Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

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    Amelia Caine
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    Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Amelia Caine le Lun 18 Aoû 2008 - 14:23

    C’est donc avec un Byron Harrow hagard aux jambes molles que le commandant Caine se retrouva à parcourir le chemin inverse de son jogging matinal, en direction de sa cabine. Les cheveux ébouriffés, la tenue débraillée et les yeux bouffis, le jeune musicien faisait honneur à la réputation fêtarde des étoiles de son domaine d’activités. Au détriment du reste, sans aucun doute. Autant dire que Byron n’était pas très frais, et que son pilote automatique semblait décidé à l’envoyer se cogner dans les murs plus qu’autre chose. Amelia, désireuse de ne pas voir le garçon plus abîmé encore autant qu’elle ne voulait pas de nouvelles bosses sur la cloison du Legacy, finit par saisir fermement le bras d’Harrow afin de le guider à travers le dédale des coursives.

    En chemin, ils croisèrent plusieurs membres d’équipage vaquant à leurs occupations qui jetèrent des regards intrigués à leur commandante et au jeune shitennô accroché à son bras. Les succès de la petite fête de hier au soir avaient vite fait le tour du vaisseau, mais cela n’allait pas empêcher les marins de se perdre en conjectures sur une telle scène. Pensez donc, leur commandant Caine, aux bras de l’un des membres du groupe ! Même si il était clair que ces bras étaient là pour empêcher le fêtard de s’étaler sur le sol, les hommes auraient de quoi se perdre en commérages pendant quelques temps. Mais quelque chose dans l’attitude d’Amelia les dispensèrent de faire le moindre commentaire en sa présence. Et puis, l’équipage du vaisseau de Perry respectait leur commandant. Quant à Caine, elle savait que les ragots constituaient sur un vaisseau une bonne partie du temps libre, et elle ne se souciait guère de ce que l’on pensait d’elle tant qu’on la laissait faire son travail correctement. Travail qui, parfois, consistait à débarrasser le sol de son bâtiment des artistes ravagés par la gueule de bois.

    Arrivés à la cabine du commandant, Amelia pressa la main sur la commande d’ouverture et poussa gentiment Byron à l’intérieur avant de refermer la porte derrière eux. Elle guida son interlocuteur jusqu’à la chaise confortable qui faisait face à son bureau où elle le força à s’asseoir pour éviter qu’il ne se fasse plus de mal qu’il ne s’était déjà fait.

    « Je vais mettre chauffer de l’eau pour le thé. En attendant, quand vous aurez repris vos esprits, vous aurez peut-être envie de vous rafraîchir un peu. La salle d’eaux est juste là. »


    Il fallait dire qu’après une nuit passée dans une salle de maintenance à cuver son vin les vêtements maculés de boisson et de sueur, le jeune homme ne sentait pas la rose. Sans parler de son haleine. Amelia était cependant trop polie pour souligner directement ce fait, ce qui ne l’empêcha pas d’appuyer ses dires concernant sa proposition d’ablutions.

    Laissant momentanément Harrow là où il était, elle se dirigea vers l’annexe de sa cabine où reposait une modeste et petite cuisinière ainsi que le placard où elle rangeait tous ses parfums de thé. Le privilège du commandant étant notamment celui d’avoir une cabine spacieuse, elle en avait aussitôt profité pour souscrire à cet aménagement. Quant au reste de la vaste pièce, que Byron pouvait observer à travers les brumes de l’alcool, il était la fidèle représentation de son occupante.

    Il émanait de l’endroit quelque chose de noble, de raffiné sans être le moins du monde tape à l’œil. A vrai dire, tout était disposé de manière pratique mais élégante, sans fioritures. Un large bureau de bois ouvragé occupait une partie de l’espace. Il était impeccablement rangé, documents et ustensiles de travail disposé avec soin. Sur le côté droit trônait une magnifique maquette de trois mâts de l’ancienne Terre, que le commandant Caine avait récupéré on ne sait où. Le long des murs se trouvaient diverses étagères –en bois elles aussi- où étaient rangées quantités de livres, pour la plupart anciens mais jamais abîmés. Sans être une maniaque, Amelia prenait soin de ses affaires. Elle tenait à donner d’elle et de son lieu de vie une impression simple mais élégante et, surtout, pratique. Derrière le bureau et le fauteuil bleu marine d’Amelia, un ancien sabre de cérémonie au fourreau d’argent et d’or était accroché au mur. Hormis le bateau et l’arme, peu d’objets personnels décoraient la pièce, si ce n’était une photographie dans un cadre ici ou là. Sur l’une d’elle, on voyait Amelia alors qu’elle devait avoir une quinzaine d’années en compagnie de ceux qui devaient certainement être ses parents, lorsqu’on regardait la flamboyante crinière rousse de l’homme d’âge mûr qui souriait sur la photo. Sur une autre, on y voyait Amelia en uniforme d’officier de la flotte, accompagnée d’un homme de belle stature vêtu de la même façon. L’un des souvenirs de sa carrière dans les forces de défense, sans nul doute, et peut-être ceux d'un ancien amant, étant donné la proximité des deux officiers et leur complicité apparente sur la photo. C'était l'une des rares images d'Amelia où l'on pouvait la voir radieuse et non simplement satisfaite.

    Deux autres petites pièces jouxtaient la cabine, donnant sur la chambre où reposait le lit d’Amelia et ses rangements personnels et sur la salle d’eau, elle aussi simple et pratique mais agréable où ne se voyait que le strict minimum de produits divers que l’on pouvait s’attendre à trouver dans la salle de bain d’une femme.

    Posant une vieille théière remplie d’eau sur la plaque chauffante, Amelia ouvrit son meuble à parfums, comme elle l’appelait, et contempla un instant les rangées de boîtes aussi diverses que décorées qui trônaient sur les étagères. Avec professionnalisme, elle se saisit d’un sachet de thé qu’elle savait efficace dans les circonstances présentes et les déposa sur son plant de travail le temps de sortir tasses, cuillères et sucrier.

    Tandis qu’elle s’affairait tranquillement à cette tâche routinière mais toujours pour elle emprunte d’un certain solennel, elle éleva la voix pour se faire entendre de Byron, au cas où il aurait décidé de suivre son conseil concernant la salle d’eaux :

    « Comment prenez-vous votre thé monsieur Harrow ? »
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Byron Harrow le Mer 27 Aoû 2008 - 17:29

    Si on lui avait dit, et quand on disait "on", cela désignait sa conscience (ou aussi bien son insconscience, au choix), qu'il traverserait le vaisseau dans les bras de la Commandante aux cheveux de feu et au regard de braise, il ne l'aurait jamais cru. ... Il se serait évanoui avant. Mais bon, l'alcool, ici ses réminescences, avait ses bons côtés : comme totalement inhiber la retenue et la bienséance de notre joyeux mais assommé compagnon de bras.

    Il se rendit à peine compte qu'ils arrivèrent à la cabine de la demoiselle, et encore moins qu'il y rentrait. C'est seulement une fois assis sur le trône - il lui semblait que c'était un trône pour être aussi confortable et douillet - que Byron essaya d'émerger de son état comateux.
    Les effets de l'alcool sur Byron Harrow était assez spécial, surtout les lendemains : il le rendait à moitié comateux, à moitié vif et bredouilleur.
    Ainsi donc après avoir babiller dans les couloirs, il se décidait à somnoler dans la cabine de sa muse. Quoi de naturel en somme...

    Byron releva vivement la tête. Y'avait rien de naturel là-dedans ! L'espace d'un instant la pièce se mit à tourner tout autour de lui. Il s'accrocha alors aux accoudoirs, tandis que dans les brumes de son esprit la douce voix d'Amélia s'élevait avec grace et mélodie.

    S'il avait encore été bourré, à travers un brouillard, il aurait vu apparaitre Amélia drapée d'une toge blanche, ses soyeux cheveux virevoltant au vent, le regard énamourée, accompagnée par deux autres demoiselles, tout aussi charmante et légèrement vêtue, qui répondrait donc au doux nom de Grace et Mélodie. Et d'une même voix prononcèrent ses paroles :

    « Je vais mettre chauffer de l’eau pour le thé. En attendant, quand vous aurez repris vos esprits, vous aurez peut-être envie de vous rafraîchir un peu. La salle d’eau est juste là. »

    Mais Byron n'était plus ivre, alors loin d'avoir un aspect poétique, ces mots le ramenèrent à bord du vaisseau.

    "Je vous remercie..." dit-il en se relevant.

    Doucement. Précautieusement... Voilà ! Et pas un seul élancement ! Miracle. M'enfin ne parlons pas trop vite hein.
    D'un pas peu assuré, il entra dans la salle de bain et attrapa le lavabo. Il fit coulé de l'eau et s'en passa sur le visage. Dieu que ca faisait du bien !
    C'était pas le Byron des grands jours mais au moins ca pouvait y ressembler... de loin...de dos...les yeux fermés. Bon Ok. C'était vraiment pas ça.
    Prit d'une soudaine envie, il s'aspergea entièrement la tête d'eau, se mouillant les cheveux et se les plaquant en arrière. Il se mit deux-trois baffes, histoire de revivifier tout ça. L'image que lui rendit le miroir lui parut un poil plus présentable que ce qu'il avait déjà montré auparavant...

