Ô, temps, suspend ton envol ! [pour Maddie]

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    Elyès de Lioncourt
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    Ô, temps, suspend ton envol ! [pour Maddie]

    Message par Elyès de Lioncourt le Lun 18 Mai 2009 - 21:52

    [Suite de Une lettre et tout est bouleversé. ]

    Quelque chose s'était arrêté.

    Elyès n'aurait pas bien pu définir si c'était sa respiration, son cœur ou son cerveau qui s'était arrêté de fonctionner pendant une courte période, pourtant, alors, il eut l'impression d'avoir cessé de vivre durant un laps de temps. Puis tout était repartit. De nouveau, il avait pu entendre, sans vraiment écouter et comprendre, que des gens parlaient autour de lui. Il était parvenu à sentir des gens s'agiter, bouger, le toucher, même. Pourtant, aucune réaction n'était sortit de lui avant au moins une longue minute qui avait semblé être une éternité.

    Les feuilles qu'il transportait d'un couloir à l'autre étaient tombées à terre, ses mains s'étaient décrispés doucement sans qu'il ne comprenne rien. Son visage restait stoïque, sa bouche s'entrouvrant petit à petit sans qu'un mot ne sorte, ses narines s'évasant et se refermant au rythme d'une respiration saccadée et ses yeux s'ouvrant grand sur le visage du corbeau annonciateur de mauvaises nouvelles. Il sembla d'ailleurs que ce dernier aurait voulu se trouver à mille lieu d'ici plutôt que d'affronter cette réaction froide de la part du troyen. Mais c'était lui qui avait eut la tâche de mettre Elyès au courant.

    Madeline était à l'hôpital, suite à une blessure reçut au cours de son service.

    Les gens autour d'Elyès étaient parvenu à redémarrer plus vite que ce dernier, certain lui adressant une tape affectueuse sur l'épaule avant de faire appeler un taxi, d'autre assurant qu'ils se chargeaient de tout pour que le troyens se précipite au chevet de la jeune femme et un autre, enfin, se pressant pour aller chercher quelques affaires pour le couvrir avant toute sortie. Ou peut-être qu'il n'y avait qu'une seule personne. Qu'importe.

    Elyès, pour sa part, n'avait eut conscience que d'une seule chose. Une seule idée avait tambouriné encore et encore sa tête jusqu'à enfin se faire intégrer.

    Madeline était blessée et à l'hôpital à cause d'une blessure, Madeline était à l'hôpital et blessée, Madeline était à l'hôpital, Madeline était à l'hôpital, Maddie était à l'hôpital, hôpital. Hôpital... Hôpital.

    Et c'était toujours cette pensée qui l'obsédait, à une rue à peine du dit bâtiment, à bord d'un taxi coincé dans des bouchons. La malchance veut que l'on se retrouve toujours coincé quand on est le plus pressé. Actuellement, ce bouchon permis à Elyès de retrouver toute sa conscience qui l'avait jusqu'alors quittée. Il était étonnamment incapable de dire ce qui s'était passé entre l'annonce, à l'ambassade, et cet instant où précisément, il s'éveillait. Par des gestes lents, il regarda à droite, à gauche, comme pour déterminer où il se trouvait puis il se redressa hors de son siège pour regarder par la vitre avant.

    Le conducteur du taxi émit un juron quant aux bouchons rencontrés alors qu'enfin, on lui donnait l'ordre d'aller « le plus vite possible, on paiera les amandes d'excès de vitesse. » C'était le genre d'ordre, avec le célèbre « suivez cette voiture !! » qui faisait qu'il aimait son métier. Et se retrouver coincé dans un bouchon était alors hautement frustrant. Il allait de nouveau jurer contre cette « agglomération de voitures tractées par des conducteurs du dimanche » (Version littéraire ici dans le texte) quand il entendit la portière arrière s'ouvrir et se fermer. Frileux pour deux sous d'une course impayée, le conducteur ouvrit sa vitre, s'apprêtant à réclamer son dut, mais une pluie de liquidité s'engouffra alors dans la voiture, son client ne semblant pas avoir la patience de compter exactement combien il devait.

    Car pour le moment, Elyès n'en avait effectivement rien à fiche. Il slalomait entre les voitures, s'engouffrant dans chaque petits passages que lui cédaient les par-chocs avant et arrière et entama une course effrénée alors qu'il posait enfin pied sur le trottoir pour rejoindre au plus vite l'hôpital.

    Pourtant, Elyès avait une peur viscéral des hôpitaux. Plus qu'une peur, finalement, le troyen se sentait capable de se dire en parfaite santé alors qu'il aurait craché du sang, plutôt que d'aller dans un hôpital. Et ironiquement, alors, il courait comme il pouvait pour rejoindre au plus vite le bâtiment qui le tétanisait habituellement, ayant l'envie ardente de se débarrasser de son manteau et son écharpe qui lui semblait entraver ses mouvements. La peur de perdre Madeline écrasant de loin, alors, les peurs que lui évoquait l'édifice.

