Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

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    Message par Invité le Mer 30 Jan 2008 - 20:46

    Encore...

    Encore et toujours...

    'Rad n'était pas quelqu'un de désagréable, mais devoir se faire rafistoler la jambe par le médecin du bord ne faisait pas vraiment partie des priorités indispensables de notre brave petit lieutenant. A dire vrai, il n'avait pas eu de chance. Ou alors, si, justement. Cette même jambe qui avait eu la bonne idée de se raidir, quelques années auparavant, avait eu l'envie saugrnue de se jeter sous un shrapnel plus gros que nature lors de l'attaque de Pandore, il y avait de cela quelques 3 semaines. L'avantage est que cela lui permettait de n'user que d'une seule et unique canne pour se déplacer, et qu'il n'avait pas à immobiliser l'autre jambe. Il évitait ainsi de marcher en pingouin, ce qui aurait risqué quelque mauvaise plaisanterie d'un goût forcément douteux de la part de certains membres de l'équipage. Car il y en avait, des esprits scabreux à bord...

    Claudiquant dans le couloir, marchant de manière si régulière qu'il aurait pu mener une horloge franc-comtoise à la dépression, Konrad arriva devant la porte de l'infirmerie.
    Il soupira.
    Il allait encore devoir répondre aux question habituelles "est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous gratouille"-esques, ce qui ne le remplissait pas forcément d'entrain. Bah, après tout, c'était pour son bien. Et donc le bien du vaisseau, quoiqu'il pût cependant émettre quelques doutes là-dessus. Bienque ses sens fussent restés alertes, il n'avait pas su prévoir l'attaque du vaisseau, et cela le gênait. Non pas vis-à-vis des autres - car il s'en moquait comme des chaussettes de l'archiduchesse - mais vis-à-vis de lui-même. Il aurait préféré pouvoir tout prévoir. Son esprit un rien trop rationnel - et parfois rationnaliste - n'aimait pas vraiment l'imprévu.

    Il toqua à la porte.

    Un ange passa.

    Un second.

    Il frappa de nouveau.

    Dieu le salua de la main.

    Il essaya une dernière fois.

    Le paradis entier passa en excursion au niveau des plafonds du couloir, avec guide et chauffeur de bus compris dans le prix.

    Un rien las, et ne désirant pas se reposer plus longtemps sur sa patte folle-ouverte - mais pas encore purulente, heureusement - il appuya sur la poignée, et le miracle s'accomplit... la porte s'ouvrit.
    Il faut bien noter que, bien que ce genre de phénomène extraordinaire et un tantinet paranormal soit monnaie courante dans notre monde corrompu, cela laisse toujours pantois. Mais 'Rad était un homme d'action, un vrai, il ne se laissa pas submerger par cette masse de sentiments que lui provoqua l'ouverture de la porte. Il resta égal à lui-même.

    "Eryl ?..." demanda-t'il, d'un voix peu convaincue.

    Il jeta un regard à droite. Un autre à gauche. Le bureau était vide. La chaise du patient aussi, aucun vilain cadavre - ou macchabée putréfié - n'encombrait inutilement l'assise. Konrad profita de cette aubaine pour se glisser dans la salle et poser son séant sur la plaque horizontale de l'objet salvateur. Il posa sa canne en équilibre contre le bureau face à lui, et s'adossa.
    Sa blessure démangeait, ce qui était bon signe. Mais cela l'ennuyait. Il voulait - et devait - s'occuper de toute la mise en place d'un nouveau système d'armement et de défense, mais cette fichue commandante préférait que l'équipage soit en forme avant de s'atteler à la tâche.
    Bref...

    Un bruit parvint, au loin. Le docteur n'allait vraisemblablement plus trop tarder.

    Konrad soupira.
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    Erylianen Noerya
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    Message par Erylianen Noerya le Sam 2 Fév 2008 - 17:10

    [ et voilààà ! pardon pour les fautes par contre... ]

    « Maintenant, tu te la fermes et tu avales. »

    Le contrebandier regardait avec intérêt la petite pilule que venait de lui tendre le médecin de bord. Celle ci avait une coques légèrement souple et contenait une sorte de produit argenté à la consistance huileuse. Il appuya dessus un peu pour tester la souplesse de la gélule et se tourna vers le médecin qui affichait un air visiblement agacé.

    « Et ça se revend combien ?
    - Maintenant qu'il est à l'air libre, rien, mais en prime, t'auras de nouveau tes intestins qui sortiront de ton ventre. »

    Le contrebandier regarda la cicatrice qu'il avait le long de son abdomen, se souvenant qu'en effet, il y avait trois semaines, il avait pu voir ce « spectacle », il grimaça, mais pas démonté pour un sous, il rechargea un coup, à ces risques et périls :

    « Aller, combien ? »

    Ce fut suffisant pour qu'Eryl perde le peu de patience qui lui restait. D'un coup, il saisit la gélule de sa main gauche, pinça le nez du contrebandier de la main droite, emmenant la tête en arrière et donna un légers coup dans le ventre du récalcitrant (juste assez pour faire mal, pas assez pour ré-ouvrir... Eryl n'est pas un monstre quand même) . Ce dernier commença à crier de douleur, quand le médecin de bord lui jeta soudainement la gélule dans le fond de la gorge, refermant d'un coup la bouche et attendant d'entendre le bruit caractéristique d'un élément avalé.

    Une fois entendu, Eryl coupa tous mécontentements d'un ton sec :

    « Ouvre la bouche »

    Ce à quoi le contrebandier obéit, encore sous le choc de ce dernier coup du « médecin ». Eryl examina : c'est bon, c'était avalé. Sous les injures que proliférait le patient toujours allongé en massant son ventre entre deux toux, Eryl prit la porte et d'un coup sec sur l'interrupteur, il la referma. Il s'adossa au mur, se pinçant l'arrête du nez.

    L'infirmier arriva et demanda joyeusement

    « Alors, comment va m'sieur « toutes-tripes-dehors ? »
    - Il se remet malheureusement très bien !» Acheva Eryl.

    L'infirmier riait un peu et le personnel médical de Pandore se remit en marche.

    « Ça c'est passé comment pour toi ? Il t'as pas demandé combien ça se revendait ?
    - Si... Je l'ai menacé de faire passer cette gélule pas un endroit qui le rendrait invendable.
    - Je présume que c'est la version littéraire ça ?
    - Tout à fait ! Je ne voudrais pas heurter ta sensibilité ! »

    Eryl eut une grimace amusé. Oui, il imaginait tout à fait la scène avec le contrebandier, relevant un peu sa couverture et avalant rapidement son traitement, sous l'oeil de l'infirmier.

    Cela faisait maintenant 3 semaines que les journées se construisaient comme cela. Tout les matins, Eryl passait du temps avec son infirmier à voir chaque personnes ayant encore des séquelles plus ou moins importante due à la bataille de Dédale, leurs faisant prendre leurs médicaments si besoin était, et vérifiant qu'ils les avalaient bien. Pour quelques contrebandiers, tout était argent comptant, le médecin l'avait bien vite compris.

    Au bout de trois semaines, l'organisation avait repris place à l'infirmerie. Maintenant, il n'y avait plus de mauvaises surprises quand à l'état des patients (encore que le personnel médical restait quand même sur leurs gardes...). Une partie des blessés les plus graves était passé de vie à trépas, l'autre partie était à l'infirmerie sous surveillance importante, les blessés qui ne demandaient plus que du repos avaient retrouvé leurs cabines si elles existaient encore et les blessés légers avaient retrouvé leurs activités. Si besoin il y avait, ils allaient à l'infirmerie, à part pendant les tournées, il y avait toujours une surveillance. Et si tournées, il y avait, il fallait attendre alors. Encore que certain impatients s'étaient amusés à créer quelque problèmes dans la salle de repos, faisant ainsi accourir le médecin et l'infirmier, mais force était de constater qu'ils l'avaient après amèrement regretté, l'équipe médical de Pandore ayant un contact assez étrange avec leurs patients...

    « Et Andrea ? »

    La question d'Oliver ramena Eryl sur le vaisseau. Il regarda sur le coté, voyant qu'ils étaient arrivés à l'embranchement qui séparait l'infirmerie des quartiers de repos de l'infirmier. Le gamin soupira et lança mollement :

    « J'vais faire un tours à l'infirmerie voir s'il n'y a pas de problème et j'irais le voir. Tu peux aller pioncer. »

    L'infirmier salua rapidement et s'enfonça joyeusement vers le couloir qui le mènerait à sa chambre. Il fallait dire que les tours de gardes étaient épuisants : les matins, ils assuraient tout les deux les visites, puis, pendant que l'un partait dormir, l'autre restait à l'infirmerie, jusqu'à la fin des visites suivante, moment où lui même pourrait aller se reposer. Et encore, il fallait quand même s'attendre à être dérangé, au cas ou.

    Et voilà, Eryl se retrouvait seul, marchant dans le couloir, se dirigeant vers l'infirmerie. Il était fatigué de toute cette histoire, la bataille de Dédale, qui lui avait donné un boulot fou. Il savait bien que ce genre d'affaire était possible, mais se retrouver ainsi dans le feu de l'action, ça avait été quelque chose. Il repensait un peu à ces trois dernières semaines. À présent, il pouvait apprécier qu'on le regardait généralement en médecin, plus en jeune freluquet qui se prétendait médecin, mais à quel prix.

    Arrivant devant l'infirmerie, il remarqua que la porte était ouverte. Ah ? Il l'avait laissée ouverte, ou bien ? Eryl continua son chemin. Qui que ce soit (ou quoi que ce soit), de toute façon, il devait bien y aller. Avant de passer l'encadrement de la porte, il prit un grand coup son inspiration et finalement, il entra. Là, il vu le lieutenant tactique, installé, tranquillement dans un des fauteuils. Fatigué, irritable et tout ce qui s'en suivait, le médecin aurait bien lancé un « Faut pas se gêner ! » mais il garda sa bouche fermée... C'était à la jambe qu'il était blessé le Lieutenant... Alors, s'il était resté debout, de toute façon, Eryl aurait gueulé aussi, disant que ce n'était pas intelligent de rester debout dans des cas comme ça... Il haussa les épaules, et finit par dire, comme tout bon médecin qui se respecte :

    « Bon, qu'est-ce que tu veux ? »

    Sauf que tout bon médecin qui se respect essaye d'avoir un meilleur rapport avec ses patients, d'être plus calme, plus patient, plus poli... Mais il ne fallait pas oublier qu'Eryl était un salle gosse avant tout. Tout cela pouvait créer quelques conflits de comportements au final...

    Aaaah, Dur, dur, d'être emmerdeur et médecin !
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    Message par Invité le Sam 2 Fév 2008 - 22:45

    Le comble du comble est certainement de se voir adresser des reproches alors qu'il n'y a aucune raison. Certes, pourra-t'on objecter, râler, se plaindre, permettent d'évacuer une partie de ce fichu stress quotidien aue tout un chacun emmagasine et vide habituellement sur ses gosses ou sur son chien. (ce qui, au final, revient à peu près au même)
    Le cul vissé sur sa chaise - si l'on passe outre la trivialité effarante d'une telle expression prosaïque - Konrad eu la joie et l'immense honneur d'être assimilé au chien d'Eryl. Au chien. Pas aux enfants. Non seulement parce qu'Eryl était cloîtré dans un vaisseau spatial, mais aussi parce qu'il ne pouvait avoir d'enfants. Physiquement, si. Enfin, selon toute vraisemblance. Mais il fallait se rendre à l'évidence : un môme de 15 piges coincé sur un navire contrebandier avait peu de chances de fonder un foyer...
    A moins qu'une des "dirigeantes" de Pandore ne se dévoue pour la bonne cause. L'idée aurait presque fait sourire 'Rad si l'instant n'était aussi dramatique, si l'angoisse présente au coeur de chacun à bord n'avait atteint son apax. C'est pourquoi sa lèvre se releva en une grimace singeant un sourire. Il battit d'aileurs un record en l'affichant 3 dixièmes de secondes. Puis il redevint de marbre.

    « Bon, qu'est-ce que tu veux ? »

    Konrad se tourna légèrement pour faire face
    Ah ! Messieurs les anglais, tirez les premiers !

    " Bonjour, Erylianen," dit-il en prenant bien soin de découper chaque syllabe de l'interminable nom du médecin, lentement, comme pour montrer que lui ne s'énervait jamais. Ce qui, sans être vrai, n'était pas faux.

    "Ce que je veux ? Mis à part le dernier numéro de CosmosPlayBoy que tu m'as piqué, je viens simplement pour ceci," dit-il en montrant sa patte folle encore plus déglinguée depuis la bataille.

    "Je croyais me souvenir que tu m'avais dit de passer chaque jour que Dieu fait. Mais je peux me tromper, après tout, je ne suis pas docteur, moi..."


    'Rad regardait le médecin. De tous les vaisseaux qui sillonaient les galaxies existantes ou à venir, il avait fallu que Pandore ait le seul médecin de moins de 25 ans.
    De moins de 20 ans.
    Pas même adulte.
    A peine 15 ans.
    L'avantage était que le petiot avait un certain sens de la répartie, ce qui avait pour habitude de mettre de l'ambiance lors des longues veillées d'hiver au coin de la Vivenef, lorsque l'équipage mangeait des chamallows en chantant des chansons que seuls les scouts connaissent. Et que seuls les scouts apprennent, d'ailleurs. Bref, cela était pour le moins surprenant, un peu comme un caniche en tutu faisant du vélo. Mais Konrad n'avait jamais vu de caniche, et ne venez surtout pas lui parler de tutu !
    Le médecin était donc très atypique, pour être concis.
    Fouillant dans sa veste, Konrad en sortit un papier un peu froissé, le même qu'il avait donné à un membre de l'équipage quelques deux mois auparavant. Le jour même où la seconde - enfin, maintenant la commandante - venait d'arriver.

