Maël Aeson [FINIII]

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Maël Aeson [FINIII]

Message par Maël Aeson le Sam 23 Fév - 20:57

Nom : Aeson

Prénom : Maël

Age : Inconnu

Jour de naissance : Inconnu

Sexe : Masculin

Race : Métisse humain / Shitennô

Unité : Militaire

Profession / grade : Coq

Lieu de vie : Nimue

Physique : Maël est un garçon élancé, qui semble grand pour son âge à quelqu'un qui ne le connaît pas. Il fait une dizaine d'années. Un peu moins même, plutôt huit ans. Sa peau est pâle, rosée et tendre comme de la pâte d'amandes, toute neuve et lisse comme celle d'un enfant, sauf sur les mains. Sur ses paumes, cachées sous une paire de mitaines sombres, quelques brûlures brillantes sont restées, témoignant du temps où il sortait à mains nues du four une plaque encore trop chaude.
Tous ses doigts sont légèrement palmés, mais si peu que celà passe assez facilement inaperçu. Assez, cependant, si on y regarde d'assez près, pour se demander comment il peut enfiler ses mitaines sur son pouce, mais nous reparlerons de ce détail. Au bout de ses doigts de dragées pâles, ses ongles fins et toujours courts sont comme des amandes effilées. Ses doigts de pieds sont palmés aussi, mais vous aurez plus rarement l'occasion de les voir.
Sur ses membres longs et fins, il semble n'y avoir pas le moindre poil. Pas tout à fait, cependant, en y regardant de plus près, mais sa "jeunesse" le gratifie d'une pilosité très peu développée, et surtout ses poils, comme ses cheveux, sont blancs. Tout blancs, encore plus clairs que sa peau. Comme un monceau de crème chantilly formant une fine toison aux boucles courtes, qu'un cuisinier fou aurait modelé à son aise.
Après un front vierge de rides, deux sourcils de fromage blanc crémeux surplombent deux adorables yeux de jeune enfant, grands puits de coulis cassis, framboise ou abricot suivant l'éclairage auquel ils répondent. Un peu plus bas, un nez petit, mais soigné par Maël, sous peine de perdre l'odorat, et du même coup de goût. Enfin, l'organe le plus choyé de ce corps enfantin, la bouche. Cette bouche, une petite bouche de tout petit garçon, a connu et englouti des variétés de saveurs, des quantités de délices que vous n'auriez pas assez d'une vie pour répertorier.
Et malgré tout, son ventre reste perpétuellement plat, voire creux et n'hésite pas à se manifester d'un gargouillis mécontent quand il passe plus de trois heures trente sans rien recevoir de consistant. Cependant, malgré son allure quelque peu maigrichonne, Maël est bien plus musclé qu'on pourrait le croire. Aux bras, surtout; ses biceps sont rodés à soutenir sans faillir plaques couvertes de gateaux, pièces montées et outillages destinés à la cuisine de poupée de Nimue. Passé la cuisine, l'une de ses activités favorites consiste à observer les membres de l'équipages, dégustant ce qu'il a préparé.
Accroupi, les genoux ramenés sous la poitrine, les bras croisés ou la tête dans ses mains, il arbore un sourire gourmand, tandis que ses yeux surveillent les hommes comme des macarons dorant au soleil électrique du four, guettant un sourire, un mouvement de surprise, une fermeture des paupières qui trahirait un plaisir intense. Car Maël adore trouver ce petit rien qui fait plaisir à chacun, une petite touche qui parfait son oeuvre et la rend particulière.

Caractère : Maël est un garçon plutôt... expansif, quand il est de bonne humeur. Et il suffit parfois de pas grand chose pour celà. En réalité, la bonne humeur est son environnement naturel, semble-t-il, et il peut suffire d'une crème de marrons réussie, d'un compliment sincère et mérité pour qu'un sourire s'accroche au visage rond de Maël. Etant, je l'ai dit, du genre à faire partager ses sentiments au commun des mortels dan ces moments là, il saute au cou du premier qui arrive, même s'il ne le connaît pas, même si c'est le commandant, dark vador ou même bambi. Il s'en fout. Il se saisit de celui qui a la chance/ le malheur (rayer la mention inutile) de se trouver à sa portée et lui fait un énooooorme calin. C'est très mignon, mais quand on réalise qu'il a au grand minimum seize ans, et plus probablement plus que ça, ça fait tout drôle.
A l'inverse, quand il est en colère ou triste, même si ça arrive plutôt rarement, il se referme comme une huitre d'oléron, tellement bien fermé d'ailleurs que, gare à vous en l'ouvrant, vous pourriez finir aux urgences.( Pas vraiment une réaction de petit garçon de huit ans hein ? S'il avait vraiment l'âge qu'il paraît, ce serait plutôt quelque chose comme... ça => ) mais c'est là une dimension importante du caractère de Maël, et ça n'est pas vraiment ça faute...
Durant toute sa vie, depuis le début, personne n'a jamais su comment lui parler, ou presque. Forcément, ça mets mal à l'aise... comment s'adresser à un garçon de quatorze ou seize ans quand il en parait huit ? Alors forcément, traité tantôt en adulte, tantôt en enfant, Maël a acquis un caractère et des réactions très particulières, imprévisibles, tantôt mures et réfléchies, tantôt gamines et spontanées. Oui, je vous assure que ça surprend. Même quand on est prévenu, entendre un gamin de huit ans raconter ou rire à une blague un peu grivoise, ça fait bizarre la première fois.
D'ailleurs les personnalités "enfant/adulte" qui cohabitent chez lui ne sont pas les seules. Suite à une stupide erreur de formulaire qui s'est retrouvée un peu partout, Maël a aussi été considéré indifféremment comme un garçon ou comme une fille, et il a passé bien plus de temps qu'un garçon disons "normal" avec la gent féminine, ce qui confère à ses réactions déjà bizarres une dimension supplémentaire, mais ça, il ne le fait pas du tout exprès et si on lui dit qu'il fait quelque chose comme une fille, il risque de le prendre assez mal.
Oui, ça fait partie des rares choses qui ont le don de le faire se refermer très vite. Ce qu'il peut prendre comme une insulte, proféré en toute innocence, ou bien des paroles blessantes à son égard, c'est tout à fait de nature à le rendre aussitôt triste. Vous avez déjà mangé des bulots ? Des bigorneaux ? C'est pareil. Presque partout, il a une carapace d'âge adulte qui le protège, mais il est facile de trouver la faiblesse, le trou dans la carapace, et de piquer où ça fait mal.
Passons à quelque chose de plus gai. Maël a toujours rêvé de voyager, de voir du pays... Forcément, quand on a passé presque deux ans enfermé dans un hôpital, on ne demande qu'une chose ; la liberté. Donc ce garçon adooore voyager. Il aime les saveurs exotiques, les bulles cryogénisées d'Asgard, le sucre d'Avalon, les épices de Troie... Et le chocolat. Surtout. Il adore le chocolat. Sous toutes ses formes. Mais, peu importe. Au delà du chocolat, et vous devez certainement vous en douter (si, si, j'en suis sure) il a une véritable passion pour la cuisine. Normal pour un cuisinier ? Certes. Et par dessus tout, il adore préparer des desserts, c'est sa spécialité. Il est capable de vous faire tous les desserts possibles et inimaginables, dont beaucoup de sa propre création.
Maël est souvent dans la lune, les yeux au ciel, la tête dans les mains... Quelqu'un qui l'observe en silence alors, souvent se demande à quoi il rêve... Il y a deux possibilités. Soit Maël a les yeux qui brillent, les ferme lentement et voyage par delà l'univers, soit il a les yeux qui brillent et passe régulièrement une langue toute rose sur ses lèvres et il flotte dans un paradis de crème fouettée et de sucre candy, à la recherche d'inspiration pour le dessert du soir. Ce garçon adore faire plaisir, il est particulièrement adorable, et surtout, il a un sens inné de l'observation et un véritable don pour découvrir ce qui vous plaira, un détail ou une patisserie spéciale, qui vous va bien, qu'il est certain que vous allez adorer...

Don : pour la cuisine, évidemment ! Comme je l'ai précisé, il est spécialement doué pour les desserts, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y connaît rien en salé, loin de là !

Relations : L'équipage de Nimue. A peu près tous ceux qui mangent au réfectoire le connaissent assez bien, il n'y a que quelques associaux qui mangent un sandwich dans leur cabine qui s'étonnent encore de croiser un gosse de huit ans à bord d'une vivenef militaire.

Avertissement : Les liens renvoient à des musiques de fond, je les ai mises à titre... indicatif, vous n'êtes pas du tout obligés de les mettre (de toutes façon je vois mal comment je pourrais vous y obliger TT) Mais si vous le faites, on en change à chaque ______________________.