    Le trottoir glissait et quelque fois, Elyès faillit tomber à terre mais une mains savamment placée dans la neige lui permettant de reprendre sa courses au plus vite. Ses poumons le brûlaient pour alors le punir de sa course avec comme seul apport d'oxygène cet air sec et glacé. Ses mains aussi l'élançaient pour avoir eut l'impertinence de les plonger dans la neige fraiche en pensant qu'il n'y aurait pas de conséquences. Ses pieds hurlaient que ses chaussures n'étaient pas adaptées pour ce type de course, approuvé par ses jambes entières qui lui signalaient sans ménagement qu'un échauffement aurait été le bienvenue avant de vouloir battre le record de 100 mètre sur neige fraiche. Mais le troyen n'en avait strictement que faire.

    Pour le moment, tout ce qu'il voyait, c'était le muret qu'il longeait et qui bientôt, offrirait une entrée vers l'hôpital où l'attendait Madeline.

    Puis enfin, une anxiété lui causa des maux de ventres écœurant, rappelant à la surface quelques souvenirs enfouis depuis quelques temps. Et bientôt, avant même de se retrouver entré, Elyès se mit à imaginer le pire. Il n'avait pas entendu tout ce qu'on lui avait dit, à l'ambassade. Les détails, il ne les avait pas demandé et soudain, il ressentait ce manque comme un tord. Qu'est-ce qui l'attendait sur place ? Juste une blessure, ou plus ? Que pourrait-il faire alors ? Qu'est- ce qu'il devrait alors faire ?

    Doucement, mais surement, des scénarios catastrophes s'enchainaient dans le cerveau du diplomate, lui faisant perdre toute rationalité et maîtrise de soit. Des larmes lui montaient aux yeux, et peu lui importait qu'elles soient d'origine physique, dues à une courses rapide dans un air glacial, ou qu'elle soit d'origine émotionnel. Elle lui obstruait la vue et d'un geste de manche rapide, Elyès les essuya avant de tourner dans la cour de l'hôpital. Quelques enjambés lui suffirent pour finalement pénétrer dans le bâtiment et aller à l'accueil où sans aucune politesse, avec une voix vive en émotion, il héla l'infirmière en charge des admissions, après être violemment entrer en contact avec le bureau qui stoppait alors sa course.

    « Ma-Madeline de Lioncourt, s-s-s'il vous plaît ! » haleta-t-il.

    La jeune femme chargée de l'accueil sursauta violemment de voir débouler ainsi un homme décoiffé, essoufflé et visiblement malade d'une course effrénée. L'angoisse qu'elle parvenait à lire sur son visage ne lui donna même pas envie de le reprendre à l'ordre, lui dire de se calmer, respirer et faire preuve d'un peu plus de courtoisie à dire un simple « bonjour. ». Du bout des doigts, elle chercha sur son bloc-mémo si elle avait connaissance d'une telle femme dans leurs établissement et eut un soupire soulagé en voyant le nom apparaître. Elle aurait voulu alors rassurer cet homme en lui assurant que tout allait bien, qu'il n'y avait pas de danger pour elle, mais le regard exorbité de panique de l'homme lui laissa juste le temps de répondre :

    « Salle 211, les escaliers, au bout du couloir puis vous tournez à droite. »

    Elyès repartit en courant, s'adaptant à ce nouveau sol et les nouveaux dangers qu'il offrait. Il n'entendit même pas la jeune femme de l'accueil lui hurler, dans un réveil d'autorité, qu'on ne courait pas dans les couloirs. Il évita avec brio les obstacles qui se dressaient sur sa route; monta quatre à quatre les marches qui le séparaient de cette fameuse chambre, tenant avec fermeté la barre sur le côté, s'aidant en se hissant pour monter encore plus vite et de nouveau, il ressentit le malaise qui s'affirmait en lui et qui lui empêchait jusqu'à avaler sa salive. Puis enfin, après quelques recherches, il se saisit de la poignée de porte derrière laquelle se trouvait en théorie son épouse et l'ouvrit avec fracas.

    « Madeline !! »

    Mais il n'y avait personne. Qu'un lit vide avec des draps dépliés, indiquant l'absence soudaine de son occupant.

    Restant dans l'encadrement de la porte, sans un seul mouvement, les yeux grand ouvert devant cette absence, Elyès ne parvint plus à respirer.
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    Re: Ô, temps, suspend ton envol ! [pour Maddie]

    Message par Madeline de Lioncourt le Ven 5 Juin 2009 - 13:18

    Des voix lui parvinrent au loin. Habituée à l’écoute, elle réussit à en reconnaître une masculine, mais une autre féminine. Comme un réflexe, son cerveau s’exhorta à l’activité et forçait de tout son muscle à ouvrir ses paupières permettant à ce sublime organe qu’est la vue de faire son œuvre et d’identifier cette sonorité aigüe qui avait l’outrecuidance de se mêler à une voix masculine connu.

