Apprenons à user de l'huile de coude [open moumoutte]

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    Message par Invité le Mar 21 Avr 2009 - 14:20

    [Premier post ! Tadaaaaaaaaaaam \o/]

    Elle était marrante, Sarah... En attendant d'être soit refilé à l'ARI, ou la police, ou n'importe quelle autorité armée de gros fusils plasma qui brûlent la peau en moins de temps qu'il n'en faut à un jouer d'Aeroball de se faire décapiter violemment en tombant sur le sol - BREF, en attendant d'être refilé aux premières autorités venues en l'échange d'une coquette rançon, ou bien en attendant de devoir passer devant un tribunal factice de soi-disant pirates qui le condamnerait à se faire pendre par les pieds au dessus d'un bœuf bourguignon en ébullition, Yasukazu devrait gagner son pain quotidien à nettoyer le vaisseau.

    Entendons-nous. De savantes petites machines avalaient tout ce qu'il y avait de poussières, miettes, et autres retombées de quelque sorte que ce fût. Non, "laver" en terme "tais-toi-mort-en-sursis" signifiait : récurer tous les petits coins dans lesquels la crasse s'est accumulée. A disposition : de la limaille de fer, car ça pouvait toujours servir, un éponge, et un produit miracle qui vous trouait le sol tant son efficacité n'était plus à prouver.

    Déjà 4 mois qu'on l'avait sorti de sa détention, et déjà Yaz' se demandait si le choix opposé - à savoir rester enfermé, et isolé, n'était pas une décision plus judicieuse... Mais il en était sorti, on le regardait de travers, et, au fond, Yaz' profiter de ce répit temporaire pour étudier les possibilités qu'il avait de s'enfuir de la Vivenef. Quitte à être en sursis, autant être libre de gambader...

    Après, donc, avoir passé sa matinée à frotter comme un malade les toilettes des compartiments de l'équipage, avec les brosses à dents qu'il avait pu y trouver - et tant pis pour leurs utilisateurs respectifs - Yaz avait été obligé, suite à un énième incident survenu en cuisine, de s'y rendre après sa maigre collation zénithale.
    Armé d'une brosse, de sa ferraille à gratter, et d'un seau, Yasukazu pénétra dans la tanière du "vieux râleur" pour commencer sa tâche. Il versa un peu de produit jaune fluo dan le seau, le remplit d'eau à l'vier le plus proche, et constata l'étendue des dégats...

    Même une explosion nucléaire était plus propre que cela. Même une surprise-partie entre cannibales affamés avait plus de chances de laisser les lieux en meilleur état. Visiblement, une cocotte - ou plutôt, une marmite, vu la quantité déversé - avait explosé, et ses entrailles s'étaient répandues partout, sur les murs, le sol, et même au plafond. Haut plafond. Très haut. Surtout lorsque l'on ne mesure qu'un mètre soixante-sept...

    "Ah, mais ça va me prendre la journée... Elle peut pas arrêter de cuisiner, l'autre ?"
    maugréa-t-il pour lui-même, désignant, par ce terme saugrenu qu'était "l'autre", l'apprentie coq, Mahat.

    Visiblement, les restes n'avaient pas eu le temps de trop sécher, le nettoyage ne serait certainement pas trop long. Comptons donc 4 heures, le temps de faire briller.

    Pschhht...

    Ah non !

    Plus 2 heures pour décoller ce qui venait de carboniser durant quelques temps sur une plaque laissée allumée. Dans un soupir rageur, Yasu tourna l'interrupteur, espérant que la température du "chauffe plat" redescendrait assez rapidement pour qu'il n'ait pas à attendre 107 ans.

    Histoire de se donner un peu de motivation, il marmonna dans sa barbe, comme s'il se faisait la conversation à lui-même :

    "Evidemment, j'aurais pu rester cloîtré... Mais j'aurais rien foutu, et ils m'auraient balancés... mais là, hein ? Je fais quelque chose, et puis avec un peu de chance, je pourrais me tailler fissa avec un vaisseau... ou à la prochaine escale... ouais, et ils me retrouveront pas... Rahh, mais c'est quoi ce truc noir ? Tain mais ça part pas, en plus ! En train de jouer les bonniches, nan, mais j'te jure, si on te voyait mon pauvre Yaz', on se foutrait de toi ! "Le redoutable bandit joue les soubrettes" quelle poisse ! Attends, si je tente de décoller au couteau... Mouaiff, tant pis pour la paillasse, ils repasseront un coup de peinture... Raaaaah, mais ils font tout frire, ou bien c'est une nouvelle recette de beurre à l'huile à la sauce grasse ? Et puis ils peuvent pas nettoyer leurs dégueulasseries, non ? Et ils sont où ? Ah, je suis sûr le vioque est en train d'enguirlander l'autre qui fait péter les casseroles plus vite qu'une kilo de fayot ne le ferait d'un gugusse atteint d'aérophagie... hinhinhin... allez, Yasu, du nerf, et tu auras une autre journée comme ça, demain !"

