Woody, Buzz et Clitoris

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    Jessie 'Buzz' Wallace

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    Woody, Buzz et Clitoris

    Message par Jessie 'Buzz' Wallace le Dim 13 Sep 2009 - 21:09

    Nom : Calinsky
    Prénom(s) : Woody
    Surnom(s) : /
    Sexe : Masculin
    Âge : 35 ans
    Espèce : Humain
    Unité : Civile
    Profession : Employé des pompes funèbres


    Nom : Wallace
    Prénom(s) : Jessie
    Surnom(s) : Buzz, Jess
    Sexe : Féminin
    Âge : 27 ans
    Espèce : Humaine
    Unité : Civile
    Profession : Infirmière psychiatrique



    - Debout les campeurs, et haut les cœurs ! Oubliez pas vos bottes parce que ça caille aujourd'hui !
    - Ça caille tous les jours par ici, on est pas à Skadi !
    - On n'en est même loin, et il faut s'attendre à quelques problèmes de circulation ce soir avec ce... Comment déjà ? Ah oui, ce blizzard !
    - Blizzard ? Vous avez dit blizzard ? Comme c'est étrange ! Eh bien voici les prévisions: la météo nationale prévoit un super blizzard, ça va décoiffer !
    - Oui, ça va décoiffer, mais il y a une autre raison pour laquelle cette journée est si particulièrement passionnante !
    - Et particulièrement froide !
    - Oui, particulièrement froide, mais une question majeure est sur toutes les lèvres...
    - Lèvres gercées !
    - Ouiiiiiiii, les lèvres gercées...
    - Poil au nez !

    De l'épaisse couette vert pomme émergea un bras parsemé de tâches de rousseur, qui s'abattit sur le radio-réveil posé sur la table de chevet. Dans la chambre, on n'entendait plus qu'une douce respiration endormie. Le bras resta étendu en dehors de la couette et très vite, une seconde respiration profonde se fit entendre.

    Très exactement dix minutes plus tard, le radio-réveil se remit en route.

    I got flowers in the spring,
    I got you to wear my ring,
    And when I'm sad, you're a clown,
    And if I get scared, you're always around,
    Don't let them say your hair's too long,
    'Cause I don't care, with you I can't go wrong,
    Then put your little hand in mine,
    There ain't no hill or mountain we can't climb... Babe, I got you babe... I got you babe...


    Le bras remua de nouveau et éteignit une nouvelle fois le radio-réveil. Un soupir s'enfuit de sous la couette. Puis, brusquement, la couette fut rabattue sur le côté et, sur le matelas, apparut une jeune femme aux longs cheveux roux et bouclés. Elle sauta littéralement du lit, et rabattit la couette sur le dos du jeune homme qui était toujours endormi, de l'autre côté du lit.

    Elle sautilla jusqu'à la cuisine et se prépara un petit déjeuner composé de deux œufs au plat, une tranche de jambon, une demi-baguette et un bol de café noir. Tandis qu'elle beurrait ses deux morceaux de demi-baguette, elle fredonna :

    I got you to hold my hand, I got you to understand...

    Un quart d'heure plus tard, l'estomac de la jeune femme étant rempli, cette dernière se dirigea vers la douche. Elle entra dans la salle de bains, et laissa son pyjama ample en pilou tomber sur le sol, révélant ainsi des épaules rondes, de lourds seins en poire, un ventre bien galbé, des hanches rebondies, des fesses charnues, des cuisses un peu larges et dotées d'un peu de peau d'orange au-dessus des genoux.

    Elle releva ses cheveux en un chignon sur le haut du crâne et bloqua le tout dans une charlotte de bain bleue. Elle entra dans la cabine de douche et, tandis que l'eau courait sur son corps diaphane, elle chanta :

    I got you to walk with me, I got you to talk with me, I got you to kiss goodnight, I got you to hold me tight, I got you, I won't let go, I got you to love me so...

    Quand elle finit par sortir de la salle de bains, toute pimpante, et vêtue d'un épais pantalon de velours bleu marine et d'un pull à col roulé écru, il s'était écoulé exactement une demi-heure.

    La jeune femme retourna en cuisine et jeta un œil à l'horloge. Comme toujours, elle avait un peu d'avance. Elle s'affaira donc à préparer un second petit déjeuner, composé cette fois-ci d'un chocolat chaud et de la deuxième moitié de la baguette. Enfin, elle se rendit dans la chambre à coucher.

    Elle s'accroupit à côté du lit, saisit un coin de la couette et la tira doucement en arrière. Un visage endormi apparut. Un visage masculin, carré et aux courbes lisses. Les joues râpeuses dues à une barbe naissante depuis 24h, les paupières closes, Woody dormait. Et il dormait bien. La jeune femme sourit et murmura tendrement :

    Debout, mon canard en sucre, il est 7h30...

    Elle se pencha en avant et déposa un baiser sur le nez du jeune homme, puis elle se redressa et ouvrit les stores. Une lumière crue entra dans la chambre. Au dehors, Valhalla s'éveillait lentement : la lumière des lampadaires baissait à mesure que celle du jour croissait, les commerçants ouvraient leurs échoppes l'un après l'autre, les travailleurs passaient en grelottant du hall de leur immeuble à l'entrée du métro souterrain.
    Buzz revint auprès du lit. Cette fois-ci, elle découvrit totalement la tête du jeune homme et embrassa ses lèvres closes.

    Allez, mon choupinet d'amour, on se lève, maintenant !

    Woody poussa un soupir et ses sourcils se froncèrent. Bien entendu il tolérait les surnoms débiles et ridicules que Jess lui donnait, parce qu'elle le faisait gentiment. Mais il ne pouvait nier que ça lui donnait toujours l'impression, tous les matins, d'être réveillé par sa mère comme quand il avait 8 ans... Enfin, ça faisait parti des petites choses contre lesquelles ils se contentait de râler sans méchancetés. C'était quand même chouette d'être éveillé de manière aussi douce.

    Ouaiiiis... lâcha t-il avant de plonger son visage dans l'oreiller.

    Oui, Woody était content de ne pas être éveillé brutalement, mais ce n'est pas pour autant qu'il aimait être éveillé tout court. Il lui fallait quelques secondes d'acclimatation, que toutes les connexions se fassent, que les synapses se réveillent aussi, qu'il se fasse à l'idée qu'il allait être debout... Hop ! A peine le temps de penser à tout ça, et Woody roula sur le matelas pour être sur le dos et il s'appuya sur ses bras pour se mettre en position assise, avant de lever vers Buzz un regard de pitié, pour la forme.

    Tu ne voudrais pas m'appeler par mon prénom, de temps en temps ? Toujours pas ? demanda t-il en soupirant.

    Puis, sans attendre de réponse, il se pencha vers elle, nicha son visage dans le cou de la demoiselle et embrassa sa peau douce qui sentait un peu trop le gel douche à son goût... Mais Buzz était du genre ponctuel. Et non seulement elle n'acceptait pas d'être en retard, mais elle faisait tout pour que Woody soit parfaitement à l'heure au travail, lui aussi. Même si, en réalité, Woody était tout aussi ponctuel qu'elle. Mais elle aimait se dire que c'était grâce à elle s'il n'était jamais en retard.

    Allez, debout, c'est l'heure ! répéta-t-elle d'un ton impérieux. Elle déposa un petit baiser sur l'arête de la mâchoire de Woody et se redressa. Le petit déjeuner est prêt, il t'attend bien sagement dans la cuisine.