    La bouche pâteuse fit quelques mouvements et un gargouillis s’échappa de sa gorge.

    « Madeline ! » s’écria la voix masculine.
    « Madame ! Est-ce que vous nous entendez ? »
    *Oh oui parfaitement grognasse ! Laisse moi juste le temps de me réveiller et on va causer…*

    Ses yeux papillonnèrent une minute avant qu’ils ne s’ajustent à la lumière. Tournant sa tête un peu douloureuse vers sa gauche, elle aperçut deux silhouettes penchées sur elle. Une fois la mise au point effectuée, Madeline reconnut Scotty, son partenaire, ce qui permit à son cerveau d’éteindre le mode « jalousie ». Par contre, la nana, elle, restait une parfaite inconnue. Mais l’uniforme qu’elle portait la renseigna sur son statut. Elle devait être secouriste.

    « On peut savoir ce qu’il se passe ici ? » demanda la rouquine, désorientée, les yeux bien ouverts.
    « Tu es blessée ! On poursuivait l’autre gars, il y a eu un coup de feu et tu t’es effondrée ! Tu m’as filé une de ces frousses ! »
    « Quel tir ? … Blessée ? Je sens rien… »
    « Le tir ne vous a pas touchée. Par contre, après première observation, c’est votre genou qui a trinqué. Je vous ai mise sous calmant le temps qu’on arrive à l’hôpital. Ca va aller. » intervint la demoiselle qui surveillait les constantes de Maddie.

    Scotty soupira un bon coup et Madeline haussait un sourcil, essayant de se rappeler les évènements.

    « T’as l’cul bordé d’nouilles ! Moi j’dis ! » s’exclama le seul homme présent, soulagé.

    Maddie rigola à la remarque et chercha à se redresser avant qu’une main ferme ne l’a maintienne allongée sur la civière.

    « Restée couchée. On est bientôt arrivé. » ordonna la femme, un sourire aux lèvres du aux dernières paroles.


    La secouriste ne mentait pas. Deux minutes plus tard, l’ambulance s’arrêtait dans la cour de l’Hôpital Central Sigyn. Les portes arrière s’ouvrirent violemment et une équipe médicale les accueillit.

    Madeline suivit l’échange entre les deux médecins d’un œil nouveau. D’habitude, ce n’était pas elle qui était sur la civière, en train d’être transbordée sur celle de l’hôpital. Elle était généralement, debout, sur ses deux pieds, à regarder les secouristes faire leur travail et maintenir un périmètre de sécurité. Là, à demi-allongée sur le brancard, elle se sentait étrangement bête et voulu protester. Elle n’avait pas mal. Mais avant qu’elle n’eut le temps de dire « ouf », les infirmiers la transportèrent à l’intérieur, suivit par Scotty. Un médecin urgentiste rejoignit leur cortège et prit note de son dossier.
    Les cris de protestations de la rouquine – « Mais je vais bien ! Putain ! Vous m’écoutez là ?! J’ai rien ! » - furent noyés dans le jargon médical. Maddie tenta de se débattre, de se relever, mais de puissantes mains la repoussèrent.

    « Restez tranquille Madame ! »
    « Rah mais ! »
    « Salle 102. On va l’ausculter. Préparez l’IRM ! » coupa l’homme en blouse blanche.
    « Oui docteur. »

    N’étant plus autorisé à la suivre, Scotty hurla qu’il allait prévenir Elyès et les parents de la rouquine, mais Madeline ne put l’entendre avec tout le bruit qui l’entourait.
    L’asgardienne soupira un bon coup et se résigna. Après tout, elle n’était pas médecin. Ils savaient sans doute mieux qu’elle faire leur boulot. Mais quand même, elle n’avait pas mal. C’était donc que tout allait bien, non ? A part une bosse à la tête qu’elle pressentait, elle allait parfaitement bien.
    Enfin, elle avait ce diagnostic là en tête avant que l’orthopédiste urgentiste ne s’amuse à lui titiller le genou et que la rouquine ne se crispe illico et ne voit son genou se mettre dans des positions visuellement douloureuses…

    « Ok, là y’a un problème… » souffla-t-elle.
    « C’est bien ce que je pensais. On va faire d’autres examens pour confirmer mais apparemment, c’est une rupture des ligaments, Madame. Rien de bien méchant. »

    Madeline le regarda avec les yeux gros comme des soucoupes.

    « Rien de bien méchant ?! Vous vous foutez de ma gueule ?! »
    « Elle est flic. » murmura une infirmière à côté du doc.
    « Ah. Pardon. Ne vous en faites pas. Ce genre de traumatisme est très bien traité de nos jours. Vous pourrez galoper de nouveau d’ici peu de temps. » fit-il en signant des papiers tandis que Madeline serrait les mâchoires pour ne pas douter des compétences reproductives du médecin de manière très cru devant le parterre de dames présentes.