    Se laissant alors retomber sur les bras, recouverts jusqu'à mi-hauteur de mousse et de toute sorte de couleurs qui avaient jadis appartenu à de la nourriture, Yasu soupira. Il en avait assez, plus qu'assez de devoir courir, de fuir qui que ce fût. Evidemment, il aurait pu se poster devant le commandant, ou sa seconde, lui décrocher un uppercut, et attendre de se faire tirer dessus, mais où était l'intérêt ? Ses raids sur les marchands lui manquaient, après tout, c'était amusant de leur dérober des marchandises et de les voir escroquer leurs compagnies d'assurances après. Ou pas. Plus d'abordage. Seulement des conquêtes épiques avec les bactéries du bord, qu'il s'employait pourtant à massacrer en masse à coups de détergent. Avec un manque de chance incroyable, il resterait à faire ça toute sa vie...
    Comme quoi, fréquenter les mauvaises personnes n'aidait en rien.

    Il soupira plus fort, une boule se formant dans sa gorge, pas vraiment de tristesse, mais pas uniquement de colère. Un peu de tout cela, avec une énorme dose de frustration.

    "TAS DE CONS !" hurla-t-il en lançant sa brosse à travers la pièce, qui entra en collision avec un empilement précaire. Le mobile oscilla, puis dégringola en un tintamarre monstrueux de verre brisé et de métal cogné.
    Encore une chose qu'il aurait à ranger par la suite, c'était malin !
    Il continua de s'acharner avec son couteau sur la brûlure récalcitrante jusqu'au moment ou un "pouf" salvateur le prévint que celle-ci venait d'accepter de stopper tout contact de proximité d'avec le plan de travail.

    "Encore une victoire magnifique de notre ami, youpi, on l'applaudit bien fort..."
    siffla-t-il de manière vénéneuse.

    Son seau, qu'il avait oublié sous le jet d'eau, était en train de déborder lorsqu'il s'en rappela. Se précipitant jusqu'à l'évier, il coupa le flux de liquide aqueux et souleva - avec toute la force que ses bras lui permettaient - le contenant emplit de mousse dont l'odeur oscillait entre la mauvaise lavande de synthèse à l'ail, et la vanille défraîchie. Rien à voir donc. Traînant son fardeau derrière lui, il se posta en un coin de la pièce, et commença à tremper un bout d'étoffe grossière un rien usée dans son liquide coloré, avant de l'étaler par terre en frottant du bout du pied.
    Oui, on a beau avoir à nettoyer, il avait suffisamment mis ses mains dans les détritus sur les plans de travail qu'il n'allait pas se les user sur le sol, non plus. On a sa fierté, malgré tout.
    Mais en ce moment, il songeait plutôt à la ravaler.
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    Re: Apprenons à user de l'huile de coude [open moumoutte]

    Message par Mahat McLeash le Lun 27 Avr 2009 - 15:43

    « Putain de merde de fourré de noisettes d’églantine ! McLEASH !! Comment est-ce que t’arrives à faire exploser une marmite qui n’est pas hermétique ?! »
    « Ben, je crois que ca peut venir de la viande, j’avais rajouté un petit quelque chose dans la sauce pour qu’elle soit plus onctueuse. Ah tenez ! Voilà le flacon ! »

    Le vieux coq faillit s’étrangler dans son propre jus en voyant ledit flacon, flanqué d’un carré orange avec un beau pictogramme indiquant un risque d’explosion si amené à porté d’une flamme.

    « Je rêve ! Dites-moi que je rêve… »
    « Vous rêvez, chef. » coupa joyeusement Mahat, ravie de pouvoir faire plaisir à son Coq
    « McLEASH ! » aboya celui-ci à bout de nerf ce qui fit sursauter la jeune fille. « Cette bouteille c’est du DECAP’FOUR ! DU PRODUIT NETTOYANT !!! »
    « Ah ? pourtant avec cette image de poulet, j’avais cru que.. »

    Le vieil homme sentit alors tout le poids des années qu’il avait vécu tandis que son apprentie palabrait sur le pourquoi elle avait versé un produit de lavage dans son mijoté.

    « Ben, ca avait une belle couleur et pile l’onctuosité que je recherchais. Ma pintade aurait été… »
    « Toxique si jamais elle avait eu le temps de finir de cuire ! Nom de Dieu ! Mais où est-ce que vous avez pris ça ? On ne mélange pas l’huile avec la javel ! »
    « Ben dans le placard là. Avec la sauce soja, les épices, le coulis de fraise, le concentré de tomates, les aromates, le Cif, le mir ultra et le Sun… »

    Le Coq abdiqua. Comment pouvait-il faire face à cette incroyable inconscience mariée à une obstinée innocence ? Il attrapa le premier commis qui passa, lui chipa son balai et le fourra dans les mains de Mahat qui eu l’impensable réflexe de le saisir à temps.

    « Tu vas retourner là-bas et me nettoyer tout ça ! Je veux que ça brille, que ça luise ! Je veux pouvoir me voir dans la plaque bien mieux que dans un miroir ! ET QUE CA SAUTE !! »
    « Ok Chef ! »

    Mahat vit un demi-tour impeccable et allait s’en aller quand elle eut un doute et se retourna à nouveau pour demander :

    « Mais je croyais que vous ne voulez pas que je fasse sauter… »
    « McLEAAAAAAAAAAAASH ! » hurla le vieux coq, excédé et Mahat s’enfuit...

