Rencontre d'un autre type {#001}

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    Simon Anderson
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    Message par Simon Anderson le Dim 1 Fév 2009 - 18:05

    Simon ne mit pas longtemps avant d’arriver de nouveau dans les coursives des compartiments de l’équipage. Il lui fallait maintenant trouver la bonne cabine. Le blondinet se mit alors à scruter les étiquettes électroniques qui nommaient le propriétaire des chambres. Finalement, il débusqua celle qu’il recherchait : « Delphane Brumaire » étincelait doucement dans la lueur du couloir. Simon eut un petit sourire. Voilà. Il y était. Il allait rencontrer la plus brillante informaticienne spécialisée en Intelligence Artificielle que comptait ce vaisseau. Simon aurait eu de quoi être nerveux, s’il avait été du genre à s’angoisser de ce que peuvent penser les gens de lui.
    Sans plus réfléchir, il regarda autour de la porte. La sonnette devait bien être quelque part. Tandis qu’il gesticulait, tendant le cou, se ratatinant de l’autre côté au fur et à mesure de sa recherche, le contact froid et caoutchouteux de la combinaison frottait avec sa peau nue. Quelque part dans sa cervelle, une connexion synaptique eut lieu et le garçon se figea dans une position égale à une ballerine. Sauf que le blondinet étant un informaticien, le résultat fut plutôt une dégringolade qu’une parfaite figure de style. Il se rattrapa néanmoins tant bien que mal, une seule pensée en tête :

    *Merde ! Je suis encore à poil là-dessous !*

    Il repartit au sec en courant, du moins en essayant. Simon n’était pas habitué à ces combinaisons et il avait plus l’air d’un bibendum que d’un homme de l’espace.
    Sa maman lui avait toujours rappelé qu’il était préférable d’être convenablement vêtu lorsqu’on rencontrait une personne pour la première fois. D’autant plus, s’il s’agissait d’une femme.
    Arrivant en catastrophe devant sa propre cabine, il chercha avec frénésie sa carte magnétique, la trouva, l’inséra dans le capteur et déverrouilla la porte. Il s’élança à l’intérieur avec toute sa fougue… pour se retrouver immédiatement le nez par terre, taclé par quelque chose.

    "Aoutch…" fit-il plus pour la forme que pour la douleur.

    Relevant doucement la tête, il prit le parti de reprendre les choses doucement. Trop de précipitation renversait l’entrepreneur, apparemment. Le blondinet profita alors de l’isolement de sa cabine pour retirer la combinaison qui prit un malin plaisir à résister et à se coller à ses poils. Grimaçant, il s’extirpa finalement de cette seconde peau. Enfin mué, il ouvrit son placard pour voir dévaler ses affaires.

    "Ahem…" fit-il en soulevant un sourcil. "Ca y est ? Tout le monde est sorti ?"

    Accroupi, il farfouilla dans le tas et en ressortit de quoi s’habiller. C’est ainsi qu’il enfila un polo rayé bleu à manche longue, un pantalon beige et l’autre chaussette qui était resté sur place tout ce temps.
    Il passa un rapide coup d’œil à son miroir et jugeant qu’il était maintenant présentable, il s’en retourna à sa combinaison. Râlement intérieurement contre les normes de sécurité, il retint sa respiration durant l’opération.

    Enfin prêt, il referma sa porte derrière lui et s’en alla de nouveau vers sa mission. Avec le même tintement métallique qui rythmait ses pas, il fut de nouveau, cinq minutes plus tard, devant la porte de la charmante demoiselle. Enfin, charmante, il le supposait. Car après tout, Simon n’avait jamais eu l’honneur d’être présenté en chair et en os à Melle Brumaire. Il l’avait bien aperçue de ci de là, parfois, mais ils avaient été occupés tous les deux à diverses tâches incompatibles qu’au final, malgré ces deux mois commun, ils ne s’étaient jamais parlé.
    Il était temps de réparer les choses. Surtout que maintenant, Simon allait travailler avec elle. Ragaillardit par cette pensée, il se redressa et appuya enfin sur l’intercom.

    Une minute ou deux passèrent dans le silence le plus complet, tandis que le blondinet affichait toujours son sourire content. Il n'avait pas bougé d'un souffle.
    Quand la quatrième passa le relais à la cinquième, Simon était en plein débat intérieur : devait-il de nouveau signaler sa présence ? Non ! Il passerait pour un rustre impatient, qui croit que le monde tourne autour de sa personne. Mais en même temps, elle ne l'avait peut-être pas entendu ? La sonnerie pouvait être défectueuse et...
    Simon croisa les bras et pencha la tête sur le côté gauche en une petit moue de réflexion.
    Il ne voulait pas paraître impoli en insistant trop lourdement. Mademoiselle Brumaire pourrait mal le prendre et leur relation pourrait commencer sur un malentendu, un préjugé éhonté. Non non. Simon devait être patient et attendre qu'elle se manifeste....

    ...ou pas. Cinq minutes plus tard, Simon était toujours là et aucune femme ne lui avait ouvert sa porte. Il commencait légèrement à s'inquiéter. Si ca trouve, la sonnerie ne marche pas et la demoiselle se sent fort mal et elle a besoin d'aide mais ne peut prévenir personne !

    *Mon Dieu !*

    Le bras de Simon bougea si vite qu'il ne se rendit compte qu'il avait le doigt sur l'intercom qu'au son de la musique.

    "Mademoiselle Brumaire ?" appela-t-il. "Voudriez-vous bien m'ouvrir, s'il vous plait ? Je souhaiterais vous parler."

    Voilà, ça, c'était poli et courtois. Parfait pour débuter une conversation entre gens civilisés.
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    Delphane Brumaire
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    Message par Delphane Brumaire le Jeu 5 Fév 2009 - 20:48

    L'atmosphère de la cabine était tranquille, mais pesante. Il y régnait une chaleur étouffante. On n'entendait que le ronronnement régulier des ordinateurs. Quelques LEDs multicolores combattaient l'obscurité poisseuse, mais la source principale de lumière venait d'une jeune femme qui semblait assise par terre, les genoux ramassés sous le menton, et qui observait fixement le lit en face d'elle.

    Pour un observateur un tantinet plus aguerri, la jeune femme n'était pas seulement étrange par le fait qu'il émanait de la lumière d'elle. Non, elle était également étrange parce qu'elle flottait au-dessus du sol, au lieu d'y être assise. Et si l'observateur en question était un tant soit peu au courant des technologies ayant cours en 3333, il aurait reconnu sans mal le projecteur holographique posé sous la jeune femme.