    Un peu plus tard, et moins couverte que précédemment, Madeline avait quittée la civière pour le lit de la chambre 211. En tenue d’hôpital, soit une légère chemise blanche à motif bleu, la rouquine grommelait dans son lit tandis que les infirmières discutaient dans le couloir. Elles échangeaient les derniers potins en attendant que le scanner se libère pour pouvoir passer la radio.
    Maddie, de son côté, boudait. Elle détestait être clouée au lit de cette manière. Quand c’était elle qui décidait qu’elle flemmarderait dans les draps, ca allait. Mais là ! Obligée de rester allongée sous peine de remontrances par les professionnelles de la santé, ça, ça confinait au ridicule. Ayant du temps devant elle, et aucune échappatoire, l’esprit de la rouquine se mit à divaguer et ses pensées se tournèrent vers Elyès. Elle se demanda ce qu’il faisait en ce moment, comme à chaque fois qu’elle n’était pas en opération ou en train de faire un rapport, ou toutes autres activités requérant toute son attention. Maddie soupira. Il lui manquait, son lapin. Elle n’aimait pas ce chassé-croisé dans lequel ils étaient installés depuis quelque temps. La rouquine savait que cette situation était entièrement de sa faute. C’était bien à cause de ses horaires farfelues qu’ils n’avaient plus beaucoup l’occasion de passer du temps ensemble, à la maison. Cela lui manquait : leurs soirées calins, leurs petits jeux, les sorties en amoureux. Aujourd’hui, à cause de son affectation au commissariat, ces moments de joie et d’intimités étaient très réduits. Et elle le regrettait.
    Madeline adorait aller sur le terrain. La décharge d’adrénaline, la complicité avec les collègues et tout un tas d’autres choses faisait qu’elle aimait son travail. Mais elle aimait encore plus être avec son troyen. Etre dans ses bras, l’entendre parler, le voir sourire, sentir son parfum, passer sa main dans ses cheveux quand il dort sur ses genoux.

    « Raaaah ! » cria-t-elle de dépit, interrompant la conversation sûrement palpitante des infirmières qui la regardèrent un instant, se demandant s’il fallait intervenir ou non.

    Mais comme Madeline croisa les bras et affichait sa mine la plus boudeuse qui soit, les dames se dirent qu’il n’y avait pas de danger pour la santé de leur patiente et reprirent leur discussion.

    Tandis que la rouquine fulminait contre son immobilité et s’emmerdait comme un rat mort, le scanner se libéra enfin, permettant enfin à l’équipe médicale qui s’occupait de son cas de faire leur travail et d’arrêter de jacasser comme des pies sur le pas de sa porte.
    Que ce soit sur le trajet ou bien dans la salle d’examen, Maddie se montra peu coopérative. Véritablement énervée par cette situation des plus grotesques, la rouquine ne faisait aucun effort pour que cela aille plus vite, ou bien que les examens se fassent dans une ambiance bonne enfant. Enfant ? Madeline le faisait et se foutait bien des regards agacés que lui lançait son infirmière attitrée. L’asgardienne n’avait pas du tout envie d’être là et elle le montrait. Elle qui avait toujours eu une santé de fer, jamais malade (ou si peu), jamais rien de cassé, fêlé, déboîté, se retrouver ainsi à l’hôpital pour un genou gros comme un melon ne lui aurait jamais traversé l’esprit.

    L’infirmière poussait vivement le fauteuil roulant de sa patiente, qui grommelait injures et autres depuis un bon quart d’heure. Elle avait hâte de la ramener dans sa chambre et d’enfin ne plus l’avoir dans ses pattes et mieux encore ! Ne plus l’entendre piaffer d’impatience et de colère. Elle avait beau être d’une patience infinie… son infini à elle avait une limite ! ‘’Hérésie !’’ crierait le mathématicien du deuxième, mais elle s’en fichait. La rouquine commençait sérieusement à lui taper sur le système. De quoi elle se plaignait ? Ce n’était pas comme si on devait lui amputer le membre ! Une opération, un peu de rééducation et on en parlait plus.
    Avec soulagement, l’infirmière tourna dans le couloir menant à la chambre 211. Elle approchait enfin de la fin de son calvaire. Quel nom pouvait-elle donner à cette demi-heure passée en compagnie d’une ruminante à caractère de cochon ?
    Puis, tout à coup, elle faillit s’arrêter net. Il n’y avait plus de bande sonore. Sa patiente avait finalement arrêté de baragouiner son baratin. Curieuse, l’infirmière se demandait ce qu’il se passait et regardait autour d’elles. Mais ce qu’elle ne put voir d’où elle était, c’était le regard fixe de Madeline de Lioncourt lorsqu’elle aperçut une silhouette qu’elle aurait reconnu entre mille. Et plus elles se rapprochaient et plus l’air grognon que Maddie affichait depuis la dernière heure s’estompait pour laisser place à un sourire de femme amoureuse.