    Alors qu’elle revenait sur les traces de son dernier méfait, elle entendit un fort bruit de vaisselle brisée ainsi que son patronyme hurlé de l’autre bout de la cuisine. Mahat enfonça sa tête dans son cou. Pour une fois qu’elle n’y était vraiment pour rien… Pas de pot.
    Curieuse, telle une enfant de 5 ans, l’apprentie s’avança en catimini vers l’origine du boucan pour y voir une tête verte en train de trainer un seau dans un coin de la pièce et d’ensuite y plonger un bout de chiffon pour nettoyer le sol à l’aide de son pied.

    « Yasuuuu ! » hurla-t-elle à travers toute la pièce. « T’es venu me donner un coup de main ? Comme c’est gentil ! Je me voyais déjà tout faire toute seule. Ce qui m’aurait certainement prit toute l’après-midi sans compter que le chef ne m’aurait même pas autorisée à m’occuper du dessert de ce soir. Ah mais tu ne vas pas y arriver comme ça ! Tiens attrape ! » et elle lui tendit le bout poilu de son balai, par-dessus la zone nouvellement humide du sol. « Ca ira mieux avec ! Crois-en mon expérience ! Bientôt je serais la pro du balai et du Nettoie-tout avant d’être experte culinaire. » ria-t-elle. « Mais bon, ca fait partie du métier ! Alors quoi de neuf ? ca se passe bien avec les autres ? Si jamais tu as un creux, tu me le dis hein ! j’dois bien avoir quelque chose à grignoter par ici. Ca serait un comble tout de même ! Dans une cuisine ! » poursuivit-elle, en mettant ses gants de latex, attrapant le décapant, l’éponge à gratter et se mettant à l’ouvrage.
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    Re: Apprenons à user de l'huile de coude [open moumoutte]

    Message par Invité le Mar 28 Avr 2009 - 21:40

    Yasukazu avait pris le pli d'être seul sur cette Vivenef. Il ne l'ouvrait pas trop, s'excitait dans son coin en serrant les dents et en grognant, poings fermés, puis allait récurer les verres de l'équipage à la soude caustique en espérant oublier d'en rincer une dizaine dans la foulée.
    Le fait que certains le regardaient de travers, gonflés qu'ils étaient par des médias peu portés sur la vérification systématique de l'information, n'aidait en rien à son intégration à bord. Et puis on l'avait balancé là où il serait visiblement le moins nuisible, c'est à dire hors des pattes des gens. Au moins, il ne traînait pas comme les moutons qu'il aspirait à longueur de journée, ou ces autres cheveux écœurants qui s'aggloméraient à l'entrée de chaque siphon de douche.

    Il supposait qu'il s'agissait UNIQUEMENT d'extrémités capillaires crâniennes, sinon son estomac n'aurait pas supporté.

    Alors, lorsque quelqu'un lui ne savait lui témoigner un minimum de politesse, voire gentillesse, la réaction naturelle que Yasu arborait était... la protection.
    Derrière un mur.
    En béton.
    Armé.
    Recouvert d'acier inoxydable.
    Trempé, évidemment.
    Posé sur vérins, pour amortir les chocs.
    Ajoutez quelques miradors, des tessons de bouteilles, du barbelé, un no man's land parsemé de mines antipersonnelles, des pitbulls dopés à la caféine, à la testostérone et aux hormones de croissance et vous aurez une idée de l'ouverture dont Yaz' savait faire montre en de tels instants.

    L'arrivée impromptue de Mahat l'énerva presque, s'il n'avait pas été autant surpris par son appel.

    « Yasuuuu ! »

    Savez-vous, chère lectrice, cher lecteur, ce qu'est un double axel ?
    Un axel était, et est toujours, une figure de patinage - majoritairement - qui consiste en un saut démarrant d'une carre - la partie tranchante d'un matériel de glisse - extérieure, pour retomber sur icelle, un tour et demi plus loin effectué en l'air. Son nom viendrait d'Axel Paulsen, un ancien terrien, né dans un pays du nord de cette planète qui n'est à présent plus, entre deux fjords et trois morceaux de saumons.
    Yasukazu, pourtant, n'était pas patineur. Il lui arrivait de glisser, involontairement, sur un savon resté par terre et de jouer ensuite aux boules de flipper dans l'exigu local qu'il tentait de nettoyer, il lui arrivait, aussi, de glisser sur un sol encore humide qu'il avait nettoyé, ou sur un sol gras qu'il devait nettoyer, ou encore, de glisser de son lit, la nuit, emporté par un cauchemar, ou bien aussi de glisser en manquant une marche dans les escaliers, ou encore de glisser des mots doux à l'oreille de qui voudrait les entendre, ou bien même de... STOP !
    La figure qu'un néophyte tel que lui avait effectuée - ce splendide double axel - fut attribuée à la chance du débutant.
    Décrivons son mouvement un instant, il mérite que l'on s'y arrête. Tournant sa tête pour voir d'où venait la voix qui l'appelait, en bondissant de surprise, ayant crispé ses muscles alors qu'il était courbé, ses jambes le projetèrent vers le plafond, alors que la force inertielle résultant de la rotation du haut de son corps l'embarqua dans une vrille.
    En couplant l'un à l'autre, on obtint, la plus parfaite manière qui soit, la fameuse figure à 6 points. Hélas, mille fois hélas, ainsi que les pilotes débutants n'ont pas les armes pour atterrir, Yasukazu n'anticipa visiblement pas le retour de la gravité artificielle et s'affala de tout son long - ou plutôt, si l'on cherche à être exact, de tout son court - sur le rude sol de la cuisine.