    "Je pourrais en avoir, aussi, s'il t'en reste ?"

    Pas de s'il te plaît. Non pas qu'il fût grossier, mais simplement par habitude, certaines choses lui semblaient crouler sous le sens. Et avoir ses antalgiques en faisait partie, non seulement pour son bien-être, mais aussi pour celui de tous. "Un lieutenant tactique endommagé, et c'est tout le vaisseau qui va morfler" aimait à répéter l'un de ses professeurs, lorsqu'il suivait les cours de stratégie élémentaire et d'armement.
    Ses pensées revinrent sur le médecin. Quitte à passer 10 minutes à se faire tripatouiller, rafistoler, plâtrer, emballer c'est plié, autant tâcher de paraître, sinon aimable, au moins sociable.

    "Et comment ça se passe de ce côté-ci ? Beaucoup de boulot ? Au fait, il y a des problèmes chez toi, parce que de mon côté, des circuits se sont décollés entre la coque et la cloison interne… pas la joie, quoi !"

    Bon, il est vrai, il y a de meilleurs sujets de conversation "juste pour parler" mais 'Rad préférait les éviter car il détestait parler de quelque chose qui ne l'intéressait pas outre mesure.
    Il continua de fixer le médecin, attendant poliment – mais négligemment – des informations ainsi que, accessoirement, des soins…

    "Et sinon, elle te plaît la page centrale de mon magazine ?" lança-t'il, abrupt.
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    Erylianen Noerya
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    Message par Erylianen Noerya le Mar 5 Fév 2008 - 23:46

    Eryl avait écouté avec un calme étonnant son long prénom être prononcé syllabe, par syllabe, minutieusement, et sans erreur, s'il vous plaît. Oui, très bien, et après ? Il se demanda vaguement s'il y avait un message caché derrière cette prononciation lente, mais franchement, il n'en avait strictement rien à faire et ne s'y attarda pas plus longtemps. Après ce "salut", disons, "bref", le médecin conclut d'un ton d'enseignant :

    " Très bien, demain, on apprendra les noms de famille, la classe est finie."

    Si c'était du zèle que le lieutenant Tactiques essayait de faire preuve, c'était raté : c'était Docteur Noerya pour les zélés, pas vrai ? Mais pourtant, Eryl aurait bien été le dernier à demander au gens de l'appeler comme ça. D'un, il trouvait le titre pompeux. De deux, il pensait, naïvement il l'admettait lui même, qu'être appelé par son prénom, c'était un signe d'intégration en tant que individu, alors qu'avec un titre comme, Docteur, c'était plus signe de dépit. Peut-être certain l'acceptait par dépit, oui, mais c'était trop démoralisant à penser. Et non il n'y avait pas de trois.

    Il finit par aller s'assoir sur le bureau, non loin du lieutenant tactique pour l'écouter énoncer ces malheurs et surtout la raison de sa présence ici. Évidement, il tilta immédiatement sur cette histoire de magazine. Il commença vivement :

    " Quoi, quel dernier numéro de..?"

    Mais il s'interrompit, visiblement, le lieutenant avait pour tactique de ne pas lui laisser en placer une. Bonne idée, peut-être qu'Eryl finirait par oublier cette histoire là. D'ailleurs, il trouvais ça si peu important qu'il décida de rapidement ne plus y penser, juste réfléchir sur son patient, l'expédier vite fait bien fait chez lui, et reprendre sa journée qui était loin d'être finie. Voilà, c'est ce qu'il allait faire...

    * Cosmoplayboy, hein ? Ah ouais, on va être deux à jouer à ce p'tit jeu alors.*

    Bon, finalement, l'esprit du médecin de bord ne semblait pas être aussi facile à convaincre quand à la futilité de quelque chose...

    Finalement, Konrad finit par un "je ne suis pas médecin, moi..." qui n'était pas du goût d'Eryl. S'il se gardait bien de demander aux autres la mention de son titre quand on lui parlait, il n'aimait pas non plus qu'on le remette en cause. Il plissa un instants les yeux et attendit la suite, certain que le lieutenant ne s'arrêterait pas en si bon chemin, ruminant une hypothétique vengeance. Et en effet, suite il y eut puisque que le lieutenant lui tendit une ordonnance, vielle, fripée et tout ce qui va bien pour une ordonnance. Il la regarda de biais, déchiffrant avec peine les écritures. Pour être médecin, on dit toujours qu'il faut savoir mal écrire. Ce médecin là avait prit cette remarque bien trop à coeur.

    " J'vais te chercher ça... Et pour ton magazine. Les seules femmes qui acceptent de rester une nuit dans ton lit te manque déjà ?"

    Enfin, d'un pas lents en tentant toujours de déchiffrer la note, il se dirigea vers la "pharmacie", ouvrant la porte d'un geste distrait. Il chercha quelque minute quand le lieutenant lui demanda quelques nouvelles, si ça se passait bien, ce genre de formalité. Déjà sur la pointe des pieds pour attraper un médicaments qui, loi de l'emmerdement maximum oblige (ou dite Loi de Murphy, également appelée loi de la tartine Beurrée), se trouvait en haut de l'étagère, Eryl ressentait comme une pointe d'exaspération, cette recherche de contact humain le laissa froid :

    " En quoi ça te regardes !" fit-il entre les dents.

    Au bout de quelque tâtonnement, il finit par faire tomber une des boites que son crâne décida d'amortir par pur esprit d'altruisme. Il ramassa la malheureuse boite tombée à terre, regarda rapidement consigne, dates d'expiration... Non, ça lui semblait bon tout ça. Il y eu cette ultime question qui fit lâcher la boite à Eryl. Il la ramassa encore une fois,et la tendit à Konrad, un légers sourire sur les lèvres.

    " Ch'ais pas... Trop usée !"

    Il se dirigea ensuite vers la table d'auscultation, enfila une paire de gants jetable qu'il prit un malin plaisir à faire claquer sur ces poignets et finit par lancer :

    " Alors, à nous, voyons cette jambe !" Un peu comme un boucher qui regarde son prochain jambon... Bref, le genre d'invitation qui donne envie.

    Finalement, il finit par tapoter affectueusement l'assit de sa table, faisant signe à son malheureux patient de venir, et de lui montrer cette jambe. Il prépara rapidement un peu de matériel nécessaire à l'osculation (de la jambe, précisons le bien) et lança un petit sourire, presque innocent, au tacticiens.

    Ah, le lieutenant tactique n'avait pas à se plaindre, s'était lui même qui était venu à l'infirmerie !

    [ bon, heu, si ça te vas pas, dis le, je recommencerais ! ^^' ]
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Invité le Mer 6 Fév 2008 - 11:41

    Ah, le médecin semblait prêt à répondre à ses petits piques. Soit. C’était l’une des caractéristique des gens de cette Vivenef : la capacité à démarrer au quart de tour. Donc le petit gamin à peine entré dans sa puberté voulait jouer ? Soit. Après tout, Konrad n’avait rien de mieux à faire, si ce n’était serrer les dents le temps de se faire palper la plaie. Alors si cela pouvait rendre son calvaire plus supportable…
    Rangeant là ses violons larmoyants, il déclara, de manière enfantine :

    « Oui, papa E-ry-li-an-en. »

    Décidément, le petiot n’appréciait pas : soit son prénom, et cela pouvait se comprendre, Konrad – heu, Erylianen, pardon – n’était pas spécialement facile à porter, surtout si l’on ne fait pas partie de ces histoires rocambolesques où les protagonistes ont tous des épées et cherchent à détruire un quelconque anneau maudit ; soit, simplement, il n’était pas d’humeur. Ceci étant, il aurait pu être amusant d’imaginer l’amalgame des deux.
    Ah, ça y était ! Le CosmoPlayBoy avait fait son petit effet, et la première réaction du médecin fut la bonne.

    « Comment ça, quel dernier numéro ? Parce que tu m’en as piqué d’autres ? »

    Tout cela, bien évidemment, sorti sur le ton le plus surpris – et presque colérique – qui fût. Question d’authenticité, vraisemblablement. Bref, il sentait que la proie avait mordu à l’hameçon, et il était décidé à ne pas lâcher l’affaire avant d'avoir égorgé la bête. Façon parler, bien sûr. Ou pas.
    Pour le moment, le marabout du vaisseau lui sortait ses tranquillisants, pour lesquels il s’était fabriqué… hum… avait obtenu une ordonnance tout ce qu’il y avait de plus respectable. Mal écrite – encore une fois, pour permettre à quiconque de bien vérifier que ce document avait été écrit par un médecin – un peu chiffoné – pour montrer que le papier avait été introduit à la va-vite dans la poche, signifiant l’empressement du malade sub-claquant à avoir son remède miracle – et tamponné – un bouchon de liège pouvait être très pratique, décidément.
    Après, donc, que le marmot a ramassé son soin curatif – avec lequel il n’avait pu s’empêcher de jouer, quel monde, mes aïeux ! – il crut bon de placer une petite phrase bien sentie. ‘Rad, en sombre héros romanesque, esquiva le tir par un haussement de sourcil violemment dramatique, mouvement qui aurait pu être renforcé par une musique stridente, digne des meilleurs morceaux d’Ennio Morricone. Un duel sans pitié s’engageait déjà, et la tension était à son comble, palpable, suintante. Oppressante.
    Décidant finalement d’abréger ces 2 dixièmes de secondes lourds en intensité tragique, notre valeureux guerrier germanique – dont il avait, sinon la force, du moins le nom – rompit le lourd silence de plomb qui l’avait assommé en tombant. (mine de rien, c’est lourd, le plomb…)

    « Au moins certaines acceptent-elles de rester une nuit dans le mien… »

    Il laissa glisser tranquillement ses yeux sur tout le contour de la pièce. Mur, mur, plafond, mur, bureau, mur, docteur.

    « Mais ne t’inquiète pas, tu connaîtra ça, toi aussi, quand tu seras plus… grand… »

    Dieu que cette touche était mesquine ! Il prit un air presque désolé d’en être venu à parler de ce problème de verticalité. Il tâcha donc, en bon chrétien, en souvenir du temps où il avait été enfant de cœur, de se rattraper.

    « Enfin, vieux, quoi, tu m'as compris… Ce que je veux dire, c’est que les hormones de croissance font des merveilles, de nos jours… »

    Décidément, il fallait le vouloir, pour faire autant de bourdes en si peu de phrases !
    Et, comme l’auront compris les observateurs les plus aguerris, cela n’était pas totalement involontaire de la part de leur personnage préféré, celui dont la mention seule suffisait à faire frémir les filles les plus prudes.
    Se calant un peu plus dans son siège – inconfortable, comme chez tous les médecins – il continua sa palpitante conversation.

    « Non, effectivement, je n’en ai rien à faire… Enfin rien d’autre que de m’assurer de la bonne tenue du vaisseau. Je ne voudrais pas me faire enguirlander par notre pulpeuse commandante pour négligence. Surtout si cette négligence a conduit à la mort prématurée de notre cher et tendre docteur… »

    Sa voix était tellement dégoulinante de pathos qu’un acteur body-buildé – celui qui avait commencé sa carrière en jouant un de ces personnages à grosse épée etc. etc. – aurait pu en verser une larme. Si des violons avaient pu jouer, rien n’aurait pu être aussi dramatique que ce moment, sauf, peut-être, si le violoniste en question était une ancienne star néerlandaise de la vieille Terre. Cela, à la rigueur…
    Il fut presque surpris d’entendre le médecin lui répondre quelque chose de peu avenant quant à la page centrale dudit magazine…

    « J’en conclue que tu ne perds pas la main… » lâcha-t’il juste avant de se relever, pour faire face à l’adolescent entre les mains duquel reposait tout le salut de sa jambe.

    Le voyant tapoter sur ce qu’il convenait d’appeler une table de dissection (ou de vivisection, en fonction de l’état des patients…), il répondit, d’une voix chantante :

    « Oui, docteur ! » tout en s'allongeant sur l'autel sacrificiel.

    Au moins le médecin souriait-il, ce qui ne devait pas être un trop mauvais présage…


    [HRP : désolé, si ca ne te conviens pas, j'efface tout et je recommence ^_^]
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    Erylianen Noerya
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    Message par Erylianen Noerya le Mer 6 Fév 2008 - 17:10

    [ ça devient... Heu... Osé comme sujet avec toutes les allusions... Heu... Âme sensible s'abstenir !!]

    Un jour, Eryl promettrait d'avoir un rapport classique avec les gens qui entreraient à l'infirmerie pour avoir des soins... Ils viendraient cordialement, seraient normalement accueillit et aurait des soins sans aucune anicroches. Et pour finir, ils salueraient tranquillement et partirait comme si de rien n'était. Oui, un jour, ce serait peut-être comme ça. Et bien ce jour... N'était pas prêt d'arriver. Si déjà le médecin de bord s'était fait de nombreuses promesses comme ne pas s'attaquer au physique de quelqu'un (qu'on ne choisit pas...) ne pas s'attaquer au handicape de quelqu'un (qu'on ne choisit pas non plus...) ou encore, ne pas chercher de vengeance en risquant la vie de quelqu'un ( Eryl n'était pas si rancunier quand même...), avoir une relation normal avec ses patients n'était pas encore du tout d'actualité. On s'occupe comme on peut...

    "Bien évidement que j'en ai prit d'autre..."