    « Elyès. » dit-elle simplement.


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    Re: Ô, temps, suspend ton envol ! [pour Maddie]

    Message par Elyès de Lioncourt le Sam 6 Juin 2009 - 0:37

    Ce n'était pas en le fixant que le lit ferait apparaître quelqu'un sur lui. Tout doucement, l'esprit embrumé d'Elyès commençait à se faire à cette idée et il voulu faire un mouvement. Bouger une jambe, faire demi-tour, avoir des explications, savoir, comprendre, connaitre. Ou simplement regarder ailleurs que ce lit vide, car c'était tellement... Mais rien ne répondait. Pas même les éléments primaires qui pourtant, lui était acquis depuis si longtemps qu'ils semblaient naturel. Sa bouche était sèche et aucun son ne parvint à en sortir quand il entrouvrit les lèvres dans un premier temps. Une boule dans la gorge semblait empêcher toute arrivée d'air et lentement, sa tête se mit à tourner et ses oreilles à bourdonner.

    « Détourne le regard... » se murmura-t-il à lui même.

    Mais il n'y parvint pas. Le visage creux, affichant un calme presque inexpressif qu'il ne ressentait alors pas mentalement, Elyès sentit une larme glisser le long de son visage, puis une autre sur l'autre joue, avant que celles-ci ne tombent et ne s'écrasent sur le sol. Il voulu faire un geste. Essuyer ses joues, s'excuser de salir ainsi l'hôpital, partir, bouger, ne pas déranger... Mais il n'obtenait toujours pas les réponses physique qu'il voulait vraiment. Intérieurement, il se sentait comme rongé par quelque chose qu'il ne parvenait pas à définir et alors seulement, Elyès perçut un genoux fléchir dangereusement, lui donnant soudainement l'impression que son pied s'enfonçait dans le sol. Sa main se rattrapa en douceur dans l'encadrement de la porte et de nouveau, il sentit certaine part de son anatomie concéder à lui répondre. Mais pas forcément celle qu'il voulait. Elyès releva doucement la tête, une épaule appuyée sur l'encadrement de la porte, observa encore un peu ce lit vide et serra doucement la mâchoire. Seulement alors il sentit les muscles de son faciès muer en une expression douloureuse et il parvint à se répéter :

    « Détourne le regard... je t'en prie... »

    Puis il y eut un son. Une voix qui alors, traversa les frontières de silence qui muraient le monde qui encerclait Elyès. Cette voix, même murmurée, chuchotée et à peine audible, le troyen l'aurait entendue et reconnue même dans le brouhaha d'une conférence sur la pollution sonore où les micro auraient été mal réglé. L'idée de se retourner émergea alors dans son esprit et il sentit une bouffée d'air parvenir à traverser la boule qui la bloquait jusqu'à maintenant, lui conférant une nouvelle manœuvrabilité de son propre corps. Dans un geste d'une infinie lenteur, il parvint à se redresser, ses jambes acceptaient de nouveau de le soutenir, son bras appuyant sur l'encadrement de la porte pour le faire pivoter et le regard fixe, enfin, il put détourner la tête loin de ce lit toujours aussi vide.

    C'était un couloir comme on en croise tout les jours dans un hôpital. Un carrelage froid s'étendaient en dallage continue, formant des motifs propres et symétrique, des chambres exposaient leurs portes aux passants, souvent de couleurs vives et gaies, comme si deux touches de pinceaux allaient parvenir à faire oublier l'endroit où l'on se trouvait. Des néons distribuaient une lumière vive et blanche, imitation de lumière du jours, bon pour le moral disaient les manuels et les publicités. Et partout, à droite et à gauche, câbles, barre pour se tenir, BAP et fauteuils attendaient l'urgence qui allait les faire changer de places.

    Elyès resta un temps à contempler le nouveau décor qu'il arrivait à percevoir dans son ensemble, espèces de formes floues et grotesques qui dansaient au rythme des larmes qui persistaient dans ses yeux. Et elle y était. Elle était là, juste, là, au bout du couloir. Le rouge flamboyant ne trompait pas. Il ne mentait jamais. Le troyen cligna des yeux, deux nouvelles larmes glissèrent le long de ses joues mais l'image resta la même. Juste un peu moins floue, peut-être. D'un visage aussi calme que cadavérique, ses lèvres s'agitèrent en douceur et il parvint à doucement articuler le prénom qui lui brûlait les lèvres, alors sonnant comme un murmure à peine soufflé.