    Puis elle se détourna et alla tranquillement refaire le lit de son côté (tout en écartant Clitoris qui prenait visiblement cela pour un jeu et attaquait férocement les plis de la couette). Woody la regarda une seconde et replia la couette sur ses jambes afin de bouger du lit. Il posa les pieds par terre et reste quelques secondes ainsi, assis sur le lit, complètement nu, le visage dans ses mains. Il lâcha un bâillement et se frotta les yeux, puis il se leva, s'étira et enfin, enfila un vieux pantalon de jogging et un t-shirt passé. Même si ça ne le dérangeait pas de se balader nu dans son appartement, il ne pouvait nier qu'il y avait des fenêtres et des voisins. Mais pour éviter de passer pour un pudique (qu'il était, pourtant), il disait toujours que c'était pour éviter de choquer les petits yeux innocents de Buzz qu'il s'habillait le matin. Ah, la fierté masculine...

    D'un bon pas, il se dirigea vers la petite cuisine, où il prit tranquillement son petit déjeuner tout en pensant à la journée qui l'attendait. Encore une journée stupide passée loin de sa copine, se disait-il. Quoi, c'était vrai. Ils seraient tellement mieux à rester au lit toute la journée...

    Quelques minutes plus tard, il jeta un coup d'œil à la petite horloge : normalement, Buzz allait très bientôt devoir partir. Woody se leva aussitôt, finit son chocolat chaud promptement et se précipita devant la porte d'entrée pour barrer le passage à Buzz. S'il ne pouvait pas la retenir ici toute la journée, il voulait au moins des bisous.

    Moins de deux minutes après la mise en place de la barricade humaine de Woody, Buzz arriva dans l'entrée, précédée de Clitoris. Elle tenait son sac en bandoulière à la main, et elle arborait un air particulièrement sérieux. Mais quand elle leva les yeux et aperçut Woody planté devant la porte, elle se fendit d'un sourire en tranche de courge et se jeta... Sur le porte-manteau. Woody leva les yeux au ciel mais ne broncha pas. En réalité, il se demanda s'il n'allait pas faire du petit bois avec cette saleté de porte-manteau !

    Je vais être à la bourre ! expliqua-t-elle en décrochant son lourd manteau de laine bouillie bleue. Elle enfila ce dernier à la va-vite et jeta l'écharpe de laine d'une couleur indéfinissable qui se trouvait en dessous sur ses épaules. Elle fourra enfin son bonnet assorti dans sa poche, et passa son sac sur une épaule.

    Enfin, elle s'autorisa ce dont elle mourait d'envie depuis qu'elle avait été confrontée au barrage masculin qui lui faisait face : elle sauta dans les bras de son chéri.

    Mon lapinou divin, tu vas me manqueeeeeer ! s'exclama-t-elle avant de faire claquer un énorme baiser sur les lèvres dudit léporidé qui jubilait. Il emprisonna Buzz dans ses bras, refusant de la laisser partir.

    Et bien tu seras à la bourre... répondit-il en la serrant un peu plus. Je mérite bien un peu de retard, non ?

    Finalement, après quelques secondes pendant lesquelles Buzz tentait de se débattre (et où Woody en profitait pour la tripoter un peu partout), le jeune homme abdiqua, la lâcha et s'écarta du passage pour la laisser sortir.

    Ne sois pas en retard ce soir ! lança t-il avec un sourire malicieux.

    Aucun risque ! répondit Buzz en s'élançant dans les escaliers de l'immeuble.
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    Woody Calinsky

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    Re: Woody, Buzz et Clitoris

    Message par Woody Calinsky le Dim 13 Sep 2009 - 21:12

    Woody referma la porte de l’entrée après que Buzz soit partie, et se tourna vers Clitoris, assis un mètre devant lui. Le petit chaton le regardait avec de grands yeux bleus attendrissants.

    Ne me regarde pas comme ça, tu as déjà eu à manger. Et puis tu es bien assez gros.

    Woody partit alors vers la chambre et commença à fouiller l’armoire à la recherche de vêtements propres. Bien sur, il y en avait, des vêtements propres, bien pliés bien rangés et qui sentait bon la lessive. Il attrapa une chemise blanche, un boxer noir et un pantalon brun et fit volte-face. A ses pieds : Clitoris. Les épaules de Woody s’affaissèrent et il soupira.

    Mais tu ne penses qu’à manger, petite boule de poil. Tu ferais mieux de t’intéresser à des choses plus intéressantes… comme… tiens, ton avenir.

    - Maoooooow…

    Clitoris se laissa tomber sur la douce moquette et roula sur le dos en montrant et en étirant bien son petit ventre blanc. Il jeta un coup d’œil plein d’espoir à Woody, un regard qui appelait aux gratouillis. Mais le jeune homme avait les mains prises. Alors il enjamba le chaton et se dirigea vers la salle de bain. Déçu, Clitoris suivit son maître, dû se faufiler entre la porte et le mur pour entrer dans la salle de bain. Woody, qui n’avait pas vu le chat entrer, enleva son t-shirt et balança le tissu à l’endroit où la petite bête se trouvait. Alors que Clitoris se battait dans cette marée de coton, Woody retirait son dernier vêtement et il entrait dans la douche. Il y resta exactement trois minutes. Il n’aimait pas passer des heures sous l’eau, ça ne servait à rien, c’était du temps de perdu et puis on pouvait être propre sans utiliser des milliers de litres d’eau…

    La porte de la douche se rouvrit alors et Woody en sortit. Il agrippa une serviette (chaude) posée sur le radiateur mural (chauffé. On est sur Asgard, ou on ne l’est pas) et se sécha rapidement. Pendant ce temps, Clitoris avait réussit à échapper aux griffes du t-shirt dont on l’avait enseveli, et il gambadait joyeusement entre les grands pieds de Woody. Au début, il ne faisait que tourner autour, puis il se mit à marcher dessus. Mais il glissa à cause de l’eau, et en plus ses petits coussinets étaient mouillés. Tant pis. Ni une ni deux, Clitoris se coucha, bougea un peu son arrière train et bondit sur le pied droit de Woody. Il mordilla sa cheville et sentit que le pied quittait le sol, l’emportant avec lui. D’un coup, Clitoris se retrouvait à 50 cm du sol, bien agrippé au pied. Woody le regardait.

    Je t’ai dit de trouver une autre occupation, de penser à ton avenir. Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?

    Pour toute réponse, Clitoris se mit à ronronner.

    Mais la hauteur, ce n’était pas son truc, alors il sauta du pied et alla renifler les vêtements par terre. Woody pu se sécher tranquillement et s’habiller. Evidemment, Clitoris l’accompagna quand il sortit de la salle de bain, il grimpa sur lui lorsqu’il s’assit sur le lit, il l’empêcha de mettre ses chaussettes en sautant sur lui et il manqua de le faire tomber 2 ou 3 fois en gambadant entre ses pieds lorsqu’il traversa le couloir. Adorable chaton. Heureusement, quand Woody arrive dans la salle de séjour, le petit chat décida qu'il allait plutôt s'attaquer à la boule de Noël que Buzz avait laissé exprès pour qu'il joue avec. En effet, dans un coin de la pièce trônait un grand sapin tout décoré de guirlandes, de petits sujets et d'une grande étoile.

    Woody prit toutes ses affaires, c'est-à-dire un manteau, une écharpe et un sac à dos (avec son téléphone, ses papiers et tout le reste) et ouvrit la porte d’entrée de l’appartement. Il tomba nez-à-nez avec le voisin d’en face : Monsieur de Lioncourt (Woody savait qu’il s’appelait comme ça car Buzz avait tenu à se présentée à tout l’immeuble lorsque le couple avait emménagé.) qui lui-même sortait de chez lui. Woody s’apprêtait à lui lancer un bonjour poli lorsqu’il vit une petite boule blanche lui passer entre les jambes et courir joyeusement vers celles de Monsieur de Lioncourt. Le petit chat se frotta alors contre le pantalon du pauvre voisin tout en ronronnant.