    Eryl haussa les épaules et continua tout naturellement dans le fil de la conversation :

    " Le bosco avait besoin d'une litière pour son chien, et vu la quantité que tu avais de ce papier, je me suis dit que ça ne poserait pas de problème. Et vu que tu ne remarques pas la disparition de quelques magazines, c'est que ça ne doit pas poser de problème.

    Ah, mais ne t'inquiète pas, il semble en prendre autant soin que toi !
    " acheva-t-il, tout sourire.

    Le lieutenant tactique ne semblait pas vouloir s'arrêter là et continua le duel de piques par le fait que au moins, quelque femmes restaient dans son lit. Eryl eut un sourire gentil et lança innocemment :

    " Et le fait qu'elle soit gonflable fait au moins que tu n'as même pas à les saouler pour les mettre dedans, impeccable en somme."

    Réellement, le médecin ne connaissait absolument pas les relations que le Lieutenant pouvait bien avoir avec l'équipage et sincèrement, il n'en pensait pas grand chose. Le lieutenant était, en théorie, un grand garçon et Eryl ne se sentait pas vraiment concerné par tout ça. Ayant apprit tout le cycle de la reproduction à un âge où on préfère penser qu'on est née dans les choux et roses, ou alors penser que c'est le Drirol qui nous a apporté à la porte de chez nos parents ( Version 3.333 de la cigogne), il avait vite éprouvé une sorte de froideur quand à tout ça et ne se sentait pas obligé de connaître la pratique sur ce point là. Huum, passons.

    Eryl resta de marbre quand à la X ème évocation de sa taille. Entre le commandant qui ne lui donnait que des surnoms par rapport à cette petite taille et l'équipage qui ne semblait pas se lasser de vanner dessus, il devait y être habitué maintenant. Ou pas.

    " Contrairement à certain, ma croissance n'est pas finie... "

    Et il y avait aussi que les longues séances où le petiot débattait avec lui même quand aux avantages d'être petit et au inconvénients d'être grand commençait à (presque) porter leurs fruits. Car bon, sa croissance n'était peut-être pas finie, mais Eryl n'en attendait pas grand chose, pensant que sans doute, il resterait à jamais un petit. Seul l'avenir le dirait. À condition qu'il vieillisse assez longtemps pour en arriver là, sujet qui fut abordé par Konrad d'ailleurs... La mort prématurée du cher et tendre médecin. On pouvait s'en étonner, mais Eryl ne répondit rien du tout à ça, se contentant d'esquisser un sourire sur le côté. Sourire peu sympathique à vrai dire. Non pas qu'il s'en trouvait choqué ou quoi que ce soit, non, c'était simplement qu'il pensait que...

    La nouvelle pique sur l'histoire du magazine lui fit chasser les idées qu'il avait, il en était presque reconnaissant aux lieutenant, bien que la pique n'était pas spécialement sympathique. Pas grave, il avait encore de quoi répondre dans sa valise :

    " Et à la vu de l'état du reste de ton magazine, j'en conclut que je n'ai pas de soucis à me faire quand à l'état de la tienne..."

    Eryl resta pensif quelques secondes avant de finalement ajouter :

    " Ou alors au contraire, je devrait peut-être vérifier si elle n'est pas un peu trop sollicitée ? Huuummm... Droitier ou gaucher ?"

    Cependant, quand le lieutenant vint s'allonger sur la table pour les boucheries pour l'auscultation journalière, Eryl perdit tout sourire malsain et tout air provoquant, il se présentait de manière calme et regardait un instant la jambe de son patient. [ soit dit en passant : elle est où cette plaie ? ] Il se demandait si une malédiction ne le touchait pas. Se faire blesser de manière irrévocable était déjà un exploit en soit avec la médecine moderne, mais que de toutes les parties du corps, seule cette jambe ai de nouveau été touchée lors de la dernière bataille...

    Il tenta de ne plus y penser et défit lentement le bandage découvrant ainsi la plaie. Il regarda un instant et sembla satisfait de la voie que prenait cette plaie pour guérir. Si cette jambe ne pouvait plus retrouver un jour son usage normal, au moins, elle ne serait pas plus délabrée qu'avant. Il tâtonna, observa et conclut que c'était engageant, mais restait tout de même méfiant avec la plaie de la jambe maudite (prochain best-seller).

    " Si ça tire trop, prends des médocs que je viens de te donner, mais pas trop, l'abus de médicaments, dont ceux là, est dangereux pour la santé" dit-il d'une traite, habitué à toujours sortir les même phrases pré-construite.

    "Enfin, tu dois bien connaitre la notice depuis le temps... Et évite de trop marcher avec cette jambe, c'est pas bon pour sa cicatrisation."

    Eryl prit une compresse tout en parlant et y appliqua soigneusement un désinfectant. A dire vrai, le médecin aurait bien immobilisé plus longtemps le lieutenant, mais la plaie guérissait bien, il y avait déjà un grand manque d'effectif, et tout le monde avait du boulot. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était surveiller que cette jambe retrouve son états d'avant, à défauts de pouvoir faire mieux. Avant de poser la compresse sur la plaie, il lança de manière guillerette, presque chantonnant :

    " Attention, ça risque de piquer ! "

    Et très doucement, il mit la compresse sur la jambe. Si Eryl avait l'air de prendre grand soin à ne pas se montrer brutal, le désinfectant, lui, ne semblait pas avoir choisit le même chemin...

    Dommage !

    Encore que le lieutenant pouvait saluer un début de cicatrisation... Début, seulement, une plaie pareil ne disparaissait pas en 3 semaines... Tout en maintenant sa compresse, Eryl interrogea :

    "Sinon, des remarques sur cette plaie ?"

    Il continua, sentant de nouvelles piques poindre devant une perche si bien tendue, d'une voix monocorde en levant les yeux au plafond:

    " Pas moi, la plaie de ta jambe, ha-ha-ha, qu'est-ce qu'on s'amuse."

    [ Bon, on va faire simple : si un moment un de mes postes te conviens pas du tout, (irrégularité, un truc qui te gène, tout ça... Tu me préviens et je ferais de même, ça te va ? '_' ]
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Invité le Mer 6 Fév 2008 - 19:07

    [Impec']

    Les jeunes. Certains s'interrogent bêtement, se demandant pourquoi il semble exister une lutte des âges, alors que la réponse est toute simple. Les jeunes. Non, bien sûr, Konrad appréciait la jeunesse. Mais il la préférait dans un classe, où un professeur pourrait les enguirlander à l'envi.
    Et il fallait qu'un beau spécimen de jeune mâle soit présent sur Pandore. Dire que cela était éprouvant pour les nerfs était peu dire. Mais cela avait son "charme", ce mot que l'on emploie pour parler de ce que l'on abhorre tout en y mettant les formes. En vérité, Pandore n'aurait pas été Pandore si les personnes qui s'y trouvaient ne s'y trouvaient pas...

    Peu satisfait de ses réflexions philosophiques interrompues par les soliloques logorhéennes (si l'on nous passe ce splendide néologisme) du médecin du tas de ferraille, il reporta son attention, qui jusqu'alors s'était concentrée sur le replis de son pantalon en vue d'exhiber sa plaie sangunolente, sur le "jeune" susnommé.

    "Mmmh ? Oui, bien sûr !" lâcha-t'il, comme pour signifier 'bien sûr que j'ai écouté, et je suis tout à fait d'accord avec toi, tu es l'archétype de la pertinence'.

    Chez certaines personnes, cela signifie "ta bouche !" que l'on adresserait à un animal. Il perçut simplement la fin du reste d'un bout d'ersatz de début de faux-semblant de phrase, à laquelle il répondit :

    "Ambidextre. C'est pour cela que je suis si utile à bord... C'est aussi cela que ma hiérarchie semble apprécier..."

    Mais son visage se rembrunit d'un coup. Sa hiérarchie... Elle était seule, à présent, à diriger le vaisseau. Depuis que Rys avait été transformé en hachis parmentier spatial amélioré, les tâhes s'étaient accumulées sur l'ancienne seconde, et, logiquement, le moral de l'équipage était au plus bas. Bref, mieux valait ne pas penser à ce qui s'était passé, car le problème n'était pas de ressasser bêtement le passé, mais de construire l'avenir.
    Sur un tel slogan, il tenta de chasser les idées noires qui l'envahissaient et reporta son attention sur le gamin jobard qui aspergeait sa plaie d'anti-tout (ce fameux "truc" qui tue... tout !).
    Déjà, ce n'était pas spécialement beau à voir. Juste au-dessus du genou, il avait évité à la fois le broyage d'os et la section de l'artère. Dire qu'il avait le derrière bordé de nouilles était peu dire... Pourtant rétrécie, cette ouverture charnelle s'enfonçait encore jusqu'au milieu de sa jambe, ce qui anonçait vraisemblablement une amélioration, compte tenu du fait que sa patte folle avait été totalement transpercée lors de l'attaque.
    Et v'là-t'il pas que le médecin se mettait à appuyer, sans regarder.

    "T'en fais pas pour ma consommation de médicaments, ce sont mes cellules grises que je détruits, pas les tiennes, que je sache. Et je te remercie de l'attention que tu témoignes à mon égard, mais j'ai malheureusement besoin de me 'balader' dans cette sal***rie de Vivenef, alors à moins d'avoir une chaise roulante, tes conseils tu peux te les..."

    Il se fit plus sec que quelques instants auparavant. La pensée du commandant décédé y était certainement pour quelque chose. Et il coupa sa phrase avant la fin.

    "Excuse-moi, coup de pompe."

    Son visage le trahissait peu, mais on pouvait supposer que la fatigue n'était pas la seule cause de son irritation soudaine. En effet, 'Rad était plutôt constant.
    Il sursauta lorsque la compresse rencontra la chair à vif.

    "Nom de... !! T'as piqué le ratafia du cuistot ou quoi ??"


    Ses yeux étaient presque aussi gros que deux mappemondes accolées, et aussi ouvert que la jolie madame en page trois de son magazine (qui lui avait été, rappelons-le, honteusement dérobé !). Il serra les dents, regardant ce qui s'apparentait à de la fumée s'échapper de sa plaie.

    "Tu me cautérises à la chaux ??" lâcha-t'il, l'air de rien. "Note, j'en aurai vite fini avec cette jambe, comme ça..."

    Mais le médecin lui posa une question purement professionnelle. Avait-il des remarques sur la plaie ?

    "Heu... des remarques ? Ben, ça gratte, ça fait mal, et ça fait chuter mon capital 'attrait sexuel' à des profondeurs abyssales. Sans parler du choc émotionnel, contre-coup évident de la perte d'une lecture qui m'était TRES chère. Surtout en ces temps de vaches maigres..." siffla-t'il plus bas entre ses dents.

    Il haussa un sourcil inquisiteur :

    "Ca peut pas se recoudre ? Parce que là, ça fait un peu grunge, avec effet purulence et sang qui gicle, on a vu mieux... Même au XXIe siècle les hard rockers avaient arrêté, c'est dire !"

    Il n'avait pas grand-chose à dire, ni beaucoup de petites piques acerbes et bien senties (forcément bien senties) à envoyer sur le médecin.
    Mieux valait le ménager durant son ouvrage, savait-on jamais !
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    Erylianen Noerya
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Erylianen Noerya le Dim 17 Fév 2008 - 6:30

    [ Bon, j’ai fais ce post après quelques recherches (où j’ai vu des trucs vraiment pas joli...), j’espère que ça conviendra comme ça... Désolé pour l'orthographe, mais là, j'ai ce soir plus trop le courage de corriger ^^']

    Il y avait des caractères qui cherchaient toujours à avoir le dernier mot, à lancer la dernière petite/ mesquine/ méchante/ fourbe ( entourez la bonne réponse)pique qui pourrait énerver pour de bon le malheureux interlocuteur qui faisait face à la personne possédant ce trait de caractère. Eryl avait depuis longtemps adopté cet aspect particulier qui, plus d’une fois, l’avait aidé à atteindre ces objectifs. Seulement, un tel comportement amenait parfois de vives remontrances, ainsi le gamin s’était-il vite habitué à la myriade de réactions qui existait. Il y avait ceux qui tentaient de rester de marbre, ceux qui emmagasinaient pour se déchaîner un bon coup plus tard, ceux qui prenaient ça à la rigolade ou encore ceux qui s’énervaient un bon coup tout de suite ou bien encore... Bref, plein de réactions possibles.

    Qu’on lui parle alors sèchement laissait Eryl d’habitude totalement stoïque, de toute façon, il avait connut pire. Seulement, habituellement, c’était sur les piques elle-même qu’on s’énervait, par sur les recommandations qu’il donnait en tant que médecin. Car en tant que médecin, Le gamin s’était toujours efforcé de se montrer calme et patient, d’un sérieux inébranlable, malgré tout ce qui pouvait être dit ou se faire autour, il laissait totalement sa personnalité de coté, espérant que sur le point médical, au moins, on le prendrait aux sérieux. C’est pourquoi la réaction du lieutenant le surprit. Il haussa un sourcil, mais pas plus. Quoi que...

    « C’est mon boulot de prendre soin de cet équipage, alors tes remontrances... »

    Mais finalement, avant qu’Eryl aie put finir, le lieutenant s’excusa. Là, c’était vraiment une première pour lui. D’ailleurs, il ne put retenir de lancer :

    « T’es sûr que tu vas bien ? Tu veux que je t’examine la tête au passage ? »

    Puis il soupira lentement et avec une moue de la tête, il lança :

    « Laisse tomber. »

    De toute façon, il n’y croyait pas à ces excuses. Elles étaient là pour faire jolies, par réflexes ou même peut-être juste parce que « ça se dit »... Mais Eryl ne les pensait pas sincères. Ça, ça venait d’avant son entré sur Pandore. Ça faisait un moment qu’il ne croyait plus à ce que personne ne puisse un jour s’excuser sincèrement envers lui. Mais ça lui était pas mal égal, au fond. Ainsi préféra-t-il ne plus y penser et passer à autre chose.