    Copp regardait Delphane. Elle savait que sa créatrice avait passé un très mauvais moment, quelques heures plus tôt. Delphane s'était enfermée dans sa cabine et avait pleuré pendant ce qui avait semblé à Copp être des heures. Puis elle s'était endormie, exactement comme un enfant après un gros chagrin.

    Copp, ne sachant pas quoi faire d'autre, avait décidé de veiller Delphane. Elle aurait bien voulu appeler quelqu'un, mais Delphane ne l'avait pas reconnectée au réseau du vaisseau. Sa seule façon de communiquer avec le monde extérieur, c'était son interface holographique. Et puisqu'elle était coincée dans la cabine fermée à clé, elle n'avait rien de mieux à faire que de veiller Delphane et la réconforter à son réveil.

    Copp connaissait Delphane depuis que celle-ci avait quatorze ans. A l'époque, elle-même n'était qu'une I.A. aux capacités limitées, mais tout ce qu'elle avait enregistré depuis lui était resté en mémoire. Elle avait vu Delphane aux plus sombres heures de sa vie, elle l'avait vue regagner un peu d'espoir et de joie de vivre lors de ses études en informatique, puis elle l'avait vue s'isoler et se laisser lentement dépérir.

    Copp était à ce jour la personne qui connaissait le mieux Delphane. Delphane s'était longtemps confiée à elle. Par exemple, même si elle n'avait jamais connue la mère de Delphane, elle en avait tellement entendu parler qu'elle en savait presque autant que sa créatrice. Delphane lui avait d'ailleurs confié des enregistrements destinés à rester secrets. Copp ne les avait jamais visualisés. Elle restait programmée pour obéir à Delphane. Et puis, de toute manière, elle respectait trop Delphane pour faire quelque chose qui pourrait la blesser.

    Copp fut tirée de ses pensées par le "buzz" de l'intercom. Elle se redressa vivement. Quelqu'un voulait voir Delphane ! C'était peut-être la seule occasion qu'elle aurait d'aider la jeune femme !


    Delphane... Delphane !... Delphane !!

    L'informaticienne grogna et se retourna, dos à Copp. Celle-ci décida d'insister.

    Delphane, il y a quelqu'un à la porte ! Lève-toi, va lui ouvrir ! C'est peut-être important !

    Delphane tourna la tête et regarda Copp dans les yeux. Ce regard fit beaucoup de peine à l'intelligence artificielle. C'était un regard qui voulait dire : "Laisse-moi seule". Ou, en d'autres termes, pour Delphane, cela voulait dire : "Laisse-moi crever".

    Mais il n'en était pas question. Alors que sa créatrice se recroquevillait de l'autre côté du lit, Copp se mit à crier :


    Ohéééé ! On est là ! C'est coincé, venez nous ouvrir !

    Cette fois-ci, Delphane bondit hors du lit, l'air furieux.

    Mais t'es complètement malade, ou quoi ?
    Delphane, ouvre ! Ça ne sert à rien de rester enfermée comme ça !
    Qu'est-ce qui te permet de croire que tu sais mieux que moi de quoi j'ai besoin ?
    Parce que je te connais ! Et tu sais pertinemment pourquoi ! Et au fond de toi, tu n'as qu'une seule envie, que cette personne sonne de nouveau, que tu lui ouvres, et qu'elle vienne t'aider, qu'elle soit capable d'écouter quand tu as besoin de parler, qu'elle soit capable de t'aimer sans te juger, qu'elle t'aide à mieux... Mieux...

    Copp cherchait ses mots, et Delphane, l'air toujours furieux, explosa. Elle hurlèrent exactement au même instant :

    ... COMPRENDRE !
    ... COMPRENDRE !

    Et à cet instant là, une troisième voix vint s'ajouter à celles des deux jeunes femmes : celle de la sonnerie de l'intercom. Suivie d'une voix d'homme.

    Le silence retomba tout à coup dans la cabine. Visiblement, la personne - l'homme ! - était toujours là. Copp ne bougea plus. Delphane semblait hésiter.

    Puis, sans crier gare, elle enjamba les machines toujours en route et posées au sol, et se rendit près de l'interphone. Copp ne pouvait pas voir son visage, et cela l'inquiétait. Puis Delphane appuya sur un bouton, et la porte émit une sorte de soupir, sans pour autant s'ouvrir.

    La jeune femme fit volte face, lança un regard froid à Copp, et retourna s'allonger sur son lit.

    Copp était rassurée. Delphane avait au moins déverrouillé la porte. Cela voulait dire qu'elle autorisait enfin quelqu'un à l'aider, qui que ce soit.


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    Message par Simon Anderson le Ven 6 Fév 2009 - 12:35

    « Enfin c’est comme vous voulez, hein. Si vous préférez, je peux… Ah ! »

    De son côté de la porte, Simon tentait tant bien que mal d’instaurer un dialogue lorsque la porte émit un léger soupir. Là, aux aguets, les yeux remplis d’espoir, il patienta… patienta…encore… et encore… et rien ne bougea.

    « Ah… » fit-il un peu déconfit.

    Que devait-il faire maintenant ? La porte avait bien été déverrouillée mais n’avait pas été ouverte pour autant. Etait-ce une invitation ? Ou bien une sorte d’épreuve faite pour sa courtoisie ?

    Le blondinet adopta de nouveau sa position de réflexion : bras croisés et tête penchée sur la gauche, avec petite mine boudeuse. Puis il se récapitula ce qu’il savait à propos de la demoiselle : de l’avis des autres, elle n’était pas sociale, mais alors carrément pas. Elle avait un caractère de cochon (épargnant ainsi la gent canine) mais était particulièrement brillante dans son domaine, à défaut de briller de par sa présence. En effet, Simon avait entendu dire que Demoiselle Brumaire était plutôt très effacée comme femme et ne faisait absolument pas attention à son apparence physique. Comme si ce détail allait déranger l’informaticien. Il se dit, un peu joueur, qu’ils pourraient profiter l’un et l’autre de leur goût vestimentaire et tenter de nouvelles expériences dans le domaine.

