: Le Chevalier

    Message par Gaëtan Théodicée le Ven 12 Déc 2008 - 16:07

    Maîîîîîîîîîîître ! *saute sur Elie, lui arrache ses vêtements, et plante un immense panneau "Censuré" devant eux.


    Ben quoi, on se défrustre comme on peut hein ^^'

    Oserais-je dire "bienvenue" ?

    Vivement notre prochaine séance de brossage ! \o/

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    Re: Le Chevalier

    Message par Ariel McLamb le Ven 12 Déc 2008 - 16:55

    ***fan***
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    Re: Le Chevalier

    Message par Invité le Ven 12 Déc 2008 - 17:32

    Bienvenue à Elie Moon ! \o/

    Et vivement qu'on le voit un peu en jeu =)
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    Re: Le Chevalier

    Message par Elie Moon le Ven 12 Déc 2008 - 17:54

    Merciiii! ^___^
    Oui, vivement Elie Moon dans le jeu. ^^
    Et puis je pense qu'il cherchera un moyen de se réconcilier avec le Furil plus tard. Il a tellement de style!
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    Re: Le Chevalier

    Message par Gilad Antilles le Ven 12 Déc 2008 - 19:08

    Ca c'est d'la fifiche! Bienvenue Elie!
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    Re: Le Chevalier

    Message par Neklas Aéris le Ven 12 Déc 2008 - 20:08

    Elie ! Bienvenue à toi ô perso de notre TCAV ! Et belle fifiche ...


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    Re: Le Chevalier

    Message par Ariel McLamb le Ven 12 Déc 2008 - 22:16

    Elie Moon a écrit:Merciiii! ^___^
    Oui, vivement Elie Moon dans le jeu. ^^
    Et puis je pense qu'il cherchera un moyen de se réconcilier avec le Furil plus tard. Il a tellement de style!
    Ce serait un honneur que d'être l'ami d'un être avec tellement de classe *_*

    (mais ce serait à mon avis très néfaste pour la santé mentale de leur entourage immédiat Razz)

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    Re: Le Chevalier

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