    Et passer à autre chose, il faisait ça depuis trois semaines maintenant. S’efforcer de rester lui-même et passer à autre chose quand ça n’allait pas, changer la conversation... Pour lui ou pour la personne en face, peu importait. Il ne savait pas remonter un moral, alors, il tentait ça.

    A la remarque du Lieutenant, le médecin eut un sourire un peu sadique en prenant soin d’articuler

    « Restriction budgétaire... Il y a bien un de ces formidables petits produits qui ne pique pas, mais il coûte trop cher. »

    La vérité, c’est que ce produit était terriblement efficace mais aussi coûtait bonbon, surtout la version « non piquante ». C’était un produit shitennô, ces braves créatures ayant vite eut à lutter contre les pertes de sang sous-marines avaient très vite mis au point des anti-coagulants qui désinfectaient et, ô, miracle de la médecine moderne, permettait une meilleure cicatrisation. Il avait ensuite fallut quelques scientifiques un peu zélés pour se rendre compte que ce produit était aussi efficace pour l’espèce humaine, le métabolisme des shitennô n’étant pas si éloigné de celui des humains (à quelque système respiratoire prêt.). Bon, il y avait encore cette étrange réaction qui produisait une légère fumée... Mais les médecins moderne avaient apprit à ne pas en tenir compte. Et là, Eryl s’était retrouvé à devoir en utiliser en masse, de ce remède, variant de produit selon les cas, de traitements aussi... mais les soins s’étaient multipliés et restaient à long terme une lourde dépense. Pourtant, le budget, lui restait égal. Peut-être même avait-il un peu diminué avec les dernières pertes de marchandises...

    La remarque comme quoi Konrad en aurait finit avec cette jambe ramena Eryl les deux pieds dans l’infirmerie, avec un léger goût amer dans la bouche.

    « Et d’un, je fais mon possible pour que tu puisses la conserver c’te jambe, et de deux... »

    Il leva les yeux pour la première fois depuis qu’il était devant cette plaie vers le lieutenant.

    « Si tu veux, on peut en effet en finir pour de bon avec cette jambe... Vois-tu, j’ai une nouvelle scie... »

    Puis il hocha la tête en signe de négation. Même si le lieutenant lui demandait, de toute façon, Eryl refuserait. Il soupira devant le manque de considération qu’on lui faisait parfois preuve, mais ne fit aucune remarque dessus, se contentant de juste tamponner doucement et frotter légèrement la plaie et observer en écoutant les remarques du blessé, gardant un air neutre.

    « Bon, la plaie ne s’infecte pas, c’est bon signe, malgré les grattements et les douleurs. Faudra endurer. Et pour ton « attrait sexuel... » »

    Eryl eut un petit rire et répondit calmement un sourire aux lèvres :

    « Encore faudrait-il que t’en aies eu un. »

    Il passa une dernière fois la compresse, taponnant, frottant et finit par la jeter dans la poubelle prévue à cet effet la plus proche. Il allait saisir de nouveaux bandages pour remplacer machinalement les anciens quand le lieutenant lui posa une question. Il regarda la plaie fraîchement nettoyée quelque seconde avant de finalement reprendre la parole, posant les bandages en mains sur une desserte :

    « Ça, on l’a déjà fait. C’est cousu... »

    Il indiqua d’un doigt le centre de la trajectoire du projectile, faisant quelque rond dans le vide au-dessus du genou et ajouta finalement :

    « ».

    Il était conscient que son explication ne satisferait personne. Ainsi avant de se voir dire quoique ce soit, il continua, d’une voie un peu lasse :

    « On a recousu à l’intérieur avec des fils à résorption, ce sont des fils qui disparaissent seul avec le temps, car sans ça, ta jambe aurait encore des chances de ressembler à un joyeux gruyère. »

    Puis finalement, il hocha la tête.

    « On avait laissé ouverts pour voir comment la perforation allait se soigner, surveiller de près d’éventuelles complications possibles, mais vu que c’est en bonne voie, on peut recoudre le reste.

    Par contre...

    As-tu consommé quoi que ce soit qui puisse interagir avec une anesthésie locale ? Genre, tes antalgiques ou tout autre type de médocs voir même alcool ?
    »

    Pour recoudre, il faut une anesthésie locale, sans quoi, le lieutenant de com pourrait prendre des cours sur le lieutenant tactique sur « comment se faire entendre dans tout un vaisseau entier et sans instrument ».

    Par contre, il ne put s’empêcher de sortir :

    « Même les quoi ? »

    Puis il ajouta à la va vite :

    « Non, c’est bon, laisse tomber ! »

    Il était médecin, oui, à un très jeune âge, d’accord... Mais quel esprit naïf pouvait penser qu’il avait suivit un cursus normal d’étude pour en arriver là ? Pour atteindre l’objectif qu’il s’était lancé, il avait du faire des sacrifices... L’histoire en faisait partie. Mais tout, plutôt que de montrer son ignorance, ainsi insista-t-il, d’un ton un peu pressant :

    « Alors, t’as prit des trucs qui pourrait empêcher une anesthésie ou pas ? »

    Croisons les doigts pour que ça marche, mais franchement, Eryl n'y croyait pas vraiment...
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Invité le Dim 17 Fév 2008 - 12:14

    L'esprit humain a ceci d'intéressant qu'il est purement passionnel. Entendons-nous, mes bons enfants. Il suffit d'une phrase, d'un mot, d'une lettre, parfois (affranchie au tarif de la poste) pour voir une nouvelle éruption de feu l'Etna (sans aucun jeu de mots, croyez-m'en) chez son interlocuteur. Ainsi, la remarque de Konrad, qui était simplement due à la surprise de voir le médecin lui donner des conseils pour l'amélioration de son état physique n'était pas fait pour le laisser indifférent. Certes, c'était son rôle de médecin, mais imaginez un instant qu'une personne pouvant être votre petit frère, en pleine crise d'adolescence, acnéique, vous fasse des remontrances. Réaction conditionnée bête et méchante : "je suis plus vieux donc je sais".
    Notre chevaleresque lieutenant ignora donc la réponse d'Eryl, ainsi que sa plaisanterie. Il se contenta de le regarder d'un air morne - comme d'habitude, en fait - pour se remettre à fixer le plafond qui brillait par sa vétusté et sa saleté. Jamais 'Rad n'aurait cru que le sang pouvait gicler aussi haut...
    Néanmoins, quoique l'ambiance soit de plus en plus tendue au centre de cette petite pièce, il semblait chacun fasse des efforts pour plaisanter. Ou presque. Les restrictions budgétaires dont Eryl parlait, lui aussi les subissait, et de plein fouet. Il ne pouvait, pour l'instant, pas remplacer tous les missiles manquants, ni même remettre à flot tous les canons. Il avait préféré se concentrer sur les boucliers, car "un vaisseau protégé vaut 3 fois plus qu'un vaisseau surarmé". Règle numéro 1.

    "Ne m'en parle pas... Si on fait autant de coupes franches dans nos budgets, je sens qu'on va finir à poil dans une barque... Et pour voyager dans l'espace, c'est pas la gloire..."

    Il redescendit les yeux sur le petit médecin qui s'amusait encore à balancer sa soude caustique sur son ouverture charnelle. Ce dernier avait l'air d'avoir té piqué au vif, lui signifiant qu'il prenait soin de lui, sous-entendant que l'ingratitude commençait à lui échauffer les oreilles. Bah, il comprendrait plus tard les plaisanteries du lieut'tact'.

    "Ne te moque pas de mon pouvoir puissamment érotique, un jour j'ai réussi à enflammer une jeune demoiselle... le kérosène n'y était pour rien !"

    Il ne sourit pas, non seulement parce que ça le fatiguait - ou plutôt, ça le gonflait - mais aussi parce que sa plaisanterie était si convenue qu'il n'avait aucun besoin de la souligner. Pour une fois qu'il faisait un peu d'autodérision, on n'allait pas non plus insister, non mais !
    Il semblerait que sa plaie ait été déjà recousue, de l'intérieur. Possible.

    "Ah... si tu le dis... Me souviens pas... désolé, je devais encore être sous le... attends, comment ça s'appelle déjà ? ah oui ! Sous le coup de l'émotion. Et dire que nous n'avons même pas eu droit à ces "cellules de crise psychologique"... Après on se demande pourquoi on devient caractériel ! Avec des conditions pareilles... Révolution !"

    Le dernier mot avait éclaté dans sa bouche, comme une bombe, bien qu'il fût depuis quelque temps déjà préparé.

    "Enfin, pas maintenant, hein !"
    lâcha-t'il aimablement, signifiant 'ne me laisse pas la paluche ouverte'.

    "Pour ta question, j'ai pas pris d'antalgiques depuis une semaine, car j'ai paumé la boîte et j'ai complètement oublié de t'en redemander, avant aujoud'hui... Quant à l'alcool, heuuuu... Je crois que tu n'as pas fait très attention à ma physionomie d'athlète très baraqué... Non, pas de bibine, et ce depuis très longtemps... Tu m'imagines, torché, à diriger la défense de la Vivenef ?"

    Il fit mine de réfléchir, puis :

    "Ça pourrait être amusant, ceci dit... T'en penses quoi ?"

    Etonnant... Eryl semblait pas connaître ce dont il parlait.

    "Les hard rockeurs ! Ben, ce sont des groupes de musique, qui crachent, qui rotent, qui pètent, et qui ne se lavent pas les cheveux. En gros. Mais c'est génial ! J'en ai enregistré sur disques holo, si jamais tu en as marre de me piquer mes magazines, tu pourras toujours me chouraver ma musique..."

    Il espéra que cette plaisanterie n'aille pas énerver le médecin derechef, car il semblait sur les nerfs aujourd'hui. Comme tout le reste de l'équipage, d'ailleurs.
    C'est un peu ce qui faisait le charme de Pandore...
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Erylianen Noerya le Lun 18 Fév 2008 - 17:08

    Il y a des choses en ce monde qui ne s'expliquent pas. Des choses étonnantes dont on ne soupçonne même pas l'existence et qui arrivent comme ça, sans qu'on s'y attende, sans même qu'on fasse quoi que ce soit pour. Un début de conversation normal dans l'infirmerie de Pandore, un début de trêve en faisait parti et une baisse du débit de pique par minutes en était la conséquence. C'était presque incroyable, l'infirmerie, lieu depuis longtemps connue pour son ambiance si spéciale... Non, en fait, cette ambiance datait depuis la prise en fonction du médecin actuel, ça ne datait pas tant que ça... Et depuis la bataille, les traces de sang qui avait survécu à un nettoyage intensif donnait un autre petit quelque chose... L'ambiance était passée à glauque sans que le médecin n'y soit pour quoi que ce soit sur ce coup là...

    Mais donc, l'infirmerie de Pandore, lieu à l'ambiance si spéciale commençait à prendre la tournure d'une infirmerie normale, lieu où les gens discutent, de tout, de rien. Enfin... Si, ça parlait de restriction budgétaire très exactement. Eryl s'était plus attendu à quelque chose comme « Comment ça, restriction budgétaire ?! J'ai le droit à mieux que ça ! » plutôt qu'à un début de conversation. Étrange, le lieutenant devenait-il sénile ? Mais surtout, à l'annonce d'une barque spatiale, il ne put réprimer un sourire amusé et l'évocation de la tenu vestimentaire de chacun l'encouragea. Il commença à tourner la tête en lançant un petit :

    « Erwyn aussi serait à... »

    Mais il s'arrêta net en voyant le lieutenant regarder le plafond. Il fronça les sourcils et regarda de nouveau vivement la plaie, se focalisant dessus. Non, ce n'était pas spécialement joli à voir, mais il préférait ça à l'idée que lui évoquait le centre d'intérêt du lieutenant... Lui, il le détestait, ce plafond. Il faisait tout pour l'éviter, ainsi ces derniers temps s'adressait-il aux épaules des gens, dans les cas où ceux ci restaient debout, plutôt que de les regarder par les yeux et voir en arrière plan la tache qui restait de ce moment là.

    Dès le premier instant de répits qui avait succédé cette journée d'enfer, il avait entreprit, aidé par quelques autres personnes, de nettoyer aux mieux les séquelles de l'infirmerie en faisant disparaître toutes traces, effacer tous souvenirs de ce que ça avait été... Mais force était de constater que le sang avait cette énervante propriété : ça s'accrochait, s'incrustait et restait... En laissant, maintenant, un souvenir aussi indélébile que ces tâches. Et à présent, toutes personnes passant par l'infirmerie aurait le droit de voir encore quelques stigmates d'une journée folle, les tâches prenant leurs rôles de rappel très à coeur. Et le médecins et l'infirmier aurait le droit de voir ça en avant première et sans interruption. C'est pour ça que l'idée d'aller voir Andrea n'avait pas dérangé plus que ça Eryl quand il l'avait suggéré... Au moins, il ne serait pas à l'infirmerie pendant ce laps temps.

    Il serra les dents et tenta de penser à autre chose. Le retour de l'évocation du pouvoir d'attraction du Lieutenant aida à cette tache, ainsi Eryl se sentit un peu plus calme. Il allait bien lancer une pique, parce que bon, hein, c'était Eryl quand même, mais elle ne serait pas spécialement méchante. Signe de reconnaissance en quelque sorte.

    « L'allumette, par contre, elle, a bien aidée... »

    Facile, facile, me direz vous. Oui, c'était le cas. Et c'était une manière de ne pas envenimer les choses non plus, sorte de merci, dans le langage Erylien.