    Non, Clitoris, viens là !

    Bonjour… C… Cl… Chat. dit alors monsieur de Lioncourt avant de saluer poliment Woody avec un petit sourire.

    Woody lui rendit son sourire et se pencha pour ramasser le chaton d’une main, qui poussa un « maooow » de protestation face à aussi peu de délicatesse à son égard. Woody le balança presque dans l’appartement (Quoi ? Un chat ça retombe toujours sur ses pattes, nan ?) avant de refermer la porte, dos à monsieur de Lioncourt.

    Excusez-le, Clitoris court sans arrêt après les caresses… dit-il avec un grand sourire de contentement que le voisin ne put voir.

    Ce dernier lâcha un petit rire gêné. C’était si facile de le faire tourner en bourrique… Cruel, Woody ? Non. Il voulait rendre le voisin plus à l’aise. Voyez ça comme une aide généreuse et une marque profonde de son humanité. Ou pas.

    Bref, souriant encore quelques secondes, Woody descendit quatre à quatre les escaliers et poussa la porte du hall pour affronter le froid de dehors. Il aimait bien le froid. Comme tous les hommes en un sens… C’est toujours mieux d’avoir froid que d’avoir chaud vous diront-ils. C’est donc le visage dur et sérieux, la démarche rapide et les mains dans les poches de son manteau que notre homme commença sa longue descente de l’avenue pour aller au métro le plus près. Il était habitué au froid d’Asgard mais il rajusta son écharpe grise alors que le vent lui fouettait le visage et ondulait parmi ses mèches brunes.

    Woody était le genre d'homme qui préférait le froid au chaud, pour de vrai de vrai. Lorsqu'il était petit, ses parents l'emmenaient régulièrement voir de la famille sur Babylone, et ces éternelles vacances chez la sainte famille signifiait toujours une déshydratation intense et cet incroyable contact avec la population locale qui avait un esprit aussi avancé que celui d'un bout de fromage. Les endroits chauds, pour Woody, étaient synonyme de paresse, de plage et de baignade. Tout ce que notre homme détestait. Le froid, c'était vachement plus chouette. Et pour des milliers de raisons.

    Woody entra dans le passage couvert qui menait au métro. C'était l'endroit de la ville où il y avait toujours du monde, à n'importe quelle heure. Ici les magasins ne fermaient jamais et il y faisait bien plus chaud qu'en plein extérieur, ce qui attirait toujours les foules, même si la température ne dépassait jamais les 10°C. Partout, les rues étaient décorés avec des lampes et des guirlandes symbolisant Noël, éclairant de toutes les couleurs les boutiques et les passant.

    Environ une demi-heure plus tard, après avoir pris divers métro et de nouveau bravé le froid, Woody arrivait à son travail. Il entra dans un magasin de pompes funèbres et se dirigea vers le comptoir.

    Salut Lydia. dit-il à la demoiselle qui tenait la caisse.

    Lydia avait la tête penchée vers ses genoux, en train de lire un magazine qui semblait passionnant. Quand elle entendit Woody, elle leva vers lui ses yeux bleus maquillés d'un épais trait de crayon noir. D'une voix morne, elle lui répondit :

    Salut Woody...

    Lydia ne parlait presque pas et Woody ne l'avait jamais vu sourire. Ses cheveux noirs étaient plaqués contre sa nuque puis frisaient dans son dos, ce qui lui donnait une allure de folle plutôt amusante. Elle portait toujours des vêtements noirs, aujourd'hui c'était une immense toge avec une ceinture, des collants noirs, de grosses chaussures avec des pics et des milliers de bagues aux doigts.

    - Bon week-end ?

    - ...Noir... Comme tout ce qui fait mon monde...

    - Woody !

    Un jeune homme noir s'avança vers le comptoir, avec dans les mains une plantes mortes et de l'autre une carte.

    Regarde qui j'ai trouvé !

    Eugène leva la petite plante marron à la hauteur du visage de Woody avec un grand sourire.

    Monique ! dit-il avec un air triomphant sans laissé à Woody le temps de répondre.

    - … Monique ?

    - Oui! La pauvre moisissait dans le placard des dossiers des macchabées de 3317 et 3318. Alors forcément, elle n'est pas très en forme...

    C'était le moins qu'on puisse dire. La petite plante avec une couleur marronnasse, la plupart de ses feuilles étaient tombés dans son pot de terre plus que sèche (ça ressemblait plus à de la poussière qu'à de la terre) et elle se réduisait presque à une simple tige qui semblait fatiguée tant elle se courbait.

    Je suis certain qu'avec un peu d'amour et d'eau fraîche, elle sera d'aplomb dans quelques jours !

    Woody se garda bien de dire qu'il n'y avait probablement aucun moyen de faire revivre la petite Monique pendant que Eugène se tournait vers Lydia et posait la plante sur le comptoir, toujours souriant.

    Lydiiiiiiia ! Regarde ! C'est Monique !

    Lydia leva alors doucement son visage, quittant sa lecture pour la seconde fois en cinq minutes. Elle regarda la plante avec son regard morne habituel et leva une main pour la faire tourner et la voir sous toutes les coutures.

    Elle est belle... dit-elle enfin dans un souffle, de sa voix inquiétante habituelle.

    Eugène hocha la tête avec vigueur, son sourire banane toujours accroché à ses lèvres.

    Elle est comme un cercueil. Un grand... beau... noir... cercueil. Elle déstructure la vie, donne un nouveau souffle à la mort.. On dirait l'enfer, un large escalier sombre et poussiéreux qui mène tout en bas, sans aucune possibilité de faire demi tour... Tout son être hurle de douleur, toutes ses cellules crient... C'est un vent obscur, une onde pâle qui vient dans la nuit caresser la nuque et ôter tout souffle de vie... C'est un message psychopompe et funeste, comme une arche... Une arche vers la mort...

    Le sourire d'Eugène avait peu à peu diminué, jusqu'à devenir figé. Le silence se fit pendant quelques secondes et Lydia se leva très lentement de sa chaise avant de regarder tour à tour les deux garçons et d'annoncer d'une voix caverneuse :

    C'est la mort.

    Eugène prit alors vivement le pot dans ses bras -manquant de faire tomber la tige de plante en même temps- et faisant tomber la moitié de la terre par terre- et la serra contre sa poitrine.

    Mais dis pas ça ! Tu vas lui faire peur ! Monique n'est pas en forme mais ce n'est pas une raison pour lui anéantir tout espoir d'aller mieux !

    Et Eugène fit demi-tour, serrant toujours la petite plante contre lui, et partit. Lydia se rassit avec autant de lenteur que quand elle s'était levée et repartit dans la lecture de son magazine comme si de rien était. Woody resta immobile encore une seconde puis il fit lui aussi demi-tour pour aller dans la même direction qu'Eugène, laissant Lydia seule en train de fredonner une chanson de crémation.