    "MAIS AÏEUH !"

    « T’es venu me donner un coup de main ? Comme c’est gentil ! Je me voyais déjà tout faire toute seule. Ce qui m’aurait certainement prit toute l’après-midi sans compter que le chef ne m’aurait même pas autorisée à m’occuper du dessert de ce soir. Ah mais tu ne vas pas y arriver comme ça ! Tiens attrape ! »

    Se relevant dans un grognement, une éponge sur l'épaule - comment y était-elle arrivée, les autorités responsables se le demandent encore - il fit face à la jeune cuistotte - puisqu'il fallait bien féminiser les noms.

    "Non, je suis là pour le plaisir, ça m'éclate. Enfin pas de quoi, c'est normal, c'est un peu à ça que je sers ici... vu que je suis même pas payé."

    Il soupira, n'arrivant visiblement pas à être méchant. Ni ne cherchant à l'être véritablement. Ses colères étaient très ciblées, et ne touchaient pas ceux qui montraient un peu de sympathie.
    Il soupira de nouveau, les lèvres tombant en un sourire inversé, preuve d'une grande lassitude.
    Il vit alors un objet oblong et manifestement dangereux s'approcher dangereusement de son visage. Il esquiva de justesse.

    « Ca ira mieux avec ! Crois-en mon expérience ! Bientôt je serais la pro du balai et du Nettoie-tout avant d’être experte culinaire. »

    "Et de la défiguration humaine... Merci. Enfin c'est plutôt un lance-flamme qu'il faudrait pour décoller ce truc dégueu. Pfuuuuuuuuuuuuuuuuuuu..."

    Et ses jolis petits yeux vert sombre - assortis à ses cheveux, question de goût - de retomber sur le sol, alors qu'il tentait de se servir du balai-brosse sans faire tomber les marmites en équilibre autour de lui. Exercice délicat, plus encore que de pratiquer une opération de chirurgie encéphalique par un froid sibérien habillé en tenue hawaïenne debout sur un marteau-piqueur en ayant les yeux bandés. Oui, la cuisine se trouvait dans un état pour le moins déplorable.

    « Mais bon, ca fait partie du métier ! Alors quoi de neuf ? ca se passe bien avec les autres ? Si jamais tu as un creux, tu me le dis hein ! j’dois bien avoir quelque chose à grignoter par ici. Ca serait un comble tout de même ! Dans une cuisine ! »

    Yasu haussa les épaules.

    "Ca se passe. Vu ce qu'on va faire de moi, pas besoin de trop se lier, hein..."

    Il continua de frotter doucement avant de s'énerver de s'y prendre comme un dératé.

    "RAHH MAIS CA PART PAS-heu !"

    Il balança le balai en face de lui avant de commencer à fulminer.

    "Le premier que je vois je lui pète un bras ! JE LUI ARRACHE SES PUTAIN DE TRIPES ET JE LE BOUFFE ! C'est pas croyable !!!" hurla-t-il soudain.

    Son regard se posa sur Mahat qui était en train de frotter, l'aidant - chose qui était assez rare à bord pour être notée - et visiblement mettant du cœur à l'ouvrage.
    Il devait avoir une expression de fou car il se reprit en balbutiant :

    "Ouais, non, mais pas toi, hein, t'es cool, toi."

    Petit sourire gêné. Copain ?
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    Re: Apprenons à user de l'huile de coude [open moumoutte]

    Message par Mahat McLeash le Mer 29 Avr 2009 - 14:33

    Mahat frottait consciencieusement le plan de travail en inox de la cuisine. Elle se permettait toutefois de siffloter légèrement. Pas trop fort non plus, sinon le chef allait rappliquer, la croyant en train de se tourner les pouces. Ce qui aurait entraîné une gêne chez le vieil homme, une petite crise de colère pour faire genre et il serait repartie. Autrement dit, si Mahat sifflait trop fort, cela engendrait des évènements inutiles, bien que cocasses et amusants, à la réflexion.

    Toute à son nettoyage et à sa musique, Mahat ne sursauta même pas quand Yasu balança le balai qui en profita pour montrer ses talents artistiques cachés de batteur en cognant contre tout ce qu'il rencontrait.
    L'apprentie coq avait tellement l'habitude des piques de colère de son chef et des gestes de rages qui survenaient immanquablement à la suite qu'elle ne fit pas attention au remue-ménage provoqué par l'ire du mousse.
    Mais quand même, Yasu n'était pas un gars de la cuisine, alors aussi curieuse qu'une petite souris, Mahat abandonna deux minutes l'annihilation de la tâche de graisse brûlée pour se retourner et regarder le shitennô.

    Il avait une couleur intéressante, bien qu'un peu flashi entre le rouge de son visage et le vert de ses cheveux. Mais Yasu reprenait peu à peu une couleur rosé et affichait un petit sourire, que Mahat lui rendit sans effort.