    *Allez Byron ! Tu peux le faire !*

    « Comment prenez-vous votre thé monsieur Harrow ? »
    "Euuuh... dans une tasse, pourquoi ?" dit-il en ressortant de la salle d'eau et en s'appuyant dans l'encadrement de la porte.

    Si l'apparence pouvait à peu près s'arranger en deux temps trois mouvements, la qualité du dialogue, elle, ne risquait pas d'être optimale...
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Amelia Caine le Lun 29 Sep 2008 - 16:32

    Quand Amélia était petite fille, elle attendait chaque dimanche avec impatience. Parce que le dimanche, dans la famille Caine, c’était le jour du thé. Entendez par là le jour où l’on recevait, parce que le thé en lui-même, il n’y avait pas un jour sans. Tous les dimanches, donc, les parents d’Amélia Madeleine Daphné Caine recevaient. Descendant d’une longue lignée de riches dignitaires, le père d’Amélia était venu vivre sur Tenkaï peu avant la naissance d’Amélia afin de veiller de plus près à ses affaires. Très vite, la réputation de la famille avait fait le tour de la population humaine de la planète, et le dernier jour de la semaine était destiné aux mondanités où se retrouvaient aussi bien les humains aux postes hauts placés que les shitennôs de l’aristocratie.

    Aussi bien élevée qu’elle fut,Amélia n’était tout de même qu’une enfant, aussi n’était-ce pas tout ce cérémonial dominical qui la captivait, pas plus que les robes improbables que lui faisait porter sa mère pour l’occasion. Non, ce qu’elle attendait chaque fin de semaine, c’était les histoires d’un des invités de ses parents, un amiral shitennô. Chaque dimanche, l’amiral Sanada prenait grand plaisir à raconter à la petite fille qu’elle était alors la vie à bord de grands vaisseaux, la vie des officiers et des marins de la flotte. Quand elle eut douze ans, alors qu’elle s’occupait de Jan, le fils de trois ans de l’amiral, le shitennô lui offrit un authentique sabre de cérémonie, amusé par la passion que la gamine éprouvait pour toutes ces histoires. Et si les parents Caine trouvaient étrange cette manie de vouloir apprendre des choses comme l’escrime (ils préféraient les cours de violon), ils encouragèrent le futur choix de carrière de leur fille. Un officier dans la famille, voilà qui serait prestigieux !

    Voilà pourquoi, plus de vingt ans après, l’odeur du thé à la muscade ravivait encore de nombreux souvenirs dans la mémoire d’Amélia Caine. Debout devant la petite cuisinière de la cabine qu’elle occupait sur le R.L.S Legacy, tandis que l’antique théière se préparait à siffler une fois l’eau bouillie, le commandant lutta une fois de plus contre les sombres pensées qui ne manquaient jamais de venir l’habiter. Une carrière d’officier réduite à néant, un corps prêt à la trahir à tout instant et une vie, somme toute, à reconstruire. Et quand on laissait tant de choses derrière soi, ce n’était jamais facile.

    Mais la réponse incertaine de Byron Harrows l’empêcha d’approfondir plus en avant de telles pensées, et elle sourit en versant l’eau bouillante dans une tasse. Les musiciens des SD avaient visiblement plus l’habitude des tord-boyaux que de boire du thé. Optant pour un simple sucre dans la décoction du shitennô pour en atténuer l’amertume, elle se servit pour elle un inévitable thé de muscade et déposa les tasses sur le plateau qu’elle emporta avec un maintien certain dans la

    pièce principale de la cabine, où l’attendait un monsieur Harrows rafraîchi et, il fallait l’avouer, qui avait meilleure mine. Amusée en imaginant ce que dirait sa mère, madame Caine, en la voyant prendre le thé avec un quasi-inconnu débraillé, elle-même en jogging plutôt qu’en tenue de dame de la haute, Amélia présenta sa tasse au membre du groupe :

    « Celui-ci devrait dissiper un brin les démons qui doivent s’agiter dans votre crâne. N’hésitez pas à rajouter un peu de sucre si la saveur vous apparaît trop amère. »

    S’emparant délicatement de sa propre tasse, elle souffla délicatement sur le breuvage bouillant avant de le porter à ses lèvres avec un soupir de ravissement. Puis, savourant sa première gorgée, elle reposa l’objet, ses yeux verts fixés sur monsieur Harrows :

    « Alors, qu’en dites-vous ? »
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Byron Harrow le Lun 29 Sep 2008 - 20:33

    De nouveau assis sur le trône désigné précédemment, Byron regarda les gestes précis et maîtrisés de la Commandante. Lorsqu'elle saisit doucement sa tasse, lorsqu'elle l'approcha de ses lèvres vermeilles, lorsque celles-ci s'entrouvirent légèrement pour laisser échapper un souffle et lorsque finalement ses lèvres envoûtantes trempèrent dans le breuvage, Byron était totalement hypnotisé. L'esprit vide, les yeux bleus grand ouvert, il se contentait de béer devant tant de grace, de beauté, de magnifiscence... Il commençait à être en manque de vocabulaire et surtout de cohérence lorsqu'Amélia releva ses yeux verts vers lui et d'un battement de cils (provocateur, il en était sûr) elle fit mouche, en plein dans le coeur du shitennô. Il allait fondre dans un petit soupir (totalement stupide et affligeant) lorsqu'elle lui demanda son avis... Son avis sur quoi au juste ? Il fronça les sourcils, cherchant à comprendre, lorsque ses petites mimines se rappelèrent à lui en lui faisant comprendre qu'il faisait chaud sous leur paume.

    "Ah oui ! Le thé !"

    Se précipitant, il approcha la tasse et but une gorgée franco... regrettant aussitôt son geste. Agressé par la chaleur, il s'étouffa dans son jus. Lachant d'une main la tasse pour s'éventer, cette dernière pencha dangereusement et le pire se produisit. Elle déversa son liquide brûlant sur son bermuda, arrosant allégrement son bas-ventre. Il écarquilla les yeux d'horreur et de douleur, oubliant sa gorge et lachant la tasse qui bien évidemment en objet fourbe et traitresse finit de déverser sa lave sur le pauvre bassiste qui dans un sursaut plaqua ses deux mains sur son entrejambe en tombant à genoux devant la dame de ses pensées. Il se laissa ensuite tombé sur son côté gauche et baraguina un faible :

    "Ah ouais... Sacrément... efficace... votre...thé..."

    Recroquevillé en position foetale, le jeune homme (plus très sûr de le rester longtemps) ne pensait absolument plus à sa migraine des lendemains de fêtes, exit les vilains maux de têtes et autres vertiges. Byron avait trouvé une autre douleur sur laquelle se focaliser... Et vraiment, celle-là, elle était... douloureuse.
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Amelia Caine le Mar 30 Sep 2008 - 17:01


    Pourquoi fallait-il qu’une grande majorité des hommes soit aussi pressée ? Que ce soit pour grimper les échelons de la vie professionnels, se rendre quelque part bord de n’importe quel véhicule ou tenter de mettre une femme dans leur lit, ils n’avaient pas toujours la plus grande des patiences. Et le pauvre Byron Harrows venait de faire les frais de l’empressement masculin. Et il était fort malheureux que cela soit avec une tasse de thé bouillant. Pour quelqu’un qui avait semble-t-il une certaine habitude d’absorber à même la bouteille nombre d’alcools, le principe d’un thé chaud n’était visiblement guère coutumier.

    Et parce qu’elle n’avait pas un seul instant songé à ce menu détail, voici qu’Amélia se retrouvait avec un shintennô en position fœtale sur le pont de sa cabine et, à en juger par les râles qui s’échappaient de la masse inerte, à l’agonie. Au cour de sa vie, le commandant avait plusieurs fois eu l’occasion de contempler le corps mal en point d’un homme dans ses quartiers, mais c’était bien la première fois que cela résultait d’un thé et non d’ardeurs trop pressantes.

    Ce qui n’empêcha pas Amélia de réagir rapidement, sans se départir de son flegme coutumier pour autant. Du bout de sa chaussure de sport, elle toucha légèrement l’épaule de Byron pour s’assurer qu’il était toujours réactif et, voyant que cela était le cas, se baissa pour passer le bras du bassiste autour de ses épaules afin de le relever. Il était hors de question qu’elle laisse ce pauvre garçon ébouillanté ainsi même si, elle devait bien se l’avouer, elle retenait un sourire qui ne demandait qu’à s’amuser d’une telle maladresse. Mais il était inutile d’en rajouter sur les malheurs de monsieur Harrow qui, au-delà de la douleur, ne devait certainement pas se sentir très à l’aise après tous les coups du sort dont il avait été victime depuis leur rencontre ce matin.