    Le lieutenant ne semblait pas avoir de souvenir du traitement qu'il avait reçut à l'infirmerie. Oui, bon, c'était normal aussi. Généralement, Eryl faisait en sorte que les gens ne voient pas ce qui se passe. Ça avait de quoi choquer son homme de se voir se faire recoudre quelque part... Et d'un. Et de deux, il est possible que le médecin n'est pas tellement expliqué ce qu'il faisait, il restait encore du monde à voir après... Bon, il était un peu en tord aussi. Un peu, on ne pouvait pas lui reprocher ça non plus vu la surcharge de boulot du moment...

    « Tu déconnes ? Une cellules de crise ça fait des bouches en plus à nourrir, à loger et à payer ! »

    Matériel ? Eryl ? Noooon... Jamais !

    Et comme pour répondre au « révolution » de Konrad, Eryl s'était levé... Pour aller chercher quelques trucs. Il avait retiré ces gants, direction, la poubelle la plus proche, et fouillait dans quelques meubles pour prendre le parfait petit kit de la couturière, mais pour suture, s'il vous plaît, et saisit dans un autre tiroir quelque seringue encore sous emballage. Posant son matériel sur une déserte, il saisit d'un pied un tabouret qu'il fit glisser jusqu'à lui et il saisit une nouvelle paire de gant qu'il enfilait, sans trop faire claquer non plus, car même si ça produisait son petit effet... force était de constater que ses poignets n'avaient pas tellement apprécié et lui faisait savoir par une petite vague de douleur vengeresse continue. Être théâtral avait un prix, mais il ne fallait pas en abuser non plus. Il lança finalement l'avertissement suivant :

    « J'espère que t'as un peu de temps à me consacrer, l'anesthésie prends pas effet en deux minutes et une suture, ça se fait pas en trois... Je dirais qu'il va me falloir 20 à 30 minutes environs... Et après, t'auras quand même une anesthésie dans la patte, ça facilitera p'tet pas le déplacement.»

    Autant prévenir, après tout, en ce moment, le lieutenant devait avoir un emplois du temps quelque peu... Chargé. Peut-être pas au niveau charnelle comme il se ventait de le sous-entendre, mais bon.

    « On peut remettre ta suture à plus tard donc. »

    De toute façon, aujourd'hui, c'était possible de faire la suture, mais demain aussi. Encore que là, il était lancé (enfin presque) et puisque qu'il n'y avait pas de contre-indication directe...

    « Humm... Je pense pas que tes Antalgiques aient été perdu pour tout le monde... »

    Après tout, on lui avait bien demandé combien se revendait un médicament sorti de son emballage... L'équipage retrouvait vite sa faculté marchande, ça, il n'y avait pas de soucis à se faire la dessus. Quand à diriger les défense bourré...

    * "On a été touché !!
    - Hips, pas grave... On attaque !!"
    *

    « Ouais, non, je suis pas certain que ce soit une bonne idée... »

    Eryl regarda le lieutenant et il ne sut pourquoi, mais la vision du Lieutenant tactique bourré lui resta à l'esprit... Ainsi répondit-il juste distraitement à la dernière remarque.

    « Oui, oui..., je n'y manquerais pas. »

    Non, définitivement, le lieutenant tactique bourré...

    * « On a perdu les bouclier !!
    - Ah ouais ? C'est chiant ça, non ? Bah ! Hips ! On fonce dans le tas !!
    »

    Eryl se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas en rire...
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Lun 25 Fév 2008 - 20:45

    On dit qu’on ne peut pas faire deux choses en même temps… Pourtant Erwyn en faisait trois : elle jonglait avec ce qu’elle avait chapardé sur sa table basse, relisait un bout du dossier d’Andrea et le tout en marchant dans les couloirs du vaisseau. Et elle n’entra en collision avec personne cette fois ! C’est dire si les miracles peuvent exister parfois…
    Elle referma d’un geste sec le dossier, ayant suffisamment étudié la chose. Et puis bon, descendre un escalier en lisant un document pouvait se révéler… dangereux si ce n’était suicidaire…
    Sautant la dernière marche, elle se rapprochait de son objectif. Elle croisa quelques personnes durant son trajet jusqu’à la porte de l’infirmerie et ces personnes se dirent qu’elle devait être de bonne humeur. En effet, la voir jongler était plutôt bon signe. Bien qu’elle ne le faisait pas à chaque fois qu’elle était de bonne humeur, l’équipage pouvait se dire qu’elle était un peu plus abordable dans ces moments-là.
    Saisissant une dernière fois l’objet au vol, Erwyn nota que la porte était ouverte. Elle passa donc l’encadrement et s’apprêtait à frapper à la porte lorsqu’elle suspendit son geste.

    Le spectacle devant elle avait de quoi la rendre perplexe : Erylianen, plus connu pour sa ronchonnerie habituelle que pour ses emphases littéraires, et Hlodowic, connu le plus ironiquement du monde pour son enthousiasme débordant et trépidant, en grande discussion ! Et le pire ! Le pire !! Eryl avait l’air de s’amuser !
    Erwyn se demanda un instant si elle n’était pas tombée dans une autre dimension. Un univers où le bambin serait un joyeux luron adepte de blagues en tout genre et le lieutenant un joyeux compagnon de rigolade…

    « Je dérange peut-être ? » demanda-t-elle plus pour signaler sa présence que pour obtenir une réponse.

    Comme Erwyn n’était pas du genre à s’incruster dans une conversation sans savoir les tenants et les aboutissants du sujet, elle s’abstint donc de tout commentaire sur les quelques bribes qu’elle avait pu entendre… dont une concernant une cellule de crise à nourrir, loger et payer…. Elle avait tilter sur le « payer ».

    Elle se remit à jongler avec sa clémentine en observant les deux personnages. Hlodowic avait un drôle d’air et Eryl avait sortit sa tenue de chirurgien… bon juste les gants mais c’était du pareil au même. Peut-être ces deux états étaient-ils liés ? Cela l’amusa l’espace d’une seconde de penser que c’était peut-être le cas.

    « Eryl. Une fois que tu auras fini de t’amuser sur notre lieutenant, nous irons rendre une petite visite à un certain prisonnier. »

    « Il me semble qu’il est en état de… discuter, maintenant.
    » ajouta-t-elle.

    Elle avait failli dire « en état de subir un interrogatoire », petit reste de sa formation militaire. Mais bon, comme quoi, tout se perd finalement.


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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Invité le Mar 26 Fév 2008 - 21:09

    C'est souvent dans des moments de forte empathie partagée que des individus surgissent tout à trac, l'air mauvais, le couteau à la main et la bave aux lèvres. Fort heureusement, Erwyn Von Drachnar - dont le nom faisait presque penser aux embarcations des Vikings prêts à aller piller/violer/massacrer (rayons joyeusement la mention trop utile) - savait garder sa salive pour elle, et ne sortait son couteau que pour manger, fort heureusement.
    Alors que le médecin en était à choisir avec quelle seringue il allait perforer sa peau - solide cuir d'avant-guerre - une tête ornée de longs cheveux précéda l'arrivée d'un corps élancé dans la salle. Le sang de 'Rad ne fit qu'un tour, il avait cru, pendant une fraction de seconde, voir Leïa Orgasma. Mais la plantureuse actrice avait les cheveux châtain, ce que la seconde - commandante - n'avait pas.
    Mais ce fut Eryl qui parla le premier, n'ayant pas pu voir entrer la gracieuse gazelle dont l'air de prédatrice dominatrice faisait resurgir certains instincts jusqu'ici refoulés du lieutenant.
    Il lui répondit aimablement, ce qui avait de quoi surprendre :

    "Puisqu'on est là, je préfère qu'on abrège les souffrances du pauvre petit lieutenant sous-payé que je suis... Déjà que mes conditions de vie ne sont pas optimales, ici, alors si tu pouvais m'alléger la vie, je t'en serais infiniment reconnaissant !"

    Naturellement, son petit discours s'était fini de manière emphatique, pour faire comprendre, de manière fort peu subtile - on est délégué à la défense du navire ou ne l'est pas - à sa supérieure qu'une petite augmentation n'était pas malvenue. Seule l'était cette allusion, en cette période de vaches maigres.
    Mais finalement, le médecin l'avait devancé, et refusa de la refermer.

    "Mais, mais, mais, mais ! D'odieuses bactéries vont rentrer ! Ce sera la gangrène ! L'escarre ! L'amputation ! La mort du petit cheval... heu, Konrad !"

    Son air de chien battu aurait pu faire se vider tous les canaux lacrymaux de la terre si, et seulement si, son air froid et sombre de almost-latin would-be-lover n'avait pas décrédibilisé le tout...
    Et c'est alors que la chefesse demanda si elle dérangeait.
    Ben...

    "Oui, plutôt, oui..."

    Oups ! Être direct peut avoir du bon. Peut.
    Être diplomate est souvent plus opportun. Souvent.
    Mais on est délégué à tout ce qui à trait à l'armement sur le navire, ou l'on ne l'est pas. Alors, lorsque l'on a à charge une dizaine de missiles, et quelques petits canons laser et ionique, la diplomatie passe après les effusions de sang, de larmes, et d'acier fondu. En gros, elle consiste en quelques mots simple : "Tais-toi, c'est moi le meilleur !"
    Tout un programme, en somme.
    Deuxième proposition de la sec... commandante.

    Alors, là, c'en était trop !

    "Attendez ! Vous voulez dire que l'on dois abréger mes soins pour aller branlotter un prisonnier douteux que l'on ne connaît ni d'Eve ni d'Adam, et qui s'est pété un ongle ?"


    Lui qui, d'ordinaire, était si calme, si posé, si distant, venait de s'empourprer. Non qu'il pensât que tout lui était dû, loin s'en fallait, mais un peu de reconnaissance n'aurait pas fait de mal, nom de nom !

    "Nan, mais je pense qu'il y a un peu plus urgent que cette pièce rapportée, à bord ! J'ai vu des machinistes, y'a pas 20 minutes, qui avaient vraiment besin de soins ! 2 ans de bons et loyaux services pour se faire empapaouter, ah ben merci !"

    Il renfila vite fait son pantalon, exaspéré. S'il y avait une chose qui pouvait mettre notre valeureux guerrier hors de lui, c'était bien ce manque de considération que l'on pouvait apporter à l'ensemble de ses collègues de travail. A l'ensemble du navire, donc. Jusqu'à nouvel ordre, ce nouvel arrivant était logé, nourri, blanchi, soigné, et peut-être même plus (si affinités) aux frais de la princesse, alors il ne fallait pas pousser mémé dans les bégonias. (ou les orties, selon vos références...)
    Il commença à se redresser, pour s'en aller, tempêtant.
    Pour se calmer, il irait chercher son CosmoPlayBoy, tiens...
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Erylianen Noerya le Mer 27 Fév 2008 - 22:20

    Il avait pourtant eut du mal à s'installer. S'immiscer en ces lieux, malgré les deux protagonistes présents, malgré un départ qui le donnait pourtant perdant... Et pourtant. Il avait gagné, l'espace d'un instant, il était présent, et ( personnification anthropomorphique parlant ), il avait de quoi être fier de lui. Et on pouvait l'admirer : admirer sa persévérance et finalement sa victoire... De qui je parle ? Du Calme. Il était rare de pouvoir y goûter à l'infirmerie, surtout quand Eryl y était, et pourtant, ce jour là, à cette heure là... Aucune voix ne s'élevaient dans l'infirmerie en y faisant trembler les murs, aucune méchantes piques n'avaient été lancées et aucune menace ne s'était fait entendre.

    Comment un tel miracle pouvait-il être possible ? Et bien, il y avait un lieutenant qui, mine de rien, tenait à garder sa jambe. Ainsi, avait-il préféré, l'espace d'un instant, rester tranquille et ne pas mettre le médecin en colère. Sage décision puisque le dit médecin, fatigué par les dernières semaines passées, las des prochaines semaines futures, se trouvait d'humeur plus irritable aux moindres prétextes, mais inversement, si on le cherchait moins, il mordait moins. Entendez par-là que depuis que le lieutenant lançait moins de pique, Eryl se sentait moins d'humeur à jouer les insupportables.

    Une victoire pour le calme, donc... Quel dommage que quelqu'un vienne impunément gâcher cette sérénité qui avait eut tant de mal à venir !

    En un premier lieu, Eryl n'avait pas bien compris où le lieutenant voulait en venir... C'était quoi cette histoire d'augmentation ? Bon, il mettait ça sur le compte des "vannes vaseuses", dire quelque chose pour ne rien dire. Ainsi n'y répondit-il rien de plus que l'hypothèse que la suture pourrait être retardée à demain. Mais le lieutenant ne semblait pas d'accord et lui faisait remarquer de manière un poil exagéré... Mais Eryl n'était pas d'humeur à interpréter les "je rigole" ou pas.

    " Mais bien sûr ! Je suis juste en train de la badigeonner de crème pour la rendre plus savoureuse, ta jambe, au cas où les cuistots viendraient à être en rade de viande ! "

    Et à l'air de chien battu plus ou moins convainquant, Eryl ajouta :

    " La prochaine fois que tu viens ici, pense à amener du persils ! Ils doivent avoir ça en cuisine."

    Et non, il n'avait définitivement pas entendu la commandante arriver et certainement pas sentit sa présence. Il n'avait jamais eut de don pour ça... Ainsi sursauta-t-il de plus belle, se raidissant d'un coup quand Erwyn indiqua sa présence. D'un coup il se retourna, commençant à sentir poindre en lui un début de colère, et agitant la seringue qu'il avait à la main, il lança :

    " Erwyn, merde ! On t'a jamais apprit à toquer ?!"

