- Vous comprenez, ça a l'air de leur faire du bien, parce qu'ils ont l'air content. Mais en réalité, c'est mauvais pour eux. S'ils n'étaient pas constamment en entraînement, ils seraient obèses.
- Mais elles n'ont rien de spécial, mes pâtes !
- Rien de spécial ? Mais regardez-les ! Elles baignent dans l'huile !
Le coq jeta un œil à sa marmite.
- Elles sont très bien, mes pâtes...
- Les pâtes, ce sont déjà des sucres lents. Vous y ajoutez de la sauce, dans laquelle il y aura probablement de la crème ou du beurre, qui sont composés de graisses. Si vous rajoutez de l'huile dans les pâtes, ces pauvres chéris vont être malades ! Écoutez, je vais vous préparer une liste des aliments à proscrire ici, et aussi des recettes de remplacement pour les sauces. Oh, et pensez à faire plus souvent de la salade, du moins, si vous en avez en stock...
Le coq lança un regard sans équivoque à son interlocuteur, qui poursuivit, un peu gêné :
- Oui, bon... J'imagine que ça ne doit pas être facile de se procurer des légumes frais par ici... En tous cas, attendez-vous à devoir changer quelques petites choses dans vos menus d'ici peu.
- C'est vous l'doc, Doc.
- A très bientôt, alors ! Sur ces mots, l'homme quitta les cuisines. Il n'était pas peu fier d'avoir convaincu le Commandant de Balras de surveiller l'alimentation de ses hommes. On sous-estimait bien trop souvent les conséquences d'une mauvaise alimentation sur le corps humain. Évidemment, ce n'était pas forcément le plus important, mais il fallait en tenir compte. Et, au fond, quitte à être coincés au beau milieu du néant, autant prendre le temps d'aller au fond des choses.
D'ailleurs, il faudrait surveiller l'alimentation du Commandant de Balras. Un teint aussi cireux ne pouvait provenir que d'un dysfonctionnement du foie, et ça n'était dans tous les cas pas quelque chose de très bon. Un de ces jours, il finirait par claquer entre les doigts de tout le monde, comme ça, paf ! Il attraperait probablement un ulcère ou se retrouverait avec une hématémèse. Enfin, pour le moment, il allait bien, et il était en d'assez bonnes dispositions pour autoriser le médecin à chambouler les habitudes alimentaires des soldats de Nimue. Autant en profiter. D'autant que la diététique avait longtemps passionné le médecin, non pas qu'il ait besoin lui-même, étant plutôt dégingandé, mais parce que sa curiosité naturelle l'avait poussé à mener pas mal de recherches dans ce domaine.
Le médecin enfonça les poings au fond des poches de sa blouse blanche, et traversa les couloirs en sifflotant. De temps à autres, il croisait un militaire ou deux, qui le saluaient d'un « Salut, Doc » ou d'un humoristique (mais anticipé) « Quoi d'neuf, Docteur ? », et auquel il répondait toujours chaleureusement. Il finit par arriver devant les portes de l'infirmerie du vaisseau, et il y entra en trombe.
On ne peut pas dire qu'une infirmerie militaire soit un lieu enchanteur. Comme dans n'importe quel établissement de soins, l'air charriait les odeurs de désinfectant et de gel stérilisant pour les mains, la lumière crue mettait en valeur la froideur des murs, les placards étaient remplis de boîtes à la dénomination complexe, et, ça et là, des malades ou des blessés attendaient qu'on s'occupe d'eux, ou bien tout simplement de guérir. Pas étonnant que tant de gens détestent les hôpitaux.
Mais cette infirmerie, celle de Nimue, c'était le quartier général du docteur Baltimore. C'était ici qu'il passait le plus clair de son temps depuis déjà quatre ans. Quand le prédécesseur du docteur Andorias avait pris sa retraite, on lui avait même proposé le poste de médecin-chef. Cela l'avait flatté, et montrait bien qu'on avait confiance en ses qualités de médecin. Néanmoins, il avait refusé cette offre. Le docteur Baltimore était un peu girouette : il changeait constamment d'envies, de centres d'intérêt, et il avait besoin de se sentir libre de partir à l'autre bout du Cercle à n'importe quel moment. Il avait donc laissé le poste au docteur Andorias, et appréciait, jour après jour, de pouvoir exercer son métier sans avoir une tonne de responsabilités sur les épaules.
Je suis de retour, Vincent ! clama-t-il en pénétrant dans l'infirmerie.
Son collègue et supérieur n'était pas en vue. Soit il s'était absenté, soit il était en consultation dans une des petites chambres de l'infirmerie. En tous cas, seul le troisième médecin était présent, et il se trouvait dans le bureau, à en juger par le bruit caractéristique du clavier d'ordinateur sur lequel on pianote qui s'échappait de la petite pièce. En un coup d'œil, le médecin fit un état des lieux mental : les seringues et la gaze avaient été réapprovisionnés, tous les malades étaient pris en charge, les ordonnances, comme le montrait le classeur vert posé fermé sur une étagère, étaient à jour. En un mot comme en cent : il n'y avait rien à faire.