Histoire : 1er janvier 3323. Depuis deux jours, impossible de sortir de chez soi. Dehors, c'est une véritable tempête de neige, le blizzard s'infiltre partout et il faudra encore des jours pour déblayer la neige qui bloque les portes. Helen est coincée à l'hopital, mais elle ne s'en fait pas. C'était déjà comme ça l'an passé, ça avait duré une semaine. Heureusement, ici, tout est prévu, il y a à manger pour tout le monde et même plus. Le manque de soleil démoralise tout le monde, mais les infirmières sont là pour apporter la bonne humeur non ? Et donner le sourire aux malades remonte le moral d'Helen. Ca fait du bien de sentir qu'on sert à quelque chose. Les coudes sur le rebord de la fenêtre, elle essaye de distinguer quelque chose et imagine des formes dans les flocons.
Là, on dirait un chat assit... Il a disparu. Oh, et là, on pourrait croire un bonhomme, qui marche d'un pas mal assuré. Helen plisse les yeux. Oui, comme un petit bonhomme de neige qui ne saurait pas encore bien marcher. L'infirmière sourit. Marrantes, ces formes dans la neige qui tombe. Elle colla son nez à la vitre en faisant attention de ne pas la couvrir de buée. La forme persistait. Et le bonhomme tomba, inerte. Helen secoua la tête. Ca n'était pas le fruit de son imagination; dehors, quelqu'un était tombé, il fallait l'aider. Elle sauté sur ses pieds et courut enfiler une tenue capable de l'aider à supporter le froid. C'était sans compter sur le médecin de garde.

- Où tu vas ? Ca va pas, t'as vu le temps qu'il fait ?
- Il y a quelqu'un dehors, qui est tombé dans la neige, David. Si on le fait pas rentrer, demain c'est un surgelé qu'on va récupérer.

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Sans un mot de plus, l'humaine ouvre la porte et sort. Elle reçoit une rafale de plein fouet, mais résiste vaillamment. A l'aveuglette, elle se firige vers l'endroit où le "bonhomme" est tombé. David tente de la suivre des yeux, peine perdue, à peine distingue-t-il de temps à autre les deux silhouettes dans la tempête. Enfin, au bout de quelques instants, Helen est de retour. Elle porte dans ses bras un petit enfant qui doit avoir six ou sept ans. Impossible de dire s'il s'agit d'un garçon ou d'une fille. Devant la porte, un régiment d'infirmiers et de médecins se sont rassemblés. David ne perdit pas de temps; aboyant des ordres à la volée, il obtint bientôt que l'enfant soit installé sur un lit d'hopital, couvert de capteurs et de tuyaux, et un échantillon de sang qu'il pourrait analyser. Jetant un bref coup d'oeil à tous les graphiques sensés représenter l'état du petit, il eut un sourire surpris.

- Pas la peine de le ranimer, il dort à poings fermés.

Au moins, ça lui laissait du temps pour l'analyse. L'homme enfila des gants et commença de décrypter son échantillon. Helen, le nez collé à la vitre, regardait son "petit bonhomme de neige" qui semblait plus petit au milieu de tous ces appareils monstrueux. Elle recula enfin pour aller questionner David.

- C'est bon, maintenant qu'il est au chaud il est sauvé.

Rassurée, l'infirmière sourit et se retourna vers la pièce vitrée quand David émit un drôle de bruit...

- Oui David ? Il y a un problème ?
- Il a un problème...

HEMATOLOGIE


HEMOGRAMME

Leucocytes...................................6000/mm3
Hématies..................................4420000/mm3
Hémoglobine..............................14.0 g/100ml
Hématocrite.....................................40.8%
VGM...........................................92.5 µ3
TGMH..........................................31.7 pg
CGMH.............................................34.3

BIOCHIMIE SANGUINE


GLYCEMIE
0.76 g/l


ASPECT DU SERUM
Limpide


TRIGLYCERIDES
0.62 g/l


VITAMINES
Carences en vit. C et D.



Observations : Hypoglycémie, carences, absence de somatropine (hormone de croissance)



Helen ouvrit la bouche et la referma aussi sec. On aurait dit un poisson qui réalise soudain que sa vie finira dans un poelon, qu'il est né pour faire de la friture, que c'est comme ça, c'est la chaîne alimentaire et que c'est très bon avec de la sauce au poivron. [Moi je l'aime bien avec du citron <= maggle -___-] Bref. Notre carpe infirmière réouvre la bouche et articule un cri étranglé.

- Pas d'hormones de croissance... Alors... piqûres tous les jours ?
- C'est ça.

La tête dans ses mains, l'homme observe l'enfant à travers la vitre...

_________________________
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David, qui ouvrait les portes les unes après les autres, juste histoire de vérifier, allait refermer celle de la chambre 115 quand quelque chose le fit tiquer...

- MARTINE !

La susnommée apparut comme par enchantement juste derrière lui.

- Qu'est-ce que Maël fait là ? Il n'a plus rien à faire dans la partie hôpital, et en plus c'est le bâtiment des filles.
- Et...
- Et c'est un garçon, oui !

David reprit son tour d'inspection d'un pas pressé, suivi par sa blouse qui flottait derrière lui, l'infirmière et son bloc note. Elle devança le médecin qui allait parler.

- Oui, on lui a fait les tests. Enfin, on a commencé. Elle... Il sait lire, écrire correctement et il dit qu'il a oublié son âge et son nom de famille. Il refuse de dire d'où il vient. Comment on fait, pour son nom ? Il nous en faut un pour le registre. D'ailleurs à ce propos, je me demande pourquoi il est marqué comme fille...

Sans cesser d'aller et venir entre les chambres, David répondit à sa question.

- On doit avoir une liste de noms quelque part, prenez le premier, ça fera l'affaire. Et faites le déménager au bâtiment T, on s'occupera plus tard des registres.
- Très bien, je m'en occupe.
Lynn Maënn - Zéphyr Ikaar - Maël Aeson - Nausicaa Yanahël

#FE9E8D


Dernière édition par Maël Aeson le Mer 5 Mar - 13:01, édité 3 fois

Maël Aeson
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Fiche de données
Surnom: Tim-tam
Race: Métisse
Unité: Militaire

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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Maël Aeson le Lun 3 Mar - 12:44

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Dans une chambre rose bonbon, la porte échancrée en coeur s'ouvre brutalement, une immense infirmière dont il ne voit pas la tête entre avec un plateau aussi rose que sa tenue de poupée. Elle pose le plateau, sa voix chante comme si elle parlait à un bébé, puis elle prend une énorme seringue et sa voix devient terrible... " Ne fais pas le bébé, ça ne fait presque pas mal..." L'enfant crie et se débat, la chambre rose devient noire et inquiétante, l'infirmière montre son visage, sa bouche est pleine de dents tranchantes qui s'approchent... AAAAAAAAAAH !

Maël, essouflé et en sueur, se redressa brusquement dans son lit. Un cauchemar, c'est tout. Il fait nuit noire. Doucement, l'enfant se lève et ouvre la fenêtre. Il sourit. L'air frais lui fait du bien. Mais les étoiles ne brillent pas dans ses yeux, il regarde en bas. Il soupire quand une vois le tire de sa torpeur.

- Tim-tam, tu fais quoi ?

Quelques pas légers, et Thomas est à ses côtés. Lui, il a vraiment six ans, et il est curieux de tout.

- Hein, tu fais quoi ?
- Je regarde dehors, pour voir si je peux sortir...
- Ah...
- De toutes façons c'est trop haut.

Maël soupire et referme la fenêtre. Les sourcils fronçés, il fixa Thomas.

- Tu dis à personne que je veux partir hein ! Jure le.

Thomas jura tout ce qu'on voulait. Il n'aimait pas quand Maël prenait ce ton sérieux, et puis quand ses yeux éteient rouges et perçants comme ça... ça lui faisait peur. Le matin, quand une infirmière venait lui faire sa piqûre, il avait un regard comme ça aussi, tellement appuyé qu'on était obligé de détourner le sien. Sans un mot de plus Maël alla se recoucher. Cemain, c'était Helen qui viendrait s'occuper de lui... Le garçon s'endormit avec le sourire.

_________________________


C'était le printemps. Dans la salle, deux infirmières et un troupeau de petites filles.

- Bon, les filles, celles qui veulent faire atelier perles viennent avec moi, et la danse avec Cristine !

La horde se divise petit à petit en deux. A la fin, il ne reste plus qu'un enfant, les bras croisés, adossé au mur. L'infirmière soupire et va le voir.

- Maël, on n'y peux rien, il y a eu une erreur sur le registre. En attendant qu'elle soit réparée, tu fais cette activité avec les filles, mais si tu ne fait pas d'efforts, ce ne...

Et bla bla bla et bla bla bla. Maël lui jeta un regard lourd de sens, soupira un grand coup, décroisa les bras et traîna des pieds jusqu'à la salle d'à côté. Il y avait des jours où ça ne lui posait pas de problème majeur, mais là, là... Maël enfila rageusement une perle sur son fil. Une perle bleue. Il ne mettait pas de rose. Jamais. Une petite fille s'approcha de lui en souriant.