    Faire sursauter Eryl faisait partie des très nombreuses choses qui le mettaient de mauvaise humeur. Mais du professionnalisme avant tout, il devait se calmer. Après tout, une suture, même si c'était le B-A-BA pour un médecin, il fallait quand même faire ça avec calme, ce n'était pas n'importe quelle couturière du dimanche qui pouvait le faire non plus. Avant qu'il n'ait put répondre à quoi que ce soit, le lieutenant l’avait devancé et répondu à sa place. Bon, ça ne dérangea pas Eryl en outre - mesure puisque, de toute façon, il n'aurait pas dit mieux.

    Par contre, la suite le dérangea grandement, on pouvait sentir son poil s'iriser sur sa tête et ainsi lança-t-il sèchement à sa très estimée commandante :

    " M'amuser ?! Ah ouiii, tu fais bien de me le rappeler, j'ai toujours adoré regardé une plaie et autre joyeuserie, j'avais oublié !"

    Bon, fort heureusement, la suite le détendit un peu. Un peu seulement.

    " Oui, bah minute ! Je finis de..."

    Il s'était retourné vers Konrad et s'était finalement stoppé, l'humeur furibonde qui se lisait dans le visage du tacticien le surprenant. Lui qui était d'un naturel si froid et distant naturellement, le voir s'empourprer de cette manière avait de quoi faire taire n'importe qui. Même Eryl. L'espace d'un instant, il avait réussit à oublié qu'il venait de retrouver sa compagne de toujours : sa chère mauvaise humeur... Enfin, ce laps de temps ne dura pas longtemps... à peine quelque seconde en fait, juste le temps d'arriver à avaler et digérer ce que disait le lieutenant. Et force était d'admettre que ça ne passait pas du tout, laissant un arrière goût très désagréable dans la bouche.

    La remarque de l'ongle cassé, c'était comme anciennement, jeter une allumette dans un baril de poudre, et, nouvellement, jeter une tête nucléaire sur une réserve de blaster... En bref : ça fait boom. Et c'est à peu près l'effet qu'eut les dernières phrases du lieutenant sur Eryl... Quand le tacticien se releva, l'accompagnant, Eryl se leva d'un coup, envoyant son tabouret valser un peu plus loin et finalement explosa :

    " Comment ça, qui s'était péter un ongle ? Qu'est-ce t'en sais, t'étais là p'tet ?!"

    Il posa violemment la seringue sur la desserte à coté, manquant de la briser et continua sur le même ton de rage, mêlé avec un soupçon d'exaspération, le tout saupoudré par une rancœur non dissimulée :

    " Non, bordel, non, t'étais pas là ! Et pour tes mécanos, s'ils ont tellement besoin de soins, ils viennent à l'infirmerie, ils vont dans leurs chambres en m’attendant, ils m’appellent, et j’arriverais !"

    Au fond, la question n'était pas vraiment si ces paroles étaient spécialement adressées au médecin ou pas... Le fond, ce qui mettait Eryl hors de lui, c'était bien que c'était une critique de son boulot. Et pourtant ! Comme s'il ne s'épuisait pas déjà à la tâche ! Là, le lieutenant venait, sans doute involontairement, de trouver le filon pour faire définitivement enrager le médecin... Mais une rage qui laissait place à de la rancœur… Et ça s'entendait.

    " Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre, bon sang !"

    Pendant que le lieutenant rangeait de lui-même la marchandise en se rhabillant, empêchant définitivement le médecin en herbe de faire son boulot, Eryl jeta d'un geste ravageur ces gants dans une poubelle prévue à cet effet. De toute façon, en colère comme il l'était, il ne pourrait plus faire quelque chose de correct, ces mains tremblaient trop de fureur. Maintenant, tout ce que souhaitait le gamin, c'est que la prochaine fois que le lieutenant viendrait pour une histoire de suture, ce serait Oliver qui serait de garde... Ou alors, peut-être qu'il "oublierait" l'anesthésiant... Possibilité à prendre en compte également.

    Ruminant ces idées noires plutôt que de les dire à voix haute (ou de les appliquer) et en grommelant continuellement, il s'avança vers l'évier et commença à se laver les mains. Simple mesures d'hygiène, combien même il avait des gants... Sauf que, peut-être les lavait-il avec un peu trop de rigueur, insistant et frottant avec trop énergie... Mais toujours grommelait-il et lançait occasionnellement quelque regard noir envers l'innocent évier...

    Pour le moment, Eryl était dans une fureur noire dont il serait difficile de l'y déloger... Encore que le temps fait bien son affaire. D'ici quelque temps, il serait calmé et reprendrait le cours tranquille de sa mauvaise humeur habituelle. Malheureusement, aucun mode d'emplois pour préciser ce serait au bout de combien de temps...

    " Aaah, merde !" Finit-il par lancer brusquement en l'air.

    Toujours d'humeur exécrable, il se retourna vers le lieutenant et continua d'un air féroce :

    " Pas la peine de te rhabiller ! Même si je te fais pas la suture aujourd'hui, faut que je refasse le pansement, Crétin !"

    Il ressaisit une nouvelle paire de gant, finit par reprendre son tabouret, et ressaisit son attirail pour refaire le milieu humide nécessaire à une bonne cicatrisation et d'un regard noir, il acheva :

    " Ou sinon, autant amputer maintenant ! Je suis certain que notre commandante ici présente sera ravie de me donner un coup de main."

    L'aura de calme, paix et sérénité était partie. Maintenant, une aura de colère avait fait son arrivé (fracassante, comme arrivée même) et régnait en maître dans l'infirmerie...


    Dernière édition par Erylianen Noerya le Jeu 28 Fév 2008 - 15:49, édité 1 fois
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Jeu 28 Fév 2008 - 0:21

    Le moins que l’on pouvait dire était qu’Erwyn venait de mettre les pieds dans le plat. Alors qu’en arrivant ces deux magnifiques anges étaient on ne peut plus calme et détendus, elle venait apparemment de mettre fin au paradis et de les précipiter tout droit en enfer où la colère régnait en maître. Et maintenant elle avait à faire face à deux créatures furibondes. Aïe !

    Première pique du lieutenant. A la question rhétorique (qui donc ne demandait aucune réponse), il déclara un : "Oui, plutôt, oui..."
    Sympa. Ca fait toujours plaisir à entendre. Mais Erwyn, dans son immense bonté, passa outre.
    Et Eryl d’enchainer :

    " Erwyn, merde ! On t'a jamais apprit à toquer ?!"

    Elle faillit lui répondre qu’elle s’apprêtait à le faire lorsqu’elle fut coupée dans son élan par la réponse du médecin quand à l’amusement qu’il pourrait avoir à rafistoler un corps humain. Elle se demanda sur le coup si le garçon n’avait pas raté le chapitre humour lors de son éducation… Elle n’eut même pas le temps de lui dire que bien évidemment elle ne pensait pas le moins du monde qu’il s’amusait, et que bien évidemment elle savait qu’il prenait son travail très au sérieux, que Konrad sortit de ses gongs ; la surprenant totalement au passage. D’habitude, c’était son truc à elle d’étonner son monde en poussant des colères volcaniques de temps en temps…

    Mais mais ! Elle n’avait jamais voulu dire qu’elle faisait passer Andrea avant les soins dus à son équipage !

    Malheureusement elle ne put même pas placer cette objection qu’Eryl explosa.
    Définitivement, Erwyn venait de mettre les pieds en pleine guerre nucléaire… ca explosait de partout…

    Erwyn avait arrêté de jongler avec sa clémentine depuis un petit moment déjà. Bientôt il y aurait une bouillie juteuse dans sa main si elle ne se contenait pas. Tous ces éclats de voix, ces vociférations, commençaient à lui taper sur le système. De sa main libre, elle se pinça l’arête du nez. Elle n’avait franchement pas le temps d’attendre des heures qu’ils se calment tous les deux et qu’ils se mettent d’accord.

    Pourtant. Oh Miracle ! Il y eu une sorte d’accalmie pendant laquelle Erwyn prit une profonde inspiration et put enfin en placer une :

    « D’une lieutenant, je n’ai jamais dit qu’il fallait faire passer le prisonnier avant votre santé à vous ou à un membre de notre équipage. De deux, je ne pense pas que le moment soit idéalement choisi pour parler finance alors que notre souci principal, je vous le rappelle, est de maintenir à flots cette Vivenef. »
    Elle avait réussit à dire sa petite tirade sans hausser le ton ni rien, rester le plus neutre possible afin de ne pas envenimer les choses encore plus.

    Deuxième explosion médicale. Eryl rappela vertement à Konrad qu’il devait refaire son pansement. Il en profita même pour enjoindre notre chère Commandante à tailler dans le vif du sujet au besoin.

    « De deux, il serait bon pour la santé de votre jambe de vous redéfroquer et de vous réinstaller sur le fauteuil. Et Fissa ! » ordonna-t-elle en désignant l’objet du doigt, avec derrière Eryl qui avait repris ses instruments et qui attendait de pied ferme son patient.

    On aurait presque dit qu’elle l’envoyait à l’abattoir vu l’air lugubre qu’arborait le médecin.


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    Message par Invité le Ven 29 Fév 2008 - 20:59

    Ce qui est épatant, avec un film, c'est qu'il suffit d'appuyer sur la touche pause pour pouvoir mettre le temps en suspens.
    La réalité est souvent moins aisée...
    De manière plutôt surprenante, l'ambiance venait d'être aussi festive dans la pièce que lors d'un face à face entre un homme, sa femme, et sa maîtresse. Certes, la composition de notre petit trio devenu infernal était moins passionnelle, fort heureusement. Ce fut donc avec une surprise non dissimulée que notre vaillant lieutenant belliqueux (entendez par là : chargé tactique) vit le petit médecin prendre pour lui les reproches qu'il adressait plutôt à sa supérieure.
    Mais qu'importe ! Le niard n'avait aucun reproche à lui faire, fût-il médecin !

    "D'une ce n'est pas à toi que je m'adressais ! De deux, tu changes de ton !"


    Non, ne cherchez pas là un cri enragé, mais plutôt une injonction sèche et sans détour, n'appelant aucune réponse. Il ne s'agissait pas, dans ce cas, de peser le pour et le contre, mais simplement de faire comprendre que certaines choses ne sont pas tolérables, diantre, quoi ! Mer** !

    "Alors, non je n'étais pas là, mais la princesse pourrait se bouger le gras du derrière pour venir ici, plutôt que de bénéficier d'un traitement de faveur. Mais attendre sagement dans sa chambre est une idée de génie ! 'Oh mon Dieu, j'ai une hémorragie, je vais me coucher, et je vais attendre le passage du rebouteux !' Oui, pourquoi n'y ai-je pas songé ?"

    Sa voix, bien que trahissant encore de la colère, semblait plus cassante et cinglante que véritablement énervée. Il avait presque retrouvé son calme habituel - d'un côté, il n'avait pas encore crié - et tempérait un peu plus ses propos.

    "Alors, reprit-il en singeant les manières d'Erwyn, d'une, votre injonction sous-entendait que notre médecin devait s'activer pour s'occuper du pauvre hère qui pourrit en bas. De deux, le moment est idéalement choisi, puisque l'on doit remettre à flot le navire, et que l'on n'a toujours pas les fonds nécessaires pour retaper TOUS les boucliers... Et de trois... ah non, de deux, je m'exécute, chef !"

    Et, de fait, il se défroqua, en remontant sur le billard.
    On vit un pantalon voler à 1m de la tête du docteur. Puis un caleçon valdinguer en direction de la commandante. Fort heureusement, Konrad avait pris l'habitude de porter des chemises qui avaient l'avantage d'être suffisamment longues pour masquer certaines parties dont on parlera peu ici. En bref, rien de prohibé aux moins de 12 ans, sauf peut-être l'insolence dont faisait à présent preuve notre vaillant héros. A une époque, un gant projeté dans la figure de son adversaire permettait de le défier en duel. Actuellement, les temps étant plus complexes, il fallait envoyer un sous-vêtement. Ce qui limitait, nous l'entendons bien, les possibilité de règlements de comptes.

    A la dernière pique du médecin, il lança, en passant de l'un à l'autre :

    "Oh, ben vas-y, ampute, comme ça, ce sera assez rapide pour réparer l'ongle cassé de M. le Comte..."

    Ah ! Les regroupements familiaux, quelle joie, mes amis !
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    Message par Erylianen Noerya le Sam 8 Mar 2008 - 1:26

    Voilà, ça y est, c'était fait. Elle vous avait manqué ? La joyeuse ambiance de l'infirmerie ? Et bien, pas de soucis, elle était revenue ! Étrangement... Le retour de l'habituelle atmosphère tendue de l'infirmerie eut pour effet de détendre un peu Eryl. Un peu, seulement, il faut pas exagérer non plus. Cette atmosphère, c'était un peu comme... Comme quand un petit enfant cherche le doux réconfort de la chaleur tiède des bras de sa mère... Et bien, la sale ambiance, c'est cette chaleur pour une certaine personne. La dite ambiance devenait tellement normale et naturelle que finalement, pour le médecin, elle en devenait rassurante... Et le contraire était stressant par son étrangeté. Enfin, là, il faudrait plus pour bien calmer le médecin qui bougonnant, reprenait une autre compresse, remettait rapidement du désinfectant sur le tissus.

    Pantalon égal milieu propice aux bactéries et autre joyeuseries. Équation pourtant simple... Il avait fallut qu'il le remette, ce pantalon. Ouiii, bien sûr... Attendre 5 seconde, plutôt que sur un coup de tête, remettre ce pantalon, noooon, évidement.