Il passa la tête dans l'encadrement de la porte du bureau. Son collègue tapait avec frénésie sur le lourd ordinateur de bureau.
- Je n'arriverai jamais à comprendre comment tu peux aimer faire ça.
- Je n'aime pas faire ça. Ça m'occupe. lui répondit le médecin sans lever les yeux de son écran.
- Je peux prendre le portable ? enchaîna le docteur Baltimore.
- Vas-y, tu vois bien que personne ne s'en sert. Oh, Elohim !
Le médecin, qui avait déjà l'ordinateur portable sous le bras, s'arrêta net dans sa lancée et se retourna vers son collègue.
- Oui ?
- Le lieutenant Einar est passé tout à l'heure.
- C'est pas vrai, qu'est-ce qu'il lui est encore arrivé ?
- On dirait qu'il a attrapé la grippe.
- La... La grippe ??
Pour toute réponse, le médecin haussa les épaules en souriant d'un air désolé, puis se pencha de nouveau sur son ordinateur, et recommença à taper des rapports médicaux. Elohim, puisque tel était son prénom, finit par hausser les épaules à son tour, et retourna dans l'infirmerie. Comment pouvait-on attraper la grippe dans un vaisseau qui n'avait pas atterri ni accueilli de nouvelles têtes depuis plus de deux mois ? Il n'y avait assurément que le lieutenant Einar pour réussir un tel tour de force.
Elohim s'installa sur une table et ouvrit l'ordinateur portable. Il commença à y écrire une liste d'ingrédients à proscrire, suivis de ceux qui devraient les remplacer. Le coq de Nimue n'avait pas l'air très pressé de remettre en question ses menus, mais puisqu'il n'y avait rien d'autre à faire... Très concentré, Elohim ne cessait de pianoter sur le clavier que pour fourrager pensivement dansses cheveux blond cendré parsemés de blanc, puis, l'air d'avoir retrouvé ce qu'il cherchait à écrire, il se remettait à la tâche. Il était en train de se demander dans quelle proportion le lait devait remplacer la crème fraîche, quand les portes de l'infirmerie s'ouvrirent dans un grand fracas. Elohim tressaillit de surprise, et se tourna vers le nouvel arrivant. C'était un grand gaillard qui mesurait au bas mot 1m90, et s'il n'était pas beaucoup plus grand qu'Elohim, il le dépassait amplement en largeur. A dire vrai, on aurait pu mettre au moins trois Elohim dans l'un de ces mastodontes. Celui-ci, l'air maussade, s'adressa directement au médecin.
- Doc, j'me suis fait un tour de rein, vous pouvez me faire un coup de laser ?
Elohim ne cilla pas, et pourtant, il n'en pensait pas moins. Avec la médecine moderne, on arrivait à beaucoup de résultats en très peu de temps. La médecine au laser, en particulier, avait amélioré d'un coup le quotidien de milliards de personnes. On s'en servait pour des tas de problèmes, du lumbago aux douleurs gastriques, en passant par les migraines et les entorses. Une séance ne durait jamais plus de vingt minutes, et le patient était automatiquement soulagé. Ça ne corrigeait pas le problème en profondeur, mais c'était souvent mieux que rien.
Le problème, c'était qu'Elohim n'aimait pas utiliser le laser pour tout et n'importe quoi. Et surtout pas pour une douleur musculaire ou articulaire. Sans se départir de son air aimable, il indiqua un box à son patient.
- Installez-vous et mettez-vous torse nu, je vous prie, je suis à vous dans un instant.
Tandis que le soldat s'exécutait, le médecin refermait l'ordinateur portable et enfilait des gants. Il rejoignit ensuite le militaire et tira le rideau derrière lui. Il commença à l'ausculter. Il palpait délicatement mais avec fermeté le dos musculeux, tout en demandant des précisions sur les douleurs ressenties sous le contact de ses doigts. Après quelques instants, il avait une idée de ce qui faisait souffrir le pauvre homme. C'était aussi grave que ça en avait l'air : il était simplement trop tendu.
*Évidemment, dans ce genre de cas, c'est toujours le dos qui ramasse en premier...* pensa le médecin.
Il retira ses gants, les jeta dans une corbeille prévue à cet effet, et se planta devant son patient, les bras croisés, et l'air tout à fait affable.
- Pas d'inquiétude à avoir, vous ne vous êtes pas fait un tour de reins.
- Ah, ça c'est une bonne nouvelle...
- Je pense donc que vous n'avez pas besoin de laser.
Silence. La déception du militaire était presque palpable.
- Mais j'ai mal au dos, il faut bien y faire quelque chose, non ?
- Bien sûr ! Je n'ai pas dit que je n'allais rien faire ! Il suffit de peu de choses, vous savez. Je vais vous prescrire un peu d'homéopathie et des étirements yogiques quotidiens, et...