    "Toi aussi, tu aimes les tripes ? Moi je les préfère accompagnées de frites salées ! Pas trop juteuses les tripes parce qu'après les frites ramolissent et c'est pas bon.
    Ca a un goût spécial quand même. Ce n'est pas ma viande préféré. Moi je préfère le lapin. Surtout avec de la purée et beaucoup de jus de cuissons et de champignon. Un régal ! Mais il y en a qui n'en mange pas, du lapin. Parce qu'ils les préfèrent en animal de compagnie. C'est un choix... mais c'est du gâchis quand même. "
    dit-elle pensivement, sans se douter un seul instant que ces paroles pourraient être mal interprétées.

    "Ah ? Tu n'y arrives pas avec le sol ? On échange si tu veux. Ca me fera toujours de la graisse en moins."

    Elle regardait Yasu le plus simplement du monde, comme si elle l'avait toujours connu, qu'il avait toujours été là, avec eux. Mahat avait cette manie de parler à tout le monde comme si elle venait de les quitter deux minutes auparavant. Ce qui n'était pas plus mal dans certains cas, comme cela pouvait paraitre étrange dans d'autres situations.

    Tout à coup, elle sentit quelque chose de visqueux lui retomber sur l'épaule. La jeune fille sursauta et s'écarta vivement en poussant un "Yiiiiiirk !" d'effroi. Elle attrapa un peu de la matière, la tâta un peu et jeta un oeil au plafond.

    "Ah ouais quand même ! Pas mal du tout ! Ma cinquième cocotte au plafond ! Je crois que les restes de victuailles commencent à se détacher.
    On ferait peut-être mieux de commencer par là. Hu hu hu"
    rigola-t-elle en regardant l'étrange liquide s'étirer avant de se couper net, envoyant une nouvelle salve au sol.
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    Message par Invité le Mer 6 Mai 2009 - 0:52

    Ce qu'il y avait d'agréable avec Yasukazu, si l'on exceptait son caractère volontiers cyclothymique, était qu'il était, malgré tout, un compagnon sympathique. Du moins, moins désagréable que la plupart de ses congénères - ases, humains, shitennôs, quels qu'ils soient - sauf, peut-être, lorsque l'on commençait à s'en prendre à ce à quoi il tenait.
    La bonne humeur de Mahat devenait presque communicative, et le fait d'avoir un peu de présence le réconfortait un peu, il se sentait, logiquement, moins mis à l'écart. Moins "ostracisé" comme disaient les personnes qui voulaient avoir l'air violemment pédant. Alors qu'ils étaient tous les deux en train de grattouiller avec joie et liesse - cela semblait être, du moins, la réaction de Mahat - les bouts de... trucs ? bidules ? machins ? de pouêt-pouêts collants, carbonisés et gluants qui avaient été éparpillés dans la pièce, Yasu se sentit, pour une des premières fois, presqu'à l'aise à bord.

    Oh, il aimait les voyages spatiaux et, à dire vrai, il avait toujours été intrigué par les Vivenefs - qui ne l'était pas ? - ce qui faisait que sa détention à bord n'était pas aussi mauvaise qu'elle aurait pu l'être. Mais ç'aurait pu être mieux. Il aurait pu voler de ses propres ailes. Il aurait très bien pu, en cet instant même, être en train de prouver son innocence aux yeux du cercle entier. Il aurait même pu être en plein cassage de mâchoire caractérisé de cet enfoiré de fils de glurt ! Vivent les onomatopées, elles permettent d'éviter d'être grossier.

    L'avantage de ne pas être esseulé, donc, permettait à Yasu de ne pas avoir ce genre de pensée, ou au moins de ne pas les avoir trop longtemps.
    Il en était encore à considérer son éponge d'un air abattu lorsque Mahat repartit dans un soliloque digne des plus grands harangueurs de tous les temps.

    "Toi aussi, tu aimes les tripes ? Moi je les préfère accompagnées de frites salées ! Pas trop juteuses les tripes parce qu'après les frites ramolissent et c'est pas bon.
    Ca a un goût spécial quand même. Ce n'est pas ma viande préféré. Moi je préfère le lapin. Surtout avec de la purée et beaucoup de jus de cuissons et de champignon. Un régal ! Mais il y en a qui n'en mange pas, du lapin. Parce qu'ils les préfèrent en animal de compagnie. C'est un choix... mais c'est du gâchis quand même. "


    Des... tripes ?

    "Mais c'est dégueu, les tripes ! C'est des poches à mer..." il se mordit la langue rapidement, sa petite bonne conscience lui ayant fait comprendre qu'un comportement antisocial, et par conséquent l'emploi de grossièretés, ne le ferait pas s'intégrer dans un milieu bourgeois comme celui de cette Vivenef de pirates snobs.
    "Enfin, je dis ça, je dis rien, hein... ça pue juste, c'est tout... Et puis j'ai jamais bouffé de lapin, moi. J'avais droit qu'à ces saucisses reconstituées, avant, ou ces steaks, pareil, de bouts de tout ce qui traîne. Ici, c'est pas mieux, j'ai que du lyophilisé."