    « Allons monsieur Harrow, cessez de geindre ! Cela est douloureux, j’en conviens, mais ce n’est que du thé chaud et non de l’huile bouillante, forte heureusement pour votre virilité. »

    Cette fois-ci, Amélia laissa sa discipline faillir pour produire un sourire qu’elle n’avait nulle envie d’empêcher de poindre sur ses lèvres tandis qu’elle poussait autant qu’elle tirait Byron vers la salle de bain. Elle l’y poussa gentiment à l’intérieur avant de s’en retourner sur les lieux du drame tout en s’adressant à l’artiste :

    « Pendant que je remets un peu d’ordre sur les lieux de l’hallali, je vous conseille d’ôter vos vêtements plein de thé et, si vous vous en sentez la force, d’utiliser la douche pour vous rafraîchir. Vous n’aurez qu’à prendre mon peignoir ensuite, je vais faire appeler quelqu’un pour apporter ce qu’il reste de vos oripeaux à la buanderie. Et soyez rassurez monsieur Harrow, je ne viendrai pas regarder par le trou de la serrure. »

    Souriant à nouveau, Amélia s’appliqua à ramasser la tasse et à éponger le thé renversé sur le sol de la cabine ; dans sa vie, ce n’était certainement pas la première situation impliquant un homme que sa mère aurait réprouvée -surtout concernant les prêts de peignoirs- mais c’était sans aucun doute la plus cocasse…
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Byron Harrow le Jeu 13 Nov 2008 - 19:34

    Il y avait des jours dans la vie d'un homme où celui-ci souhaitait ne pas en être un. C'était un de ces jours-là pour Byron. Recroquevillé sur le tapis de sol de la cabine de la déesse du vaisseau, son intimité attaquée, sa dignité oblitérée, le vaillant shitennô jurait par tous les noms qui lui venait à l'esprit.
    Alors qu'il pensait qu'il allait se liquéfier sur place, il sentit une poussée sur l'épaule. Réagissant à la pression, il entrouvrit également un oeil pour voir Amélia se pencher vers lui. Allait-elle lui donné le baiser d'adieu qui mettrait fin à sa douleur ? Allait-elle le bénir pour qu'il puisse entrer au paradis, rejoindre d'autres petits anges qui ont reçu du thé en guise de vidange ?

    Rien de tout ça malheureusement. La gente Dame se contenta de saisir le bras du malheureux et de le passer sur ses épaules. ca devait être la deuxième fois de la journée qu'elle le soutenait, qu'il se retrouvait dans ses bras. Byron se dit qu'il ne sortirait jamais vivant de cette pièce. Comment pourrait-il en être autrement après toute cette chance qu'il avait eu ? Il était certain qu'il allait mourir sous peu. Mais en attendant, il comptait bien profiter du moment et de ses derniers instants en compagnie de la plus magnifique des femmes. Celle-ci d'ailleurs en avait peut-être marre de le porter car elle le lâcha (trop vite) sur le seuil de la salle de bain. Byron se retint en s'aggrippant sur le batant de la porte.
    Il n'avait pas relevé la remarque sur le thé et sa virilité. Ca, il l'avait mérité. Quoique, était-ce de sa faute s'il était plus sensible que les autres à la chaleur ? Thé ou Huile, ca revenait au même quand c'était bouillant, non ? Enfin, pour Byron, oui.
    Il écouta sagement et docilement les conseils de sa Dame. Il aurait aimé lui répondre un "Je vous remercie de tant de considération." mais il n'osa pas desserrer les mâchoires de peur de ce qui pourrait en sortir. Il se contenta donc d'un signe de tête et d'un maigre sourire quand à la petite taquinerie par laquelle elle mit fin son discours.

    Une fois la porte fermée, Byron relâcha enfin son souffle et osa regarder l'étendue des dégâts. Suivant les injonctions de la "patronne", il se dévêtit et entra dans la douche. L'eau se déversa sur lui et sa douleur s'amenuisa. Une bonne douche bien fraîche pour se remettre les idées en place.
    A la sortie, il se sentait comme neuf, prêt à conquérir le monde ! Ou du moins, à reconquérir un semblant d'image après la lamentable prestation qu'il avait offerte à la Dame de ses pensées. Il trouva rapidement un peignoir suspendu au porteau-manteau derrière la porte et s'en vêtit. Heureusement pour lui qu'il n'était pas baraqué comme une armoire à glace, sinon il n'aurait jamais pu entrer convenablement dans le vêtement. Jetant un rapide coup d'oeil dans le miroir, il se recoiffa en vitesse avec ses doigts, plaquant de nouveaux ses cheveux en arrières, même si quelques mèches finiront par retombées vers l'avant. Dernière inspection et le joli coeur quitta enfin la salle de bain.

    Son entrée fut moins spectaculaire que la plupart de celle qu'il faisait avec le groupe en concert mais au moins, elle avait le mérite d'être honorable. Le peignoir lui arrivait juste au-dessus du genoux et il était suffisamment lache pour qu'on puisse apercevoir son sternum.

    "Me revoilà, frais comme une rose !" lança-t-il à la ronde.

    Le shitennô ne craignait pas le ridicule et ayant commencé leur entrevue de la sorte, il se voyait mal se la jouer beau gosse, sûr de lui, en tenue d'Adam dans la cabine d'une Dame. Byron avait suffisamment d'esprit pour plutôt jouer la carte de l'humour et se tourner en auto-dérision.

    "Et vous aviez raison. Votre remède est véritablement efficace contre les gueules de bois. Vous n'avez jamais pensé à le commercialiser ?"

    Badinerie que tout ça ! Bon sang ! Mais pourquoi est-ce qu'il lui parlait de thé, nom d'une pipe ?! Qu'est-ce qu'elle en avait à faire du thé ?!
    Oui vraiment, Byron n'allait pas en réchapper. Il finirait mortifié avant de mettre un seul pied en dehors de la pièce.
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Amelia Caine le Ven 5 Déc 2008 - 15:40

    Amelia Caine était assise devant la petite table où elle avait servi le thé. Ses longs cheveux roux lui tombaient sur les épaules, et elle les dégagea prestement. Elle n’avait pas pris le temps de se coiffer , à quoi bon avant son jogging ? Et puis elle n’aurait jamais pu prévoir qu’elle aurait à amener un homme dans sa propre cabine. Non pas qu’elle accorde une importance capitale à son apparence en compagnie d’un mâle, mais il y avait un certain standing à tenir. Quand on avait été élevée comme une jeune fille de la haute, cela laissait des traces. On n’invitait pas des quasi-inconnus dans ses appartements vêtû d’une tenue de sport, pas plus qu’on ne prêtait de peignoir aux dits inconnus. Mais ce qui était fait était fait, et Amelia jouissait d’un esprit trop pratique pour s’apesantir plus longuement là-dessu. Au moins, elle avait fait du thé, c’était le principal pour que les convenances restent sauves.

    Tout en buvant une nouvelle gorgée du breuvage tandis qu’elle entendait l’eau couler dans la salle de bains, le commandant Caine laissa ses pensées vagabonder dans des terrains qu’un beau shitennô en tenue légère ne pouvait que favoriser. Il fallait rendre à César ce qui était à César : Harrow était plutôt séduisant. Maladroit, mais séduisant. Quelque part, cela ajoutait même à son charme. Amelia se surprit à rêvasser ainsi. Ce n’était vraiment pas son genre. Elle ne perdait d’habitude pas de temps à s’attarder sur de tels sujets. Mais elle n’était pas non plus habituée à ramasser de beaux musiciens à gueule de bois dans les couloirs.

    En fait, réalisa Amelia, elle n’était plus habituée aux hommes tout court. Plus jeune, sa carrière militaire ne lui avait guère laissé de temps pour ça. Et puis il y avait eu l’accident, et elle n’avait plus eu la tête à grand-chose pendant quelques temps. Elle avait évidemment fréquenté quelques hommes ces dernières années, mais de manière très peu constante. Et lorsqu’elle était arrivée sur le R. L. S Legacy, le premier mâle qu’elle y avait rencontré se trouva être Perry McGinley. Ce qui n’avait pas aidé à la ramener sur le chemins des hommes. Il faut dire ce qui est.
    Et puis, elle avait beaucoup de travail. Le Legacy demandait une attention constante, et elle avait tout un équipage à gérer. Sans compter les membres du groupe et affiliés, qui n’avaient aucune idée de la manière dont fonctionnait réellement un bâtiment. Et voilà qu’un beau shitennô lui tombait du ciel. Si Amelia avait eu la foi en quoi que ce soit, elle aurait pu y voir un signe.
    A défaut de signe, elle profita d’une belle vue côté sternum lorsque le jeune homme émergea de la salle de bains vêtu de son peignoir trop petit. Il dit quelques mots sur le thé tandis que Caine se retenait de sourire. A la place, elle haussa un sourcil :

    « Vous avez une drôle de façon de porter le peignoir d’une dame, monsieur Harrow. Cela dit, ça vous confère un charme certain. »

    Elle leva sa tasse à l’adresse du musicien :

    « Quant au thé, il a déjà été commercialisé. Vous devriez trouver le nom de l’entreprise responsable sur le paquet. Vous croyiez que je le faisais pousser dans une cale ? »

    L’officier sourit en disant cela, et invita Byron à se rapprocher :

    « Asseyez-vous que diable, c’en est presque indécent ! »

    Au fond, Amelia s’amusait bien. Toute cette histoire retarderait légèrement son service, mais elle pouvait se le permettre. Un tel corps dans un tel peignoir valait bien quelques minutes.