- Ecoutez, Doc, l'interrompit le soldat. J'vous trouve très bon et tout ça, mais avec tout le respect que je vous dois, j'ai pas de temps à perdre avec des méthodes pour lopettes. Alors j'aimerais bien que vous me passiez un petit coup de laser et qu'on n'en parle plus. Et si vous voulez pas, eh bien... J'en toucherai un mot au docteur Andorias, si vous voyez c'que j'veux dire...
*Mais c'est qu'il me menace de tout rapporter, le petit chenapan ! C'est de mieux en mieux, on perd un an d'âge mental tous les 10 000km parcourus ou quoi ?* songea Elohim. Affligé, mais n'en laissant rien paraître, il répondit :
Je vois, je vois... Eh bien, je vais chercher l'appareil, alors. Je vous laisse retirer votre pantalon, si ça ne vous dérange pas. Et il sortit du box. Il balaya la pièce du regard. Toujours personne en vue. Même l'infirmière avait disparu. Parfait, il allait pouvoir mettre son plan à exécution. Il s'empara d'un appareil sur roulettes et d'une couverture qui traînait sur un lit, et rejoignit son militaire qui l'attendait, en caleçon.
*Voilà au moins un avantage à travailler pour l'armée : les patients savent ce qu'exécuter un ordre veut dire...* se dit Elohim en allumant l'appareil.
Avant de commencer le laser, il faut prendre des clichés de vos muscles. Par mesure de précaution. Je vais donc vous demander de prendre certaines positions tandis que je vous prendrai en photo.
Sous le regard suspicieux de son patient, Elohim étendit la couverture au sol.
Allez-y, asseyez-vous en tailleurs par terre, le dos bien droit, mais sans le raidir. Voilà. Relâchez les épaules. Posez les mains sur vos genoux. C'est très bien. Je vais prendre le premier cliché, en attendant, respirez profondément et paisiblement. Parfait.
Elohim appuya sur un bouton et la machine émit un déclic très sonore.
Très bien. Maintenant je vais vous demander de vous mettre debout. Merci. Levez-les bras au dessus de votre tête et étendez votre dos. N'oubliez pas de respirer profondément !
C'est ainsi qu'Elohim fit prendre au soldat la posture de l'arbre, les deux postures du chat, et termina par celle de la tête de vache, en bref : un enchaînement de yoga idéal pour les maux de dos. Le militaire avait bien l'air de commencer à se douter de quelque chose, mais il exécuta tous les ordres d'Elohim sans broncher pendant que celui-ci faisait toujours mine de prendre ses clichés.
Parfait, c'est parfait, vous pouvez vous relever, maintenant, j'ai tout ce qu'il me faut.
Elohim fit mine de manipuler sa machine tout en observant son patient. Celui-ci s'était relevé, et il effectuait quelques mouvements de bras et de bassin, comme s'il testait sa souplesse. Il avait l'air passablement étonné.
*Bien, la petite touche finale, maintenant...* pensa Elohim. Il se redressa et lança au soldat :
Bon, eh bien on va pouvoir passer au laser ! Vous allez voir, ça va vous requinquer ! Le soldat eut l'air d'hésiter, mais ne dit rien. Le médecin poursuivit : Je m'souviens, une fois, j'ai fait faire une séance de laser à un type qui n'avait pas du tout mal. Je crois bien qu'il essayait de se faire réformer. Enfin toujours est-il que je lui ai donné un coup de laser dans la jambe, et que ça l'a paralysée. Le pauvre marche toujours avec une béquille, aujourd'hui. Depuis, je prends toujours le temps de bien ausculter mes patients avant de les passer au laser.
Cette fois-ci, Elohim en était sûr : le soldat avait pâli. Il commença à mettre en place le laser - un appareil imposant - à côté du lit médicalisé près duquel se trouvait son patient, puis, l'air pensif, ajouta :
- Remarquez, au final, il a eu ce qu'il voulait : il s'est fait réformer.
Le soldat semblait agité, il se tordait les doigts nerveusement, et son visage était terne et luisant de sueur. Il s'éclaircit la gorge, puis bredouilla :[/i]
- Euh... Doc ?
- Ouiii ? répondit Elohim avec un grand sourire.
- Je... Je crois que j'me sens mieux, en fait. Du coup, vous embêtez pas avec le laser, hein, je... J'vais p'tet' y aller.
- Oh, vous êtes sûr ? Parce qu'il est presque prêt !
- C'est bon, Doc, ça ira, j'vous assure !
- Bon, bon, d'accord, c'est comme vous voulez... Je vous laisse vous rhabiller alors... répondit Elohim d'un air visiblement déçu en sortant du box. Il tira le rideau derrière lui, puis alla ranger le laser dans son placard, son habituel petit sourire espiègle au visage.
- Bon ben merci, Doc, au revoir... dit le soldat en se dirigeant vers la porte de l'infirmerie. Elohim s'étonna de la rapidité avec laquelle l'homme s'était rhabillé, mais n'en dit rien.
- Au revoir, mon grand ! répondit-il, enjoué. Pour une fois, il ne se fit pas échauffer les oreilles pour s'être adressé aux soldats comme s'il s'agissait d'élèves de grande section de maternelle.