    Simon secoua la tête et tenta de reprendre son sérieux et retourna son attention sur la porte. Si la demoiselle était si asociale, elle ne l’aurait pas déverrouillée et aurait envoyé l’homme paître ailleurs. Mais il n’y eut que le déclic et non la semonce. Etait-ce un signe de bonne volonté ? Acceptait-elle de le rencontrer ? Ce déclic pouvait très bien être un énorme pas, pour elle. Et Simon se devait d’y répondre. Si c’était le cas. Mais le blondinet ignorait encore comment pensait la jeune femme.

    Il se débattait déjà depuis plusieurs minutes quand son sens de la ponctualité le saisit tout entier. Cela ne se faisait pas de faire attendre une Dame ! Simon devait donc réagir.
    Prenant le parti de l’hypothèse la plus probable : l’énorme pas qu’elle avait consenti à faire en déverrouillant sa porte, Simon se décida à entrer dans la cabine.

    Au moment où il mettait la main sur la poignée, prêt à actionner le mécanisme, il se retint une dernière fois.

    *Une petite minute ! C’est la chambre d’une Dame ! Tu ne peux pas entrer comme ça, voyons. Si jamais elle ne voulait pas que tu voies certaines choses de son intimité… sous-vêtements, tout ça… Oui ! Il te faut quelque chose, mon vieux, pour te garder d’embarrasser la demoiselle !* pensa-t-il à un rythme effréné.

    Là, il se fit une rapide inspection sur lui-même mais ne trouva rien qui aurait pu lui servir de bandeau. Pas le moindre bout de ficelle ou de tissu suffisamment allongé pour… Mais si !
    Tapant du poing sur sa paume en un « Eurêka ! », Simon commença à se dévêtir. Non pas que cela relevait d’une habitude chez lui, mais il venait tout simplement de mettre la main sur un bandeau idéal. Enfin façon de parler.
    Une fois, une jambe hors de la combinaison, il saisit son pied et quelques cloche-pied plus tard, il retira victorieusement sa chaussette noire !

    « Tada ! » fit-il tout fier.

    Avant de se passer son bandeau de fortune sur les yeux, il se dit qu’il devrait quand même se rhabiller et c’est ainsi qu’il remit une nouvelle fois sa combinaison anti-vide. Une sensation étrange le prit au pied droit, maintenant nu, mais il se dit que cela lui passera, question d’habitude.
    Fin prêt, Simon passa sa chaussette sur ses yeux et la noua derrière son crâne. Heureusement pour lui, c’était une chaussette propre et les odeurs étaient ainsi très limitées.
    A tâtons, il attrapa la poignée et actionna l’ouverture de la porte.

    « Bonjour bonjour, gent demoiselle ! » salua-t-il de bon cœur en entrant dans la cabine.

    L’aventurier s’arrêta net, cependant, alors qu’une grande chaleur le saisit et que son pied venait de bousculer quelque chose qui émit un son métallique contre sa botte.

    « Oups.. »

    Soulevant délicatement sa chaussette, il aperçut qu’il venait de butter dans un ordinateur.

    « Oh saint William Henry, père des programmeurs ! » jura-t-il devant le blasphème qu’il venait malencontreusement d’accomplir. « Milles excuses, Mademoiselle, j’ignorais que… »

    Sa voix se perdit lorsque finalement il ôta complètement son bandeau et observa la pièce dans son ensemble. Côté capharnaüm, Simon venait de se découvrir une collègue à son niveau. Mais celui de la jeune femme était beaucoup plus électronique que le sien. La chaleur était étouffante et il suffoquait presque dans sa combinaison.

    « Miséricorde. » souffla-t-il devant l’ampleur de la chose.

    Il se trouva bien chanceux d’avoir suffisant d’espace où pouvoir se mettre. Tout d’un coup, dans un « viuuut ! » la porte se referma derrière lui, le faisant sursauter. Puis il reporta son attention sur la seule source de lumière de la cabine. Une demoiselle. Un superbe hologramme, projeté à même le sol. L’esprit analytique et informatique de Simon se mit immédiatement en marche mais fut stoppé net par le regard qu’il reçut. Inclinant la tête en guise d’excuse, Simon remit à plus tard son expertise de l’hologramme. Pour le moment, le plus urgent à faire était :

    « Vous permettez que je me dévêtisses ? Enfin pas trop hein ! Promis ! Juste la combinaison anti-vide. Votre chaleur est si accueillante qu’il serait offensant de rester ainsi paré. »

    Grâce à la lumière de l’hologramme, Simon put voir que sa nouvelle collaboratrice lui tournait le dos. Il en profita donc pour retirer son vêtement protecteur, en soupirant d’aise.

    « Aaah ! Voilà qui est mieux. Mais j’en deviens totalement impoli ! Pardonnez- moi ! Je me présente, Simon Anderson, pour vous servir. »

    Il alla même jusqu’à effectuer une petit révérence, à la mode des anciens holos.
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    Delphane Brumaire
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    Re: Rencontre d'un autre type {#001}

    Message par Delphane Brumaire le Dim 1 Mar 2009 - 13:01

    Delphane s'était de nouveau allongée, mais elle ne s'était pas rendormie. Elle se sentait vide de sentiments et d'émotions. Elle avait de nouveau tourné le dos à Copp. Celle-ci restait silencieuse. Delphane savait qu'elle attendait que le visiteur entre dans la cabine. Elle savait aussi que Copp s'inquiétait pour elle.

    Bah... A quoi bon ?

    Pourtant, Delphane, elle aussi, attendait le visiteur. Contrairement à ce qu'elle avait pensé, dormir ne l'avait pas protégée de ses sombres pensées. Et elle ne se sentait pas capable de retoucher à un ordinateur pour le moment.

    C'était une situation qu'elle n'avait pas vécue depuis des années. Elle s'était habituée à se réfugier dans la programmation quand ça n'allait pas. Mais sans ordinateur pour la soulager... Elle n'avait plus rien. Elle était seule.

    C'était pour cette raison qu'elle avait laissé Copp dans son interface holographique. Mais Copp et elle se ressemblaient trop. Delphane savait que Copp comprenait ce qui se tramait en elle, et elle ne le supportait pas. Bizarrement, elle avait encore plus mal de savoir que quelqu'un la comprenait. Même si ce quelqu'un n'en était pas vraiment un...

    Delphane avait besoin d'une vraie personne, qui saurait lui remonter le moral et lui tenir compagnie quelques temps. Quelqu'un de délicat et de compréhensif, quelqu'un qui ne la mépriserait pas et qui saurait lui rendre le sourire... En fait, il lui fallait quelqu'un comme Marc.