    « Si je vous ressers du thé, vous éviterez d’en mettre partout cette fois-ci ? Une fois le peignoir fichu, je crains fort que mes autres atours… ne fassent encore plus justes sur vous. » dit-elle comme si elle entretenait la conversation la plus anodine du monde.

    « Ou peut-être préférerez-vous autre chose de moins chaud ? »

    Amelia fixa son grand regard vert dans les yeux de Byron, l'air de rien. Oui, Tout cela valait bien quelques minutes…
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Byron Harrow le Ven 5 Déc 2008 - 16:41

    A son apparition, elle lui répondit d'un sourire. Voilà un bon point pour Byron. Après tout, cela voulait peut-être dire qu'il n'avait pas tout perdu dans l'histoire.

    « Vous avez une drôle de façon de porter le peignoir d’une dame, monsieur Harrow. »
    "Ah ?" laissa-t-il échapper en abandonnant la pose du "tombeur" et se regardant un peu.

    Non, Byron ne voyait pas en quoi il avait mal mit le peignoir dont il était affublé. Il avait fait comme il avait pu, peu habitué à ce genre de chose. Lui utilisait plus commodément la serviette attachée à la taille. Cela était plus viril. Enfin pour lui. Car il existait bien évidemment des hommes qui s'habillait de peignoir à la sortie du bain. Mais ces hommes là avaient une cuillère en argent bien enfoncé quelques part, ce dont Byron était bien heureusement dispensé par ses origines modestes.

    "Cela dit, ça vous confère un charme certain."

    Il salua ce compliment en exagérant une révérence. Compliment qui lui allait droit au coeur ! Ce n'était pas tous les jours qu'il recevait de telles paroles de la part d'une si somptueuse créature. A vrai dire, il n'avait jamais vraiment eu l'occasion de discuter en tête-à-tête avec la demoiselle de ses pensées de part leurs activités diverses. Amélia menait le vaisseau d'une main de maître et Byron, harcelé ou non par Perry, travaillait sa basse le plus humainement possible afin de garder le niveau et sa place dans le groupe, sans quoi il se verrait éjecter à la première escale venu et ainsi séparé de sa muse. Ce qui était, soit dit en passant, inconcevable ! Byron séparé d'Amélia ? Et puis quoi encore ?!
    Le bambino était trop amouraché de sa belle pour avoir suffisamment de recul pour se dire qu'il existait bien d'autres sirènes dans cet univers.

    « Quant au thé, il a déjà été commercialisé. Vous devriez trouver le nom de l’entreprise responsable sur le paquet. Vous croyiez que je le faisais pousser dans une cale ? »
    "Oh ! Bien sûr que non ! Je pensais que vous ajoutiez simplement quelque chose en plus dans votre breuvage que du thé. Pas que votre thé soit simple ! Il est suculent même ! du moins, le peu que j'en ai bu... Et je n'oserais pas déclamer que votre si efficace boisson ne puisse être produite dans une cale ! Bien que vous en aviez sûrement la possibilité. Un vaisseau tel que celui-ci doit sûrement être capable de reconstruire une atmosphère adéquate à la production de cette plante. Quoique, je m'avance peut-être un peu là..." bafouilla Byron, s'emmêlant les pinceaux et les doigts tandis que sa nervosité refaisait surface.

    Obéissant prestement à l'injonction de sa déesse, il s'avança rapidement vers sa dulcinée, les sens aux aguets, les yeux grands ouverts, prêt à faire quoique ce soit qui pourrait plaire à la magnifique femme qui se tenait devant lui.

    « Si je vous ressers du thé, vous éviterez d’en mettre partout cette fois-ci ? Une fois le peignoir fichu, je crains fort que mes autres atours… ne fassent encore plus justes sur vous. »

    Avant que Byron n'ait pu rassurer sa belle concernant sa maladresse et ses capacités à tenir une tasse dans ses mains sans la faire renverser sur une partie, quelconque, de son anatomie, l'image des dessous d'Amélia apparut en un flash puissant devant ses yeux ébahis. La machoîre quasi par terre, il regardait bêtement en direction de la commandante. Il s'imaginait un instant pourvu de ces fins "atours" avant que ceux-ci n'aillent rejoindre leur propriétaire en flottant doucement tandis que celle-ci ôtait veste, t-shirt et pantalon de jogging pour se voir revêtir par la dentelle en un "pouf" magique et fumeux.
    Fumeux. Oui c'était le mot pour décrire les pensées qui s'enchaînaient les unes à la suite des autres, en conséquence à cette première pensée, qui maintenant montrait une Amélia séductrice, relevant sa fine chevelure de feu sur ses épaules, se déhanchant légèrement par la même occasion, sans oublier la touche glamour finale : l'humidification des lèvres...

    "...chaud ?"
    "Chaud ? oh oui chaud !"

    Byron redescendit alors en flèche de son petit nuage, une chaleur dévorante parcourant son frèle corps qui commençait à s'habituer de ces sautes de températures. Une lègere fumée s'échappait de son corps, évaporation des dernières traces d'eau de la douche froide qu'il venait de prendre et qu'il ferait mieux de reprendre.

    "Ah non ! Moins chaud ! euh...chaud ! Enfin, comme vous le prendrez..." bafouilla-t-il de nouveau alors que la belle demoiselle le fixait de son regard intense et qu'il se sentait couler, couler de plus en plus et se noyer dans l'émeraude de ses yeux.
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Amelia Caine le Ven 12 Déc 2008 - 20:10

    Si Amelia en portait parfois, elle ne faisait généralement pas dans la dentelle. Aussi, il lui était de plus en plus difficile de garder le sérieux qu’elle affectionnait temps face à un personnage de la trempe de Byron Harrow. Non pas qu’elle se moqua de lui, bien au contraire ! Elle le trouvait très amusant, mais dans un sens presque attendrissant, et non ridicule. Bien que s’en couvrir avait tout l’air d’être une seconde nature chez le shitennô, qui n’en menait pas large. Caine pouvait sentir le trouble qui s’agitait dans le jeune homme, et elle se demanda ce qu’elle avait bien pu faire pour en être la cause. Ce n’était pas sa faute, si Byron disait ou faisait systématiquement quelque chose qui brisait le sérieux dans lequel la conversation aurait pu s’engager.

    Mais Amelia n’avait peut-être pas envie d’une conversation sérieuse. Le sérieux, elle le pratiquait à longueur de journée. Quant on était commandant d’un vaisseau, même civil, il fallait savoir en faire preuve. Sérieux, et calme. En toutes circonstances. Particulièrement lorsqu’elle devait s’entretenir avec Perry McGinley des réalités imposées par l’usage d’un bâtiment comme le R.L.S Legacy. Mais Byron n’était pas McGinley, et Amelia n’était techniquement pas sur le pont en train de donner des ordres. Elle pouvait bien le laisser patauger encore un moment ; tant qu’elle faisait attention à ce que le bassiste ne se noie pas, évidemment. Amelia n’était pas cruelle. Ni aussi guindée qu’elle le paraissant lorsqu’elle arpentait les coursives du vaisseau. C’était la fonction qui voulait ça. La fonction et, il lui fallait le reconnaître, une certaine éducation.

    "Chaud ? oh oui chaud !"

    Ah, il pouvait donc encore répondre à une question simple ! Rien n’était perdu ! Cela dit, Caine se demanda à quoi pouvait bien penser le jeune homme pour avoir l’air aussi… ailleurs. Elle n’avait pas d’autre mot. Et à défaut de mots, peut-être avait-elle bien une petite idée, mais le commandant décida de la mettre de côté.

    "Ah non ! Moins chaud ! euh...chaud ! Enfin, comme vous le prendrez..."

    «Mais je le prends avec plaisir, monsieur Harrow. Chaud ou froid, n’est-ce pas là l’essentiel ? »

    Amelia lui dédia un des petits sourires dont elle avait le secret et se leva avec grâce pour repartir en direction de la petite cuisine de sa cabine. Elle y resta quelques instants, se demandant qu’est-ce qu’elle allait bien pouvoir servir au musicien qui ne risquait pas de l’ébouillanter. Elle n’était pas très sure de lui proposer de l’alcool non plus. Non pas qu’elle eut quelque chose contre la boisson, mais elle préférait ne pas s’y adonner avant de prendre son service. Même pour un seul verre. Une discipline stricte était l’apanage de tout bon meneur, et elle comptait bien s’y tenir. Et puis, il fallait bien que des années de service dans la flotte laissent des traces. Enfin, Byron avait visiblement eu son compte hier soir. C’est pourquoi elle opta pour quelque chose de plus simple et, surtout, de plus frais.