    Woody traversa donc toute la boutique, des tables pour les contrats aux expositions de pierres tombales, puis il alla dans l'arrière boutique. C'était d'abord une petite pièce remplie de boîtes en cartons de toutes les tailles avec tous les stocks de pierres ou d'urnes possibles. Mais si arrivait à trouver la minuscule porte enfouie sous les montagnes de boîtes (ce qui n'était pas une mince affaire) on pouvait ensuite se rendre dans la vraie arrière boutique. C'était une grande salle avec une petite cuisine, un écran, une grande table, des chaises, des machines à café. Le tout était évidemment très bordélique et légèrement décoré pour les fêtes, c'est à dire qu'Eugène avait accroché une énorme guirlande bariolée, et que Lydia avait mis une ribambelle de chauve-souris en papier un peu partout. Quant à la dernière employée, Ismérie, elle avait crochetée à une armoire une immense chaussette qui faisait en même temps calendrier de l'avent. Chaque soir elle y déposait 4 chocolats qu'ils mangeaient le matin. Et Woody ? Woody avait aidé Eugène à accrocher sa guirlande, voilà. Et Buzz l'avait également obligé à apporté un minuscule sapin qui scintillait, qui avait d'abord été posé sur le comptoir mais que Woody avait rapidement ramené dans l'arrière boutique en voyant que Lydia avait commencé à effeuiller le petit arbre.

    Eugène avait posé Monique sur une étagère et était en train de remplir un verre d'eau pour la plante. Assise à la table, Ismérie était en train de remplir un dossier consciencieusement.

    Salut Woody ! dit-elle sans même lever la tête de sa paperasse.

    Woody la salua à son tour et s'assit en face d'elle mais à peine avait-il posé ses fesses qu'elle lui envoya son stylo à travers la figure.

    - Woody ! Qu'est-ce que t'es en train de faire là ?!

    - Je...

    - Ah mais non ! C'est Noël ! On est le 24 ! Alors va prendre ton chocolat dans la chaussette, aller ! Tu es en train de briser toute la magie de Noël là ! Tu dois aller chercher ton chocolat !

    Woody la regarda un instant et voyant qu'il ne bougeait pas, Ismérie lui montra la feuille qu'elle était en train de remplir.

    Tu dois le faire pour Monsieur Marc Loween qui est mort la semaine dernière ! Allez !

    Elle sourit et Woody se leva pour aller chercher son petit chocolat. Il plongea son bras dans la chaussette et en sortit un petit père Noël de chocolat noir et blanc, avec un petit ruban aux motifs écossais noué autour de lui. Il sourit, défit le ruban et goba le chocolat avant d'aller dire un merci à Ismérie, qui sourit de satisfaction.

    Tous les quatre, ils formaient une joyeuse troupe de croque-morts. Woody aimait bien l'ambiance qui régnait entre eux. Chacun avait une petite part de folie et comme il aimait le dire à Buzz : "Ils sont timbrés." Mais Woody pouvait dire tout ce qu'il voulait, il aimait beaucoup ses collègues de travail et n'en changerait pour rien au monde. Ils n'étaient pas forcément appréciés, le travail était un peu fait n'importe comment, mais au final, tout était en ordre.

    Je trouve ça un peu triste les gens qui meurent le jour de Noël... Pas vous ?

    Le public fut un peu mou et la question d'Ismérie ne remporta pas un franc succès. Il faut dire qu'entre Lydia qui était en train de jouer doucement avec une araignée, Eugène qui parlait à sa petite plante d'un ton rassurant et cajoleur, et Woody qui tentait de lire le magazine de Lydia : aucun n'était du genre à plaindre les morts. Ismérie les regarda à tour de rôle et soupira en comprenant que son espoir de conversation était vain.

    C'est triste, la mort... rajouta t-elle.

    - Oui, mais ça fait vivre beaucoup de monde.

    - A commencer par nous.

    Ismérie lança à Woody et Eugène un regard de tueur devant aussi peu de considération pour ce qu'elle disait. Mais les garçons n'eurent pas le temps de le lui rendre : le téléphone sonna et Lydia répondit doucement. Woody s'était toujours dit qu'il valait mieux que quelqu'un d'autre s'occupe du standard, vu l'amabilité de Lydia au téléphone...

    Hôpital Roenegen. Mr Müller. Cancérologie.

    Ce qui, dans le langage de Lydia, signifiait que feu-Mr Müller attendait que l'on vienne le chercher, et sa famille allait s'entretenir avec la compagnie pour les funérailles.
    Pendant quelques secondes, Ismérie, Eugène et Woody se regardèrent suspicieusement pour savoir qui allait se rendre à l'hôpital. Puis, comme si c'était une évidence soudaine, la voix de Lydia trancha :

    - Woody. Tu y vas.
    - Pourquoi moi ?
    - Parce que tu es notre aîné.
    - Faux. Eugène et moi avons 35 ans tous les deux.
    - Oui mais tu es né le 23 février, et lui le 5 mai.

    Le jeune homme soupira mais s'exécuta. Une journée comme les autres, se dit-il. Il se rendit à l'hôpital, remplit les papiers, les formalités d'usage, s'occupa du macchabée, organisa les funérailles et donna l'adresse de l'agence pour que la famille choisisse une pierre tombale digne de ce nom.

    Woody savait qu'il faisait un travail étrange, on le lui avait souvent dit. Sa mère, surtout. Mais lui, il l'aimait bien son travail. D'abord, c'était utile : il fallait bien des gens pour s'occuper des défunts. Ensuite, c'était très calme. Les horaires n'étaient pas spécialement compliqués, il était principalement sur le terrain, la comptabilité était partagée entre chaque salarié et pour finir, il avait des congés payés. Le pied. Bien sûr, le salaire n'était pas faramineux et il ne pouvait pas espérer faire grand chose pendant ses congés, mais il s'en fichait. Woody n'avait pas besoin de grand chose, tant qu'il avait Buzz.

    Finalement, la fin de la journée arriva bien vite, à 17h ils se souhaitèrent un Joyeux Noël et Woody prit le chemin du retour pour revenir chez lui. Il avait des tas de choses à faire ! Nourrir le chat, étendre la lessive, faire réchauffer les plats de ce soir et préparer l'apéritif (soit : sortir les coupes), il n'y avait pas une minute à perdre !
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    Jessie 'Buzz' Wallace

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    Re: Woody, Buzz et Clitoris

    Message par Jessie 'Buzz' Wallace le Dim 13 Sep 2009 - 21:14

    Buzz dévala quatre à quatre les escaliers de l'immeuble et s'engouffra dans les rues glaciales en frissonnant. Elle était née sur Asgard, mais ses gênes humains se rappelaient constamment à elle : elle était plutôt frileuse. Elle réajusta sa grosse écharpe autour de son visage, ne laissant apparaître que ses yeux, et marcha jusqu'à l'entrée du métro.

    Valhalla avait été construite dans le but d'épargner à ses habitants la froidure de l'hiver asgardien. Entre le métro et les passages souterrains, il fallait vraiment le vouloir pour passer plus de dix minutes à l'air libre. Et ça tombait bien, Buzz ne le voulait vraiment pas.

    Pas qu'elle eût particulièrement aimé le métro, cela dit. Buzz aimait être au contact des gens, mais le métro la déprimait singulièrement. Elle trouvait que les gens y ressemblaient à des zombies. Pendant le quart d'heure de trajet qu'elle devait parcourir tous les matins et tous les soirs, Buzz se contentait donc de faire comme les autres : regarder ailleurs et penser à autre chose. Elle sortait invariablement à la même station, et ce matin-là, comme tous les autres matins, le brusque changement de température entre la station de métro et la rue la fit éternuer. Elle s'emmitoufla précautionneusement dans son écharpe et enfonça un peu plus son bonnet sur ses oreilles. Quand elle arriva en vue du grand bâtiment blanc, elle prit une longue inspiration.

    BONJOUR TOUT LE MOOOOOOONDE ! hurla-t-elle à la cantonade en ouvrant la porte de l'établissement dans un grand fracas. Une jeune femme qui se tenait debout derrière le comptoir de l'accueil sursauta, mais les autres personnes présentes se contentèrent de sourire à Buzz.

    - Bonjour, Buzz ! lança une femme d'une cinquantaine d'année.