    La porte s'ouvrit enfin.


    Bonjour bonjour, gente demoiselle !

    Delphane fronça les sourcils. Ce n'était pas Marc. Et pour combler le tout, l'homme venait de shooter dans un client léger.

    Oups... Un silence. Oh saint William Henry, père des programmeurs ! Milles excuses, Mademoiselle, j’ignorais que… Miséricorde.

    Mais qu'est-ce qu'il voulait, à la fin, cet olibrius ? Et puis, qui ça pouvait bien être, pour commencer ? Lentement, Delphane se retourna vers lui. Au même instant, la porte se referma automatiquement, de sorte que l'homme sursauta, et qu'il ne vit pas que Delphane le regardait. La jeune femme jeta un œil à Copp : celle-ci dévisageait le nouveau venu. Elle était probablement en train d'analyser la situation pour décider du comportement à suivre. Cette espèce de sollicitude que Copp avait à son égard énervait Delphane, et elle se retourna de nouveau. Tout à coup, elle n'avait plus envie de voir l'intrus.

    Vous permettez que je me dévêtisses ? Enfin pas trop hein ! Promis ! Juste la combinaison anti-vide. Votre chaleur est si accueillante qu’il serait offensant de rester ainsi paré.

    *... Qu'il se quoi ?? Ma chaleur est... Mais... Mais qu'est-ce qu'il raconte, celui-là ?*

    Delphane n'osait pas se retourner, cette fois-ci. L'intrus avait bien précisé qu'il n'ôterait que sa combinaison anti-vide, mais... On ne savait jamais.

    Aaah ! Voilà qui est mieux. Mais j’en deviens totalement impoli ! Pardonnez- moi ! Je me présente, Simon Anderson, pour vous servir.

    Delphane, plus tendue que jamais, ne bougea pas. Avec un peu de chance, si elle respirait à peine, il croirait qu'elle dort et il partirait.

    Ou bien il penserait qu'elle ne va pas bien, et il appellerait quelqu'un. Quelqu'un comme un médecin. Un médecin comme Endy.

    Delphane se retourna prestement, et dévisagea le dénommé Simon.

    A cet instant du récit, le lecteur s'attendrait à ce que Delphane émette un jugement quelconque sur Simon. On a beau répéter à tort et à travers « je ne te juge pas », ou encore « il faut être objectif », nous sommes faits pour juger nos pairs, d'une manière ou d'une autre. La première impression, le « feeling »... sont une forme de jugement. Et quand un monsieur Tartempion tombe sur un homme au physique aussi étonnant que celui de Simon (pour mémoire : grand, cicatrice sur le visage, habillé n'importe comment, grand sourire béat), il ne peut s'empêcher d'émettre un jugement. Qu'il soit négatif (« Quel je-m'en-foutisme ! ») ou positif (« Coooooool, la dégaine ! »).

    Pourtant, Delphane n'eut absolument aucune réaction en regardant de plus près Simon. Était-ce parce qu'elle était moralement harassée ? Ou parce qu'elle avait perdu toute joie de vivre depuis des années ? Ou parce que Simon ne détonnait pas du tout dans le bordel ambiant ?

    Toujours est-il que Delphane se contenta de dévisager Simon, et de lui demander, d'une voix lasse :


    Qu'est-ce que vous me voulez ?


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    Message par Simon Anderson le Dim 15 Mar 2009 - 14:19

    Tandis que l’informaticien se relevait doucement de sa révérence, la demoiselle se retourna vivement vers lui. Surpris, il faillit sursauter. Ainsi, au lieu de faire un bond en arrière et risquer d’endommager quel matériel que ce soit, son pied droit se souleva juste légérement avant de se remettre immédiatement à sa place. Le peu d’espace que Simon avait réussi à se dégoter dans cette cabine ne lui permettait pas de grands mouvements, ce à quoi il n’était que peu habitué, lui qui adorait jouer de tout son corps. Simon était en effet un homme très manuel, qui faisait beaucoup de gestes et parlait souvent avec ses mains. Là, la performance se limiterait à ne pas bouger les pieds, ce qui allait lui prendre la moitié de sa capacité de concentration… autant dire qu’il ferait mieux d’agrandir son cercle. Mais pour cela, il faudrait toucher aux matériels de la scientifique et apparemment, elle était loin d’être en état qu’on lui demande l’autorisation de faire un peu de ménage.
    D’ailleurs, cela s’entendit dans le ton qu’elle prit pour lui dire :

    « Qu’est-ce que vous me voulez ? »

    « Oh ! Et bien, pour tout vous dire, je viens prendre de vos nouvelles. » répondit-il du tac-au-tac.

    Parfois, Simon se disait qu’il ferait mieux de réfléchir avant de parler, avant qu’une autre pensée ne surgisse et ne fasse s’évanouir cette considération…
    Oui en effet, il était bien venu pour voir comment elle allait, mais aussi pour lui annoncer qu’il ne la quitterait plus avant un loooong, très looong moment, en sa toute nouvelle qualité d’assistant. Mais quelque part en lui, une part de bon sens avait fait brusquement tourné son idée première
    « Je suis venu vous annoncer que je suis votre tout nouvel assistant ! » en « je viens quérir de vos nouvelles »
    Ce qui était en soi, une bien meilleure approche si l’on se doutait de l’état psychique de la jeune femme. Rien qu’à voir les cernes, le teint cireux et l’air totalement déphasée de Delphane, Simon eut de la peine. Loin de lui une once de pitié, oh non ! Le blondinet était la réincarnation de la compassion.
    Sur le moment, il désirait simplement se rapprocher d’elle et la prendre dans ses bras dans un geste affectueux et rassurant. Mais l’idée lui parut saugrenue rien qu’en croisant le regard de la future défunte… Cette dénomination lui vint spontanément en un rapide et large coup d’œil que la luminosité de l’hologramme lui permettait. Mademoiselle Brumaire avait le teint livide et la faible lumière qui éclairait la pièce soulignait fortement les lignes osseuses de son visage.

    « Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas de ces gens qui profite de la faiblesse des autres pour assouvir quelques desseins que ce soit ! …Pourquoi est-ce que dit comme ça, cela semble la plus probable des hypothèses ? ..Humm… Bref ! Sachez que c’est Marc qui m’envoie ! J’ai même un billet qui l’atteste, si vous souhaitez le voir… Bien que je suppose qu’il ne s’agisse là de la moindre de vos préoccupations… » dit-il en sortant de sa poche la lettre déjà abimée que lui avait écrite leur superviseur.