- Pourquoi t'es encore avec nous ?
- Parce que personne n'a changé la liste.
- Tu manges avec nous à midi ?

Maël désigna l'étiquette marquée des initiales T.A.M. qui pendait sur sa poitrine.

- Je suis au bâtiment T, on n'a pas la même cantine/
- Oh...

La petite fille repartit. Maël soupira encore. Il n'avait pas été très gentil. Pour se faire pardonner, il lui offrirait son bracelet bleu tiens...

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Première tentative de fuite. C'est le repas, tout le monde parle, il y a une bataille de fromage blanc et les encadrants sont assez occupés comme ça. Tout doucement, Maël s'avance vers la porte. Il surprend un regard de Thomas, qui détourne vite les yeux, pousse sur la poignée et, tout doucement, il sort. Il referme la porte avec précautions. Voilà. C'est pas plus difficile que ça. Il court jusqu'au portail et l'escalade avec agilité. On est en plein été. Le voilà dans la rue. Il fait encore grand jour, il respire à pleine poumons l'air du dehors, qui a une odeur puissante et irrésistible de liberté. Maël erre dans les rues sans se soucier plus que ça de son sort, en suivant ses pieds. Un énorme sourire ne le quitte plus. Il danse, il saute, il court... Que c'est bon d'être libre ! Où il va dormir ? Peuh ! Pour l'instant, c'est une préoccupation secondaire; on verra ça en temps voulu.
Il trouve le chemin du marché. Tout le monde remballe, mais ça sent si bon ! Il y a là de tout, absolument de tout, des épices, des bois exotiques... même les étoffes ont une odeur particulière et délicieuse. Maël s'accroupit comme il le fait toujours au lieu de s'asseoir, il croise les bras sur ses genoux et il observe les commerçants qui rangent leur marchandises. Il reste sur la place jusqu'à ce que le dernier soit parti.
Alors, il s'étire comme un chat, il se lève et, les mains dans les poches, reprend paisiblement sa marche.
Il ne sait pas où il va, mais peu importe. Il oublie les rues aussitôt qu'il les as passées, et il fait de plus en plus noir autour de lui. Soudain, il sent une pression sur son épaule et se retourne. Un policier. Aussitôt, malgré le sang qui se glace, Maël fait un grand sourire.

- Qu'est-ce que tu fais là à cette heure ?
- Je... je rentre chez moi, ma mère m'a envoyer acheter du poivre mais c'était déjà fermé.

Satisfait de son mensonge, Maël redouble de sourire face au policier. Celui-ci semble s'adoucir quand il fronce soudain les sourcils.

- Tu peu... Attend ! C'est quoi ça ?

Le sourire de Maël se décompose à vue d'oeil. L'homme a vu les traces de piqûres sur son bras. Très vite, il improvise un mensonge, mais l'homme ne l'écoute plus et le saisit par le poignet.

- Tu vas venir avec moi, petit...

* * *


- Hôpital St Joseph, j'écoute ? C'est vrai ? Merci... Oui, oui bien sur, j'arrive...

* * *


Dès qu'Helen arrive au poste de police, Maël se jette dans ses bras pour pleurer. Il n'entend plus rien, il n'est plus qu'un petit enfant qui pleure toutes les larmes de son corps sur l'épaule de l'infirmière. Celle ci parle avec les policiers, puis, ils prennent un véhicule. Il ne sait pas ce que c'est. Il entend juste les gentils mots d'Helen, il ne sent que ses carresses dans ses cheveux.
Helen reste avec lui dans son lit. Il ne veut pas qu'elle parte, et ils finissent par s'endormir tous les deux.

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- Un mètre vingt-six et vingt-trois kilos. Eh bien tu vois, au moins ça sert à quelque chose ! Si tu continues comme ça tu deviendras un grand garçon musclé.

Maël fait la moue. Il s'en fout de devenir grand et musclé, il voudrait bien rester petit et maigre s'il pouvait arrêter ces fichues piqûres.

- Donc si tu es normal... Tu as entre six et dix ans. Enfin, physiquement.

Maël persista dans son silence. Il se rhabilla sans un mot tandis que l'infirmière continuait à monologuer et enfila ses chaussures.

- Normalement tu devrais pouvoir...

"Si tu es normal"... "Normalement"...

- JE NE SUIS PAS "NORMAL" !

Laissant derrière lui une infirmière interloquée, l'enfant claqua la porte et prit ses jambes à son cou, les yeux pleins de larmes. Il courut dans les couloirs de l'hopital, ouvrit la porte de sa chambre. Helen était là, elle changeais la perfusion de Thomas tandis qu'il passait la visite médicale. Maël se jeta dans ses bras sans rien dire.

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Deuxième tentative de fuite. Cette fois on est quelque part entre septembre et octobre. On a organisé une sortie pour ceux qui peuvent se déplacer. Au parc. Maël s'est assit à l'ombre du feuillage d'un pommier, ou plutôt accroupi, comme d'habitude. Il regarde passer les derniers enfants. Voilà. C'est encore plus facile que la première fois. Il est seul. Maël s'allonge, le nez dans l'herbe, croise les bras derrière la tête et regarde le ciel à travers la dentelle de feuilles. Il fait beau et encore chaud. Une feuille lui tombe sur le nez. Le garçon sourit, secoue la tête et se lève. Les mains dans les poches, il flane dans les allées du parc. Il ne refera pas la même erreur. Ce soir, dès qu'il sera un peu tard, il se cachera. En attendant, il profite de sa liberté retrouvée.
Il fait si bon... Une brise légère se prend dans ses cheveux, le soleil brille...
Une feuille l'effleure encore. C'est le début de l'automne... Maël franchit la porte du parc. Les autres ne sont pas encore sortis. Le sourire et une paquerette aux lèvres, il marche dans les rues, tranquillement, sous la brise tiède. Il marche doucement, sans vraiment regarder où il va... La terre humide embaume l'air. Au loin, une odeur de brioche lui mets l'eau à la bouche. Ce soir, s'il ne trouve nulle part où dormir, il s'installera sous le pommier qui sent si bon. Il prend un virage.
Erreur. Les autres enfants et les infirmiers qui les accompagnent sortent du parc. Il a tourné en rond. Trop tard, ils l'ont vu. Tétanisé, Maël hésite. Courir ? Ils courent trois fois plus vite et ils sont plusieurs. Alors il sourit et se laisse rejoindre.

- Maël ! Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je... Je me suis laisser distancer et je vous ai perdus.
- Ah, tu as de la chance qu'on te retrouve alors !

Maël baisse la tête et se mord la lèvre pour ne pas pleurer. Tellement stupide...

* * *


Une fois rentré, Maël retrouva Helen dans sa chambre. Elle avait entendu dire qu'il s'était "perdu" pendant la visite... La femme le prit dans ses bras et le questionna.

- Alors, c'était bien ?
- Oui, super... Tu sais, au parc... Il y a un arbre qui es tout petit. Enfin, pour un pommier. Et il sent bon... Il est un peu tordu mais... Je l'aime bien. Quand je suis en dessous, je me sens bien... comme avec toi...

Helen soupira et embrassa Maël.

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Fugue, épisode III. Cette fois c'est presque l'hiver. Aussi, quand Maël s'éclipse du rang, il fait déjà nuit. Comme l'autre fois, il saute le portail et se griffe la jambe... Ils ont rajouté des barbelés entre temps... Mais il s'en moque. Toutes façons ça saigne presque pas.
Ils ne vont pas tarder à se rendre compte qu'il a disparu. Le garçon rase les murs, histoire de ne pas se faire remarquer. Cette fois, la liberté a un parfum frais ,un parfum de nuit délicieusement mystérieux et tentant.
Et Maël ne se le fait pas dire deux fois. Cette fois, il regarde où il va. Il veut retrouver le parc de la dernière fois.
Il tourne à droite. A gauche. Les rues sont vides, seule son ombre se faufile dans les ruelles. Un bruit de moteur lui fait tourner la tête. La police ! Encore ! Ils ne l'ont pas vu, et il n'est plus si loin du parc... L'enfant prend ses jambes à son cou. Il court de toutes ses forces, il est lancé. Il prend le derner virage, il n'est plus qu'à quelque dizaines de mètres de l'entrée du parc. A ce moment là, la seule chose qui aurait pu l'arrêter, c'est de percuter quelqu'un avec tout l'élan de sa course.
POOOOOF
Maël vient de percuter quelqu'un. Il lève les yeux. Non... Helen... Il hoquette un moment, manque de s'étrangler. Ses yeux se voilent. Il ne voit, n'entend, ne sent plus rien. Deux autres infirmiers sont avec elle. Il ne sait pas comment ils sont rentrés, il n'a rien compris, rien entendu. Helen... Maël est sous le choc. Il se sent trahi, terriblement. Tout s'effondre. Comme dans une tragédie de Racine. Hermione version mec. Où suis-je, qu'ai-je fait, que dois-je faire encore ? Quel transport me saisit, quel chagrin me dévore ? Ah, ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais, Helen m'a assassiné, trucidé, égorgé, baisé, enculé et tant d'autres rimes tarées.
Sans savoir comment, il se retrouve dans son lit. Couché dans les draps blancs, n'importe comment, il ne sanglote pas mais les larmes coulent toutes seules et innondent l'oreiller. Le semblant de vie qu'il a vécu depuis le premier janvier est tombé comme un chateau de cartes quand quelqu'un ouvre la porte. Et le courant d'air, c'est... Helen...
Maël resta au lit trois jours. Malade. Helen n'osait pas venir le voir. Quand, au bout d'une semaine, elle se présenta dans sa chambre, il ne lui adressa pas la parole, mais la fixa longtemps, d'un regard rouge et brûlant, si bien qu'elle finit par partir.
Maël ne chercha plus jamais à fuir. Mais il ne parlait presque plus, et plus jamais à Helen. Les seuls qui avaient droit à quelques paroles de lui, c'étaient Thomas et les filles et garçons avec qui il était plus ou moins ami.