Docteur Elohim Baltimore, exerçant à bord de Nimue

Elohim Baltimore- Médecin de bord - Nimue
- Nombre de messages: 14
Localisation actuelle: Infirmerie de Nimue
Mission actuelle: Sauver les fesses de mon commandant. Littéralement.
Citation: Pleine forme ! \o/
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Date d'inscription: 15/01/2009

Elohim Baltimore- Médecin de bord - Nimue
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Malgré le manque d'activité dû au quotidien plutôt tranquille de la vivenef, Elohim ne vit pas passer la journée. Il était de ceux qui ne s'ennuient jamais, car il se trouvait toujours quelque chose à faire, et quand, vraiment, il n'y avait plus rien à faire, il partait se promener et en profitait pour discuter avec les soldats qu'il croisait. Il aimait beaucoup observer les gens, surtout à bord de Nimue, où l'on vivait longtemps ensemble, sans espoir de débarquer. Avant de faire ses études de médecine, il avait suivi des cours de psychologie à l'Université de Carbonek, et, même s'il n'avait jamais passé le diplôme (il s'était subitement intéressé à l'acuponcture), il lui était toujours resté un intérêt constant dans l'écoute et l'observation des autres.
Ce soir là, Elohim avait décidé qu'il était grand temps de faire du classement dans les fichiers stockés sur le disque dur de l'ordinateur du bureau de l'infirmerie, et il était en train de transférer des archives d'un répertoire à un autre, quand Camille, l'infirmière, vint le chercher.
- Elohim, il y a une patiente qui voudrait te voir...
Elle se sentit obligée d'ajouter à cela un énorme clin d'œil entendu, qui eut pour effet de faire lever les yeux au ciel au médecin. Il se leva avec l'air de se déplier, et suivit Camille jusqu'à l'une des petites chambres attenantes à l'infirmerie. Camille le laissa là avec un petit air polisson, et s'en fut à sa tâche. Elohim entra dans la chambre, encore un peu agacé par le comportement de l'infirmière.
Debout, à côté du lit, se trouvait le quartier-maître d'astrogation. C'était une jeune femme d'une trentaine d'années, à la tignasse auburn relevée en un chignon sur la nuque. Elle était déjà venue le voir quelques jours plus tôt, pour un problème très féminin, et surtout, très compromettant.
Elohim ferma la porte derrière lui.
- Bonsoir, Doc. dit-elle un peu sèchement.
- Bonsoir, quartier-maître, répondit Elohim avec professionnalisme. Il savait différencier le ton de la colère du ton de la mauvaise nouvelle. Et la jeune femme venait assurément d'en apprendre une très mauvaise. Il poursuivit : Du nouveau ?
- Oui. C'est... Elle hésita un instant, puis reprit, un ton plus bas : Le test est positif.
- Oh, je vois. Elohim marqua volontairement une pause. Le sujet était délicat, et il ne fallait pas la brusquer. D'une voix douce, il demanda : Est-ce que vous avez réfléchi à ce que vous voulez faire ?
- Oui. Je reste sur ma position de la dernière fois.
- Vous en êtes bien certaine ?
- Sûre et certaine. Ma carrière est plus importante.
Le quartier-maître avait l'air d'être bien décidée. Au moins, Elohim l'aurait prévenue. Il s'était attendu à ce qu'elle réagisse ainsi. La plupart des femmes militaires avaient le même réflexe, d'autant plus lorsqu'elles n'avaient pas encore gravi beaucoup d'échelons. Il faut dire que l'armée ne donnait pas beaucoup d'avenir aux femmes qui souhaitaient fonder une famille, du moins, pas à celles qui étaient mutées sur des vaisseaux en mission comme Nimue. De toute façon, Nimue ne donnait pas beaucoup d'avenir à qui que ce soit. Elohim s'absenta quelques instants pour aller chercher des papiers qu'il fit signer à la jeune femme, puis il l'ausculta. Il s'absenta de nouveau pour une bonne dizaine de minutes, le temps de mettre la main sur le matériel adéquat. Evidemment, il ne pratiquait pas d'interruption de grossesse tous les jours.
Elohim avait une faiblesse, un défaut : il détestait le silence. Il avait toujours détesté les professionnels qui s'acharnaient à discuter avec leur client, comme les coiffeurs, les contrôleurs de trains ou, à plus forte raison, les dentistes, mais cela ne l'empêchait pas d'en faire autant de son côté. C'est pourquoi, malgré la situation qui s'y prêtait mal, il s'en rendait bien compte, il se mit à parler.
- Vous êtes consciente qu'on ne fait pas vraiment carrière, ici, n'est-ce pas ?
La jeune femme ne répondit pas. Elohim enchaîna, légèrement hésitant :
- Il vous a largué quand il a appris que vous étiez enceinte, c'est ça ?
- Pas du tout.
Elohim s'empara d'une espèce de grosse seringue sans aiguille.