    - Bonjour Malena ! Ca va ce matin ? T'es venue à pied ou en glisseur ? Parce que j'ai vu de ces plaques de verglas entre la sortie du métro et ici, je te raconte pas l'horreur ! Y'a de quoi se péter une jambe en deux temps trois mouvements ! Hey, Ingalill, t'étais pas en congés aujourd'hui ?

    Ladite Ingalill adressa un petit sourire d'excuse à Malena qui haussa les épaules et rejoignit sa stagiaire nerveuse derrière le comptoir de l'accueil. Elle savait bien qu'elle n'aurait pas eu une chance de répondre à Buzz. Quand elle était lancée, rien ne l'arrêtait.

    D'ailleurs, Ingalill non plus n'avait pas eu le temps d'en placer une. Buzz l'avait attrappée par le bras et lui racontait avec entrain la fin du film qu'elle avait regardé avec Woody la veille, sans avoir pris le temps de demander à son amie et collègue si cela l'intéressait ou si elle n'avait pas autre chose à faire que de l'accompagner.

    Elles entrèrent dans le vestiaire des femmes, et Buzz se changea en deux temps trois mouvements. Tout en expliquant à Ingalill comment un frigidaire avait pu sauver le héros du film, elle constata que sa blouse devenait de plus en plus serrée au niveau de la poitrine. Et quand elle enfila le pantalon assorti, elle fut obligée de reconnaître qu'elle avait peut-être bien effectivement pris un peu des hanches et des fesses.

    … Et du coup, quand il est sorti, dis, tu crois que j'ai pris du poids ? demanda-t-elle sans même prendre la peine de fnir sa phrase précédente. Ingalill, une ase brune d'une vingtaine d'années, sembla rencontrer quelques difficultés à accrocher au nouveau sujet de conversation, mais elle finit par réagir et répondre :

    Nooooon, c'est l'hiver qui te donne cette impression.

    Autrement dit : oui, mais c'est normal. Mais oui. Mais finalement, Buzz s'en fichait un peu. Elle haussa les épaules et accrocha sur sa poitrine un badge blanc sur lequel était écrit en lettres noires : « Jessie Wallace ». Puis elle leva les yeux vers Igalill et, un grand sourire aux lèvres, répondit :

    Eh bien l'hiver, je l'empapouète.

    Les infirmières de la Maison de Repos n'avaient jamais un moment pour elles. Outre les soins directs à prodiguer aux patients, il fallait constamment surveiller que celui qui se promenait actuellement dans le couloir du troisième étage n'était pas supposé être consigné dans sa chambre ou que celle qui chantait à tue-tête, enfermée dans son placard, avait bien avalé ses médicaments. Et même quand tous leurs patients étaient à l'endroit où ils étaient supposés être, en train de faire ce qu'ils étaient supposés faire, les infirmières psychiatriques avaient pour devoir de veiller à leur bien-être.

    A la Maison de Repos, on ne faisait pas que soigner les gens. On leur tenait compagnie, on les accompagnait dans ce qui était pour eux une étape difficile de leur vie. Par exemple, ce jour-là, Buzz passa une grande partie de la matinée en compagnie d'une petite fille qui avait été admise plusieurs mois plus tôt, et qui commençait seulement à sortir de son mutisme.

    Qu'est-ce que tu as envie de faire, aujourd'hui, Emily ? demanda Buzz d'une voix douce. La petite blondinette lui lança un regard triste avant de baisser la tête. Buzz retint un soupir. Cette pauvre petit fille avait vécu des atrocités que même un adulte aguerri n'aurait pas supportées. Elle jeta un coup d'œil à la chambre d'Emily. Elle était vide et triste. Un unique nounours un peu râpé trônait sur le lit, et sur le bureau étaient éparpillées quelques affaires de dessin, et cela représentait tout ce qu'Emily possédait. Buzz se leva et s'approcha de la fenêtre. Même la vue, qui donnait sur la cour où se promenaient tant bien que mal les patients emmitouflés et accompagnés d'infirmiers, était déprimante.

    Puis Buzz s'approcha du bureau. Tu as envie de dessiner ? demanda-t-elle en vain. La petite ne broncha pas, toujours assise sur le lit, prostrée. Buzz eut alors une idée. Il n'y avait qu'une seule chose au monde qui pouvait l'aider quand elle-même s'ennuyait.

    Elle s'assit au bureau et, sous l'oeil intrigué d'Emily, prit une feuille blanche, une paire de ciseaux à bout rond, et découpé un carré. Puis elle s'appliqua à plier la feuille, la tournant et la retournant jusqu'à arriver à un petit carré bien plié. Puis elle le déplia un peu, et pris quelques feutres et un stylo, et commença à écrire quelque chose dessus. Très intriguée, Emily se leva sans bruit pour se rapprocher de Buzz. Quand elle fut à sa hauteur, l'infirmière se tourna vers elle d'un air excité, lui brandit son pliage sous le nez et s'écria : Dis un chiffre !

    Ce qu'elle tenait dans les mains était communément appelé une salière, mais elle-même l'avait toujours appelé une poule, bien que le pliage ne ressemble en aucun cas à un gallinacé, ni même à quoique ce soit ayant rapport avec un instrument de cuisine. Un peu dubitative, Emily articula faiblement : … Huit ? et Buzz s'empressa de compter huit allers et retours, avant de lui montrer la sélection de couleurs finale et de demander : Et maintenant, choisis une couleur !. Emily se pencha en avant, inspecta les petits ronds de couleurs, et montra timidement le rond turquoise du bout du doigt. Toujours souriante, Buzz souleva le morceau de papier, et Emily lut à voix haute ce qui y était écrit :

    Chipe des biscuits aux cuisines et partage-les avec ton infirmière préférée ! L'éclat de rire de la petite fille donna du baume au cœur de Buzz, qui la serra dans ses bras, avant de partir avec elle à l'étage du réfectoire.


    D'habitude, Buzz mangeait en compagnie du personnel de la Maison, mais ce jour-là, elle s'éclipsa aussi discrètement qu'elle put (c'est-à-dire que tout le monde la vit et lui demanda où est-ce qu'elle allait, et qu'elle fut bien obligée d'expliquer qu'elle allait manger à l'extérieur, ce qui en fit râler plus d'un). Elle prit de nouveau le métro, mais choisit une autre direction que celle de son appartement. Elle offrit quelques crédits et un grand sourire au vieil homme qui jouait de la guitare dans sa rame, et sortit à l'arrêt « Ambassade ».

    Elle entra dans un restaurant situé juste en face de l'Ambassade de Valhalla, et s'assit à une table en se frottant les mains pour réchauffer ses doigts déjà engourdis. Elle consulta sa montre et constata qu'elle était un peu en avance. Elle passa le temps en observant les clients autour d'elle. Elle sourit en voyant entrer dans le restaurant un ase un peu dégingandé, aux longs cheveux auburn et aux cornes couleur poudre. Il était vêtu d'un complet usé et étonnamment léger comparé à l'épais manteau de Buzz. Il avait les traits tirés et des cernes noirs, mais son visage s'éclaira lorsqu'il aperçut Buzz, qui lui fit un petit signe de la main.

    Salut, Jess ! Tu vas bien ? demanda-t-il en s'asseyant en face d'elle. Le sourire de Buzz s'élargit : il n'y avait qu'une seule personne au monde qui pouvait l'appeler Jess impunément, et c'était lui.