    Il hésita un peu, se tordant comme un enfant qui veut demander quelque chose qu'il sait lui être proscrit, et tentant de cacher sa gêne tant bien que mal.
    Manque de chance, il mit trop de temps à hésiter.

    "Ah ? Tu n'y arrives pas avec le sol ? On échange si tu veux. Ca me fera toujours de la graisse en moins."

    "Heuuu... Non, non, ça va aller... c'est juste très chiant de voir qu'on peut pas faire gaffe quand on cuisine, c'est tout. J'ai l'habitude, va..." souffla-t-il.

    Et il se remit à frotter le sol avec autant d'ardeur qu'il avait d'énergie à revendre, c'est-à-dire jusqu'à s'en user les jointures qu'il s'érafla. A force de tout passer à l'huile de coude, il arrive, et c'est normal, que l'outil s'use. Allez donc parler de diamants à un joaillier !
    Des bruits flasques se firent entendre, et Mahat sembla dire quelque chose. Quoi ?

    Yasu se releva, les doigts rougis, contrastant du tout au tout avec la pâleur de son visage.

    "C'est quoi ce bru..."

    Une longue traînée glaireuse lui coula juste devant le visage. 10 cm plus en avant, et il aurait été recouvert de ce superbe... jus ? gelée ? mélange ? mixture ? potion ? poison ? qui suintait du plafond. Le fluide s'étirait en fils poisseux et semblaient relier les plaques chauffantes centrales au plafond. Yasukazu suivit toute la coulée des yeux, partant de sa base pour remonter jusqu'à la source, une tâche brunâtre, un peu plus haut.

    "...uit ?" finit-il, aussi impassible que lorsqu'il avait commencé sa phrase.

    Il se tourna vers Mahat, le visage inexpressif, les yeux étonnamment las, blasé, et aussi profondément déprimés.

    "Y'a un endroit sur ce vaisseau où les gens en foutent pas partout ? Parce qu'entre les poubelles, les toilettes et la cuisine, on dirait que vous vous éclatez à viser à côté des trous prévus..."

    Dans un soufflement impatient, il leva son balai-brosse, et commença à tenter de gratter ce résidu étrange qui s'agrippait au plafond. En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, un retentissant "SPLORTCH" se fit entendre.

    Basculement de caméra sur Zenzaburô - Yasukazu de son premier prénom. Yeux écarquillés, bouche entrouverte, air stupéfait, mélangeant une certaine gêne et une profonde incrédulité.
    La bouche se referme lentement - il faut que le spectateur voit bien le mouvement des maxillaires. Puis elle s'étire en un sourire, lèvres pincées, puis les lèvres se séparent, montrant de belles petites dents blanches, les mâchoires s'écartent, une petite langue rouge vif apparaît, sautillante dans la bouche, et une voix survoltée se fait entendre. Son corps se contorsionnait, ses cheveux rebondissaient de chaque côté de sa tête, alors qu'il laissait échapper ce que personne - ni même lui - n'avait entendu depuis longtemps déjà.

    "HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HU HU HU HU ! Oh, je suis... désolé... vraiment !" finit-il sur un sourire qu'il tentait tant bien que mal de contenir.
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    Message par Mahat McLeash le Sam 13 Juin 2009 - 17:02

    Mahat regardait toujours son œuvre d’art… Si l’on pouvait nommer ainsi l’espèce de gélatine ocre et marron qui s’étirait lentement mais sûrement du plafond pour se répandre gaiement sur le sol, autant que sur le plan de travail. Alors qu’elle tentait d’enlever les dernières traces de coulées sur son épaule, Yasu s’avança et à l’aide du balai, commença à nettoyer le plat sauté.

    Dans un premier temps, l’apprentie cuistot était ravie. Yasu ne s’était pas fait prié et l’aidait volontiers à se défaire de cette visqueuse tâche.

    Dans un second temps, elle regretta de ne pas avoir pensé à ne pas rester en-dessous de ladite tache.
    Car la force et la volonté du shitennô parvint à défaire son ennemi crasseux, qui n’eut d’autres choix que d’obéir aux lois de la gravité et de se laisser lourdement tomber au sol. Du moins, était-ce son premier objectif. Le seul souci fut la présence d’un être humain, de sexe féminin, entre le sol et lui. L’immanquable ne manqua pas de se produire. Mahat se reçut de plein fouet le plat visqueux sur la tête tandis qu’un cri surpris et dégoûté s’échappait de ses (jolis bien que modestes) poumons.

    « Hiiiiiiiiiiiiiiierk ! »

    La demoiselle, maintenant en légère détresse, se crispa et n’osa plus faire le moindre geste tandis que son compagnon d’infortune riait à gorge déployée.

    Mahat était une gentille fille. Toujours joyeuse et de très bonnes compagnies. Mais elle était, tout comme la plupart des gens, susceptible et sensible. Si bien que malgré toute sa bonne volonté, toute sa gaieté et sa joie de vivre, se voir ainsi affublée d’une mixture poisseuse dans les cheveux, devant un témoin hilare avait de quoi vous titiller l’égo.

    Ainsi, une mine renfrognée –sourire froncés, bouche pincée, narines dilatées – remplaça vigoureusement son habituel sourire.