Attention, ça risque d'être désagréable... prévint-il gentiment. Cette fois-ci, il laissa le silence s'installer entre eux. Il avait besoin de concentration, et la jeune femme avait besoin de pudeur.
Elohim reprit la parole, quelques instants plus tard :
Vous pouvez vous rhabiller.
Tandis que le quartier-maître s'exécutait, il remballa ses affaires. A sa grande surprise, ce fut la jeune femme qui reprit la parole.
- Les hommes trouvent toujours des excuses bidon pour nous larguer. "C'est pas toi, c'est moi", "J'ai besoin de temps pour réfléchir", "J'ai besoin de liberté", "Je veux de l'action"... Que des banalités qui ne veulent rien dire et qui ne fait que nous blesser plus !
Elle redressa la tête et planta son regard dans les yeux bleus du médecin. Pendant une fraction de seconde, celui-ci y vit une femme pleine de fierté et d'orgueil, une femme de caractère et de courage, une femme prête à se battre pour son honneur et sa dignité. Puis l'impression, fugace, s'échappa, et, de nouveau, il vit la jeune quartier-maître. Celle-ci se rassit sur le lit, l'air soudain très fatigué. On aurait dit qu'elle laissait enfin tomber son masque rigide.
- Nous, au moins, on essaie d'aller au fond des choses, de comprendre ce qui ne marche pas, et on essaie de l'expliquer...
- Alors là, permettez-moi de vous contredire. Elohim s'assit à côté de la jeune femme. J'ai connu pas mal de femmes. Bon, pas tant que ça, mais quelques-unes tout de même. Toutes, et je dis bien toutes, sans exception, m'ont largué sans explication.
- Vous ? Le quartier-maître avait l'air étonné. Comment est-ce possible ? Vous êtes plutôt mignon, et vous êtes gentil !
- Eh bien, il faut croire que je le suis trop, ou pas assez. En tous cas, les femmes me préfèrent largement comme ami que comme amant, j'en ai bien peur. A tel point que, dans ma famille, j'ai la réputation du vieux garçon.
La jeune femme éclata de rire. Elohim, de nouveau souriant, la regardait en coin. Elle était vraiment mignonne, quand elle riait à gorge déployée...
- Vous exagérez ! Vous êtes un peu jeune pour qu'on vous taxe déjà de vieux garçon...
- Dites-moi, quartier-maître, vous me donnez quel âge ?
La jeune femme parut gênée. Évidemment, quand on vous pose cette question, c'est que la réponse n'est pas évidente. Elle tenta néanmoins :
- Je dirais... Entre vingt-cinq et trente ans ? Elohim sourit. Bon, peut-être trente-trois ? Trente-cinq ? ajouta-t-elle devant l'air de plus en plus amusé du médecin.
- Eh non. J'ai quarante-et-un ans. Cette fois-ci, ce fut Elohim qui s'esclaffa : la jeune femme s'en était presque décroché la mâchoire.
- Je sais, je fais très jeune... Si je me rase, on me confond avec mon petit frère. dit-il en passant la main sur ses joues. La barbe de trois ou quatre jours qui s'y trouvait crissa.
- Quel âge a votre frère ?
- Trente ans.
- Oh, vous avez une sacré différence, tous les deux !
- Ben, seulement onze ans. C'est peu, quand on sait que j'ai deux grands frères, qui ont quarante-sept et cinquante-six ans !
- Votre aîné a quinze ans de plus que vous ?
- Oui. Mais ça ne nous empêche pas de très bien nous entendre. On est une famille très soudée.
- Oh, vous avez de la chance...
- Ce n'était pas le cas de la vôtre ?
- Non, pas vraiment... Et la jeune femme lui raconta comment son père avait quitté sa mère quand elle était encore très jeune, comment elle avait quasiment dû élever toute seule son petit frère pendant que leur mère suait sang et eau au travail, et comment son frère les avait abandonnées toutes les deux pour se mettre à dealer dans les quartiers chauds de Babel. Elle lui expliqua que sa mère pleurait à chaque fois qu'elles parlaient de son frère, et qu'elle la tenait pour responsable du fait qu'il avait mal tourné. Résultat : elle ne parlait plus à sa mère, et son frère ne donnait des nouvelles que pour lui emprunter de l'argent. Quand à son père, elle avait retrouvé sa trace, mais il avait refait sa vie et ne voulait plus entendre parler d'elle et de sa famille.
Quand le quartier-maître quitta l'infirmerie, Elohim avait fini sa journée depuis près d'une heure. La jeune femme avait beaucoup parlé, versé quelques larmes, et, alors même que le médecin commençait à se dire qu'elle lui plaisait, elle était littéralement tombée dans ses bras, avait sangloté quelques minutes contre son épaule, puis s'était redressée, visiblement plus en forme, et avait décrété qu'il était réellement quelqu'un de gentil. Elohim savait très bien ce que cela signifiait. Résigné, mais heureux de constater que la jeune femme se sentait mieux, il l'avait raccompagnée jusqu'à l'entrée de l'infirmerie, et avait souhaité une bonne nuit à sa "nouvelle amie".