    Oui, et toi ? Tu te rends compte qu'on ne s'est pas vus depuis mon anniversaire ? Et tu te rends compte que ça fait exactement quarante-trois jours ? C'est inacceptable, ça, Søren ! L'ase eut un petit sourire d'excuse. Buzz savait qu'en tant qu'assistant d'ambassadeur, il était constamment surbooké, mais elle aimait le culpabiliser un peu. Elle exulta en le voyant se ratatiner sur sa chaise, et éclata de rire quand il bredouilla qu'il avait eu du travail, ce qui eut pour effet de le dérider un peu.

    Søren et elle se connaissaient depuis l'âge de neuf ans, et dès le premier jour de leur rencontre, ils avaient été inséparables. Quand Buzz avait mis les pieds pour la première fois à Tideson, un foyer pour l'enfance situé en périphérie de Valhalla, elle était, comme la plupart des enfants à leur arrivée, complètement perdue et désemparée. Ses parents avaient été tués dans l'effondrement du théâtre Hedda Gabler, qui fit des dizaines de victimes, et n'ayant pas d'autre famille à contacter, ni sur Asgard, ni ailleurs, elle était devenue officiellement pupille de l'État.

    Le jour de son arrivée, donc, la petite Jessie était entrée dans le réfectoire, pâle comme un linge, et on l'avait présentée à ses camarades. Elle s'était toute de suite sentie très seule, noyée au milieu de cet océan d'inconnus. Mais soudain, elle avait repéré une tâche fauve au fond de la salle, et sans réfléchir, elle était allée se planter devant. Le petit garçon aux cheveux roux l'avait regardé avec méfiance, mais elle lui avait fait un grand sourire, lui avait tendu la main, et l'avait gratifié d'un grand Salut ! plein d'enthousiasme. Cette poignée de main avait scellé leur amitié pour toujours.

    Søren et Jessie avaient donc grandi ensemble, et peu à peu, on avait commencé à les considérer comme un frère et une soeur. Ils avaient les mêmes tâches de rousseur, la même peau pâle, les mêmes yeux verts, et si Søren avait eu les cheveux un peu plus roux et Jessie une paire de cornes, ils auraient été des copies conformes. Ni l'un, ni l'autre n'avaient jamais réussis à être adoptés, et ils avaient grandi dans la conviction que c'était pour le mieux. Au collège, Søren s'était plongé dans ses études tandis que Jessie faisait l'école buissonnière avec ses amis, mais l'année de leur passage au lycée, ils s'étaient retrouvés, et ne s'étaient plus jamais séparés. Søren s'était mis à grandir et devint l'homme dégingandé qu'il était, et Jessie avait laissé ses rondeurs s'épanouir. Le jeune ase s'était tourné vers des études compliquées et un travail plutôt haut placé à l'ambassade, tandis que la jeune femme s'était décidée à devenir infirmière psychiatrique. Pendant des années, ils avaient étudié, travaillé et habité chacun à un bout de la ville, mais jamais ils n'avaient manqué de déjeuner ensemble ou de se téléphoner.

    Ce jour-là, ils parlèrent pendant près d'une heure, puis se séparèrent après s'être échangé de petits cadeaux et s'être souhaité un joyeux Noël. Buzz regarda s'éloigner Søren, ses longs cheveux flamboyants flottant dans le vent glacial de l'hiver, et elle ne put réprimer un sourire plein d'affection pour son frère de cœur.

    JE SUIS DE RETOUUUUUUUR ! scanda Buzz en passant devant le comptoir de l'accueil. La jeune stagiaire tressaillit et Buzz éclata de rire. Eh ben alors, euh... Amalia ! ajouta-t-elle après un rapide coup d'œil sur le badge de la jeune femme. Il faut pas être nerveuse comme ça !

    - D-Désolée, mademoiselle..

    - Ma... ? Mademoiselle ? Non mais ça va pas ? Tu m'appelles Buzz, comme tout le monde !

    - Euh...

    La jeune femme regardait avec circonspection le badge de l'infirmière, quand une aide-soignante appela Buzz de la cage d'escalier pour lui demander de l'aide à l'étage avec un certain « Monsieur Jesper ». Malena, la secrétaire médicale, vint alors à la rescousse de sa stagiaire :

    - Ça fait des années qu'on milite tous auprès du patron pour faire inscrire son surnom sur son badge, mais il paraît que c'est contraire à la Charte d'Hospitalisation

    - Et... Son surnom, c'est...

    - Buzz. Parce qu'elle est tellement bavarde, qu'au bout de trois minutes avec elle, tes oreilles font « bzzzz bzzzz bzzz ».

    Le fameux Monsieur Jesper était un charmant vieillard centenaire qui avait la particularité de parler de lui-même à la troisième personne et de prendre tous les infirmiers pour ses enfants. Quand Buzz arriva dans sa chambre avec l'aide-soignante qui l'avait appelée, elle comprit tout de suite le problème.

    - Monsieur Jesper, qu'est-ce que vous diriez de remettre votre pantalon

    - Ah, Maya ! Tu es venue dire bonjour à ton vieux père ? Ça lui fait plaisir de te voir !

    - Allons bon... grommela Buzz avant de faire signe à l'aide-soignante qu'elle s'occupait du vieil homme. Elle savait que monsieur Jesper n'était pas un mauvais bougre. Et personnellement, ça ne la dérangeait pas de le voir se promener les parties à l'air. Elle en avait vu d'autres, et des bien plus flapies. Mais elle n'était pas convaincue que ses voisins de chambre aient vraiment envie de profiter du spectacle.

    Tandis qu'elle tentait tant bien que mal de le rhabiller, monsieur Jesper lui faisait joyeusement la conversation.

    - Et quand est-ce que tu lui ramènes un beau jeune homme à la maison, Maya ?

    - Mais il y a déjà un beau jeune homme dans ma vie, monsieur Jesper, et vous l'avez déjà vu !

    - Ah oui ? Étrange, il ne s'en souvient pas...

    - Vous vous rappelez Elise Deauxnim, la vieille dame qui s'habillait toujours en violet ?

    - C'est son fils ?

    - Non, c'est celui qui l'a emmenée jeudi dernier !

    Et comme les fesses de monsieur Jesper avaient enfin retrouvé la chaleur relative de ses vêtements, Buzz s'en fut faire le tour des chambres de l'étage, laissant le vieil homme perplexe quant à l'idée de sa fille Maya, fiancée avec un croque-mort.


    Quand le service de Buzz fut terminé, la nuit était déjà noire. Elle sortit de la Maison de Repos en frissonnant. Elle descendit dans la station de métro et se détendit un peu de sentir la chaleur qui y régnait. Elle monta dans une rame presque vide : à cette heure-ci, la plupart des gens étaient chez eux, en famille, et dégustaient un bon repas de Noël. Buzz avait généralement des journées plutôt longues, mais cela lui permettait de se ménager un jour de congé de temps à autres. Et puis, Buzz ne lésinait jamais sur les heures supplémentaires. Elle aimait son travail.

    Assise sur un siège plutôt confortable, elle se détendit un peu plus et soupira en fermant les yeux. Malgré tout, la journée n'avait pas été de tout repos. Elle sortit de sa poche la petite balle rebondissante en caoutchouc que Søren lui avait offerte. Elle était turquoise et pailletée, et contenait une minuscule figurine représentant un chat blanc roulé en boule. Elle sourit. Elle avait toujours adoré les balles rebondissantes, et malgré la ressemblance frappante avec la figurine, Clitoris n'allait certainement pas avoir le droit de jouer avec. En revanche, elle emmènerait peut-être Emily dans l'un des garages de la Maison pour y jouer avec elle. Elle ouvrit son manteau, et plaça la balle dans une poche intérieure qu'elle referma avec soin.