    « Madeline... »

    Il parvint à avancer un pas hésitant, doucement dirigé vers la source flamboyante qui se présentait à lui, au bout du couloir, attirant son regard comme un aimant. Il crut pendant un instant perdre l'équilibre et se rattrapa en appuyant une main contre le mur, permettant ainsi à son corps de garder une position droite. Tout doucement, Elyès plissa les yeux, encore embrumé et fit un nouveau pas qu'il assura assez pour se séparer du mur, après une légère impulsion pour le remettre debout. Puis encore. D'une démarche hésitante, il tangua laborieusement de trois pas en répétant juste :

    « Madeline. »

    Puis la boule qu'il sentait dans sa gorge commença à s'amplifier soudainement, le coupant définitivement d'air, mais Elyès n'en eut que faire. Ses foulées s'étaient muées en une course mal assurée mais qui le conduisait toujours un peu plus près de celle dont il n'arrivait ni à détourner le regard, ni les pensées.

    « Madeline !! »

    Puis sans aucune considération pour ses jambes, Elyès, arrivé à proximité du fauteuil, se laissa lourdement tomber sur les genoux, ouvrant les bras pour enfin glisser Madeline dans leurs creux. Ce fut alors comme si la boule dans sa gorge explosa et elle lui brula le fond de la gorge, lui donnant des larmes aux yeux. Se crispant sur son épouse, la cerclant de ses bras, enfouissant son regard dans sa nuque, Elyès put alors enfin reprendre une grande inspiration soulagée et expira avec un tremblement audible. Des légers spasmes et soubresauts lui agitèrent un instant les épaules, qu'il crispa alors comme jamais pour serrer Madeline le plus fort possible contre lui et tout doucement, le cœur d'Elyès se remit à battre. Son corps calma toute ses réclamations et autres mouvements incontrôlés, et son visage retrouva la douceur coutumière qu'il abordait continuellement. Enfin, son petit monde était de nouveau entier et intacte. La chaleurs qu'il ressentait contre lui, l'odeur qu'elle dégageait, tout était bien réel et tendant à soulager à l'infinie le diplomate.

    Des mots moururent sur la commissures de ses lèvres, et Elyès dut déployer un effort de volonté pour parvenir à s'éloigner un peu, poser tout doucement son front contre celui de Madeline, la regarder un instant dans les yeux et enfin pouvoir lui adresser un sourire mal assuré en passant une main dans ses cheveux roux.

    « J'ai... j'ai eut peur » s'excusa-t-il.

    Du bout de ses doigts froids aux couleurs joliment bleuté-violacé, il caressa avec douceur l'arrête de la mâchoire de son épouse inspira une nouvelle fois calmement avant de finalement se relever. Les joues un peu rosies, les yeux légèrement gonflé et le sourire plus hésitant que jamais, Elyès n'avait pas à proprement parlé « une bonne mine » pourtant, c'est plus calme que jamais qu'il parvint à s'adresser à l'infirmière attitrée.

    « Bonjour, je... Navré pour la scène, je... je suis l'époux de Madame et... j'ai... »

    Elyès toussota un peu dans l'une de ses mains, l'autre restant tendue vers Madeline, gardant ainsi un certain contact physique avec elle, comme pour empêcher tout mauvais sort de la faire disparaître.

    « Je vous prie de bien vouloir m'excuser, je n'interférais plus. Je vous en prie, continuez votre travail.... »

    *Tant qu'il ne me sépare plus d'elle... * pensa-t-il avec fermeté. Mais ça, ni son visage ni ses gestes ne l'exprimèrent, tandis qu'il lançait un regard doux et tendre à Madeline.
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    Re: Ô, temps, suspend ton envol ! [pour Maddie]

    Message par Madeline de Lioncourt le Dim 19 Juil 2009 - 12:27

    Le sourire de femme amoureuse de Madeline ne dura malheureusement pas. L’infirmière continuant son œuvre, les rapprochant d’Elyès, Maddie put voir l’état dans lequel se trouvait son époux et elle eut peur. Elyès était dans la tenue la plus débraillée qu’elle lui ait connu. Son – seul et unique ?! – manteau n’était pas fermé correctement, son écharpe pouvait tomber à tout moment, comme si elle ne tenait qu’à un fil, alors que d’habitude, il aurait fallu trois tours de cou pour la lui retirer, sa cravate était desserrée, il ne manquerait plus qu’on aperçoive la base de son cou pour que Madeline ne se rut littéralement sur lui pour le couvrir ! Mais plus que sa tenue, c’était le visage dévasté de son troyen qui effrayait Madeline. Les cheveux humides d’une neige fondue, les yeux hagards légèrement bouffis, le nez violemment rouge, les lèvres entrouvertes ne s’étirant plus en un doux sourire constituaient son terrible portrait. Cette image déclencha une réaction réflexe.

    « Elyès ! » cria-t-elle.