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La soirée de noël de l'hôpital était une véritable réussite. Vraiment. D'ailleurs le directeur en était très content. On avait réuni tout les malheureux qui passaient leur noël ici, malades et pensionnaires permanents, et ça faisait du monde... La fête battait son plein. Malgré l'interdiction d'alcool pour beaucoup, tant pour leur âge que pour leur traitement, tout le monde s'amusait bien. Les enfants venaient d'ouvrir leurs cadeaux. Cette année, c'était un déguisement. Les princesses et les cow boys dansaient et couraient partout, les plus petits dormaient déjà.
Au fond, tout au fond, assise sur un canapé, une petite princesse, les coudes sur les genoux, reste sans bouger.
Le directeur se félicite encore. Vraiment réussie. Tout à coup, une infirmière se penche vers lui et lui glisse quelques mots à l'oreille, en désignant le canapé. Le directeur fronce les sourcils puis prend une expression bon enfant et marche d'un pas décidé vers le canapé où la petite princesse attend, solitaire.

- Et ben, qu'est ce qui ne va pas ma petite ? Pourtant tu es très jolie dans ce costume...

La princesse arracha son diadème, se leva et le jeta par terre avec force en hurlant, alors que des larmes jaillissaient de ses yeux.

- JE SUIS UN GARCON !

Maël courut se réfugier dans un coin. Extrèmement mal à l'aise, le directeur se dandinait sur un pied, puis l'autre, sans savoir quoi dire ni quoi faire. Et comme tout le monde était un peu dans la même situation, Maël passa le reste de la soirée à pleurer dans son coin. Charmant Noël, vraiment. Comment voulez vous les faire croire au père Noël après ça...

Le mois suivant, Maël se renferma de plus en plus sur lui même, il était casiment devenu muet, et il lui arrivait de prendre la mouche pour un rien, et de casser le premier truc qu'il avait à portée de main. Ils firent un "atelier pain" qui l'interessa particulièrement. Maël passa des heures les mains dans la pâte, puis il regarda son pain cuire dans le four, respirant à plein poumons la bonne odeur qui montait. Cela n'échappa pas à Helen. Lui finissait par ne plus la voir, mais elle n'était jamais loin. Et surtout... Elle partirait bientôt...
Helen glissa quelques mots à ceux qui s'occupperaient de lui, le jour de son départ, avant de refermer pour toujours la porte de l'hôpital.
Maël remarqua très vite son absence, mais ne dit rien à personne avant trois semaines. Quand on lui dit qu'elle était partie, il fit mine de n'avoir aucune réaction, mais s'en voulut terriblement de ne pas lui avoir dit au revoir.

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Maël Aeson
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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Maël Aeson le Lun 3 Mar - 17:46

Un jour de printemps. Ca fait maintenant un an et trois mois que Maël est là, et personne ne sait l'âge qu'il peut avoir. D'ailleurs, tous ont fini par se lasser, on ne pose même plus la question. Maël fait du sport avec les autres garçons quand une infirmière vient le voir et le prend à part.
Son coeur se serre. Qu'est-ce qu'il a fait cette fois ? Il lève sur la femme deux grands yeux terriblement coupables. Depuis qu'Helen est partie, Maël est au plus bas. L'infirmière éclate de rire devant le regard qu'il lui lance et s'accroupit pour être à sa hauteur.

- Ecoute, Maël, on a décidé que tu ne resterais plus avec les enfants. Après tout, pour ce qu'on sait de toi, tu es peut être très vieux, et je ne pense pas que les activités qu'on te propose te soient vraiment adaptées.

Le sang de Maël se glace. Quoi ? Alors, il va aller où ? Il va rester dans sa chambre à étudier perpétuellement ? Ou bien ils le mettrons avec des enfants de douze ans qui se moqueront de lui, qui en fait huit ? Le sang s'est retiré de son visage, il est tout pâle et ses yeux orangés ressortent d'autant plus. Il ouvre la bouche et va parler quand les paroles de l'infirmières lui clouent le bec.

- Helen nous a dit que tu semblait apprécier la cuisine. On a décidé de te mettre en apprentissage chez un boulanger. Ca te convient ?

Maël ne bouge plus. Il est si blanc et si immobile qu'on diraît une statue de marbre. Les mots retentissent dans sa tête. "cuisine", "apprentissage", "boulanger"... Il n'en avait même pas rêvé. Tout ça grâce à Helen. Et lui, l'imbécile, qui ne lui adressait plus la parole... L'infirmière prend un ton inquiet.

- Ca va ? Ca n'a pas l'air de te plaire, si tu veux tu peux...
- Non, non ! Pas du tout, c'est super, oui, oui je veux y aller ! C'est juste que je... Je m'y attendais pas du tout. Je commence quand ?
- Eh bien... dès que tu veux.
- Demain, c'est possible ?
- Ou... oui bien sur ! Je vais appeler ton patron pour qu'il passe te chercher.

L'infirmière se leva et partit. Maël, comme un automate, se redressa et marcha d'un pas saccadé jusqu'au terrain où jouaient les autres. Il s'accoupit sur le côté et mis sa tête dans ses mains. Demain, dès demain... Il sortirait d'ici... Bien sur, il dormirait encore là et subirait encore les piqûres mais... Un boulanger... Maël passa sa langue sur ses lèvres. Oh oui, faire du pain, ce serait tellement bien... Plongé jusqu'au cou dans ses pensées, il resta là jusqu'au soir, et il fallut le secouer pour qu'il accepte, d'un pas toujours saccadé, à suivre les autres au réfectoire. Il ne mangea rien. Il rêvait toujours. Demain, demain, demain...
Une fois au lit, il veilla tard, restant couché, les yeux grands ouverts, et finit par s'endormir comme un loir entre ses draps.

_________________________


Très calme en apparence, Maël attendait, surexcité, dans le hall, que son patron vienne le chercher. Thomas le rejoignit, encore assez mal réveillé, mais ne dit rien, la tête dans les nuages. Maël regarda l'heure. Pourvu qu'il vienne... Vite... La porte s'ouvrit... Maël tourna aussitôt la tête. Fausse alerte. Juste un médecin qui prenait son service. Pour tromper son attente, il observa Thomas, qui planait encore quelque part dans son rêve. Maël sourit. Il était gentil, ce petit garçon... La porte s'ouvrit encore mais Maël ne l'entendit pas. Il ne se réveilla que quand Thomas le fixa des yeux.

- Tu pars Tim-tam ?
- Oui, mais je vais revenir ce soir, t'en fais pas.
- Ah bon...

Thomas agita la main quand Maël franchit la porte aux côtés du boulanger. L'homme n'était pas très grand, ses mains étaient très calleuses, pas très agréables au toucher, et il était plutôt musclé. Il parlait à Maël mais celui-ci, trop occupé à se concentrer pour ne pas sauter partout, ne saisissait que la moitié de ce qu'il disait. Maël ne prit conscience de la présence de la boulangère que quand elle parla.

- Laisse le tranquille, Lao, le pauvre, c'est la première fois qu'il sort d'ici...

Le garçon regarda la boulangère. Plutôt petite, un peu ronde, elle avait les joues roses et semblait la représentation parfaite d'une "maman gâteau". Maël lui sourit, un peu crispé.

- Je peux t'appeler Tim ?

Maël acquiesca, sans comprendre tout de suite pourquoi elle l'appelait comme ça. Elle avait dû entendre Thomas l'appeler comme ça, pensa-t-il après réflexion. Peu importe. Il serait Tim si elle voulait.

- Voilà, c'est juste ici. Tu te souviendra du chemin ?

Maël hocha la tête et disparut dans la boulangerie.

_________________________


- Alors, Tim-tam, c'était comment ?

Les yeux brillants, Maël vient de rentrer. Il est fatigué, mais fou de joie et s'il n'était pas exténué, il sauterait de joie dans tous les sens.