    Elle réapparut devant Byron un plateau entre les mains, sur lequel étaient posés deux grands verres contenant un liquide aux reflets châtoyants (pour peu qu’un liquide puisse être châtoyant, bien entendu).

    « Encore du thé, monsieur Harrow, mais froid cette fois-ci. Une étrange spécialité qui remonte à l’ancienne Terre. Peut-être cela refroidira-t-il vos… »

    Amelia n'eut pas le temps de dire "ardeurs", coupée dans son élan par la douleur vive qui explosa dans sa poitrine. Ses muscles la trahir un instant, et le plateau tomba à terre. Dans un bruit de cristal brisé, les deux verres s’écrasèrent au sol, renversant la boisson. Quant à Amelia, elle eut un mouvement de recul, comme si elle tentait de repousser un avdersaire invisible, et porta une main à son front. La douleur remontait maintenant jusqu’au crâne.

    Furieuse malgré la souffrance, elle poussa un bref grognement en sentant qu’elle butait sur sa propre chaise. Encore une fois, elle s’était laissé surprendre par une crise. Et pire encore, elle n’était pas seule. Et s’il y avait quelque chose qu’Amelia détestait, c’était bien de se faire surprendre en état de faiblesse.

    «Nom de dieu, encore... » laissa-t-elle échapper tout bas, de manière presque inaudible. Puis elle sentit ses jambes se déroberer sous elle, et sa conscience en profita pour se faire la malle tandis qu’elle commençait à tomber.
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Byron Harrow le Lun 2 Fév 2009 - 11:54

    «Mais je le prends avec plaisir, monsieur Harrow. Chaud ou froid, n’est-ce pas là l’essentiel ? »

    Amelia lui dédia un des petits sourires dont elle avait le secret et se leva avec grâce pour repartir en direction de la petite cuisine de sa cabine.
    Et Byron se sentit fondre comme neige au soleil. Il ne put retenir un petit gémissement de plaisir. Un sourire idiot fendait son visage adulescent. Comment arrivait-elle à le rendre aussi mou et inoffensif qu’une éponge de mer, Byron l’ignorait et cela lui était bien égal. S’il devait devenir un mollusque pour passer le reste de ses jours en compagnie de la sulfureuse sirène qui s’éloignait tranquillement, le shitennô le deviendrait illico.
    Or, pour le moment, le jeune garçon devait se contenter d’être un humanoïde et de garder la tête hors de l’eau, sous peine de se noyer dans les eaux piégeuses de la belle naïade. Quoique l’idée d’être entraîné dans les profondeurs avec la magnifique créature qui avait disparu dans une autre pièce, lui était enchanteresse.

    Byron resta ainsi à rêvasser de nage et ballets aquatiques avec sa muse tandis que la Demoiselle, parfaitement humaine, s’affairait de l’autre côté.
    Ce fut sa voix qui ramena le bassiste dans la cabine.

    « Encore du thé, monsieur Harrow, mais froid cette fois-ci. Une étrange spécialité qui remonte à l’ancienne Terre. Peut-être cela refroidira-t-il vos… »

    Il se retourna vers elle, son sourire toujours plaqué sur son visage, prêt à écouter tout ce qu’elle pourrait juger utile de lui narrer. Il aurait bu toutes ses paroles et en aurait fait des paroles bibliques s’il avait pu. Malheureusement, son doux rêve se brisa aussi nettement que la phrase d'Amélia. Avec horreur, il la vit grimacer et lâcher le plateau. Avec une sorte de ralenti sinistre, Byron eut l’impression de sentir la chute de l’objet comme son cœur tombant dans ses chaussettes. Un impressionnant malaise le saisit tandis que la Dame de ses pensées eut un mouvement de recul, bousculant une chaise au passage.
    Par réflexe, Byron fit un pas et tendit son bras mais aucun mot ne parvint à franchir ses lèvres. Il voyait qu’elle souffrait, elle venait de porter sa main à son front. Il détesta immédiatement cette image mais plus que tout, il détesta son corps qui lui faisait défaut et qui restait pétrifié alors qu’il mourrait d’envie de se porter à son secours.

    Quand il vit Amélia s’effondrer sur elle-même, il eut une poussé d’adrénaline qui le propulsa littéralement vers elle. Le hic dans l’histoire du prisonnier des chaînes de l’amour, c’est que les dites chaînes ne se préoccupent pas de ce qu’il pouvait bien y avoir entre leur prisonnier et leur cible. Et ça, Byron en fit les frais. Fonçant directement dans le mobilier, il se culbuta sur la chaise et s’écroula avec elle, sauf qu’il tendit les bras bien droit devant lui, tel un super-héros, non pour amortir sa propre chute mais pour tenter de réceptionner la beauté (qui lui serait un jour ou l’autre) fatale.

    Dans un patatras sonore, le brave (et suicidaire) shitennô se retrouva au sol avec sa dulcinée dans ses bras. Il poussa un soupir de soulagement en baissant sa tête vers le sol. Il avait réussi à traverser les épreuves et les obstacles pour sauver sa belle de cette chute mortelle. Bon, ce n’était pas l’image du preux chevalier, debout, portant sa princesse dans ses bras virils mais… on n’était pas loin ! Si si ! Byron était allongé de tout son long, la chaise sous lui, et dans ses bras tendus se trouvait la tête et les épaules d’Amélia.
    Reprenant ses esprits, inquiet, il releva vivement sa tête, prêt à appeler la belle au bras dormant mais au lieu de cela, il eut un rire nerveux.
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Amelia Caine le Mar 3 Fév 2009 - 4:05

    Ce fut la douleur qui ramena Amélia à elle. La douleur, encore. Parfois supportable, souvent agressives, la plupart du temps effroyable et, surtout, toujours prête à surgir n’importe quand, au plus mauvais moment comme au plus insignifiant. Un souvenir s’imposa à l’esprit de la capitaine du Legacy, quand elle avait un jour été victime d’une crise alors qu’elle se brossait les dents. Elle s’était retrouvée à quatre pattes sur le sol de sa salle de bain, mordant la brosse aussi fort qu’elle le pouvait pour ne pas crier, du dentifrice coulant partout le long de sa bouche pour venir s’agglutiner en écume sur le tapis de bain. Des souvenirs semblables, elle en avait quelques un et, s’ils lui infligeaient à chaque fois le même vif sentiment de honte, elle avait jusqu’à présent réussi à ne jamais avoir de témoin. Car c’était un fait : le beau Byron Harrow était le premier homme à assister ainsi à l’une des embarrassantes crises de douleur.

    Amelia avait toujours sur les gérer, du moins jusqu’à présent. Elle suivait son traitement de manière à ce qu’il fasse le plus d’effet possible lorsqu’elle était en service, et avait toujours réussi à contenir les crises lorsqu’elles menaçaient de surgir alors qu’elle travaillait sur le pont ou ailleurs au sein du bâtiment. Les plus violentes, celles qu’elle ne pouvait contrôler, se déroulaient alors toujours dans son temps libre, où il lui restait au moins son intimité à laquelle s’accrocher. Mais pas cette fois, le sort en avait voulu autrement.

    Elle cligna plusieurs fois de ses grands yeux verts, comme lors d’un réveil difficile après une grasse matinée, et elle se sentait un peu pâteuse. Elle ouvrit à dei la bouche pour dire quelque chose, mais ses lèvres sèches et sa langue molle l’en empêchèrent. Intérieurement furieuse contre elle-même, elle referma la bouche et se risqua à inspirer profondément. La douleur avait disparu aussi soudainement qu’elle était venue, c’était déjà ça. Sa tête bourdonnait encore un peu, et elle avait soif, mais elle ne semblait pas s’être blessée en tombant sur…

    C’est à ce moment là qu’elle réalisa qu’elle reposait dans les bras de Harrow, qui s’était jeté à travers sa chaise pour venir la réceptionner avant qu’elle ne touche le sol. Il avait manifestement réussi, et son acte chevaleresque aurait sans doute été bien plus impressionnant s’il ne gisait pas lui-même par terre de tout son long, à moitié sur une chaise renversée tandis qu’il laissait échapper une sorte de petit rire nerveux et incontrôlable. Et c’était tout ce qu’il fallait à Amelia pour qu’elle éclate de rire en rencontrer le regard ahuri de monsieur Harrow. Caine sentit ses épaules trembler pendant de longues secondes, le temps qu’elle réprime les éclats rauques mais pétillants de son fou-rire, qui se termina dans une quinte de toux. Puis, tandis qu’elle se forçait à se calmer, elle réussit à sourire à son bienfaiteur, d’un air plus embarrassé qu’elle ne l’aurait voulu, et arriva enfin à articuler quelques mots :

    « Vous m’aidez à me relever pour que je me serve un verre d’eau, ou est-ce que c’est moi qui vous prend par les épaules pour vous remettre sur pieds ? »

    Amelia joignit le geste à la parole : elle se redressa, entraînant Byron avec elle, et tituba sur quelques pas avant de s’accrocher à nouveau au bras du musicien, lui aussi debout :

    « Je crois… je crois que je suis encore un peu faible. Si vous pouviez m’aider à m’asseoir sur ma couche… »

    D’un geste, Caine désigna sa chambre, et s’y rendit tout en restant accrochée à Harrow. Là, elle le lâcha pour s’asseoir sur le bord de son lit impeccablement bien fait, et laissa pour la première fois échapper un soupir de soulagement. Puis elle leva la tête pour croiser les yeux de Byron, et elle dût lutter pour contenir la gêne et la honte qui l’habitaient à l’idée qu’elle se soit montrée si faible.