Une petite heure plus tard, Elohim avait rejoint sa cabine et, comme à son habitude, il ne trouvait pas le sommeil. Il repensait à sa journée, à sa conversation avec le quartier-maître, au fait qu'il n'avait pas revu sa famille depuis plus de huit mois, au soldat à qui il avait fait faire du yoga à son insu, et à la grippe du lieutenant Einar.
Il prit le temps d'étirer chacun des muscles de son corps long et fin. Il se sentit plus détendu, mais toujours pas prêt à dormir. Il se leva, et rangea son armoire à vêtements, qui contenait en majorité des T-shirts colorés et de vieux jeans délavés. Puis il attrapa un roman qu'il reposa au bout de cinq pages. Il s'allongea de nouveau, soupira, puis se tourna sur le côté. Il renifla, et, enfin, ses paupières tombèrent lentement.
Quand il sombra enfin dans le sommeil, la nuit était déjà bien entamée. Le docteur Elohim Baltimore soupira, laissa son corps se détendre, et son esprit perdit prise avec la réalité pour quelques courtes heures.
Ce soir là, Elohim avait décidé qu'il était grand temps de faire du classement dans les fichiers stockés sur le disque dur de l'ordinateur du bureau de l'infirmerie, et il était en train de transférer des archives d'un répertoire à un autre, quand Camille, l'infirmière, vint le chercher.
- Elohim, il y a une patiente qui voudrait te voir...
Elle se sentit obligée d'ajouter à cela un énorme clin d'œil entendu, qui eut pour effet de faire lever les yeux au ciel au médecin. Il se leva avec l'air de se déplier, et suivit Camille jusqu'à l'une des petites chambres attenantes à l'infirmerie. Camille le laissa là avec un petit air polisson, et s'en fut à sa tâche. Elohim entra dans la chambre, encore un peu agacé par le comportement de l'infirmière.
Debout, à côté du lit, se trouvait le quartier-maître d'astrogation. C'était une jeune femme d'une trentaine d'années, à la tignasse auburn relevée en un chignon sur la nuque. Elle était déjà venue le voir quelques jours plus tôt, pour un problème très féminin, et surtout, très compromettant.
Elohim ferma la porte derrière lui.
- Bonsoir, Doc. dit-elle un peu sèchement.
- Bonsoir, quartier-maître, répondit Elohim avec professionnalisme. Il savait différencier le ton de la colère du ton de la mauvaise nouvelle. Et la jeune femme venait assurément d'en apprendre une très mauvaise. Il poursuivit : Du nouveau ?
- Oui. C'est... Elle hésita un instant, puis reprit, un ton plus bas : Le test est positif.
- Oh, je vois. Elohim marqua volontairement une pause. Le sujet était délicat, et il ne fallait pas la brusquer. D'une voix douce, il demanda : Est-ce que vous avez réfléchi à ce que vous voulez faire ?
- Oui. Je reste sur ma position de la dernière fois.
- Vous en êtes bien certaine ?
- Sûre et certaine. Ma carrière est plus importante.
Le quartier-maître avait l'air d'être bien décidée. Au moins, Elohim l'aurait prévenue. Il s'était attendu à ce qu'elle réagisse ainsi. La plupart des femmes militaires avaient le même réflexe, d'autant plus lorsqu'elles n'avaient pas encore gravi beaucoup d'échelons. Il faut dire que l'armée ne donnait pas beaucoup d'avenir aux femmes qui souhaitaient fonder une famille, du moins, pas à celles qui étaient mutées sur des vaisseaux en mission comme Nimue. De toute façon, Nimue ne donnait pas beaucoup d'avenir à qui que ce soit. Elohim s'absenta quelques instants pour aller chercher des papiers qu'il fit signer à la jeune femme, puis il l'ausculta. Il s'absenta de nouveau pour une bonne dizaine de minutes, le temps de mettre la main sur le matériel adéquat. Evidemment, il ne pratiquait pas d'interruption de grossesse tous les jours.
Elohim avait une faiblesse, un défaut : il détestait le silence. Il avait toujours détesté les professionnels qui s'acharnaient à discuter avec leur client, comme les coiffeurs, les contrôleurs de trains ou, à plus forte raison, les dentistes, mais cela ne l'empêchait pas d'en faire autant de son côté. C'est pourquoi, malgré la situation qui s'y prêtait mal, il s'en rendait bien compte, il se mit à parler.
- Vous êtes consciente qu'on ne fait pas vraiment carrière, ici, n'est-ce pas ?
La jeune femme ne répondit pas. Elohim enchaîna, légèrement hésitant :
- Il vous a largué quand il a appris que vous étiez enceinte, c'est ça ?
- Pas du tout.
Elohim s'empara d'une espèce de grosse seringue sans aiguille.
Attention, ça risque d'être désagréable... prévint-il gentiment. Cette fois-ci, il laissa le silence s'installer entre eux. Il avait besoin de concentration, et la jeune femme avait besoin de pudeur.
Elohim reprit la parole, quelques instants plus tard :
Vous pouvez vous rhabiller.