    L’apprentie coq saisit lentement une pleine poignée du liquide tandis que le shitennô tentait de s’excuser entre deux rires.
    Loin de lui pardonner, Mahat prit son temps. Elle s’avança vers lui. Et d’un geste professionnel d’entartreur diplômé, elle appliqua sa main poisseuse sur la figure lisse de son compagnon. Elle prolongea le vice en s’appliquant bien à en mettre le plus possible partout. Là, seulement, elle rabaissa sa main le long de son corps et se permit de l’observer goulument, savourant son geste.
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    Re: Apprenons à user de l'huile de coude [open moumoutte]

    Message par Invité le Mar 16 Juin 2009 - 14:46

    Qu'appelle-t-on une erreur fatale ?

    il fut un temps, cela se limitait au simple ordinateur, un vilain écran bleu apparaissait, avec quelques mots écrits dessus, signifiant que, si l'utilisateur n'appuyait pas sur une touche, en chantant une chanson paillarde la tête en bas et en mangeant de la purée brûlante un soir de pleine lune, ledit ordinateur exploserait avec perte et fracas.
    Mais en plus de 1000 ans, les choses changent, les mœurs évoluent. A l'heure actuelle, une erreur fatale était une erreur qui risquait d'entraîner la mort de la personne l'ayant commise.
    Non, pas qui risquait. Qui entrainait.
    D'un grand rire plutôt nerveux dû au burlesque de la situation, aussi appelé "effet tarte à la crème" - Yasukazu passa à la colère la plus noire, plus sombre encore que l'encre que ces espèces de poulpes visqueux crachaient à la tête de leurs prédateurs pour les aveugler.

    Et, parlant de colère, il s'empourpra. Quelques grosses gouttes de ce qui avait dû être un semblant de sauce lui dégoulinant du visage.
    Trop, c'était trop. Si Mahat avait pu l'avoir mauvaise de s'être pris ce... truc sur le visage, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même.

    Il explosa :

    "MAIS qu'est-ce qui te prend ?? Tu veux que je te foute mon poing dans ta sale tronche ? NAN mais tu fais la gueule pourquoi ? Parce que t'es nulle comme cuisinière, t'es infoutue de faire ton travail sans en mettre partout ? AH MAIS BIEN SÛR ! Mademoiselle n'en a rien à battre, c'est pas elle qui lave, d'habitude, alors, pour une fois qu'elle met ses mains dans sa merde, elle joue les prudes susceptibles !"

    Il jeta son balais de toute ses forces, espérant casser quelque chose au passage, et repoussa violemment Mahat du plat de ses deux mains. Il se retenait de la gifler, mai cela n'aurait fait qu'aggraver son cas, et il n'y tenait pas.
    Irascible, Yasu ? Certes. Mais il fallait le comprendre. Après avoir passé toute la matinée à nettoyer des toilettes qui ressemblaient plus à une fosse d'aisance qu'à des "sanitaires", le voilà qui venait de se faire salir - ou "dégueulasser" pour reprendre ses mots - parce que - oh mon Dieu ! - une création culinaire de l'apprentie cuistot avait repris ses droits sur sa créatrice.

    Il s'avança, farouche, près de Mahat, et la bouscula, aussi fortement que son faible gabarit le lui permettait, pour se diriger vers l'évier le plus proche.

    "DEGAGE !" lui hurla-t-il dans les oreilles au moment de l'impact.

    Il alluma les robinets, et commença à s'asperger le visage pour laver cette sauce odorante, qui rappelait étrangement à Yasu son travail effectué un peu plus tôt.

    "Putain, mais c'est pas croyable d'avoir des connards pareils à bord ! Ah, dès qu'il s'agit de les aider, là, ils sont tout miel, mais dès qu'on leur demande un effort, on a droit à la soupe à la grimace. Mais quelle bande de sales FOIREUX ! Oh, mais n'oublie pas Yasu, mon ptit Yasounet, tu n'es qu'un mort en sursis, alors tu la fermes, hein ? Allez et tu me cires les pompes, et puis lave mon vaisseau, oh, et puis viens m'essuyer le derge, aussi, pendant que t'y es, je vais pas me salir les doigts, quand même ! Et au final, c'est toujours les mêmes qui se font enfiler !!"

    Il finit par enlever une bonne partie de ce qu'il avait sur le visage, mais des morceaux coagulés restaient accrochés à ses cheveux, et ses vêtements retenaient une partie de la masse visqueuse.

    Il retourna à son seau, en jetant un regard noir, certes, mis à présent calmé - ou presque - à l'apprentie coq.

    "Allez, casse-toi, tu sers à rien à rien ici," lâcha-t-il, sec, et profondément blessé dans son ego.

    Sa vie à bord lui avait semblé devenir plus sympathique au début de la rencontre, mais, finalement, personne ne valait mieux que quiconque à bord de cette Vivenef.
    Sentant sa gorge se serrer à l'idée qui lui vint, Yasu serra les dents, et cligna des yeux plusieurs fois, afin d'éviter un épanchement lacrymal.