    Le blizzard s'était levé quand elle sortit du métro, et la violence du vent glacial lui fit monter les larmes aux yeux. Elle marcha dans les rues désertes, le cœur gagné par la mélancolie. Un ase aux bras chargés de courses sortit d'un aéroglisseur et traversa le trottoir devant elle pour entrer dans son immeuble. Elle esquissa un sourire, mais il ne la vit pas, ou bien choisit de l'ignorer, et passa son chemin. Buzz baissa la tête, et continua son chemin, morose.

    Elle se rappela son premier Noël seule. Elle était en première année d'école d'infirmière, et le soir du réveillon, toutes ses camarades de classe étaient retournées dans leur famille. Buzz savait qu'elle aurait été accueillie à bras ouverts si elle s'était présentée au foyer de l'enfance, mais elle avait eu envie de prouver qu'elle était capable de vivre une vie d'adulte. Elle avait marché dans des rues semblables à celles qu'elle parcourait ce soir-là, et elle avait regagné sa minuscule chambre d'étudiante, dans laquelle personne ne l'attendait. Elle avait passé une soirée plutôt morne, et s'était couchée avant minuit. Avec du recul, son premier Noël en tant qu'adulte avait certainement été le pire de toute sa vie.

    Elle tourna à un coin de rue, et aperçut son immeuble au loin. Elle leva les yeux et remarqua que les fenêtres de son appartement étaient allumées. En se rapprochant, elle vit même clignoter les lumières multicolores du sapin. Une vague de chaleur l'envahit soudain. Woody était là. Il était là pour elle, et il l'attendait. Buzz accéléra le pas. Evidemment qu'elle n'était pas seule ! Elle était même entourée d'amour, constamment. A quelques mètres de l'entrée de l'immeuble immaculé, elle se mit à courir, un grand sourire aux lèvres. Elle avait soudain un besoin irrépressible de prendre Woody dans ses bras. Elle enfonça à moitié la porte d'entrée, qui claqua violemment contre le mur du hall.

    Eh ben alors, qu'est-ce qu'elle t'a fait cette porte ? demanda la petite rouquine plantée au milieu du hall, un énorme carton dans les bras. Buzz reconnut Madeline de Lioncourt, sa voisine de palier, et elle lui lança un grand « JOYEUX NOËËËËËËËL ! » tout en fonçant vers les escaliers (il était hors de question pour Buzz d'utiliser l'ascenseur). Madeline lui sourit, et lui répondit de même. Buzz jeta tout de même au passage un regard au carton que transportait sa voisine, et demanda :

    - Qu'est-ce que c'est ?

    - Ah ah ! Surprise ! Enfin, surtout pour mon lapin. Du moins, je l'espère... Si ça se trouve, il a déjà deviné ce que c'est, et ma surprise va encore tomber à l'eau... Mais bon, j'espère l'avoir, cette fois ! ajouta-t-elle en haussant des épaules.

    L'air parfaitement émerveillé, Buzz arrondit la bouche et s'exclama :

    - Hooooo ! C'est super ! Tu me diras si ça a marché ! Elle entama l'ascension des escaliers, mais ne s'arrêta pas de parler pour autant. Nous, on a déjà mis les nôtres sous le sapin, et je suis sûre que ma banane d'amour n'a aucune idée de ce qui l'attend ! Tandis que Maddie la suivait en rigolant un peu (elle ne se doutait pas un instant que le surnom qu'elle venait de donner à Woody semblait à sa voisine légèrement risible), Buzz arriva au premier palier, et se pencha un peu par dessus la rambarde pour finir : Passe une bonne soirée, et encore joyeux Noël ! avant de piquer un sprint dans les escaliers. Et tant qu'à se dépécher, elle commença à retirer son écharpe, ses gants et son bonnet, sans remarquer qu'elle en faisait tomber la moitié derrière elle.

    Hé ! C'est pas un club de strip-tease ici ! Ramasse tes fringues !

    Mais Buzz ne répondit que par un dernier « Joyeux Noël ! », suivi de près par le bruit de la porte de son appartement qui se fermait derrière elle.

    Quelle pile électrique, celle-là. souffla la rouquine avant d'entrer à son tour dans son appartement.
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    Woody Calinsky

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    Re: Woody, Buzz et Clitoris

    Message par Woody Calinsky le Dim 13 Sep 2009 - 21:40

    Amouuuuuuuuuuuur ! Je suis rentréééééééééééééée ! hurla Buzz après avoir refermé la porte derrière elle. En toute hâte, elle retira son épais manteau, et ses bottes pleines de neige, puis se précipita dans le salon.

    La seule lumière venait de la guirlande électrique accrochée dans le sapin, lequel trônait en plein milieu de la pièce. A ses pieds, deux paquets attendaient que leurs destinataires se décident à les ouvrir. Sur la table basse, Woody avait sorti les toasts et le champagne. Une ambiance parfaite pour Buzz.

    Le premier à venir saluer la demoiselle fut Clitoris. En l'entendant rentrer dans l'appartement, le petit chat blanc avait bondi du lit, couru dans tout le couloir et s'était précipité vers Buzz pour se frotter avec amour à ses mollets, accompagné des ronronnements de rigueur. Woody quant à lui, venait de mettre au four les plats que Buzz avait préparé les jours précédents pour la soirée. Car si le jeune homme pouvait faire bien des choses, la cuisine n'en faisait absolument pas partie. Il vivrait seul, il se nourrirait de plats tous prêt, de sandwich et de pizza. Heureusement, il ne vivait pas seul. Comme il le disait si bien à sa mère, ce qui provoquait chez elle un agacement dû à la solidarité féminine : Ne t'inquiète pas pour mon alimentation. J'ai trouvé une femme pour quoi à ton avis, si ce n'est la cuisine et le ménage ?.

    Lorsqu'il entendit Buzz arriver, Woody sortit de la cuisine, les bras croisés.

    Eh bah, enfin ! Clitoris et moi on allait commencer sans toi. On aurait été bien lui et moi, tous les deux en amoureux.

    Puis il s'avança vers la demoiselle, vira le chat d'un gentil mouvement du pied et prit Buzz dans ses bras pour l'embrasser.

    J'espère que tu as faim, parce que tu as fait la cuisine pour tout un régiment.

    Il serra un peu plus la demoiselle dans ses bras, tâtant des endroits bien choisis de son corps.

    Remarque, plus tu manges, plus tu auras de jolies grosses fesses... tu as bien fait de cuisiner autant

    Souriant, il l'embrassa de nouveau alors que Clitoris tentait tant bien que mal de se faire une place entre les quatre jambes. C'est vrai, quoi, ils s'embrassaient, ils s'embrassaient... Résultat, ils en oubliaient que Clitoris aussi voulait des câlins !

    En temps normal, Buzz aurait attrapé le chaton et l'aurait câliné, quitte à délaisser quelque peu son compagnon, mais ce soir-là, c'était un soir spécial. Le soir de Noël, même une bombe atomique ne l'aurait pas empêchée de rester collée à Woody.

    Elle se laissa donc tâter avec enthousiasme, et gloussa pour toute réponse. Elle finit par se décoller de Woody à regret et se dirigea vers la cuisine en s'étirant.

    On dirait que tu commences à maîtriser les temps de cuisson... dit-elle en jetant un œil à son gratin. Il était temps, depuis trois ans qu'on a ce four. Bon, si on entamait le champagne ? ajouta-t-elle avec un sourire radieux.

    D'accord ! se contenta de répondre Woody, feignant royalement de ne pas avoir entendu la remarque quant au four.