Tandis que le quartier-maître s'exécutait, il remballa ses affaires. A sa grande surprise, ce fut la jeune femme qui reprit la parole.
- Les hommes trouvent toujours des excuses bidon pour nous larguer. "C'est pas toi, c'est moi", "J'ai besoin de temps pour réfléchir", "J'ai besoin de liberté", "Je veux de l'action"... Que des banalités qui ne veulent rien dire et qui ne fait que nous blesser plus !
Elle redressa la tête et planta son regard dans les yeux bleus du médecin. Pendant une fraction de seconde, celui-ci y vit une femme pleine de fierté et d'orgueil, une femme de caractère et de courage, une femme prête à se battre pour son honneur et sa dignité. Puis l'impression, fugace, s'échappa, et, de nouveau, il vit la jeune quartier-maître. Celle-ci se rassit sur le lit, l'air soudain très fatigué. On aurait dit qu'elle laissait enfin tomber son masque rigide.
- Nous, au moins, on essaie d'aller au fond des choses, de comprendre ce qui ne marche pas, et on essaie de l'expliquer...
- Alors là, permettez-moi de vous contredire. Elohim s'assit à côté de la jeune femme. J'ai connu pas mal de femmes. Bon, pas tant que ça, mais quelques-unes tout de même. Toutes, et je dis bien toutes, sans exception, m'ont largué sans explication.
- Vous ? Le quartier-maître avait l'air étonné. Comment est-ce possible ? Vous êtes plutôt mignon, et vous êtes gentil !
- Eh bien, il faut croire que je le suis trop, ou pas assez. En tous cas, les femmes me préfèrent largement comme ami que comme amant, j'en ai bien peur. A tel point que, dans ma famille, j'ai la réputation du vieux garçon.
La jeune femme éclata de rire. Elohim, de nouveau souriant, la regardait en coin. Elle était vraiment mignonne, quand elle riait à gorge déployée...
- Vous exagérez ! Vous êtes un peu jeune pour qu'on vous taxe déjà de vieux garçon...
- Dites-moi, quartier-maître, vous me donnez quel âge ?
La jeune femme parut gênée. Évidemment, quand on vous pose cette question, c'est que la réponse n'est pas évidente. Elle tenta néanmoins :
- Je dirais... Entre vingt-cinq et trente ans ? Elohim sourit. Bon, peut-être trente-trois ? Trente-cinq ? ajouta-t-elle devant l'air de plus en plus amusé du médecin.
- Eh non. J'ai quarante-et-un ans. Cette fois-ci, ce fut Elohim qui s'esclaffa : la jeune femme s'en était presque décroché la mâchoire.
- Je sais, je fais très jeune... Si je me rase, on me confond avec mon petit frère. dit-il en passant la main sur ses joues. La barbe de trois ou quatre jours qui s'y trouvait crissa.
- Quel âge a votre frère ?
- Trente ans.
- Oh, vous avez une sacré différence, tous les deux !
- Ben, seulement onze ans. C'est peu, quand on sait que j'ai deux grands frères, qui ont quarante-sept et cinquante-six ans !
- Votre aîné a quinze ans de plus que vous ?
- Oui. Mais ça ne nous empêche pas de très bien nous entendre. On est une famille très soudée.
- Oh, vous avez de la chance...
- Ce n'était pas le cas de la vôtre ?
- Non, pas vraiment... Et la jeune femme lui raconta comment son père avait quitté sa mère quand elle était encore très jeune, comment elle avait quasiment dû élever toute seule son petit frère pendant que leur mère suait sang et eau au travail, et comment son frère les avait abandonnées toutes les deux pour se mettre à dealer dans les quartiers chauds de Babel. Elle lui expliqua que sa mère pleurait à chaque fois qu'elles parlaient de son frère, et qu'elle la tenait pour responsable du fait qu'il avait mal tourné. Résultat : elle ne parlait plus à sa mère, et son frère ne donnait des nouvelles que pour lui emprunter de l'argent. Quand à son père, elle avait retrouvé sa trace, mais il avait refait sa vie et ne voulait plus entendre parler d'elle et de sa famille.
Quand le quartier-maître quitta l'infirmerie, Elohim avait fini sa journée depuis près d'une heure. La jeune femme avait beaucoup parlé, versé quelques larmes, et, alors même que le médecin commençait à se dire qu'elle lui plaisait, elle était littéralement tombée dans ses bras, avait sangloté quelques minutes contre son épaule, puis s'était redressée, visiblement plus en forme, et avait décrété qu'il était réellement quelqu'un de gentil. Elohim savait très bien ce que cela signifiait. Résigné, mais heureux de constater que la jeune femme se sentait mieux, il l'avait raccompagnée jusqu'à l'entrée de l'infirmerie, et avait souhaité une bonne nuit à sa "nouvelle amie".
Une petite heure plus tard, Elohim avait rejoint sa cabine et, comme à son habitude, il ne trouvait pas le sommeil. Il repensait à sa journée, à sa conversation avec le quartier-maître, au fait qu'il n'avait pas revu sa famille depuis plus de huit mois, au soldat à qui il avait fait faire du yoga à son insu, et à la grippe du lieutenant Einar.