    Simon perdait parfois la notion de la bienséance, comme le fait de dire à voix haute la moindre ses pensées. Encore que là, il était resté soft, mais il aurait peut-être mieux fait de garder pour lui l’idée qu’il puisse être un danger pour l’informaticienne. S’en souciant comme de sa dernière éponge, le blondinet remit le bout de papier à sa place et allait poursuivre lorsque la porte de la cabine s’ouvrit à la volée, le faisant cette fois-ci bel et bien sursauter. Ce qui eut pour effet de l’envoyer valdinguer dans le matériel derrière lui. L’équilibre instable avec lequel tenait la plupart des objets de la cabine fut brutalement rompu. Simon se retrouva alors ensevelit sous un tas de bric-à-brac informatique. Après le choc et le bruit de la chute du matériel, Simon réussit à sortir sa main droite (qui tenait toujours fermement sa chaussette noire à motif jaune poussin) et la secoua en murmurant un faible « Je vais bien ! » d’en dessous les décombres.
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    Message par Noémie Herbogast le Lun 6 Avr 2009 - 17:57

    Noémie se dirigeait à grande enjambée vers la cabine de Delphane. Sachant ce qui s'est passé dans le hangar et qu'après plus personne n'avait vu l'informaticienne, Noé avait de quoi s'inquiéter. Elle s'inquiétait pour tout le monde, mais Delphane était sur la liste. Et particulièrement en tête, à ce moment là. Même si en réalité, plein de choses se trouvaient en haut de cette liste... Mais Noémie n'avait malheureusement pas le pouvoir de se dédoubler. Il fallait qu'elle voit Delphane, qu'elle voit si tout allait bien, ou du moins pas trop mal.

    Alors qu'elle se précipitait sur la porte pour sonner à l'intercom, ladite porte s'ouvrit toute seule d'un seul coup.

    « Qu'est-ce que... »

    Bien sur. Noémie se retint à grand peine de crier sur le responsable de l'ouverture de la porte vérouillée. Non pas qu'elle lui en voulait particulièrement, mais elle lui avait déjà expliqué maintes et maintes fois pourquoi il ne devait pas faire ça, et il recommençait toujours ! Avec Delphane, il ne fallait pas faire ça. Oh non. Imaginez un peu, si la porte s'ouvrait tout le temps, alors que Delphane aimait clairement s'isoler et être tranquille ?

    Mais Noé ne pouvait pas crier, elle n'aimait pas ça. Et quoiqu'elle en pense sur le moment, elle appréciait bien trop Adonis pour lui en vouloir sincèrement. Elle le savait et il le savait parfaitement aussi. C'est pourquoi elle se contenta de baisser la tête, de fermer les yeux et de laisser s'échapper sa colère dans un murmure crispé à peine audible :

    « Adoniiiis... »

    Elle soupira. Au fond, égoïstement, elle était plutôt contente qu'Adonis ouvre la cabine de Delphane sans permission. Après tout, si ça se trouve, l'informaticienne aurait refusé de lui ouvrir. Certes, Noé serait probablement entrée par ses propres moyens, au final.

    « Delphane ! »  commença t-elle en tentant d'avancer dans la cabine.

    Mais une chaussette flottant devant elle la coupa dans son élan. Surtout qu'une main tenait ce vêtement... Une main masculine. Un homme. Dans la cabine de Delphane. Un homme. Noémie crut un instant qu'il s'agissait d'Endy. Vu ce qu'elle avait entendu dire sur ce qui s'était passé et connaissant le médecin, c'était probable... Sauf que le médecin était occupé ailleurs.

    « Je vais bien ! »

    Noémie écarquilla de grands yeux et regarda successivement la chaussette et Delphane.

    « Simon ? » demanda t-elle, surprise, en regardant le monticule de matériel informatique qui devait recouvrir le corps du pauvre informaticien.

    Noé s'avança d'un pas pour aider le jeune homme à s'extirper de là, mais elle s'arrêta, ne sachant pas par où commencer. Elle ne savait même pas par quel bout attraper tout ce qui recouvrait Simon... D'ailleurs, qu'est-ce que c'était que tout ce matériel ? Noémie n'y connaissait rien... Il ne manquerait plus qu'elle fasse pire que mieux en voulant apporter son aide et qu'elle casse quelque chose.

    « Simon... Tout va bien là dessous ? »

    Prudemment, elle attrapa la main de Simon et tira légèrement. Histoire de lui montrer par où il devait creuser pour retrouver de l'air...

    [C'est pas génial... Désolée ;_;]
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    Re: Rencontre d'un autre type {#001}

    Message par Delphane Brumaire le Sam 20 Juin 2009 - 1:27

    [HJ : Navrée pour ce retaaaaard ToT]

    Bien sûr, elle n'avait pas choisi de penser cela. Elle n'avait en réalité aucun réel libre-arbitre. Elle donnait l'impression d'être un esprit indomptable et rebelle, mais en réalité, elle n'avait pas le droit de penser autre chose que ce qu'on attendait d'elle. Elle en était largement consciente. Pourtant, Copp ne pouvait s'empêcher de remarquer que le jeune homme qui venait tout juste de s'effondrer sous une pile de fourbi informatique était sacrément mignon.

    Elle crevait d'envie de le faire remarquer à voix haute (puisque Delphane l'avait programmée pour lui ressembler au maximum, cela ne pourrait que la faire enrager, et Copp adorait ça) mais elle était trop occupée à dévisager la nouvelle venue pour ça.

    Car tout à coup, la minuscule cabine de Delphane s'était peuplée comme un clapier de lapins à la saison des amours. Non content de s'être incrusté et d'avoir fait des propositions indécentes (mais intéressantes !) à Delphane, le dénommé Simon avait apparemment décidé de les gratifier d'un splendide numéro d'équilibriste, aidé d'une comparse qui avait émergé de nulle part avec un timing parfait. Ladite comparse était une petite jeune fille blonde au visage amène, qui, une fois la porte ouverte devant elle, s'était précipitée à l'intérieur de la cabine pour aider Simon à se dégager du fatras qui l'enveloppait.

    Copp était plongée dans l'observation de la jeune femme. Elle ne savait pas pourquoi, mais les deux intrus n'avaient pas l'air de lui accorder une grande attention (excepté Simon qui lui avait jeté un coup d'oeil appréciateur un peu plus tôt, bien que Copp soupçonnât qu'il n'avait malheureusement pas reluqué ses formes, ou plutôt, sa quasi absence de formes).