- Super bien ! C'est fatiguant, par contre, mais ça sent toujours super bon, j'ai fait du pain ! Regarde, je l'ai ramené parce qu'il ne pouvait pas le vendre...

Oui, c'est assez compréhensible vu que le pain en question a une forme assez... spéciale. En fait il ressemble assez à... rien. D'ailleurs les bulles à l'intérieur sont elles aussi un peu bizarres. Mais pour un premier essai c'est plutôt pas mal. C'est à dire que la cuisson, par contre, est bonne. Et puis le gout n'est pas mauvais...

- Tu veux gouter ?

Thomas veut tout ce qu'on veut, si ça peut faire plaisir à Maël... Et puis il ne va pas en mourir, Maël en a mangé aussi. Il prend un bout de pain et croque dedans d'un air convaincu. Il sourit, en fait c'est nettement mieux que ce qu'il avait pensé. Maël l'observe, d'un air un peu angoissé.

- Alors ?
- C'est bon ! Ca manque un petit peu de sel mais je l'aime bien.

Et pour appuyer ses dires, Thomas en reprend un bout. Maël rayonne de bonheur et s'écroule sur son lit. Thomas ne tarde pas à faire de même.

_________________________


Boum badaboum. La pelle à pain est encore tombée. La boulangère court vers Maël, un peu sonné, qui se relève avec un sourire et une bosse. Encore tombé. Ca fait une bonne dizaine de fois depuis trois semaines.

- Tim, ça va ?
- Oui, oui ça va, heureusement qu'il n'y avait rien dessus...
- C'est bon, je vais le faire, va tenir la caisse.

Maël ne se fait pas prier et monte sur la sorte de petit tabouret pour être à la bonne hauteur.

- Maël ! Qu'est-ce que tu fais là ?
- Ben, j'ai encore fait tomber la planche à pain alors Madeleine m'a dit de tenir la caisse.

Victor regarda le four, puis Maël, puis encore le four...

- Mouais... je crois que c'est pas la peine. Tu es trop petit. Viens avec moi on va faire autre chose.

Le boulanger entraîna Maël dans l'arrière boutique. Jusque là, il connaissait, c'était aussi là qu'on préparait la pâte à pain. Ca sentait si bon, ici... Victor le fit se tourner et lui montra le deuxième plan de travail : innondé de farine, un moule à gâteau garni de pâte y reposait sagement, attendant sa garniture. La pâte embaumait le beurre, la farine envolée faisait des dessins dans l'air chargé d'odeurs.

- Tu vas faire les pâtisseries. Ce sera plus pratique, en attendant que tu grandisse. Mais attention ! C'est plus délicat. Tu as intérêt à t'appliquer. Je retourne au pain, Madeleine va t'expliquer.

La femme s'approcha de Maël et, lentement, en expliquant chacun de ses gestes, commença son oeuvre. Curieux et passionné, Maël ne ratait rien, la forçait à répéter s'il n'était pas certain d'avoir bien compris, et imitait ses gestes en l'air. Enfin, la tarte fut prête. Ensemble, ils s'attelèrent à la confection d'une nouvelle pâte. Madeleine guidait ses mains, et il poussait de toute sa force sur le rouleau à pâtisserie. Quand elle fut prête, ils la déposèrent au fond d'un moule et découpèrent ce qui dépassait. Maël fut autorisé à engloutir toutes les chutes.

- C'est croquant au milieu...
- Tu as dû laisser une coquille.

Maël hocha la tête. Il regarda la boulangère, mais celle-ci lui sourit et croisa les bras.

- Tu t'occupe du reste tout seul. Voilà les kiwis, maintenant, à toi de jouer.

Maël regarda la pâte, retroussa des manches imaginaires et se mit au travail, sous le regard bienveillant de Madeleine. Il pela les kiwis et les coupa soigneusement en tranches avant de les disposer dans le fond de pâte et de les recouvrir de jus de citron. Il fit tout ça sant un mot, concentré à l'extrême, tandis que la boulangère souriait de plus en plus. Quand il eut fini, il se tourna vers elle, cherchant son approbation.

- Mais oui, c'est bien. Maintenant, mets la au four, on la mangera au goûter.

Avec un grand sourire, Maël enfourna sa tarte et colla son nez à la vitre du four, regardans la pâte durcir et sécher...

- Eh, c'est pas une raison pour faire le paresseux, on a besoin de toi à la caisse !

Obéissant, Maël s'y rendit sans se faire prier, alors que la boulangère installait sa propre tarte sur l'étal. Les clients trouvaient un peu bizarre d'être servis par un garçon de huit ans, mais aucun n'eut de motif de se plaindre. Les fournées de pain étant terminées, Victor vint le relayer à la caisse. Quelques minutes à peine plus tard, il entendit crier :

- Tim ! Ca va être tout noir !

Le garçon courut aussitôt à sa tarte, qui commençait effectivement à foncer un peu plus que recommandé, et la sortit du four aussi sec. Juste à temps. Elle sentait bon, et en plus il avait faim... Madeleine surprit son regard gourmand et sortit une pelle à tarte sans se faire prier. Maël observa religieusement le découpage de sa tarte aux kiwis et attendit qu'elle se soit servi pour oser croquer dedans. Il ferma les yeux. Le bord était peut être un peu trop cuit, mais la pâte en dessous avait été imbibé du jus des fruits et elle était parfaite. Maël finit sa part et ne put retenir un énorme sourire satisfait.

_________________________


Une cliente s'approcha du comptoir. Une vieille dame. Maël l'accueillit avec le sourire.

- Et pour vous madame ?
- Je vais prendre deux croissants et...

Elle détailla les produits proposés tandis que Maël allait chercher les croissants.

-... et cette tarte aux cerises.

Maël sentit son sang se glacer puis, léger comme une plume, un sourire jusqu'aux oreilles, il alla chercher la tarte aux cerises. Sa tarte aux cerises. La toute première tarte qu'il vendait.

- Ce sera tout ?

Effectivement, c'était tout. Maël rendit sa monnaie à la vieille dame en souriant encore, on aurait dit qu'il était resté bloqué. Après deux ou trois autres clients, la boulangerie fut vide. Maël dansait d'un pied sur l'autre, tout excité. Dans une heure, peut être, on mangerait sa tarte... Il s'était donné beaucoup de mal pour la réussir en plus, il avait enlevé tous les noyaux, disposé soigneusement les cerises et surveillé attentivement la cuisson, pour que la sorte de gelée qui baignait les fruits ne soit pas caoutchouteuse. Maël retourna dans l'arrière boutique, histoire de penser à autre chose. Madeleine vit son sourire.

- Hep, avant de t'endormir sur tes lauriers, viens là. Je vais t'apprendre autre chose que les tartes aux fruits, si c'est réussi, tu pourras l'emporter à l'hôpital.

Maël mit du coeur à l'ouvrage, tant que ça faisait plaisir à voir. La boulangère avait décidé de lui confier la réalisation d'une charlotte. Aux fraises, et presque sans alcool, c'était destiné à des enfants quand même... Le garçon s'appliqua. Plus sur de lui qu'au début, il sifflotait parfois en cuisinant à présent, et n'hésitait pas à bavarder, mais la découverte d'une nouveautée était toujours un grand moment. Madeleine nota que ses gestes étaient plus assurés, et plus... comment dire... plus élégants. Elle ne toucha à rien, se contentant de lui donner les instructions, accompagnées de grands gestes en l'air.
Maël enfourna sa charlotte et tourna le bouton du four. Génial. Il adorait apprendre de nouvelles recettes de gâteaux. Le temps qu'elle cuise, il ferma boutique et fit le total des comptes. Le four fit entendre une sonnerie sans appel, et Maël y fonça. Il ouvrit le four et se saisit de la plaque brûlante...

- Ah !
- Maël, ça va pas ? Ah tu t'es brûlé... Oh, mais qu'est-ce qui t'as pris... Tu étais trop pressé d'avoir ton gâteau c'est ça ? Viens là que je te fasse un pansement...

Madeleine sortit le gâteau et le démoula. Il était magnifique. La recette secrette de la boulangère et le travail appliqué de Maël avaient porté leurs fruits. Le couple le félicita, et, tout heureux, il repartit vers l'hôpital. On lui faisait confiance à présent, il rentrait seul... De toutes façons il n'avait plus envie de fuguer. Il détestait toujours autant les piqûres, mais s'il fallait les supporter pour apprendre la cuisine, tant pis.
A l'hôpital, il fut accueilli en héros par Thomas. Alertés par les cris, d'autres garçons du bâtiment arrivèrent...

- C'est qu... un gâteau ? C'est ton anniversaire ?
- Oui, c'est son anniversaire ! Et c'est lui qui l'a fait !