    Saisissant les bras du fauteuil dans lequel elle était assise, la rouquine poussa sur ses bras, prête à se lever pour aller immédiatement à la rencontre de son bien-aimé qui n’avait franchement pas l’air d’aller bien. Geste qui entraîna une autre réaction, mais cette fois-ci de la part de son aide-soignante qui pila net en jurant :

    « Par tous les dieux ! Veuillez rester assise Madame ! »

    Déséquilibrée par le mouvement soudain du fauteuil, Madeline réussit à se maintenir à bout de bras dessus. Une fois rassurée de ne plus risquer de chuter, la rouquine releva la tête, à la recherche de son époux, qu’elle put voir l’espace d’un instant courir avant de s’effondrer à genoux devant elle et de la serrer tout contre lui. Surprise par son geste, elle s’accrocha à lui comme à une bouée en pleine mer agitée et retomba lourdement dans le fauteuil. Elle le serra fort tout contre elle, passant ses mains dans son grand dos, remontant sur ses épaules, l’une d’entre elle alla se perdre dans sa sombre chevelure tandis que l’autre resserrait sa prise sur l’épaule. Madeline le sentit vibrer contre elle, tremblant de mouvements incontrôlés. La rouquine, bien qu’effrayée par un tel spectacle, soufflait à l’oreille d’Elyès des mots doux, continuait de lui caresser doucement la tête, le gardant précieusement dans ses bras. Finalement, son fragile troyen se calma peu à peu. Les tremblements cessèrent. Au prix d’un effort qui lui parut surhumain, Elyès se sépara d’elle juste assez pour coller sn front contre le sien et lui sourire maladroitement. Madeline le fixait de son regard inquiet. Il lui faisait peur. Elle ne l’avait jamais vu dans cet état et quoiqu’il lui soit arrivé cela devait être absolument terrifiant. Madeline peinait à retrouver son Elyès souriant, sûr de lui et confiant. Sa grande main passa dans ses cheveux dans une douce caresse que la rouquine savoura en fermant l’espace d’un instant ses yeux. Elle les rouvrit aussi vite qu’elle les avait fermé en sentant le souffle tremblant de son époux sur ses lèvres.

    « J'ai... j'ai eut peur » s'excusa-t-il.

    Pour le coup, c’était Madeline qui avait peur. Il avait une mine affreuse et cela ne faisait rien pour la rassurer.

    « Elyès… » murmura-t-elle.

    Elle sentit ses doigts glacés glissés le long de sa mâchoire. Il inspira profondément et finalement se releva. Tout ça sous le regard de Madeline qui le ne quittait plus des yeux. Avant que la main d’Elyès ne quitte sa peau, Maddie s’en empara. Elle l’emprisonna doucement entre ses doigts et la porta à ses lèvres pour un doux baiser tandis qu’il essayait de se présenter à son infirmière.

    L’infirmière qui le regardait avec des yeux ronds et la seule chose qui s’échappa de ses lèvres fut un :

    « Vous êtes patient ici aussi ? » demanda-t-elle, atterrée par la condition physique de l’homme devant elle.

    Madeline se tourna vivement sur son siège et fusilla l’aide-soignante du regard tandis qu’Elyès se présentait.

    « Bonjour, je... Navré pour la scène, je... je suis l'époux de Madame et... j'ai... »

    Il toussota, ne rassurant ni l’une ni l’autre des dames présentes.

    « Je vous prie de bien vouloir m'excuser, je n'interférais plus. Je vous en prie, continuez votre travail.... »

    Et il lui lança un regard que Madeline aimait tant. Doux. Tendre. Amoureux. La rouquine trouva qu’avec ces yeux, de nouveau pétillant, Elyès était à peu près redevenu comme avant. Il était sur la bonne voie de la guérison.
    Mais l’infirmière ne cessait d’étudier le profil de l’homme devant elle.

    « Vous êtes sûr que vous allez bien ? Vous ne voulez pas qu’on vous ausculte ? »
    « Puisqu’il vous dit qu’il va bien ! Ne vous occupez pas de lui ! » grogna Madeline, qui n’avait aucune envie de partager son époux avec qui que ce soit. Et encore moins une infirmière.

    L’aide-soignante marmonna quelque chose et reprit son ouvrage. Elle grommelait contre les femmes hystérique et hyper-protectrice, disant qu’elles étaient un danger pour ces pauvres hommes qui avaient le malheur de partager leur vie. Ils devaient en voir de toutes les couleurs. Du moins celui-là, en présentait tous les symptômes. L’œil expert de l’infirmière notait un à un chaque détail de l’anatomie de l’époux : l’état du visage, les doigts, l’air un peu perdu qu’il avait, son attitude. Elle devra en toucher deux mots à son supérieur, une fois qu’elle aurait déposé messieurs-dames dans leur chambre. Chose qui se révéla assez aisé, sa cliente étant tout à coup plutôt malléable. Elle réussit donc à la faire asseoir sur le lit, l’installa confortablement et sortit de la pièce.

    Enfin débarrassée de l’autre bêcheuse, Madeline poussa un soupir de soulagement, adossé contre son oreiller moelleux. Sa main toujours dans celle d’Elyès, elle caressait le dos de sa main avec son pouce et le regardait de son plus bel air amoureux. Elle était heureuse et le faisait savoir.