Il prit le temps d'étirer chacun des muscles de son corps long et fin. Il se sentit plus détendu, mais toujours pas prêt à dormir. Il se leva, et rangea son armoire à vêtements, qui contenait en majorité des T-shirts colorés et de vieux jeans délavés. Puis il attrapa un roman qu'il reposa au bout de cinq pages. Il s'allongea de nouveau, soupira, puis se tourna sur le côté. Il renifla, et, enfin, ses paupières tombèrent lentement.
Quand il sombra enfin dans le sommeil, la nuit était déjà bien entamée. Le docteur Elohim Baltimore soupira, laissa son corps se détendre, et son esprit perdit prise avec la réalité pour quelques courtes heures.

Thomas de Farcy- Maître de seconde classe / Maintenance - Adonis
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Bon, en attendant Neklas, je dis quand même que moi, ça me va.
Re-re-re-re-re-re-re-re-bienvenue ! \o/
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Elohim Baltimore- Médecin de bord - Nimue
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Merci, Thomas ! \o/ A l'occasion, passe me voir, j'ai tout un stock d'herbes aphrodisiaques bio =P Je t'apprendrai à les utiliser en thé... Les femmes aiment toujours le thé 

Eusèbe E. J. D'Arville- Commandant - Nimue
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Est-ce que vous faites des consultations psy, également? J'aurai besoin de vous le mardi, le jeudi, et le vendredi. Deux fois, le vendredi.
Et peut-être même les week-ends.
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"Non, je ne suis pas très amusant, je sais. Dites, est-ce que vous pourriez vous pencher un peu plus sur la droite, vous seriez plus perpendiculaire avec mon bureau. Oui, c'est important pour moi, merci."
Eusèbe Edwin Jacob D'Arville
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Elohim Baltimore- Médecin de bord - Nimue
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Euh... C'est encore très... Officieux ! Mais nous pouvons toujours prendre rendez-vous... De temps en temps... *se cache dans un placard à balais*

Eusèbe E. J. D'Arville- Commandant - Nimue
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*quant Elohim se retourne dans son placard, il y découvre Eusèbe, tel le loup trouvant Droopy partout où il va; d'ailleurs, Eusèbe fait la même tête de dépressif*
Et les lundi matin à 4 heure?
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Ariel McLamb- Futur commandant - Adonis
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Citation: A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...
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J'ai du Spaiotwhisky pour tes insomnies de 4h du mat, le Vieux !
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[center:]Et c'est parti pour un tour !
A l'aise, que je passe ! *sourire Colgate*[/center:]

Eusèbe E. J. D'Arville- Commandant - Nimue
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Je ne bois jamais d'alcool. Satan! Sataaaaan!
(par contre, peut-être qu'après une ou deux séances, le toubib en aura besoin, tant qu'il ne sera pas en service...)
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Eusèbe Edwin Jacob D'Arville
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Margot Hertzlieb- Sous-lieutenant de communication - Nimue
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Localisation actuelle: Sur le Pont
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Date d'inscription: 09/02/2008
Ouuuh ! Qu'il est mignon ce doc là ! =)
Re-re-re-re-re-re-re-re-rebienvenue ! \o/
Ca va être bien sympa comme ambiance à l'infirmerie =) Entre Vincent-ronchon, Camille-pin-up et Elohim-gentil -^^-
Re-re-re-re-re-re-re-re-rebienvenue ! \o/
Ca va être bien sympa comme ambiance à l'infirmerie =) Entre Vincent-ronchon, Camille-pin-up et Elohim-gentil -^^-
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"J'aime mon patron et ca se voit"

Y'a un re de trop, Margot =p (Ha ! amateur !
)
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Erwyn Von Drachnar- Commandant - Pandore
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Age: 22
Localisation actuelle: le Pont
Mission actuelle: Gérer une bataille à venir
Citation: Search and Destroy
Couleur RP: #B75217
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Date d'inscription: 17/07/2007
Ca prouve que j'ai pas copier-coller ! 

Neklas Aéris- Lieutenant tactique - Adonis
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Localisation actuelle: Sur le pont
Mission actuelle: Convaincre les autres.
Citation: Il y a toujours deux tactiques, la bonne et celle de l'armée.
Couleur RP: #9f1919
Multi-comptes:
Date d'inscription: 08/03/2008
Re.etc.bienvenue !
Ca me va aussi, allez fais le rougir ce petit.
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Toi, mon cher ami

Tu vas voir ta gueule.

Tu vas voir ta gueule.
c'est fait =D
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Elohim Baltimore- Médecin de bord - Nimue
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Mission actuelle: Sauver les fesses de mon commandant. Littéralement.
Citation: Pleine forme ! \o/
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Date d'inscription: 15/01/2009
^^ y'a de l'animation, ici !
Merci de m'avoir validé ! Je suis à présent un fier représentant des homards de Nimue \o/
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