Thomas ne tarissait pas d'éloges. Et après dégustation, Maël fut fêté comme un général victorieux. Et voilà comment Maël se retrouva avec un anniversaire au dix huit mai. La charlotte était vraiment réussie, et la fête improvisée qu'il firent dans la chambre de Thomas et Maël n'était pas triste non plus... En guise de cadeau, les garçons lui remirent, une semaine plus tard, une planche sur laquelle ils avaient gravé ceci :
DIPLOME DE CUISINE


Décerné à Maël Aeson, le 18 mai 3324.

Avec les félicitations du jury.

____________________________
Lynn Maënn - Zéphyr Ikaar - Maël Aeson - Nausicaa Yanahël

#FE9E8D


Dernière édition par Maël Aeson le Mer 5 Mar - 10:46, édité 1 fois

Maël Aeson
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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Maël Aeson le Mar 4 Mar - 11:42

Surexcité, Maël préparait son maigre bagage. Thomas le regardait d'un air bizarre.

- Alors, tu t'en vas pour de vrai Tim-tam ?
- Oui, je pars demain. Les boulangers chez qui ils m'ont mis vont déménager et ils m'emmènent avec eux !

Maël s'autorisa une danse de la joie puis sauta sur le lit de Thomas.

- T'inquiète pas… Je t'enverrais des gâteaux par colis si tu veux.
- Et pour… tes piqûres ?
- Chuuuut ! Normalement je vais pouvoir y échapper… mais ne dis rien hein !

Thomas hocha la tête.

- Tu vas me manquer quand même. J'aime pas être tout seul dans la chambre.
- T'en fais pas je te dis… Tu vas bien survivre sans moi hein, je suis pas indispensable… Je te jure que je t'oublierais pas. Je t'enverrais des lettres, j'appellerais…
- Promis ?
- Mais oui…

La nuit fut courte pour les deux garçons… Comme aucun n'arrivait à dormir, ils la passèrent assis sur le côté du lit… enfin, accroupi pour Maël, à se raconter… Tout et n'importe quoi. A sept heures, quand l'infirmière passa chercher Maël, il fit un énorme câlin à Thomas et partit sur la pointe des pieds, en promettant encore de ne pas perdre tout contact. Quand ils arrivèrent dans le hall, David était déjà là, avec les boulangers. L'infirmière repartit chercher ce que le garçon avait oublié et fut vite de retour. Dès qu'il l'aperçut, David s'éclipsa.

- …mais je vais vous laisser avec Cristine, elle va tout vous expliquer.
- Alors heu… Eh bien, les procédures sont en règle je crois… Maël sera entièrement à votre charge à partir d'aujourd'hui, ce qui signifie que vous devrez le nourrir, le loger et le soigner… On vous a expliqué, pour les soins ?

Maël prit précipitemment la parole.

- Oui, oui, David leur a déjà tout expliqué, il faut qu'on parte sinon on va rater notre vol.

L'infirmière sourit et lui passa la main dans les cheveux.

- Très bien, au revoir Maël, au revoir messieurs dame.

Enfin, sur une poignée de main, tous trois tournèrent les talons et sortirent de l'hôpital. Cette fugue là, il était certain qu'elle réussirait. Il adressa à Victor et Madeleine un sourire éclatant, et tandis qu'ils se dirigeaient vers le spatioport, son cœur dansait dans sa poitrine. Cette fois… plus jamais de piqûre, plus jamais…

________________________


- Maël, je peux te parler ?
- Oui, bien sur…

Ils étaient installés depuis un peu plus d'une semaine dans la nouvelle maison, et malgré ce contre quoi on l'avait mis en garde, Maël adorait sa nouvelle vie. Il ne dormait pas beaucoup, mais il avait nettement moins besoin de sommeil qu'un garçon normal de huit ans. Il avait un peu peur… Qu'allait lui dire Madeleine ? Est-ce qu'un client s'était plaint de ses gâteaux ? Un peu stressé, Maël obéit à la boulangère et s'assit.

- Voilà, j'ai remarqué, depuis le début ou presque, que tu adores la pâtisserie. Je me trompe ?
- Non pas du tout, j'adore ça.
- Et j'ai aussi constaté que les gâteaux que tu as fait étaient très réussis, d'ailleurs les clients l'ont remarqué. Tu te débrouilles vraiment très bien, tu es consciencieux et c'est très important. Mais je pense que ta vocation n'est pas de suivre les recettes qu'on te donne. Alors aujourd'hui, exceptionnellement, je te laisses les ingrédients, et je te laisse faire. Tu improvise. On verra ce que ça donne… Tu peux partir d'une recette qu'on connaît, et changer un peu, tu fais comme tu veux. D'accord ?

Maël ne savait pas quoi dire. Bien sur, il avait rêvé de mettre comme ça, les ingrédients, au petit bonheur de la chance et d'en faire un chef d'œuvre, mais il avait très peur de se tromper… Victor, qui avait tout entendu, se fit entendre depuis la pièce adjacente.

- Si tu rates, c'est pas grave tu sais, on ne réussit pas tout du premier coup !
- Victor a raison, et puis tant que tu reste raisonnable dans les dosages, ça ne peut pas être mauvais. Tu vois ce que je veux dire ?

Maël voyait très bien. Et puis, à force de faire des gâteaux, il avait fini par acquérir une notion assez précise de ce qu'on pouvait faire ou pas dans une recette. Il acquiesça.

- Très bien. Je t'ai tout laissé derrière. Nous on va rester de ce côté, tu es le seul maître à bord. C'est parti !

Maël pénétra dans la nouvelle cuisine avec l'impression bizarre qu'elle avait changé. En effet, tout l'attendait. Il commença par préparer un fond de pâte sablée, en même temps qu'il mettait du sucre à caraméliser. Il mit la pâte à précuire au four et ajouta au caramel de la crème fraîche et des œufs. Avec le plus grand soin du monde, il disposa tous les fruits au fond de la pâte et versa son mélange par dessus. Il y en avait un peu trop, mais il ne mettrai pas tout. Enfin, il enfourna sa préparation. Aucune idée du temps de cuisson. Il resta donc, accroupi, à observer l'avancement des travaux… De temps en temps, il ouvrait la porte du four pour y regarder de plus près, et une délicieuse odeur se répandait dans la pièce.
Quand enfin, il décida de sortir la plaque du four, il prit soin d'enfiler les gants… Mais ceux-ci avaient peine à tenir sur ses mains, la membrane qui reliait son pouce au reste de la main l'empêchait de bien les enfiler. Serrant bien les mains sur la plaque, il réussit pourtant à la porter jusque sur le dessous de plat, avant de démouler son gâteau avec soin. En attendant qu'il refroidisse un peu, il sortit et annonça d'un sourire triomphant aux boulangers que son gâteau était prêt, et qu'il avait l'air honnête. Comme c'était l'heure de manger, le couple ferma la boulangerie et, presque religieusement, ils s'installèrent tous trois autour d'une table. Maël découpa son gâteau de son mieux et installa les parts dans les assiettes. Il n'osait pas commencer, attendant que les boulangers commencent.

- Qu'est-ce que tu as mis dedans ?
- Moi j'y trouve un gout de pomme…
- Y'en a.
- Mais… c'est tout ?
- Non, non, j'ai mis aussi des poires et des nashis.

Maël regarda avec circonspection sa part de tarte. Vue en coupe, le mélange caramélisé avait, sans être franchement malhonnête, une couleur curieuse au premier abord. D'une bouchée convaincue, Maël s'attaqua à son gâteau.
Les fruits, qu'il avait coupé en petits morceaux, étaient enrobés d'une pâte qui ressemblait assez à une sorte de flan, et la pâte sablée du fond apportait une touche de… comment dire… solidité pas désagréable. Assez content de son mélange, Maël s'aperçut soudain que tout le monde avait fini et le regardait d'un air bizarre.

- Heu… c'est comment ?
- C'est… original, et c'est... délicieux. Timtam, je crois que tu as trouvé ta voie !

Victor le félicita chaleureusement et lui ébouriffa les cheveux. Maël ne croyait pas à son bonheur. Il finit sa part, les yeux brillants.

- Tu as bien noté tout ce que tu as fait au moins ?

Oups…

_________________________


- Et voilà une tarte au chocolat et fruits rouges, bon appétit !

Maël fait le service. On a fini de réparer la pièce supplémentaire qu'il y a dans la nouvelle boutique, et désormais, les clients peuvent venir déguster leur commande sur place. Pendant le mois dernier, Maël a été particulièrement prolifique. Maintenant, il pense à noter ses recettes, il les reprends pour les améliorer et ses gâteux se vendent comme des petits pains. Ca fait maintenant six mois qu'il a quitté l'hôpital, six mois qu'il ne grandit plus du tout. Alors bien, sur, Victor et Madeleine se sont aperçut de quelque chose, à huit ans il n'est pas tout à fait sensé avoir terminé sa croissance… Mais bon, après une petite explication, en omettant de préciser que des piqûres quotidiennes régleraient le problème, c'est passé tout seul.
Ca fait quatre mois qu'il ne s'est pas brûlé. En progrès, non ? En revanche, les gants ne s'enfilent toujours pas correctement sur ses mains palmées, et il a fait tomber la plaque du four une bonne douzaine de fois à cause de ça. La vie de Maël lui plaît énormément... Même si... Non, ce serait vraiment trop demander là. Voyager, en plus de vivre de sa passion et travailler en compagne de gens charmants ? Allons...