    Aux remarques du lieutenant, il répondit d'emblée :

    " Ah ! Comme si t'avais des ordres à me donner !"

    Techniquement parlant, Eryl ne se considérait pas vraiment comme faisant partie d'une grande hiérarchie... Pour lui, au dessus, simplement, il y avait le commandant... le second, peut-être, et encore... Et puis... Non, rien, personne d'autre. Donc, le lieutenant et ces "injonctions sèches et sans détour n'appelant pas de réponses"... Bah, si, comme si Eryl n'allait pas répondre... Jeune naïf que ce lieutenant dans le fond. Encore qu'après, lui non plus ne se considérait pas comme au dessus de qui que ce soit ! non, c'était juste... Que c'était le médecin... Et voilà !

    La réplique suivante laissa le médecin un peu plus sur le derrière... Il pouffa de rire dans son coin avant de laisser passer un :

    " On doit pas avoir la même définition de prisonnier : Gars qui se déplace comme bon lui semble dans une nef. Ouiii, t'en as d'autre à sortir dans ce genre là ?"

    Entendez, "d'autres bonnes blagues", "d'autres sottises", "d'autres perles"... Pas la peine de bien préciser d'autre quoi au fond.

    " Ouiiiii, de toute façon, tes gars, je saurais pas plus qu'ils pissent le sang aux chiottes ou coincé dans la salle des machine s'il m'avertisse pas ! C'est pour ça (il insista sur le ça ) que j'ai précisé, "on m'ap-pel-leuh" (il décomposa lentement appelle, prononçant chaque syllabe doucement ) ! Ou alors, le jours où tu trouveras comment je peux être omniscient sur cette Vivenef, préviens moi, je suis preneur !"

    Finissant de préparer méthodiquement son matériel, il faut bien avouer qu'il ne prêta absolument aucune attention au brouhaha de derrière, ne prétant pas l'oreille aux échanges entre Erwyn et Konrad. Au fond, voilà. Cette ambiance là, elle était normale... Ainsi Eryl eut presque un sourire...

    Qui fut interrompu par un lieutenant qui se ré-installait devant lui. Mais minute, tout à l'heure, n'avait-t-il pas plus de... Enfin, il manquait quelque chose là, non ? Plus par mécanisme qu'autre chose Eryl ré-appliqua son fameux désinfectant, tout en se demandant, mais qu'est-ce qui clochait... ? Il ne s'attarda pas longtemps sur un nouveau nettoyage de la plaie, après tout, c'était plus par prévention qu'autre chose et il jeta rapidement sa compresse. Il saisit tout le matériel pour faire un beau bandage tout ce qu'il y a de plus correct, posa, après préparations rapide (plus par habitude que par non-intérêt, je vous rassure, cher lieutenant ) le milieu humide, et d'un geste vif, mit une bande... Voilà, maintenant, un siiiimple enroulement autour de la jambe et ce serait bon... Sauf que...

    Soudain, il tilta... Ah, mais ce qui manquait ! Ah ! Mais ! Mais ! Mais, il se croyait où ? Mais c'était quoi, ce comportement ? Y'avait un mineur quand même dans la salle ! Encore qu'on pouvait se demander qui était le moins... Mais qu'est-ce qui lui prenait bon sang ! Oui, ok, il était médecin, ce genre de chose devait le laisser neutre, mais... Mais il était pas tout seul non plus ! Et puis comme ça, sans prévenir, c'était... Déstabilisant ! Aaaah, on pouvait le dire zélé le lieutenant, il faisait pas les choses à moitié...

    Intérieurement, Eryl bouillait, mais encore sous l'effet de la surprise, aucune parole ne sortie, il eut juste une grimace stupéfaite, puis un "évitons de regarder dans une certaine direction, évitons, évitons..." quand il se heurta à l'effroyable vérité. Pour faire le tour du genoux... Il fallait que le genoux soit légèrement relevé, pas posé sur la table...

    Voyez vous le dilemme ? Non, et bien... La voix froide d'Eryl s'éleva dans la salle :

    " Soulève la jambe... Pas trop ! Et même si c'est petit, cache ton engin, bon sang !"

    Tout en le disant, il exécuta, en soulevant lui même la dite jambe, canalisant sa pensée uniquement sur le genoux, genoux, genoux, genoux.. rien d'autre ! Habituellement, ça ne lui posait aucun soucis... le service trois pièces, pas de problème... Mais là, les circonstances et le comment du pourquoi lui échappait, l'ayant prit un peu aux dépourvut. Ainsi se comptant-il de penser :

    * Bon, c'est quelque chose entre La commandante et lui, un truc d'adulte... ne dit rien, ne pense pas, ça passera vite... Ouiii, pense uniquement à faire se bandage ! Ah, et si au passage, tu pouvais aller plus vite... *

    Après avoir sans doute établit un nouveau record dans ce qui était de faire un bandage proprement, il jeta de manière triomphante ces gants dans la poubelle la plus proche et laissa son cerveau repartir à son rythme habituelle... Pendant qu'il se focalisait sur cette plaie, il n'avait pas vraiment fait attention au reste de la salle, à ce qui s'était dit... Ainsi tenta-t-il de se souvenir, alors qu'il se lavait une nouvelle fois les mains ce que Konrad avait dit... Ayant rapidement fait le lien entre les mots, Eryl rétorqua vivement et sincèrement :

    " Ah, pas question ! J'ai pas envie de re-saloper l'infirmerie !"

    Et ça venait du fond du coeurs... Si si.


    Dernière édition par Erylianen Noerya le Mar 18 Mar 2008 - 18:09, édité 4 fois
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Sam 8 Mar 2008 - 16:10

    L’infirmerie n’aurait rien à envier au Vésuve de l’ancienne Terre. Loin de se calmer, Konrad rétorqua à Erwyn un :

    « Alors d'une, votre injonction sous-entendait que notre médecin devait s'activer pour s'occuper du pauvre hère qui pourrit en bas. De deux, le moment est idéalement choisi, puisque l'on doit remettre à flot le navire, et que l'on n'a toujours pas les fonds nécessaires pour retaper TOUS les boucliers... Et de trois... ah non, de deux, je m'exécute, chef ! »

    Et là contre toute attente, il enleva pantalon ET caleçon qui prit son envol et choisit comme trajectoire de vol sa direction. Bien que surprise, elle évita d’un pas souple le dit sous-vêtement et fusilla Hlodowic du regard, ne prêtant pas attention à ce qu’il se passait dans son dos.

    « J’avais dit défroquer ! Où est-ce que vous avez entendu qu’il vous fallait tout enlever ! Vous n’avez donc aucune dignité ?!! » fulmina la douce et charmante jeune femme tandis que l’homme s’installait sur la table d’opération.

    La clémentine subit une autre pression mais tint bon. Il fallait qu’elle reste comestible.

    « A moins que vous ne vouliez qu’Eryl vous ampute également de la chose ? » fit-elle mesquine, croisant les bras sur sa poitrine.

    « Ceci dit, ca ne serait pas une grande perte. Après tout vous arriveriez bien à vivre sans… » continua-t-elle, enfonçant le clou ou plutôt affutant la scie.

    Elle aurait bien continué de la sorte un petit moment, rien que pour le plaisir sadique, mais son attention fut détournée par l’arrivée impromptue d’un quatrième joueur… ou joueuse. Erwyn venait de reconnaitre après un petit moment son sous-lieutenant de maintenance… dont le nom lui avait échappé. C’était déjà bien qu’elle se souvienne d’elle ! Oui bon, il fallait dire aussi que comme elle avait été recrutée en même temps qu’elle, ou quasiment, elle n’avait pas vraiment de mérite. Et puis cela faisait partie de ses attributions d’ancien Second de connaitre l’équipage. La majorité du moins.
    Se détournant du spectacle qu’offraient le médecin et son patient, Erwyn écouta ce que la nouvelle venue avait à dire.

    [c'est court mais au moins cela sert d'amorce à Frigg ^^ Frigg ? A toi !
    On pourra toujours dire qu'on entend les braillements de kokonou en bande sonore ]


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    "Elle était presque aussi engageante qu’une infection rénale avec complications..."
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Invité le Sam 8 Mar 2008 - 17:03

    Frigg était fatiguée, comme à son habitude. Elle n'avait rien mangé depuis avant-hier, trop absorbée par un défaut dans la maintenance du système de refroidissement de Pandore. Ses assistants avaient mal fait leur travail, encore une fois, ces minables sans précaution. Aucun ne chérissait la Vivenef comme le faisait l'Ase, et ne savait aussi bien prendre soin d'elle... à ses propres dépends. Sa santé commencait à décliner de manière notable, principalement à cause du fait que sa vision était trouble et l'empêchait de travailler efficacement. La grande asperge avait donc décidé d'aller faire un tour à l'infirmerie histoire de recevoir quelque chose pour se rebooster un peu. trentes-deux heures sans sommeil jouait également sur son moral de base dépressif.

    Ce fut avec une lenteur extrême, euphémisme d'une nonchalance maladive du au manque de nourriture et de sommeil, que Frigg poussa la porte de l'infirmerie. Elle n'avait pas entendu tout ce qu'il se passait là bas, des haussements de tons aux cris de contestations, car elle avait de gros écouteurs sur les oreilles, distillant directement dans ses tympans une musique vieillotte de plusieurs siècles qu'elle avait téléchargé sur son module musical, "Rock me Amadeus", de Falco, datant de 1980. Musique qui était d'ailleurs si forte que toutes les personnes de l'infirmerie purent l'entendre. Le Sous-lieutenant de Maintenance n'eut laps le temps d'articuler une syllabe qu'un vêtement volant non identifié lui atterri sur le visage. Un long moment passa sans qu'elle ne dise rien, la main sur la porte, laissant le caleçon de Konrad sur son visage, le temps de réagir, avant de l'enlever de son visage d'un geste des plus lents. Frigg regarda le caleçon avec une expression totalement neutre.

    Le sous-lieutenant de Maintenance était une personne à l'allure des plus étranges, certains vous diront même sinistre en un sens. Mesurant près de deux mètres, sa tête frôlait le plafond de l'infirmerie, et ses cheveux longs et mal peignés était aussi blancs que sa peau d'une lividité clairement maladive, guère rehaussé par la poussière et les tâches d'huile qui la maculait. Elle portait un Jogging noir et blanc sale, avec une ceinture-sachoches alourdie par tout un tas d'outils étranges, de compteurs, potentiomètres, tournevis de toutes formes... Mais le plus étrange était son allure voutée, épuisée, lassée, totalement refermée comme une huître, comme ailleurs. De plus, il y avait bien peu de gens qui aurait pu dire que Frigg était une femme au premier coup d'œil. Car en effet malgré le côté moulant du débardeur qu'elle portait... et bien cela ne moulait absolument rien, comme le torse d'un homme.

    L'Ase au cornes brisées regarda un long moment le sous-vêtement, avant de détailler dans le plus grand silence les personnes présentes : il y avait le Commandant, le médecin de bord... et un exhibitionniste qu'elle n'avait jamais vu. Frigg ne dit toujours rien, jetant le caleçon près de Konrad, le visage à la mine affreusement absente.

    "Hm. Bof."

    L'Ase ne dit rien de plus, baissant d'instinct la tête pour passer l'encadrure de la porte, le dos vouté. Elle avait les deux mains bandées, qui tremblaient un peu, mais n'était pas passée voir Eryl quand elle avait eut ce soucis, ayant préféré se soigner vite fait (et mal) pour ne pas perdre de temps. Car oui, la réparation de Pandore comptait bien plus que son intégrité physique. Frigg resta un long moment plantée là, raide comme un piquet de grue, sans saluer personne, avant de sortir un très laconique "Hm. Yo.". La politesse n'était pas trop son fort.

    "Je ne vous dérangerais pas longtemps, j'aurais besoin d'un truc pour éviter de dormir debout, j'ai la maintenance du sas à oxygène numéro trois à terminer, si vous voulez éviter de crever asphyxiés dans deux heures.Bien que y'a plus urgent."

    Il n'y avait rien de drôle, alors l'Ase ne rit pas. Son sérieux quant à la maitenance de Pandore était assez effrayant.Son regard d'obsidienne, sans démarcation entre l'iris et la pupille, donnant cette horrible impression que ses yeux n'était que deux grosses billes noirs, se dirigea vers Konrad, et plus précisément vers son entrejambe. Elle plissa un peu les yeux, révelant un peu plus ses cernes, et soupira. Même le son de sa voix au timbre grave et trainant était masculin.

    "Il va pas s'envoler parce que je l'aurais vu mais vous pourriez cacher votre truc."

    La grande Ase aux allures masculines stationna devant l'entrée sans plus rien dire, ses bras ballants le longs du corps, l'air absente. Elle en profiterait pour parler au commandant de certaines choses qui l'agaçait, mais préférait attendre un moment plus propice. Elle continuait à regarder avec un étrange mélange paradoxal d'insistance et de désintérêt l'entrejambe de Konrad. Le seul bruit venant d'elle fut une musique Electro-Lyrique qui sortait de ses écouteurs, le casque posé sur ses épaules aussi larges que celles d'un hommes, autour de son cou marqué de brûlures.
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Tallulah Gibb le Mer 12 Mar 2008 - 0:21

    [Après avoir eu l'autorisation écrite de chacun des participants de ce topic, je me permets d'y apporter ma petite contribution Smile Dans le pire des cas, Tallie s'en ira à son prochain post, mais si j'ai l'opportunité de la faire jouer plus, et si ça ne dérange personne... Je le ferai ! En tous cas merci à vous de m'avoir acceptée ici Smile]

    Ca y était. Tallulah avait enfin le plan infaillible : les macarons. L'avantage des macarons, c'est que c'est petit, léger, ça croustille, et on peut en faire à tous les goûts.