    « Merci pour votre aide, monsieur Harrow. Merci. Vraiment. » Et Amelia était sincère : elle était peut-être très fière, voir orgueilleuse, mais elle savait reconnaître la gentilles dont avait fait preuve le bassiste, et elle lui en était très reconnaissante. Ce qui n’arrangeait rien à l’embarras qu’elle éprouvait… Elle secoua la tête, comme pour remettre ses idées en places, et grimaça :

    « Oserais-je… oserais-je encore abuser de votre gentillesse en vous demandant de m’apporter un verre d’eau, s’il vous plaît ? Cette aventure m’a donné une gorge fort sèche… »

    Elle sourit au musicien, toujours gênée bien qu’elle ne le montrait que guère, recouvrant rapidement la maîtrise de soi dont elle était si coutumière. Et, attendant ce qu’allait faire Byron, elle jeta un œil sur le tiroir de sa table de chevet, sachant qu’elle allait devoir y chercher les médicaments de son traitement pour les prendre à l’instant. Ce qui allait sûrement amener son lot de questions. Et, malgré sa confiance en elle, Amelia Caine n’était pas certaine qu’elle allait apprécier d’y répondre…
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Byron Harrow le Mar 3 Fév 2009 - 18:07

    Byron riait. C’était totalement incontrôlable. Il n’avait pu se retenir lorsqu’en relevant sa tête ses yeux bleu saphir rencontrèrent le vert émeraude des yeux d’Amélia. La scène était tellement incongrue qu’il lui fut naturel de laisser s’échapper son embarras de la sorte. Au début, son rire était vraiment nerveux mais lorsqu’elle le suivit, il se changea instantanément en un rire joyeux et soulagé. Si la belle rousse riait, c’est qu’elle allait plutôt bien, hormis les circonstances qui les avaient amenés à se retrouver dans une telle position. Circonstances qui refirent rapidement surface lorsque le communicatif rire de la jolie muse se termina en quinte de toux. Byron cessa immédiatement de rire et son inquiétude reprit le dessus.

    « Ca va aller ? » s’empressa-t-il de demander.

    Comme pour le rassurer, Amélia lui sourit. Cela allégea son angoisse mais ne la fit pas disparaître pour autant.

    « Vous m’aidez à me relever pour que je me serve un verre d’eau, ou est-ce que c’est moi qui vous prend par les épaules pour vous remettre sur pieds ? »

    « Ah ! Tout de suite ma Dame ! »

    Le shitennô s’apprêtait à se relever lorsque sa position lui revint en mémoire avec un vif accès de douleur. Il venait malencontreusement de s’appuyer une zone sensible en plein dans un coin de la chaise. Il se mordit la lèvre pour ne pas gémir et le salut vint une nouvelle fois de sa déesse. Car, en effet, ce fut elle qui finalement le releva.
    Une fois debout, il tâta rapidement son ventre mais l’oublia illico lorsqu’Amélia tituba. Dans un réflexe, elle se rattrapa à son bras et Byron la saisit immédiatement. Il la regarda avec un air véritablement concerné. Le jeune homme aurait été capable de brûler vif en enfer pour qu’elle se rétablisse sur le champ. Or, même dans son état, la belle Commandante de vaisseau gardait la maîtrise de la situation, à la grande admiration du musicien.

    « Je crois… je crois que je suis encore un peu faible. Si vous pouviez m’aider à m’asseoir sur ma couche… »
    « Bien sûr ! »

    Totalement dévoué, il imprima un pas lent vers la chambre de la Demoiselle, tout en ne la quittant pas un seul instant du regard. Son esprit pervers (ou juvénile, au choix) aurait très bien pu voir dans une telle demande une toute autre signification mais la peur et l’inquiétude qui serrait son cœur surpassaient n’importe quel autre sentiment.
    Ce fut donc délicatement et avec plein d’attention qu’il entra dans la pièce la plus privée et la plus intime d’une Dame : La chambre à coucher. Byron ne fut pas surpris par ce qu’il y trouva. La pièce était impeccablement bien rangée, pas un seul objet de travers. Le lit était parfait. Vraiment, cela correspondait parfaitement à l’image qu’il se faisait de la femme qu’il laissait doucement s’asseoir sur le lit. Le shitennô n’accorda pas un regard de plus pour le décor, totalement concentré sur la personne de ses pensées. Pensées qui n’étaient plus totalement faites d’amour et d’eau fraîche mais de compassion, d’inquiétude et de douleur à la souffrance de sa Dame.

    « Merci pour votre aide, monsieur Harrow. Merci. Vraiment. »
    « Je vous en prie ! C'était tout naturel. »

    Elle secoua doucement sa tête sous le regard sérieux et attentif du jeune homme. Byron était prêt à tout pour l’aider. Il ferait n’importe quoi. Mais véritablement n’importe quoi si elle le lui demandait. Et sa détermination transparaissait dans son attitude. Alors, quand Amélia grimaça et lui dit : « Oserais-je… oserais-je encore abuser de votre gentillesse en vous demandant de m’apporter un verre d’eau, s’il vous plaît ? Cette aventure m’a donné une gorge fort sèche… »avant de lui sourire, Byron n’eut pas besoin de prendre le temps de la réflexion qu’il lui répondait dans la milliseconde :

    « Tout de suite, ma Dame ! Je reviens dans un instant ! »

    Et en moins de deux, il était hors de la pièce et se précipitait dans la cuisine, tout en évitant soigneusement les débris de verres qui jonchaient encore le sol. Une fois près de la kitchenette, il chercha rapidement un verre, en trouva un et voulu le remplir mais sa main tremblait tellement qu’il en mettait plus à côté que dedans. Résolument, il stoppa tout et reposa verre et bouteille pour reprendre son souffle.
    Ce n’était vraiment pas le moment de paniquer. Amélia avait besoin de lui. Sa douce et délicate muse avait besoin de lui !
    De nouveau maître de lui, Byron remplit correctement cette fois-ci le verre et s’en retourna dans la chambre.

    Amélia n’avait pas bougé et Byron lui tendit doucement le verre.

    « Voilà. »

    Et tandis qu’elle se desséchait la gorge, lui ne savait plus trop où se mettre. Devait-il rester debout ? Ou bien oserait-il s’asseoir à ses côtés ? Maladroit, il opta pour une troisième solution : il s’accroupit devant elle.

    « Vous allez mieux ? Vous avez besoin d’autre chose ? Si c’est le cas, n’hésitez pas à me demander ! Je suis là pour ça ! » s’enflamma le shitennô dans un excès d’audace.

    Puis il se dit que la belle demoiselle n’était peut-être pas le genre de personne qui serait ravie d’entendre de telles paroles. Après tout, elle était si forte d’ordinaire. Tellement sûre d’elle, qu’elle ferait chavirer un navire rien qu’en le regardant. Alors de là à avoir un chevalier servant, cela semblait ridicule aux yeux de Byron.
    Mais comme le ridicule était une seconde nature chez lui, il était prêt à s’en couvrir du moment qu’elle lui montrait à nouveau son si joli sourire.
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Amelia Caine le Mar 17 Fév 2009 - 22:04

    Amelia était une femme fière, qui n’aimait guère être surprise en position de faiblesse. Mais elle était aussi une femme qui ne s’offusquait pas de l’aide qu’on lui apportait lorsque cela été nécessaire, aussi elle ne tenait nullement rigueur à Byron Harrow d’ainsi se préoccuper d’elle. Le commandant du Legacy aurait préféré se trouver seule lors de sa crise, mais le musicien n’y était pour rien, et elle n’allait pas reporter sur lui sa frustration. D’autant plus qu’il s’était montré adorable avec elle, et fort convenant. Et malgré toute sa rigueur, Amelia restait une femme qui ne pouvait s’empêcher d’apprécier être la cible des attentions d’un bel homme comme Harrow. Mais elle n’allait pas se transformer en damoiselle en détresse pour autant.