_________________________


- Allez, au boulot mon grand ! Cette tarte aux fruits de mer doit absolument être prête, et les huîtres ne sont même pas encore... rha, on sera jamais prêts à temps...
- Mais si, il nous reste encore une heure et demie...
- UNE HEURE ET DEMIE ?! Ah, tu m'as fait peur... Plus jamais de blague comme celle là hein Timtam !

Maël sourit. Il a de la chance d'être tombé sur Victor et Madeleine quand même. Il s'attelle à l'ouverture des huîtres. Et ben, y'en a des coriaces... Maël pose sa troisième huître sur le plateau et attaque la quatrième. Ouch, c'est qu'il se défent, l'animal ! Maël engage le couteau et...

- HAAAAAAA !
- Qu'est-ce qui... AH ! Mon dieu, Victor, appelle les urgences !

* * *


Bravo. T'as gagné tiens. Un réveillon de Noël aux urgences. Il ne parviendra donc jamais à passer un noël normal, ce garçon ? Quand le couteau a dérapé, il a entaillé jusqu'aux tendonc la peau qui palmait le pouce de Maël. Et ça fait particulièrement mal. Et Maël attend son tour, tandis que le docteur discute avec Madeleine, en regardant les lambeaux saignants qui pendent à sa main. Enfin, le docteur se tourne vers lui.

- Mon garçon, je crois qu'on va devoir t'enlever cette membrane. Si on la recoud, elle te fera souffrir à chaque fois que tu écartera le pouce, et j'ai cru comprendre que tu avais besoin de tes mains pour travailler. Viens là.

Maël, sans un mot, le suivit. On étendit un drap entre sa main et lui, pour qu'il ne puisse pas voir l'opération, au risque de faire sauter l'anesthésie locale. Ce ne fut pas très long. Juste le temps de couper et de recoudre, et Maël put rentrer avec Madeleine avec un beau pansement tout neuf qui isolait son pouce et sa main. En fait ils furent juste... En retard, au dîner.

_________________________


On étendit le drap entre lui et sa main. Comme une impression de déjà vu... Sauf que cette fois c'était l'autre. Après la première opération et quatre semaines de cicatrisation, Maël avait recommencé à se servir de sa main, normalement. Forcément, elle avait un peu perdu, mais en quelques semaines, il retrouva sa dextérité. Sauf pour une chose. La plaque du four, encore. Il la faisait tomber à chaque fois. Si bien qu'après le sacrifice courageux d'une tarte aux myrtilles, d'un flan aux abricots et d'un baba au rhum, il décida de ne plus y toucher.
Du moins jusqu'à la deuxième opération. Parce que ce qui le gênait pour saisir correctement la plaque, c'était l'assymétrie. Dur de tenir comme il faut quand on n'a pas les deux mains pareillement configurées. Il aurait sans doute des cicatrices sur les mains toute sa vie, c'était même certain, mais au moins il pourrait continuer à cuisiner comme avant.
Et voilà, déjà fini. Maël regarda son bandage. Encore un mois de cicatrisation et un peu moins pour que sa main bouge à nouveau comme avant. Mieux même, l'ablation de cette membrane lui donnait une plus grande liberté de mouvement pour son pouce. Pas très utile, mais enfin...

- Ca va Maël ?
- Oui oui... on peut s'arrêter ici ?

Intrigué, Victor rentra avec lui dans la boutique de vêtements. Il retint un soupir quand Maël lui désigna une paire de mitaines.

_________________________


Maël prépara le colis pour l'hôpital. Il n'oubliait pas Thomas, mais il ne pouvait lui envoyer que des gâteaux qui se conservaient bien, sous peine qu'ils arrivent moisis à destination. Il soupira. On était au début de l'été, il avait retrouvé un usage normal de ses deux mains et ne faisait plus rien tomber. Et dans deux mois, laissant une petite montagne de recette aux boulangers, il partait travailler ailleurs. Après tout, personne ne sachant son âge... Non, ça n'était pas une excuse. Maël aurait le coeur lourd en quittant les boulangers.
Mais tant pis, il faut toujours aller de l'avant n'est-ce pas ? Il referma le colis en soupirant. Bah, encore deux mois à rester en leur compagnie, il n'était pas encore parti.
Il frappa dans ses mains. Faire un gâteau lui changerait les idées. Non, des gâteaux, oui, des macarons, il en avait bien envie...

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Maël était perdu. Complètement perdu. Tout le monde était super grand, super vieux surtout, dans cette école... Enfin, ils avaient l'âge d'Anthony, le garçon que Victor et Madeleine avaient embauché pour les aider, maintenant que lui n'était plus là... Son coeur se serra. Il n'était pas indispensable, évidemment, et puis, la vie continue...
Quelle vie... Cuisiner, cuisiner, cuisiner, et recevoir les critiques acerbes de ceux qui jugent. Génial. Hier, j'ai cuisiné, aujourd'hui, je cuisine, demain et tous les jours d'après, je cuisinerais...
Après tout, cette vie, il l'avait rêvée, mais là, c'était un peu... trop. Maël passa quatre ans dans cette école. Quatre ans à cuisiner, cuisiner, cuisiner, jour et nuit, semaine après semaine. Ca n'était pas vraiment pour le déranger, non, le pire c'était qu'il ne faisait vraiment absolument rien d'autre. Sortir ? Jamais ou presque. Une demi douzaine de fois en quatre ans. Bien sur, il avait acquis une expérience extraordinaire, en travaillant si dur, et cuisinait vraiment comme un Dieu... Du moins pour les desserts. Pour ce qui était des plats, comme le sujet ne le passionnait pas vraiment, il avait beau faire de son mieux, certes, un néophyte aurait décrété ça très bon, le chef lui décidait que c'était juste bon à flanquer à la poubelle.
Mais il ne voyait rien, il ne rencontrait personne d'autre que le cercle fermé des futurs cuisiniers étoilés. Il voulait voir le monde, il l'avait toujours voulu, il voulait voyager, il voulait... Et aujourd'hui, après quatre ans...
Après quatre ans, le directeur l'avait convoqué.

- Maël Aeson. Ca fait quatre ans que vous êtes dans notre école. Quatre ans à étudier la cuisine. Je crois qu'il ne sert à rien que vous y restiez plus longtemps.

Maël, blanc comme un linge, avait murmuré :

- Pourquoi ?
- Ca ne sert à rien. Nous avons vite remarqué une passion pour la pâtisserie. Et côté dessert, je pense que nous n'avons plus rien a vous apprendre, vous connaissez maintenant toutes les ficelles.
En revanche, vos plats laissent à désirer. Mais, étant donné que ça fait à peu près deux ans que la qualité n'évolue plus, vous conviendrez qu'il est inutile pour vous de poursuivre vos études parmis nous.


Le directeur se leva, sourit et serra la main à Maël, avant de le raccompagner à la porte.

- Allez, au revoir et bonne chance !

Maël, estomaqué, marcha dans les couloirs jusqu'à sa chambre. Il fit son sac, comme un zombie et sortit, tandis qu'à l'intérieur, un vent fort et joyeux soufflait sur ses pensées, quelque chose d'irrésistible... Il partait à l'aventure...

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Maël Aeson
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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Maël Aeson le Mer 5 Mar - 11:21

Maël signa en bas du formulaire.

- Et voilà. Tu vas voir, l'armée, ça forge le caractère. Et puis, on n'a jamais tué personne que je sache !

Maël lui sourit. Et voilà. Il y était. Depuis deux ans, il voyageait un peu partout. Incroyable le nombre de trucs gratuits en dessous de dix ans. Et quand ça ne l'était pas, il offrait de faire la cuisine. Ca marchait la plupart du temps. Mais bon, il ne pouvait pas vivre éternellement comme ça, à la sauvette... Il lui fallait un boulot, quelque chose de stable... Et voilà comment, entendant que l'armée recrutait dans sa branche, il s'était engagé. Une exellente façon de rencontrer des gens, cuisiner et voir du pays non ?
Maël était, pour l'instant, assez satisfait de son choix... Ce qui n'allait pas durer. S'il aurait su, il aurait pas venu. Du moins au début...

_________________________


- Mais... J'ai signé pour cuisiner, pas pour...
- Oui, je sais, et ben moi non plus, j'avais pas signé pour éplucher les endives, sauf que maintenant c'est toi l'apprenti, pas moi, alors c'est moi qui commande. Compris, petit ?

A peine arrivé, une cuisinière acariatre, toute sèche, avec des piercings plein les oreilles et les cheveux rouge vif, l'avait accueilli... chaleureusement ? Non pas tout à fait... Et Maël découvrit donc les joies des formulaires militaires qui écrivent en tout petit au dos de la dernière feuille que non, blagouze, tu seras pas titulaire.