    *Tu n'es rien ici, et on se fout royalement de ce que tu peux être, mon pôv' Yasu*

    Prenant une plus profonde inspiration, il récupéra son balai, et continua à travailler, mâchoire crispée, en tâchant d'ignorer du mieux qu'il pût Mahat.
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    Re: Apprenons à user de l'huile de coude [open moumoutte]

    Message par Mahat McLeash le Mar 8 Sep 2009 - 18:30

    Mahat était une fille joueuse. Elle aimait la franche camaderie et les petites farces mignonnes qu’on pouvait se faire entre copains pour détendre l’atmosphère. Qui aime bien chatie bien, disait le dicton. Mahat aimait à croire qu’elle pouvait s’amuser avec tout le monde, du moins ceux qui n’avait pas des têtes de tueurs prêts à vous découper en rondelles à la première bévue. Quoique Marguerite se révélait extrêmement sympathique quand on la connaissait. La première fois que l’apprentie coq avait fait une petite farce à la piratesse, elle avait joué sa vie à pile ou face sous le regard horrifié de quelques spectateurs. Heureusement pour la jeune fille, Marguerite était dans un bon jour et avait simplement répondu sur le même ton que la cuistot.

    Alors, il y avait de quoi l’étonner quand Yasu, un garçon à l’apparence comme les autres, s’était mis soudain à crier, vociférer tout un temps d’insanité à l’encontre de la pauvre demoiselle qui sentit son pauvre petit cœur d’enfant se serrer très fort dans sa poitrine, meurtrit par les hurlements assassins du mousse qui ne se rendait absolument pas compte de l’effet dévastateur sur la sensibilité de Mahat. Le pirate la bouscula pour aller nettoyer son visage à l’évier le plus proche et il ne put voir des larmes glissés sur les joues rosies de la demoiselle. Quelques sanglots s’échappaient déjà de sa gorge. Mais cela, Yasu ne s’en rendit pas compte puisqu’il continua sa diatribe enflammé sans se soucier de personne d’autres que de sa –petite – personne.

    Blessée et vexée, Mahat se saisit du premier objet qui était tranquillement posé sur le plan de travail et dans un geste rageur – et vengeur – elle abattit la poêle en ferraille sur le crâne de son agresseur. Laissant l’outil retombé dans un lourd bruit de métal, elle exécuta un demi-tour virevoltant et dans une démarche saccadée, quitta la cuisine.
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    Message par Invité le Mer 28 Oct 2009 - 21:10

    Comme il est dur d’avoir un coup de poêle sur le crâne.

    Le crâne, partie osseuse – ou cartilagineuse – dont le rôle principal est d’encadrer, et ainsi de protéger le système nerveux qu’il entoure. Il faut aussi noter qu’il sert de point d’attache aux muscles du visage et du cou. Ce crâne est composé – tout le monde s’accorde à le dire – de deux parties. Le neurocrâne, tout d’abord, vulgairement appelé « boîte crânienne », qui protège le cerveau et les organes sensoriels pairs. Vient ensuite le splanchnocrâne, ou viscérocrâne ou crâne facial, véritable soutient des cavités buccales et pharygiennes. Certaines espèces sont pourvues d’un dermocrâne, mais ce serait pousser le vice un peu loin que de développer plus cette partie.
    Le crâne est toujours cartilagineux chez l’embryon, mais devient partiellement ossifié chez l’adulte humain.

    Il se trouve que, si le visage humain – le crâne facial – est passablement solide, il en est tout autrement pour la boîte crânienne. Ainsi, on donnera plus aisément un « coup de boule » avec le front, non avec l’arrière du crâne. Demandez à Yasu, c’est terriblement douloureux.

    Une poêle est solide. En métal. Ayez la malchance de taper avec l’arête de l’objet, et la pression au point d’impact sera bien plus forte, et donc le coup beaucoup plus dangereux. C’est ce qu’il venait de se passer dans la cuisine. La jeune fille l’avait frappé, visiblement sans vraiment prendre garde, en réaction – logique, toute personne normalement constituée s’énerverait pour moins – mais sans se douter de la dangerosité de son coup.
    Un mince filet rouge commença à trouver son chemin le long du visage du jeune shitennô. Certains palpitent, d’autres deviennent hyperactifs lorsqu’une commotion cérébrale a eu lieu. Connaissant le caractère du jeune homme, supposer une hyperactivité est tout à fait logique. Il se mit à courir, un peu comme une poule décapité, en rond, dans la cuisine, cherchant un objet qui saurait le sauver. Ses sens s’engourdissaient, il voyait de moins en moins, en deux mots comme en cent, il périclitait. Galopant à tout-va, il brisa une ampoule sans s’en apercevoir, la heurtant du bout de son balais. C’est à peu près le moment que choisit une pâte huileuse visqueuse pour couler encore un peu plus du plafond. Entrant en contact avec le filament brûlant, l’huile – ou graisse, vu la viscosité du fluide – s’embrasa aussitôt, recouvrant le jeune homme de flammes, plus rapidement qu’il ne pourrait paraître. Chanceux dans sa déveine, ses sens se furent éteints avant que la douleur brûlante des flammes ne l’atteigne.

    Ce n’est qu’une fois l’incendie calmé par les détecteurs de fumée et douches automatiques que l’on peu voir, en tas, les restes de celui qui avait été l’un des pirates les plus recherchés du système.

    Requiescat in pacem

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