    « Je suis contente que tu sois là. »

    Elle lui sourit. Puis, son esprit embrumé par l’amour retrouva le chemin de la raison.

    « Qui t’a prévenu ? Scott ? … Oh tu sais, c’est pas grand-chose. Mon genou a juste décidé de partir en vrille. Ils disent que ca se soigne très bien. Tu verras ! En moins de deux, je serais sortie ! De toute manière, j’ai pas l’intention de traîner dans ce nid de vipères. »

    Et elle jeta rapidement un coup d’œil vers sa porte, souvenir de cancan de demoiselles oisives.


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    Re: Ô, temps, suspend ton envol ! [pour Maddie]

    Message par Elyès de Lioncourt le Ven 24 Juil 2009 - 20:13

    Voilà, c'était finit et tout allait bien.

    Tout en marchant, Elyès en prenait petit à petit conscience et s'apercevait alors de la démesure de sa réaction et du triste spectacle qu'il avait donné. Une légère grimace et des joues plus rouges trahirent sa gêne actuelle, mais il ignora toutes interactions extérieures pour se concentrer sur sa marche et la main qu'il tenait. Bon, d'accord, il avait eut peur, certes. Et tout ça ne serait pas arrivé s'il avait juste attendu des explications, ou simplement demandé quelques menus renseignements. Voilà, ça, ç'aurait été une réaction raisonnable. Mais évidement, sur le coup, Dame Raison, qui aidait habituellement le troyens, avait prit quelques vacances et finalement, tout ce que l'esprit d'Elyès s'était sentit capable de lui fournir comme idées, c'était de courir vers l'hôpital, se tenir à côté de son épouse, être là à lui tenir la main quoi qu'il arrive.

    *Très futé, Elyès, se gronda-t-il en se donnant une légère claque sur la joue de sa main libre. Comme si tu aurais pu servir à quelque chose !*

    Il émit un soupir et laissa ses épaules s'affaisser un instant, las, accusant le contre coup de son anxiété passée. C'était certain qu'il avait, sur le moment, cruellement manqué de discernement, oui... mais y penser et se le reprocher ne changerait rien de la situation. Philosophe, Elyès décida plutôt qu'à l'avenir, il tirerait une leçon de cette aventure et serait plus attentifs au monde qui l'entourait. Ainsi, se redressant et retrouvant une attitude plus sereine, il décida qu'il était temps pour lui de perdre son côté « dans la lune », d'avoir deux pieds bien sur terre et d'être d'avantage conscient des évènements et personnes proches de lui. En plus, peut-être y gagnerait-il des bleus et des coupures en moins ! Et Madeline pourrait enfin être tranquille ! Ça, c'était de l'idée lumineuse !

    Ainsi, fort de ses nouvelles résolutions, Elyès, déterminé, tourna la tête vers l'infirmière qui semblait lui parler. Bien tord lui prit, puisqu'on lui proposait de le soigner. Se crispant et grimaçant sans y réfléchir, il rétorqua :

    « M'ausculter ?! Non, mais non ! »

    Combien même cette réponse sortait du cœur, elle n'en restait pas moins brusque et non-polie.

    « Heu, pardon... mais, je... je voulais dire... je ne crois pas que cela soit nécessaire, je me sens bien. Je suis juste un peu... mouillé... »

    D'une main, Elyès retira sa cravate, ce n'était pas comme s'il comptait retourner à l'ambassade aujourd'hui, et épongea légèrement son visage avant de fourrer son mouchoir involontaire dans une poche. Un nouveau sourire gauche à l'adresse de l'infirmière en entrant dans la salle fut fait et enfin, une fois Madeline installée, le couple fut laissé seul. Tout seul. Plus personne qui nécessitait qu'on sauve les apparences. Cette idée là fut étonnamment bien (et rapidement) assimilée par Elyès qui d'un coup, retrouva un sourire niais, sentit ses épaules s'affaisser de soulagement et retrouva un regard vague et distrait qui fixait d'un amour mièvre Madeline.

    Ç'aurait été une bonne idée de s'assoir, Elyès n'y pensa pas. Il resta debout, à côté du lit, un air dans la lune peint sur tout son être les genoux tremblotants suite à une rencontre brutale avec le sol. De même, quand Madeline parla, ç'aurait été également judicieux d'écouter pour fournir un semblant de conversation sensé. À la place, tout ce qu'il put répondre à la demande d'informations complémentaires, au pronostique pourtant encourageant de la situation et aux commérage du centre hospitalier fut :

    « Oui, oui, il fait très beau, ma pupuce... Moi aussi je t'aime. »

    Les bonnes résolutions, c'est bien connu : ça s'envolent aussi vite que ça vient.

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    Re: Ô, temps, suspend ton envol ! [pour Maddie]

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