    En fait, la petite blonde était mignonne, elle aussi. Sa voix rappelait quelque chose à Copp, mais elle ne savait pas exactement quoi. Elle lança en tâche de fond une recherche dans ses archives, et continua d'observer la scène qu'elle commençait à trouver de plus en plus tordante. La petite blonde avait attrapé la main de Simon pour l'aider à se dégager, et Delphane les regardait d'un air franchement hagard.

    *
    Au moins, elle n'a pas l'air de vouloir se déhubloter.* songea l'intelligence artificielle tout en insérant dans la base de données adéquate une entrée pour le néologisme qu'elle venait de commettre (elle avait bien l'intention de le ressortir à un moment où à un autre, surtout maintenant qu'elle avait une chance de briller devant un public autre que Delphane).

    L'informaticienne eut l'air de déglutir avec peine, puis elle prononça d'une petite voix :
    N-Noémie ?.

    Copp n'hésite pas une seule seconde. Elle ajouta cette nouvelle donnée à sa recherche, qui lui renvoya instantanément une réponse : la petite blonde était sans aucun doute Noémie, la bosco qui avait accueilli Delphane à son arrivée sur Adonis.

    C'était l'occasion rêvée. Copp sortit de son immobilisme et gratifia la bosco d'un immense sourire tout en posant ostensiblement les poings sur ses hanches et en écartant les jambes.


    Bonjour Noémie ! Enchantée de faire ta connaissance, je suis Copp ! Je suis certaine qu'on va très bien s'entendre !

    Et parce qu'elle sentait déjà sur elle la morsure du regard haineux de Delphane, Copp exultait.


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    Re: Rencontre d'un autre type {#001}

    Message par Simon Anderson le Sam 20 Juin 2009 - 21:55

    Et voilà ! Finalement, il n’avait pas fallu longtemps à Simon pour se retrouver jusqu’au cou dans le matériel informatique…. Bien que l’approche de la chose aurait sensiblement du être différente, le blondinet n’était pas du genre à se plaindre. Non, là, pour le moment, il était occupé à remuer ses orteils pour voir si tout fonctionnait parfaitement chez lui. Après tout, il venait de se recevoir sur la tête trois disques durs externes d’un autre temps, une tour centrale de l’Antiquité, deux claviers sans fils, un fourbi de câbles, souris et autres connectiques.
    Enterré vivant en dessous de tout ça, il parvint néanmoins à entendre la voix fluette de leur bosco.

    « Simon ? »
    « Noémie ? » répondit-il du tac-au-tac, un grand sourire aux lèvres, que malheureusement la demoiselle ne pouvait voir, puisqu’une couche de tôle en ferraille lui barrait la vue.
    « Simon… Tout va bien là-dessous ? » demanda-t-elle audiblement inquiète.
    « Oui oui ! Ne t’inquiètes pas ! Sûrement une belle bosse mais rien de bien méchant. C’est assez rigolo même. » continua-t-il alors que Noé lui prenait la main et tirait légèrement dessus. « J’ai rarement l’occasion de voir l’envers du décor. C’est, ma foi…. Très ficelé. » conclua-t-il alors qu’à deux doigts de son nez pendaient une tripotée de câbles qui s’entremêlaient joyeusement dans une sorte de fourre-tout, qui devait être l’intérieur d’un boitier.

    Alors qu’il tentait de bouger ses jambes pour prendre appui et ainsi se relever avec l’aide de Noémie, il sentit que sa petite montagne de produits technologiques ne dégringolait pas franchement doucement. Surtout quand un « CLONG ! » sonore retentit.

    « Ah ! Oups ! » s’excusa-t-il alors qu’il se figeait à nouveau. « Je crois qu’il va me falloir éviter de trop bouger. Diiiis, ma jolie Noémie, ca te dérangerait pas d’ôter la tour centrale juste là ? » fit-il en désignant de sa chaussette l’engin qui surplombait le tas sous lequel il croulait. « Tu vois ? Le gros bidule là ? Douuuuucement… »

    Il attendit bien patiemment que la bosco enlève l’objet. Il se serait écoulé trente secondes, une minute ou même cinq que Simon n’aurait rien dit ou fait pour que la petite demoiselle n’accélère son mouvement. Après tout, il n’était pas si mal que ça, là-dessous. Il n’était pas debout, donc c’était pas trop fatiguant. Il fallait juste ignorer la chose qui lui rentrait dans la colonne vertébrale, et faire abstraction que sa jambe gauche s’ankylosait doucement, suite à la dégringolade de tout à l’heure, un gros truc, non identifié, ayant décidé de terminer sa chute sur lui.

    Quand enfin, il put de nouveau respirer à l’air libre, c’est avec un grand sourire qu’il accueillit le visage de Noémie.

    « Bonjouuur ! » fit-il, comme si de rien n’était. « Que nous vaut ta charmante visite ? »
    « Loin de moi l’idée de me plaindre, je suis toujours ravi de te voir. » reprit-il après un petit moment « Ta seule présence illumine mes nuits et mes jouarf ! »

    Non, le dernier mot n’existe pas dans le dictionnaire. Et Simon ne s’amuse pas à en créer des nouveaux dans ce genre de situation. Même si cela l’amuserait sûrement.
    Il s’agit tout simplement du résultat de l’union d’un mot et d’une onomatopée suite à l’impact d’un objet contondant sur le sommet de son crane.

    « Aïe. » pleura-t-il, alors qu’une larmichette perlait au coin de son œil. « Là, ca commence à être douloureux… » murmura-t-il.
    « Mademoiselle Brumaire ? » appela-t-il d’une voix plus forte.

    Il avait pris une décision. Bien qu’il adorait l’informatique, il ne voulait quand même pas rester des heures là-dessous, aux risques d’abîmer le matériel.

    « Est-ce qu’il y a là-dedans des objets auxquels vous tenez beaucoup ? Je n’aimerais pas briser quoique ce soit, sans le vouloir, qui vous causerait du chagrin. » demanda-t-il sérieusement en tentant de la regarder droit dans les yeux.