    En fait, en cet instant, Amelia Caine s’en voulait à elle-même. Elle savait intellectuellement qu’elle n’était pas responsable des faiblesses de son corps, mais elle ne pouvait s’empêcher de se répéter qu’elle pourrait sûrement se contrôler mieux que ça. Caine détestait ne pas garder le contrôle, comme beaucoup de commandants qualifiés, et c’était encore plus vrai lorsque cela la concernait directement. Malgré tout le travail qu’elle avait accompli sur elle-même, elle ne pouvait empêcher la honte de murmurer en elle, la honte de ne plus contrôler son propre corps comme elle en avait toujours eu l’habitude. La honte de sentir…diminuée. Pourtant, ses aptitudes au commandement n’avaient nullement été affectées, et quelque part elle le savait, mais elle savait qu’elle ne se sentirait jamais à nouveau entière. C’était aussi pour cela qu’elle avait pris la direction de l’équipage du Legacy, parce qu’elle était persuadée de ne plus avoir sa place sur le pont d’un vaisseau de combat, et qu’un bâtiment comme celui des Synthetics Dreams était le dernier endroit où elle pouvait se réfugier en faisant ce qu’elle aimait par-dessus tout…

    Comme à son habitude, Amelia ne laissa rien paraître de son trouble, et c’est d’une voix à nouveau parfaitement rassurée qu’elle reprit la parole :

    « Je vous remercie, Monsieur Harrow. Pour être franche, j’aurais préféré que personne ne me voit dans cet état, mais puisque le destin vous a voulu à mon chevet tel un chevalier servant d’antan, il serait idiot de ma part de me priver de vos services, n’est-ce pas ? »

    Les yeux émeraude de la femme étincelèrent malicieusement, et elle se redressa sur le côté, son corps recouvrant déjà un peu de ses forces. Les crises étaient extrêmement douloureuses, et sapaient son physique, mais elle avait depuis longtemps appris à puiser dans ses ressources. Et elle avait un devoir à accomplir. Elle s’empara du communicateur personnel qu’elle portait toujours sur elle, et le porta à ses lèvres :

    « Si vous voulez bien m’excusez, Monsieur Harrow. » Elle régla l’engin sur la fréquence du pont et parla d’une voix ferme qui ne trahissait en rien son état : « Monsieur MacDoherty, ici le commandant Caine. Je crains d’être contrainte de repousser mon service sur le pont. Un malheureux impondérable. Je devrais m’en être remis d’ici deux bonnes heures, je pense. Je vous confie donc le pont un pue plus longtemps que prévu. »

    Matthew MacDoherty, un homme d’une cinquantaine d’année à la bedaine prononcée mais aux épaules de rugbyman, accusa réception des ordres de son commandant d’une voix inquiète Amelia l’avait personnellement choisi en tant que second du R.L.S Legacy, et il était jusqu’à maintenant le seul membre de l’équipage au courant des ennuis de santé de Caine. Elle s’était faite un devoir d’en informer le second, au cas où il lui arriverait quelque chose, et elle sentit l’inquiétude dans sa voix. MacDoherty était comme elle un ancien officier de la flotte, qui avait été contraint de quitter le service pour des ennuis de boisson prononcés il y a quelques années l’ayant mené à de nombreuses altercations plus ou moins grave avec le corps des fusiliers, qu’il n’avait jamais réussi à apprécier. Il s’était repris depuis, mais savait pertinemment qu’il n’aurait plus jamais une réelle occasion de servir dans la marine militaire, aussi avait-il tourné son choix vers la marine civile. Caine l’avait tout d’abord choisi par dépit, guère désireuse de travailler avec un ancien ivrogne, mais MacDoherty avait plus de trente ans d’expérience, et elle n’avait alors pas trouvé mieux pour le Legacy. Et force fut à Amelia de constater que l’homme se révélait un excellent second, notamment dans ses aptitudes à gérer l’équipage et à administrer la vie à bord. Bien sûr, elle le surveillait attentivement, prête à sévir à la moindre incartade de Matthew, mais elle avait appris à apprécier le second bourru, et à lui déléguer efficacement nombre de tâches. Pour sa part, l’homme vouait une grande admiration au commandant Caine pour lui avoir permis de fouler à nouveau le pont d’un grand bâtiment, et il était très attaché à elle, ce qui se traduisait par une prévenance vis-à-vis de sa santé à laquelle Caine avait fini non sans mal par s’habituer.

    « Ne vous inquiétez pas, monsieur MacDoherty. Rien de grave. Je serai sur le pont dans deux heures. Je vous confie le pont jusque là. »

    Amelia coupa le communicateur après avoir rassuré son second, et sourit à Byron, toujours accroupi à ses côtés :

    « Je crois que monsieur MacDoherty s’inquiète un peu trop à mon sujet, comme toujours. Et j’oses espérer que vous ne me couverez pas non plus comme une mère poule maintenant que vous êtes au courant de mes… petits tracas. »

    Amelia Caine n’était pas femme à se confier, mais elle décida qu’elle devait une explication, même sommaire, au bassiste qui avait plongé sur le sol pour la réceptionner quand son corps lui avait fait défaut :

    « J’ai été exposée à un produit nocif lors d’une avarie sur le bâtiment que je commandais au sein de la flotte. Mon corps en a gardé des séquelles, comme vous avez pu le voir. Cela peut m’arriver à tout moment, aussi il était inconcevable que je commande encore un vaisseau militaire. Voilà pourquoi je me retrouve ici. Mais ne vous inquiétez pas, monsieur Harrow, je sais encore parfaitement faire mon travail. »

    Amelia sourit en disant cela, mais ne put s’empêcher de ressentir une pointe de culpabilité. Car sil elle pouvait effectivement assurer son commandement à merveille, elle avait omis de mentionner qu’elle pouvait mourir à tout moment. Elle l’acceptait tout juste elle-même, aussi elle ne voyait pas l’utilité de donner un tel fardeau à autrui.

    « Monsieur MacDoherty est au courant de mon... infirmité, ainsi que monsieur McGinley. J’espère pouvoir compter sur votre discrétion, Byron. »

    Elle l’avait appelé par son prénom, ses yeux fixant ceux du musicien. Elle n’avait vraiment pas envie que son problème s’ébruite, mais elle pensait pouvoir faire confiance au shitennô, qui s’était montré être un si gentil garçon jusqu’ici. Elle lui sourit à nouveau et, après avoir rassemblé ses forces, se redressa un peu plus afin de s’asseoir, s’adossant contre la tête de sa couchette.

    « Nous avons bien vu quel risque constituaient pour vous les boissons chaudes, monsieur Harrow, mais je me demandais si vous n’auriez pas l’amabilité de me préparer une tasse de thé à la muscade. Il n’y a rien de plus efficace pour me remettre d’’applomb ! Je pourrais arriver à me débrouiller comme une grande, mais puisque vous avez si galamment offert vos services… »

    Le regard d’Amelia pétilla à nouveau. En temps normal, elle n’aurait jamais accepté que l’on s’occupe d’elle ainsi, mais elle était tout bonnement incapable d’éprouver la moindre trace d’animosité à l’égard d’un homme comme Byron Harrow. Elle était la première étonnée mais, sans trop savoir pourquoi, elle avait pour une fois soudain très envie d’en profiter…
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Byron Harrow le Sam 13 Juin 2009 - 18:26

    Toujours accroupie devant la femme de ses pensées, le Shitennô la regardait de ses yeux avides et pleins d’inquiétude mêlé d’amour. Il aurait pu passer des heures ainsi, à ses pieds… du moins son esprit oui. Son corps lui aurait moins supporté l’effort demandé. Mais ça, Byron n’en avait cure. Cette considération ne dura qu’une microseconde, le temps qu’Amélia ne se reprenne et ne fasse de nouveau entendre sa si jolie voix.

    « Je vous remercie, Monsieur Harrow. Pour être franche, j’aurais préféré que personne ne me voit dans cet état, mais puisque le destin vous a voulu à mon chevet tel un chevalier servant d’antan, il serait idiot de ma part de me priver de vos services, n’est-ce pas ? »

    « Tout à fait ! C’est un honneur ! Que dis-je ! Un immense plaisir que de pouvoir vous rendre service. » s’enflamma-t-il, heureux qu’elle avait l’air d’aller mieux.

    En effet, sa muse se relevait doucement, se mettant sur le côté et attrapant le communicateur, elle s’excusa. Byron assentit d’un simple geste de la tête et ne bougea point. Il ne lui vint même pas à l’esprit qu’elle lui demandait peut-être un peu d’intimité. Il resta là, accroupi, les bras posés sur ses genoux, la tête droite pour ne pas manquer une miette que lui offrait sa déesse. Et tandis qu’elle parlait avec le dénommé MacDoherty, il s’efforça d’imprimer dans ses prunelles émerveillées les courbes, les gestes, la tenue, l’élégance, le raffinement, tout ce qu’il pouvait capter de la merveilleuse femme allongée devant lui. Il avait sûrement l’air d’un enfant devant un paquet de douceurs, mais cela n’avait que peu d’importance. Byron n’avait presque plus conscience de son propre être lorsqu’il regardait Amélia, totalement plongé dans son observation.
    Ce fut encore sa voix mélodieuse qui le sortit de sa rêverie.