    Lui, il n'était pas fan de l'alcool. En fait, le champagne était presque la seule boisson alcoolisée qu'il pouvait apprécier. Il laissa Buzz aller inspecter la cuisine (C'était son boulot de femme, pas vrai ?) et alla vers le canapé, où il déboucha la bouteille de champagne pour remplir les deux coupes posées sur la petite table. Puis, il attendit, debout, que Buzz vienne s'asseoir. Si Woody était un faux macho, il pouvait parfois être un vrai gentleman pour Buzz.

    Celle-ci sortit de la cuisine en sautillant (à peu de choses près, elle aurait pu tenir le rôle-titre dans « Candy ». En tous cas, elle n'aurait pas détonné) et alla se pendre un instant au cou de Woody, avant de se tourner vers les flûtes de champagne, et de se servir.

    Non, pas une seconde Buzz n'avait pensé à tendre sa flûte à Woody. Mais en même temps, c'était elle qui se tapait la cuisine, le plus gros du ménage et le linge, alors se pencher pour prendre son verre, il pouvait gérer, tout de même, non mais ho.

    Ils trinquèrent, firent un sort à une partie du repas gargantuesque de Buzz, puis accordèrent un quart d'heure « câlins » à un Clitoris particulièrement outré de s'être fait ignoré aussi longtemps. Quand ils n'eurent enfin plus l'impression de s'être transformés en bibendums (Woody n'avait pas eu tort : Buzz avait été un poil trop enthousiaste sur la quantité de nourriture), ils se mirent à lorgner en silence sur les deux paquets cadeau posés au pied du sapin éclairé.

    Buzz savait déjà ce qui l'attendait dans le sien : tous les ans, elle ne demandait qu'une chose à Woody, et toujours la même chose, à savoir, un ensemble bonnet-écharpe-gants en laine. Woody avait le choix de la couleur et des motifs, du moment qu'il ne manquait rien à l'ensemble, et qu'il n'était pas en coton ou en cachemire (Buzz insistait toujours lourdement sur l'importance de la laine). Bien sûr, Buzz savait tricoter depuis qu'elle était toute petite. Elle aurait pu se tricoter tout ça en un tour de main. Mais, si ce n'était pas un cadeau de Woody, ça ne tenait pas assez chaud. On pouvait argumenter là dessus pendant des heures, Buzz n'en démordait pas.

    Quant à Woody, année après année, il ne demandait qu'une chose pour Noël. Buzz était toujours obligée de se remuer les méninges pendant des mois pour trouver la bonne façon de le lui offrir. Et cette année, alors qu'il ne s'attendait pas à voir un paquet sous l'arbre, il avait eu droit à une sorte d'énorme boîte très lourde. Buzz était excessivement fière de son idée, et elle attendait avec impatience de voir la tête qu'il ferait en ouvrant la boîte.

    Elle lança un coup d'œil espiègle à Woody, et demanda :

    - Alors... On ouvre ?

    - Vas-y.

    Woody regarda Buzz se lever d'un bond pour aller s'asseoir en tailleur au pied du sapin, tout près des cadeaux. Avec un soupir, il la suivit lentement, avec un air je-m'en-foutisme et un sourire ravi qui traduisait sa joie. Il s'assit juste à côté de Buzz puis allongea le bras, attrapa un gros paquet bleu avec un ruban rose et le donna à Buzz.

    Joyeux Noël. dit-il en l'embrassant dans le cou, ce qui la fit frissonner de plaisir. Elle posa le paquet sur ses genoux et poussa une sorte de petit cri de souris en tapant dans ses mains comme une gamine de trois ans. Puis elle entreprit d'ouvrir son cadeau avec toute la douceur et la délicatesse possible un soir de Noël. C'est-à-dire qu'elle fit littéralement exploser le papier dans tous les sens.

    Quand elle vit l'écharpe rose à pois verts, elle ne put réfréner un Oooooooooh ! de surprise. Mais quand elle la sortit de l'emballage et qu'elle découvrit que l'autre face était verte à pois roses, elle poussa de nouveau un Iiiiiiiiiiiiih ! de délectation.

    Sans plus attendre, elle enfila les gants, enroula l'écharpe autour de son cou et enfonça le bonnet sur son crâne avec un sourire éclatant. Elle tapa encore un peu dans ses mains, puis ouvrit grand les bras et sauta au cou de Woody.

    Merciiiiiii mon doubichouuuuuuuuu ! s'exclama-t-elle d'une voix suraigüe.

    Les tympans de Woody étant habitués à Buzz, ils ne souffrirent pas. En revanche, Clitoris fit un petit bond de surprise et partit sous le sapin jouer avec une boule de décoration.

    Qu'est-ce que tu ferais contre le froid, sans moi, hein ? demanda t-il avec un sourire de contentement.

    Rien du tout mon choupinet d'amouuuur... roucoula Buzz en frottant sa joue contre celle de son amoureux. Puis elle se redressa d'un coup, et lança : Allez, à ton tour ! en désignant du menton la grosse boîte emballée et posée au pied du sapin.

    Woody lâcha un nouveau soupir, même s'il était très curieux de savoir ce que Buzz lui avait trouvé comme cadeau cette année qui pouvait tenir dans une boîte pareille...
    Lentement, il étendit de nouveau le bras pour saisir son paquet. Contrairement à sa copine, il enleva très délicatement le papier cadeau, pas plus impatient que ça en apparence. Il ouvrit la boîte, écarquilla les yeux, releva la tête et sourit doucement.

    ... Une glacière ?

    Buzz se contenta d'opiner vigoureusement du chef d'un petit air espiègle. Puis elle enleva son ensemble en laine qu'elle posa délicatement sur le canapé.

    Allez, ouvre la !

    Docile, Woody ouvrit la glacière, dubitatif. Il y plongea sa main et la ressortit, tenant un petit cube transparent.

    ... Des glaçons ?

    Quand il se tourna vers Buzz, il s'aperçut qu'elle avait carrément enlevé le haut, et qu'elle se tenait assise à côté de lui, en pantalon et soutien-gorge.

    T'as dit que tout ce que tu voulais comme cadeau, c'était moi... Elle tendit le bras vers lui en regardant le glaçon qu'il tenait dans la main. Puis, certaine qu'il savait où elle voulait en venir, elle leva les yeux vers lui et ajouta dans un souffle :

    Alors prends moi...

    Woody eut un sourire espiègle et se pencha pour l'embrasser.

    Merci Père Noël.

    Quelques secondes plus tard, le couple traversait le salon en direction de la chambre, sans oublier la glacière.
    Clitoris, lui, boudait. Une fois de plus, les deux-jambes allaient se câliner, et lui, il n'aurait rien ! Quelle vie injuste... Et pour gage de sa mauvaise humeur, le chaton commença à jouer avec le ruban des paquets cadeau.

    Tout à coup, un Crooooooooootte ! retentit de derrière la porte de la chambre, qui s'ouvrit en grand fracas sur une Buzz très dénudée qui s'écria : Clitoris ! On t'avait presque oublié ! avant de se précipiter vers un placard dont elle sortit une boîte de thon aux olives enrubannée.

    Et tandis que Clitoris dévorait son savoureux cadeau de noël, Buzz courut dans la chambre pour rejoindre Woody et lui rendre le sien.
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    Re: Woody, Buzz et Clitoris

    Message par Invité le Lun 14 Sep 2009 - 10:34

    Bonjour et bienvenue sur vivenef à ces deux p'tits nouveaux !
    J'ai oublié de le dire hier : correction en cours !
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    Re: Woody, Buzz et Clitoris

    Message par Invité le Dim 20 Sep 2009 - 19:58

    Bon, bah, aucun soucis pour vous deux, pardon pour l'attente !

    Vous voilà Validé !

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    Re: Woody, Buzz et Clitoris

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Sam 25 Nov 2017 - 6:36