    Au prochain mouvement, il s’extirperait de son monticule. Si les filles ne le tiraient pas de là avant…
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    Re: Rencontre d'un autre type {#001}

    Message par Noémie Herbogast le Ven 3 Juil 2009 - 19:28

    Qui aurait pu croire qu'il y aurait autant d'ambiance dans la cabine de Delphane ? Certes, quand on connaissait un peu Simon et qu'on avait rencontré Delphane, on pouvait deviner que le duo allait pétiller. (surtout quand on connaissait Simon, en fait.)

    "J'arrive !" répondit Noémie en se précipitant pour retirer ce que l'informaticien lui avait dit d'enlever.

    Prudemment, elle saisit l'énorme machin lourd, "la tour centrale" dans le jargon informatique, qui écrasait le pauvre Simon.

    "N-Noémie ?
    -C'est moi !" dit Noé avec un sourire, la tour dans les bras en se tournant vers Delphane.

    C'est à ce moment là qu'elle put voir bien en détail une nouvelle personne. Au vu de son apparence, Noé comprit qu'elle se trouvait face à Copp.

    "Bonjour Noémie ! Enchantée de faire ta connaissance, je suis Copp ! Je suis certaine qu'on va très bien s'entendre !"

    Bingo.

    Le bosco sourit de toutes ses dents en regardant Copp.

    "Bonjour ! Enchantée de même ! J'ai beaucoup entendu parlé de toi !"

    Mais Noé avait toujours dans les mains l'énorme et lourde tour centrale et ne savait pas du tout où elle pouvait la poser. Hésitant un peu, elle choisit de la poser par terre à côté d'elle, loin de Simon.

    "Bonjouuur ! Que nous vaut ta charmante visite ?"

    Noémie se tourna vers Simon, prête à lui répondre alors qu'il se lançait dans un de ces compléments de phrases, dont lui seul avait le secret, qui fit encore plus sourire le bosco, jusqu'à ce que le jeune homme se prenne un méchant coup d'objet dégringolant sur la tête. Noémie eut une moue blasée. Si elle était bien assez petite pour la cabine de Delphane, Simon, lui, était définitivement trop grand. Enfin, tant qu'il restait en vie...

    "J'étais venue prendre des nouvelles de Delphane, bien sur !" répondit gentiment le bosco en se tourna vers l'informaticienne.

    Mais Noé n'était pas folle au point de parler à Delphane d'emblée de l'incident du hangar et de tout ce que ça impliquait (pour une personne "normale", ça s'impliquait rien. Pour Delphane, ça impliquait d'accepter l'idée que quelqu'un peut s'en faire pour vous, rejeter son individualisme, assimiler le concept d'entraide, etc, etc...). Et puis, il y avait Simon. Delphane ne devait pas le connaître depuis des heures, et puis si Noémie adorait Simon, la nouvelle informaticienne ne devait certainement pas être au même degré d'adoration. C'est pourquoi, Noé n'attendit pas de provoquer chez Delphane une quelconque gêne et enchaîna...

    "Je vois que vous avez fait connaissance avec Simon, toutes les deux !"

    ... avec un sourire qui partait d'une oreille pour aller à l'autre, les yeux pétillants.
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    Re: Rencontre d'un autre type {#001}

    Message par Delphane Brumaire le Sam 29 Aoû 2009 - 15:45

    M... Mais...

    Le gargouillis qui sortit de la gorge de Delphane était si faible et si inintelligible que personne, pas même Copp qui se trouvait tout près, ne l'entendit.

    Mais... répéta Delphane d'une voix très légèrement plus assurée, mais toujours très faible. Personne n'y fit attention, Noémie échangea même quelques mondanités avec Copp.

    Mais !

    Cette fois-ci, la jeune femme haussa le ton. Il fallait qu'elle s'impose, nom d'une nappe IDE ! Elle prit une grande inspiration, et une voix qu'elle ne reconnut pas s'échappa d'entre ses lèvres (pour la santé mentale de certains, je préciserai : non, pas une voix cristalline. Plutôt une voix de crécelle.) :

    MAIS ATTENTION !

    Sortant de son immobilité, Delphane se rua vers le tas de matériel empilé sur Simon. Est-ce qu'elle tenait à quelque chose là-dedans ? Mais à tout bien sûr ! (Bon, excepté peut-être l'assistant...)

    Elle se pencha et commença à récupérer boîtiers et câbles en grommelant des « mon disque NAS... ma clé réseau...» et autres « et merde, mon proc !». Elle se démenait tant et si bien qu'en moins de quelques minutes, Simon revoyait enfin le jour, et pour la première fois depuis un bon bout de temps, les joues de Delphane s'étaient mises à rosir à cause de l'effort.

    Quand elle eut récupéré le dernier de ses joujous, elle s'assit sur le bord du lit et regarda tour à tour Simon et Noémie, d'un air de dire : « Bon... Et maintenant ? »


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    Re: Rencontre d'un autre type {#001}

    Message par Simon Anderson le Sam 29 Aoû 2009 - 20:34

    Toujours sous son tas d’électronique, Simon souffla de reconnaissance lorsque Noé lui ôta un poids sur la poitrine. C’était lourd, tout de même, une unité centrale.

    "Je vois que vous avez fait connaissance avec Simon, toutes les deux !"
    « On peut dire ça, oui. En quelque sorte. Je dirais qu’au moins les présentations ont était faiiii…. » commença le blondinet avant d’être coupé par une voix de crécelle.
    « MAIS ATTENTION ! » hurla Delphane qui se ruait sur lui.

    Surpris, Simon rentra sa tête dans ses épaules et n’osa plus bouger ni dire mot. La demoiselle dont on lui avait répété qu’elle était très asociale, qu’elle ne sortait que très rarement de sa réserve, était maintenant presque sur lui à marmonner quelques paroles en sauvant son matériel de leur destruction programmée par la seule présence du maladroit informaticien. Elle était si proche qu’il pouvait voir ses joues rosirent malgré la semi pénombre dans laquelle ils étaient.
    Delphane le débarrassa de l’encombrant tas d’objets sous lequel il avait commencé à creuser sa tombe. Simon posa les derniers reliquats à ses côtés et leva les yeux pour voir que sa patronne était retournée s’asseoir sur son lit et les regardait d’un air impatient.
    Le blondinet toussota.

    « Ahem… Héhéhé… »

    Simon se passa la main droite dans sa nuque et se gratta le cou nerveusement. Il avait connu mieux comme rencontre. Mais il n’allait pas se laisser abattre ! Ce n’était pas un malheureux accident qui allait le démotiver et l’empêcher de faire connaissance avec sa future collègue.