- Oui mais...
- Parfait, alors maintenant tu fermes ta gueule, et tu dis bonjour aux endives !

Les épaules basses, pestant intérieurement contre ce p****** d'officier, Maël alla s'installer et commença, effectivement, l'épluchage des endives. Cependant, sa bonne humeur naturelle reprit rapidement le dessus et, en sifflotant, il s'appliqua à exécuter ce qu'on lui demandait. C'est comme ça qu'en deux mois il devint un pro des tâches ménagères, de l'épluchage d'endives, du pelage des patates et autres réjouissances du même ordre.
Il évitait aussi de mieux en mieux les divers ustensiles que la cuisinière lui lançait de temps à autre, quand il faisait une blague qu'elle n'appréciait pas où disait quelque chose qu'il n'aurait pas dû dire. C'est comme ça que se déroulèrent les six premiers mois de service de Maël à bord du vaisseau militaire.

_________________________


- Allez, Maël, va voir l'intendant, y'a plus rien à bouffer sur ce rafiot !

Docilement, évitant la cuillère lancée à son intention, Maël se dirigea vers le bureau de l'intendant et frappa. Rien. Mais genre, rien du tout. Il frappa encore, plus fort cette fois. Encore rien. Bon, tant pis. La cabine du commandant en face, était ouverte, et celui-ci observait le garçon depuis cinq bonnes minutes.

- C'est vous, Aeson ? Entrez, venez me voir, je ne mord pas...

Maël ne se démonta pas et, d'un pas assuré, entra dans la cabine. Le commandant était assis derrière un bureau, il lui désigna la chaise devant lui.

- Asseyez vous, je vous en prie. Qu'est-ce qui vous amène ?
- Y'a plus rien à manger sur le vaisseau, commandant, c'est la cuisinière qui m'envoie. Faut faire une escale ou demander du ravitaillement. On en a encore pour... Deux trois jours.
- Hmm hmm...

En fait le commandant n'avait rien écouté du tout. Maël s'en rendait bien compte, mais tant pis, de toutes façons il avait rempli son office. Il allait se lever et repartir quand le capitaine parla à nouveau.

- Dites moi, Aeson, une place de cuisiner titulaire sur une vivenef, ça vous interesse ?

Maël écarquilla imperceptiblement les yeux et son coeur rata un battement.

- Ah ben oui, bien sur, ce serait génial...
- Parfait. Préparez vos affaires, vous partez demain pour Nimue.
- Heu... d'accord, tout de suite, au revoir commandant...

Consciencieux, Maël retourna d'abord en cuisine finir sa journée, après quoi il fonça à sa cabine, récupéra tout ce qui trainait dans les recoins (incroyable ce qu'il peut y avoir comme recoins dans quatre mètres carrés) et fourra tout dans son sac. Ouaouuuh ! Une Vivenef ! Mais c'était le paradis qu'on lui offrait sur un plateau ! Soudain la porte de sa cabine s'ouvrit.

- Maël Aeson ?
- Oui ?
- Si vous êtes prêt, on va partir.
- Mais... c'est pas dem...
- Changement de programme. Je prend ton sac ?

Sans attendre la réponse, il le mit sur son dos, tandis que Maël, surexcité mais tentant de garder son calme, le suivait de près. Ils croisèrent la cuisinière qui le regarda de travers.

- Maël, tu vas où comme ça ? Tu déserte ?

Maël lui décerna son sourire le plus hypocrite.

- Désolé, ça n'aurait jamais pu marcher entre nous.

Et sous le regard figé de la cuisinière rousse, ils embarquèrent, direction Nimue...

_________________________


Et voilà. Un véritable petit paradis. Maël respirait le bien être et la bonne humeur, depuis qu'il était sur Nimue. Il distribuait les parts de clafoutis aux cerises à ceux qui devaient manger dans leurs cabine/bureau/n'importe où et souriait de toutes ses dents étincelantes.

- N'oubliez pas d'emporter une serviette ! Ca tache !

Tout le monde lui souriait en retour. Il se sentait vraiment à l'aise ici, entouré de tous ces militaires qui faisaient quatre fois sa taille mais se mettaient à genoux devant ses pâtisseries... Quand le dernier fut parti, il aperçut Newton, l'intendant, mangeant son gâteau comme un affamé, seul à une table. Maël s'assit en face de lui.

- Miguel, il n'y a plus un seul oeuf sur Nimue. Pas d'oeuf, pas de pâte. Pas de pâte, pas de gâteau. Pas de gâteau... Pas de gâteau. On peut être approvisionné assez vite ?

Trop facile d'obtenir ce qu'on veut quand l'intendant adore ses gâteaux. Bizarrement, Maël était nettement plus à l'aise ici que sur le premier vaisseau... Avec un grand sourire, il laissa Miguel à son clafoutis, ou plutôt à ce qu'il en restait, et courut en cuisine surveiller le cake aux noisettes et aux olives qui cuisait dans le four. Celui là pour qui on avait sacrifié les derniers oeufs.
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Dernière édition par Maël Aeson le Mer 5 Mar - 14:23, édité 1 fois

Maël Aeson
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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Maël Aeson le Mer 5 Mar - 11:22

Et voilà ! Présentation terminée, merci de votre infinie patience pour ceux qui l'ont lue en entier, mes dix milles respects éternels à ceux qui ont saisi toutes les références ^^
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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Hazel Ashen Straehert le Mer 5 Mar - 14:21

Bon, baaaaah, bienvenue sur Nimue maintenant ! (t'as bien raison, Nimue, c'est goûtu ! Aaaaah, depuis le temps que je rêvais de la sortir celle là !)

Bon, alors, personnellement, je trouve ton histoire un peu courte eeeet... nan, bon, je déconne.

Le seul truc qui me fait bizarre... Quand tu parles d'intendant, tu parles de l'intendant genre Newton ou Eilaire ? car si c'est le cas, je pense pas que ce soit leur rôle de surveiller l'approvisionnement d'un vaisseau... Eux, c'est juste le bien être du commandant, c'est la nounou du commandant.

Bon, c'est pas grand chose, mais bon, fallait bien que je dise quelque chose quand même !
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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Maël Aeson le Mer 5 Mar - 14:24

En fait je parle d'intendant genre... genre jsay pas moi, intendant, qui gère tout s'ki rentre et qui sort kwa... Heu... Oey c'est ça... ^^'
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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Noémie Herbogast le Mer 5 Mar - 14:35

Bienvenue au p'tit Maël ! ^^

Attention, une minute de silence, je vais utiliser pour la première fois le smiley pompom restant, à mon effigie...


Hûuuuu !

Et...

Maël Aeson a écrit:
- Moi j'y trouve un gout de pomme…

- Y'en a.


Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
"Touche pas au grisby, salope !"

Maël Aeson a écrit:
et tu dis bonjours aux endives !"


Ca me fait penser à une chanson, ça, mais j'suis pas sûre...
Voilà, les 2 références que j'ai trouvées. Et... nan et pis rien. ^^'
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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Maël Aeson le Mer 5 Mar - 14:49

Bravooo c'est tout juste XD La chanson c'est "Julie la petite olive" des Wriggles ^^ et merci à toutes les deux ^^
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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Invité le Mer 5 Mar - 20:12

Yahoo ! Maël !!! Quelle présentation !! j'suis souflée !.. Fan des tontons Fligueurs on dirait ^^.. Vivement que tu te mettes à l'oeuvre, je meure d'envie de gouter à une de tes tartes ^^

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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Maël Aeson le Mer 5 Mar - 20:34

xD ça ne saurait tarder, je n'attend que le consentement de notre TCAV* XD


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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Delphane Brumaire le Ven 7 Mar - 14:57

Bouhouhouuuuuu copieur, Maël !! C'est copyright Perry, la fiche musicale !

Enfin bienvenue quand même parmi nous Wink



#b7b290 #993399 #999999

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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Lana Lane le Ven 7 Mar - 23:11

Y en a d'autres, y en a d'autres... >3

"La maman des poissons, elle est bien gentiiiiiiiiiiiiille!"

Et puis le passage du cauchemar avec la piqure... Ca me fait trop penser à une scène dans "Je sais rien mais je dirais tout"...

Bref, bienvenue à Maël. Pour l'intendant... Ben, pour le réapprovisionnement en nourriture, c'est des gens en cuisine qui s'en occupe, pas l'intendant du Commandant. Mais on peut imaginer qu'il y a un intendant pour ce genre de chose... Bref, c'est pas très important...





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Re: Maël Aeson [FINIII]

Message par Invité le Sam 8 Mar - 0:44

Bienvenue à toi dans la grande famille de Nimue...j'en suis triste pour elle puisqu'elle ne peut malheureusement goûter à une si bonne cuisine.

Par contre, on va devoir faire encore plus d'exercice pour perdre des kilos après tout ces gâteaux!!!

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