    « Je crois que monsieur MacDoherty s’inquiète un peu trop à mon sujet, comme toujours. Et j’oses espérer que vous ne me couverez pas non plus comme une mère poule maintenant que vous êtes au courant de mes… petits tracas. »

    « Non ! Bien sûr que non ! Je n’oserais jamais… » s’exhorta-t-il en se relevant tout à coup. Le peignoir de bain que portait toujours le jeune homme imprima un peu tard le mouvement et eu l’effet d’une petite jupette qu’un petit vent soulève légèrement, effrontément.
    Mais de cela, le bassiste n’en eut pas conscience. Tout son être étant porté vers la femme couchée sur le lit.

    Summum du summum, la divine créature se laissa même aller à lui donner des explications concernant son état de santé. De cela, Byron en était infiniment reconnaissant. C’était comme si elle le jugeait digne de confiance, alors qu’il ne demandait rien d’autre que de pouvoir l’aider en quoique ce soit, même si cela consistait à lui faire son ménage. Une telle marque de reconnaissance, le shitennô se sentit très fier et écouta attentivement ce qu’elle lui disait, retenant le moindre de ses mots, grâce à sa mémoire auditive entraînée.

    « Je n’en ai jamais douté, ma Dame. » répondit-il fermement alors qu’elle le rassurait sur sa capacité à faire son travail.

    « Monsieur MacDoherty est au courant de mon... infirmité, ainsi que monsieur McGinley. J’espère pouvoir compter sur votre discrétion, Byron. »

    Comme un déclic, le jeune homme se mit presque au garde à vous, sa main se posant sur son cœur, il lui jura qu’au grand jamais, il ne révélerait pareille chose. « Dûssais-je mourir pour cela ! »ajouta-t-il un peu trop théâtral. Ce garçon devrait moins regarder d’holo-film et ouvrir plus souvent ses yeux sur la réalité. Ce genre de promesse ne se disait pas de cette façon. Mais Byron avait l’art et la manière de ne pas faire les choses comme tout le monde.
    Alors qu’il avait tout l’air d’un grand tragédien, se drapa de son honneur pour ne souffler mot à quiconque de se que l’on venait de lui confier, le regard d’Amélia se posa sur lui et il perdit alors toute dignité. Comment pouvait-il ne serait-ce que garder une telle position alors que la femme de sa vie le regardait avec ces yeux-là ? Totalement impossible ! C’est donc sous son sourire doux que le jeune homme se ramollit sur place, s’affaissant presque et afficha, sans le vouloir, un sourire niais et un regard énamouré. Byron, ou l’art de se rendre ridicule en moins d’une seconde.


    « Nous avons bien vu quel risque constituaient pour vous les boissons chaudes, monsieur Harrow, mais je me demandais si vous n’auriez pas l’amabilité de me préparer une tasse de thé à la muscade. Il n’y a rien de plus efficace pour me remettre d’’applomb ! Je pourrais arriver à me débrouiller comme une grande, mais puisque vous avez si galamment offert vos services… »

    De nouveau, ce fut la voix du Commandant qui réveilla le joyeux musicien qui fit alors l’effort d’écouter ce que sa muse avait à lui dire. Puis, ce fut la minute de silence.
    Non, personne n’était mort. C’était seulement que Byron se rendait compte qu’il ne savait absolument pas faire un thé et qu’il se retrouvait donc dans l’incapacité totale de répondre à l’attente de sa bien-aimée, ce qui en soit était un crime de lèse-majesté ! Pas moins !
    Ce fut donc la mine défaite, les épaules tombantes qu’il avoua :

    « Malheureusement, je crains de ne pouvoir répondre à votre requête. Je ne sais pas faire du thé… » fit-il tout penaud.

    Et il attendit sa sentence.
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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

    Message par Amelia Caine le Lun 24 Aoû 2009 - 17:52

    Amelia ne peut s’en empêcher. Ce fut plus fort qu’elle. Malgré la maîtrise de soi légendaire dont elle faisait preuve en tant que commandant, la femme qu’elle restait ne put résister plus longtemps : elle éclata de rire. C’était un rire clair, et un peu cassé, comme s’il n’avait souvent l’occasion de sortir faire un tour dehors. La poitrine de la femme se soulevait et retombait sans cesse tandis qu’elle tentait de réprimer son hilarité, et ses yeux verts ne purent retenir une larme qui coula gaiement le long de sa joue. Reprenant tant bien que mal son souffle, elle essuya la larme d’un doigt négligeant, et inspira profondément, fixant son regard partout ailleurs que sur Byron Harrow. Elle n’osait plus croiser les yeux du musicien de peur de se remettre à s’esclaffer, et une dame qui avait conscience de la dignité de son rang comme Amelia ne pouvait s’y résoudre. Même si elle en avait très envie. Dieu que cela lui avait fait du bien !

    Les épaules toujours secouées de frissons hilares, elle réussit enfin à se tourner vers l’infortuné shitennô à l’air penaud. Le rire d’Amelia n’avait rien eu de moqueur, et elle espérait qu’il s’en était rendu compte. Mais quand elle lui avait demandé de faire du thé et qu’il avait avoué ne pas savoir comment s’y prendre, l’air que le jeune homme avait pris avait été si désespéré qu’on aurait dit un chiot prêt à être jeter au fond d’un lac dans un sac. La disproportion de la réaction de Harrow avait paru tellement comique à Amelia qu’elle n’avait pas pu se retenir. Mais à nouveau parfaitement maîtresse d’elle-même, elle sourit à Byron, décidée à le rassurer :

    « Ne vous inquiétez pas monsieur Harrow, je ne me moquais pas de vous. Mais vous aviez l’air si… déconfit que je n’ai pas pu m’en empêcher. Cela doit faire des lustres que je n’ai pas ri ainsi. Ca vaut largement une tasse de thé, Byron, merci à vous ! »

    Les yeux pétillants, elle se leva et se dirigea vers le coin cuisine, balançant sa longue chevelure rousse derrière son épaule tandis qu’elle continuait de parler au bassiste :

    « Je n’ai pas souvent l’occasion de me relâcher ainsi, entre mon travail et ma condition. Mais de toute façon, j’ai toujours été ainsi. C’est comme cela qu’on m’a éduquée. Et mon éducation, monsieur Harrow, m’a aussi appris à faire du thé. »
    Elle disposa le matériel nécessaire sur la minuscule cuisinière, et appela Byron sur un ton impérieux :

    « Venez que je vous apprenne comment faire. Je ne peux pas vous laisser ignorant ! »

    Et, tandis que le musicien s’approchait, Amelia ne pouvait s’empêcher de continuer de sourire. Une fois qu’il l’eut rejoint, elle le poussa devant le meuble et lui désigna le nécessaire à thé : théière au design qui rappelait celles en terre cuite qu’on utilisait sur la vieille Terre, sachets aux agréables et doux parfums, et boule à thé. Elle avait déjà mis l’eau à bouillir, et une dizaine de seconde à peine avait suffi pour que la technologie de la plaque fasse glouglouter les premières bulles et s’élever un peu de vapeur. D’un geste qui se voulait sans appel, Amélia saisit la main de Byron dans la sienne et lui fit attraper l’objet essentiel :

    « Ceci, mon cher, est une boule à thé. Nous allons la remplir de la bonne dose d’herbes… »
    guidant toujours Harrow, elle lui fit plonger l’objet dans un élégant sachet rempli de thé de muscade, et le dirigea ensuite vers la théière, où elle le fit l’y plonger. Elle retira sa main de celle du shitennô, et rangea la boule à thé dans le petit évier.

    « Maintenant, il n’y a plus qu’à laisser infuser dans l’eau chaude, c’est aussi simple que cela. En apparence du moins. Tout le truc réside dans le temps d’infusion : ni trop, ni trop peu. Uniquement celui qu’il faut. La perfection, monsieur Harrow. »

    Amelia mit quelques minutes à sortir deux nouvelles tasses, soutasses et petites cuillères qu’elle alla disposer sur son bureau. Tout ce matériel fut rapidement rejoint par le sucrier, et lorsqu’elle revint surveiller le thé, l’odeur de muscade lui chatouillait plus qu’agréablement els narines. Elle s’empara de la théière et, suivit de Byron, alla leur verser deux tasses thé fumant. Elle en tendit une au bassiste, et leva la sienne à son attention :

    « La première fois, il faut toujours déguster sans ajouter de sucre. Faites attention, cela se boit très chaud. »

    Elle porta sa tasse à ses lèvres, et en but une première gorgée qui descendit avec chaleur le long de sa gorge. Elle ferma les yeux un instant pour mieux savourer le goût subtil du breuvage et les rouvrit, verts et brillants, sur Byron :

    « La perfection. »

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    Re: Cabine du commandant Caine: un thé pour Monsieur Harrow [PV Byron]

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