    « Je vous assure que je ne suis pas aussi maladroit avec un clavier entre les mains ! Haha ! » tenta-t-il dans une tentative de briser l’atmosphère tendue et à moitié morose qui émanait de l’informaticienne.

    Simon se tourna vers Copp et la salua dignement cette fois-ci :

    « Mademoiselle Copp ! Mes sincères salutations ! Je crains de ne pas avoir été des plus polis tout à l’heure. Je dois avouer que la surprise m’a pris au dépourvu. Mais maintenant que je vous vois en pleine lumière, je… »

    Simon s’avança vers l’hologramme, perdu dans son discours flatteur, et fit ce qu’il craignait de faire il y avait à peine cinq minutes : il se prit les pieds dans quelque chose (pour le coup, c’était sa combinaison anti-vide qu’il avait gardé aux chevilles). Il tenta de retrouver son équilibre en faisant trois pas à cloche pied, slalomant dans le bazar de Delphane. Il savait qu’en allant droit sur Copp, le blondinet ne récupérerait pas d’appuis. Ce fut pourquoi il bifurqua vers l’informaticienne et le lit. Dans un dernier saut, il tomba droit devant lui.

    La chute, bien que vive, eut une fin molle. Simon eut juste le temps de se resituer dans l’espace de la cabine avant de se rendre compte où il se trouvait à présent. Avec de grands yeux ronds, qui s’habituaient à la nouvelle pénombre créée par sa propre ombre, Copp se trouvant dans son dos, il fixait les yeux clairs de Delphane à quelques centimètres de son nez. Il eut un rire gêné avant que sa main ne tâte la surface sur laquelle elle se trouvait. Simon baissa la tête et dans un instant de totale inconscience dit :

    « Ca manque de quelque chose…là… »

    Ses yeux fixaient sa main qui reposait tranquillement sur la poitrine de l’informaticienne.
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    Re: Rencontre d'un autre type {#001}

    Message par Delphane Brumaire le Lun 2 Nov 2009 - 15:55

    Je vous assure que je ne suis pas aussi maladroit avec un clavier entre les mains ! Haha !

    Delphane lança un regard noir à Simon, d'un air de dire "Y'a intérêt, mon coco !". Elle commençait vraiment à en avoir ras le bol de ce type, elle n'avait qu'une envie : le fiche à la porte.

    Mais son hostilité pour l'informaticien commença à retomber lorsque celui-ci se tourna vers Copp pour se présenter à elle. Bon, finalement, ça ne pouvait pas être un mauvais bougre...

    Sauf que le bougre en question n'eut pas le temps de finir sa charmante introduction. Au lieu de ça, il se mit à tanguer, sauter, virevolter dans les airs, et atterrir... Sur Delphane.

    Sur Delphane, oui.

    Oui oui, sur Delphane.

    Non, attendez.

    Sur le sein de Delphane.


    Copp n'eut même pas le temps de rire. Il y eut un de ces instants bizarres, ou le temps semble être suspendu. Un silence gêné et gênant empli la cabine de Delphane. Silence qui fut soudain interrompu par un cri désarticulé ressemblant fortement à :

    HYAAAAAAAAARGL !

    Et, joignant le geste à la parole, elle le repoussa des deux mains, y mettant toute sa force de bulot cuit, décuplée par la rage et l'adrénaline.

    Elle le fit valdinguer à l'autre bout de la pièce, en direction de la porte, et avant que qui que ce soit ait pu réagir, elle avait bondi dans sa direction. S'il était difficile de croire a priori que Delphane était capable de déployer autant d'énergie, Simon et Noémie en était à présent témoins.

    Delphane accula Simon jusque contre la porte, le visage drainé de tout son sang.

    DEHORS ! DEHORS ! hurla-t-elle, blême.

    Emportée par la colère, elle appuya sur le bouton d'ouverture du sas et Simon, qui était appuyé contre la porte, s'affala en arrière dans le couloir. Sans prendre le temps de vérifier la réception de son nouvel assistant, Delphane appuya de nouveau sur le bouton, et la porte se referma.

    Elle resta un instant, face à la porte, hors d'haleine.

    Dis donc, on ne peut pas dire que tu aies été très...

    Copp n'eut pas le temps de finir sa phrase : dans un dernier élan d'énergie, Delphane avait rejoint l'holographe, et l'avait éteint du bout du pied.

    La pièce était à présent silencieuse, et plongée dans une obscurité à peine relevée par la faible lueur de quelques écrans renversés au sol.

    Mentalement et physiquement épuisée, Delphane se laissa tomber à genoux, et enfouit le visage dans ses mains en soupirant.


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    Re: Rencontre d'un autre type {#001}

    Message par Simon Anderson le Lun 2 Nov 2009 - 17:15

    Avant même d’avoir eu le temps de présenter ne serait-ce que le premier mot d’une flopée d’excuses, les douces et sensibles oreilles de Simon sifflèrent atrocement sous le cri horrifiée de Delphane. Effaré voir ahuri ou plutôt abruti par le son, Simon n’opposa aucune résistance lorsque les maigres bras de l’informaticienne développèrent une étrange vigueur et le repoussèrent en arrière. Malheureusement pour lui, Simon avait toujours les pieds emmêlés dans sa combinaison anti-vide et donc pour retrouver son équilibre, c’était quasiment peine perdue. Surtout sur un pareil terrain, truffé de mines en tout genre. Ses bras brassaient de l’air tandis que la blondinette, option écrevisse, ne cessait de le repousser vers la sortie. Il sentit plus qu’il ne vit, Noé se déporter hors de leur trajectoire. Un « bonc » sonore retentit lorsqu’il heurta la porte métallique de la cabine. Les mains bien ouvertes devant lui, il tenta d’ouvrir la bouche et d’émettre un son mais les « DEHORS ! DEHORS ! » de Delphane l’en empêchèrent.
    Puis soudain son monde s’écroula. Littéralement. La porte contre laquelle il était adossé s’ouvrit subitement le faisant tomber à la renverse. Avec une grâce digne d’un bucheron asgardien, Simon termina sa chute en une roulade arrière de collégien. Il termina sa course une pirouette plus loin contre le mur d’en face, les fesses en haut, la tête en bas, ayant à peine eut le temps de voir la porte se refermer derrière lui.

    « Et bien ! On peut dire que ce fut une rencontre renversante… » conclut-il avec un petit sourire aux lèvres.

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