    Après le service, Matt l'avait autorisée à réquisitionner la cuisine pour confectionner pas moins de 80 petits macarons colorés, qu'elle avait ensuite religieusement déposés sur un plateau de la cantine, puis recouverts d'un torchon. Guillerette, elle s'était changée en vitesse (comme toujours, elle était maculée de farine, de chocolat et de colorant alimentaire des pieds à la tête). Puis elle avait pris son plateau, fait grimper Thao sur son épaule, et avait traversé la vivenef jusqu'à l'infirmerie.

    Plus elle approchait de la porte, et plus la tension se faisait sentir en elle. Comment allait-elle présenter les choses à l'élu de son coeur ? Il fallait bien qu'elle lui explique que les macarons étaient pour lui et lui seul, elle ne voulait surtout pas que quelqu'un d'autre en profite... Elle avait mis tellement de coeur et d'amour à les confectionner !

    Jusqu'à présent, elle n'avait jamais réussi à adresser proprement la parole à Eryl. Le simple fait d'être en sa présence la tétanisait. Et s'il découvrait ses sentiments ? Et s'il s'en moquait ? Et s'il décidait de quitter la vivenef pour toujours pour ne plus la revoir ? Bien sûr, elle le suivrait, cela ne faisait aucun doute, mais comment terminer son apprentissage ? Elle n'arriverait jamais à choisir entre Eryl et la cuisine... Quoique la balance penchait légèrement en direction d'Eryl...

    Et s'il n'était pas à l'infirmerie ? Elle était encore peu à l'aise avec ceux de l'équipage qu'elle connaissait mal, et elle risquait de s'embrouiller dans ses explications... Le mieux serait alors de revenir plus tard, mais les macarons ne seraient plus frais et il faudrait les refaire... Or, plus le temps passait, et plus Matt laissait de responsabilités à Tallulah en cuisine, et cela lui demandait du temps et de la concentration... Elle n'aurait probablement pas le temps de refaire une autre fournée...


    Elle arriva devant la porte de l'infirmerie. C'était maintenant ou jamais. Elle donna un petit coup de tête à Thao, qui se frotta à elle en retour. Elle avait bien fait de l'amener avec elle, il lui donnait du courage. Les caméléons sont des animaux très compréhensifs.

    Elle inspira à fond, actionna la poignée de porte de sa main libre, et entra en grand fracas dans l'infirmerie.


    BOOOONJ... !

    Tallulah s'arrêta net, le visage blême, les yeux rivés sur ce qui s'étalait juste là, à moins de trois mètres, et pile en face d'elle. Sa mâchoire sembla se détacher du reste de son crâne, et ses yeux s'agrandirent. Elle ne cessait de se répéter intérieurement : "Regarde ailleurs, regarde ailleurs, regarde ailleurs..." mais rien n'y faisait. Elle ne pouvait détacher les yeux de ce qui se trouvait là, devant elle, posé comme ça, comme si de rien n'était, l'air presque goguenard...

    J..M...Br...Qu...M...

    Tallulah bafouillait, incapable de reprendre ses esprits. Elle avait la très désagréable impression qu'un pan de son innocence venait de s'écrouler de manière aussi spectaculaire qu'un morceau d'iceberg dans l'eau glacée du détroit de Bifröst, sur Asgard. Sa vie ne serait plus jamais la même, elle ne pourrait plus se regarder de la même manière dans le miroir, tous les matins, elle se sentait perdue, souillée, à la limite de la folie, car oui, oui ! Tallulah venait de voir les parties intimes du lieutenant tactique.

    Dans un sursaut de volonté de survivre, la jeune fille ferma les yeux, fit un brusque quart de tour, et rouvrit les yeux, pâle comme la mort. C'est là qu'elle s'aperçut qu'en ouvrant la porte, elle avait percuté Frigg, qui avait été valsé à l'autre bout de la pièce. Elle balaya alors la pièce du regard, en évitant ostensiblement Konrad, et comprit que la situation était encore plus désespérée qu'elle l'avait escompté : la commandante était là, et, comble du malheur, Eryl aussi.

    Elle sentit instantanément le sang affluer dans ses joues, qui devinrent en quelque secondes brûlantes. Elle s'agrippa des deux mains à son plateau, dans la vague intention de le présenter à Eryl, mais sentit sa tête devenir subitement très légère. Reconnaissant les symptômes de la pâmoison de la jeune fille en fleur, elle posa son plateau sur une sorte de chariot rempli de seringues, compresses, et autres instruments dont elle ne connaissait pas l'usage, puis se redressa. Elle tenta un sourire, qui ressembla plutôt à une grimace, puis se sentit partir en arrière sans pouvoir rien y faire.

    Par chance, elle dévia un peu sur la droite et, au lieu de courir à reculons jusque dans le couloir comme elle s'y attendait, se heurta avec violence au mur de l'infirmerie, ce qui ne plut que modérément à Thao qui sauta et s'enfuit dans le couloir, et glissa jusqu'au sol.

    Elle resta assise là, complètement perdue, ne sachant que faire, et priant pour disparaître dans un trou de souris ou, mieux, de se réveiller de ce cauchemar.
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    Message par Invité le Mar 18 Mar 2008 - 17:12

    Il faut bien l'avouer, les jeunes filles en fleur ont souvent l'imagination bouillonnante, et semble imaginer des choses dont - en vérité - seule leur imagination en est la cause.
    Il est vrai que, voyant le lieutenant tactique allongé de cette manière, un caleçon accroché Dieu savait où - ou accaparé par la commandante, allez savoir - tout cela pouvait rendre fébrile la fille la moins fleur bleue. Et pourtant, 'Rad ne laissait apercevoir de la partie basse de son anatomie que ses jambes, le reste ayant été soigneusement voilé par sa chemise (qui, soit dit en passant, aurait bien mérité un coup de fer...).
    Bref, la charmante gent féminine qui se pavanait en ces lieux était loin d'avoir vu "la bête" (en toute modestie, rassurez-vous...) mais n'avaient été victime que d'illusions inhérentes à leur état de manque refnorcé par l'absence à bord de magazine du type "Jeune & jolie Ase" ou "Shitenno Actuelle". Rajoutez une pincée d'hommes terriblement virils - comme notre Konrad galactique - et vous comprendrez facilement que la vue du play-boy chargé des fonctions tactiques de la Vivenef ait fait buller l'inconscient collectif comme le gaz carbonique le champagne.
    La première à ouvrir les hostilités fut bien évidemment celle qui se vit gratifier d'un caleçon en guise de couvre-chef, la dénommée Erwyn.

    « J’avais dit défroquer ! Où est-ce que vous avez entendu qu’il vous fallait tout enlever ! Vous n’avez donc aucune dignité ?!! »

    Il lui envoya un de ces regards ténébreux, profondément érotique, et dont on devine toute la chaleur et les fantasmes accumulés. Ou pas.

    "Mais autant que vous, mon Commandant. Vous ordonnez, j'obéis. Cela est clairement stipulé dans mon contrat, il me semble..."

    Et puis d'ajouter :

    "Et ce n'est pas moi qui reluque les membres de l'équipage d'un œil concupiscent..."


    C'est le moment que choisi Eryl pour continuer sur sa lancée, et tenter de faire un peu de bruit pour attirer l'attention des grandes personnes présentes. De là à ce qu'il eût cherché à draguer Erwyn, il n'y avait qu'un pas. Ses paroles entrèrent par une oreille de Konrad pour mieux ressortir par l'autre.

    "Dis... La ferme, ok ? Tu peux travailler en silence, non ?" appuya-t'il d'un froncement de sourcil qui se voulait candide.

    Il attendait, un sourire au lèvres - s'il avait su ce que sourire signifiait - que le jeune médecin nettoie sa plaie et recouse avec un beau fil doré.

    "Tu peux faire un point de croix ? enfin... ce truc qui fait toujours bien à placer dans les soirées mondaines... Non que personne d'autre que moi n'appartienne au Monde, cela étant. Juste pour avoir matière à discussion lorsque nous serons revenus... il jeta un coup d'oeil circulaire. A la civilisation."

    Décidément, on s'amusait comme des petits fous à bord de Pandore ! Non seulement l'ambiance était mortifère, en raison notamment des pertes essuyées, mais elle devenait de surcroît délétère, par les tensions qui s'exacerbaient de la sorte. ajoutons à cela une cuillère à café de mauvais fonctionnement des systèmes de ventilation, et c'était la grande faucheuse qui arriverait d'ici quelques temps.
    Et cela coincida parfaitement avec l'arrivée de Rambo - ou plutôt Rambette, selon le sexe que lui attribué son état civil - soit l'ase chargée des réparations du vaisseau. Toujours aimable, toujours souriante, une boule de gaieté que cette damoiselle-là... Elle entretenait avec le vaisseau cette relation que certains hommes du XXe siècle entretenaient avec leurs voitures : une relation amoureuse, presqu'adultérine, si l'ase avait jamais été mariée.
    Elle salua tout le monde d'un "yo" nonchalant, auquel Konrad ne jugea pas utile de répondre autrement que par un hochement de tête.
    Le blabla technique qui s'ensuivait gonflait légèrement notre valeureux héros, et donc il décrocha logiquement, retournant son attention vers la tache de sang coagulé au plafond. Appétissante...

    "... l'aurais vu mais vous pourriez cacher votre truc."

    Nous en revenons à ce qui a été dit plus haut.
    Ramenant ses yeux du liquide autrefois carmin qui avait giclé d'une quelconque carotide pour venir s'attacher au plafond et à présent asséché, il les posa sur cette grande dame à l'air absent.
    Un sourcil s'éleva, interrogatif.
    Le second le suivit.
    Un troisième aurait pu continuer le mouvement s'il avait passé quelques heures à Tchernobyl, mais ce lieu n'était plus depuis longtemps...
    Les yeux s'ouvrirent alors tout grands, l'air de dire "Eureka !"

    "Serait-ce de la jalousie ? Un bel homme comme vous..."

    Oh ! Incident diplomatique, non ? Au mieux, Konrad s'en moquait. Au pire, il s'en fichait. Donc au final, cela revenait au même, ça lui était égal !
    L'arrivée catastrophique de l'apprentie cuisinière lui évita malheureusement de s'en prendre plus longtemps à la nouvelle venue.

    *Damned, je n'ai pas pu montrer l'étendue de ma rustrerie !* aurait-il pu fulminer. Mais il ne le fit pas, lassé qu'il était de ces visites impromptues de toutes sortes.

    Tallulah semblait elle aussi un rien surprise, et passa du rose bonbon au pourpre le plus vif, comme si elle avait été embrasée, comme incendiée par Surt enflammant le monde.
    Elle avait des difficultés d'élocutions ?
    Pas grave, car elle apportait à manger.
    Alors qu'elle retombait sur le mur de l'infirmerie, Konrad, sans se démonter, ni varier le ton monocorde de sa voix, se tourna vers les personnes restées debout :

    "Y aurait-il une âme charitable pour me donner un de ces macarons ?"


    Il regarda tour à tours ses trois interlocuteurs restés debout, pu celle qui semblait pétrifiée, assise, par terre.

    "Vous pressez pas, surtout..."
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    Erylianen Noerya
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Erylianen Noerya le Jeu 20 Mar 2008 - 0:15

    [ Heuu... Si j'ai bien compris, je l'ai faite cette suture ? Bah, je vais jouer comme si, hein... ]

    Boooon, les choses s'arrangeaient, petit à petit... Mais si ! L'ambiance était moins survoltée qu'avant, le lieutenant avait retrouvé son air neutre (et blasé de d'habitude et Eryl avait finit les soins que nécessitait cette jambe. Il avait fait un suture, sans fioriture et sans avoir éprouvé le besoin de faire une quelconque remarque... Bon, le boulot n'était pas pour autant terminé.

    " Bon, maintenant, tu te rhabilles et tu vas en salles de repos, à coté. Et ce n'est pas une suggestion."

    Car pour le médecin, c'était une évidence qu'il n'allait pas laisser quelqu'un avec une anesthésie, combien même elle était juste locale, crapahuter joyeusement dans un vaisseau. Encore que, crapahuter... Avec le Lieutenant, c'était vite dit. Mais Eryl ne ferait pas de remarque là dessus.

    Pour les septiques qui se demanderaient pourquoi ne pas laisser le lieutenant sortir de suite ? C'était très simple dans l'esprit d'Eryl : ne plus sentir de douleurs dans une partie de son corps était très dangereux. Au moindre problème ou à la moindre blessure, on ne le sent pas... Or, cette jambe faisait preuve de particulièrement peu de chance jusqu'à maintenant . Ainsi n'allait-il pas tenter le diable de laisser sortir le lieutenant qui se ferait blesser, ne le sentirait pas et se viderait doucement de son sang sans le savoir... Ou aurait juste une plaie qui s'infecterait et où il en résulterait une amputation. Non, il valait mieux éviter, ça donnerait du boulot en plus, comme si l'infirmerie en avait besoin !

    En plus, laisser un peu de repos à cette suture avant de la tirer et tout ce qui s'en suivait ne pourrait pas lui faire de mal...

    Bref, du repos.

    Eryl fit face au lieutenant et commença, en faisant des tours dans l'infirmerie :

    " Je vais aller faire un tour, voir si personne se vide de son sang sans me prévenir, si besoin est, tu n'auras qu'à me sonn..."

    Il avait bien entendu le bruit en arrière fond d'une sorte de bruitage qui ressemblait à de la musique sortant d'un casque, mais bien lancé à l'ouverture de la porte de la salle de repos, à vérifier vite fait qu'un lit pouvait accueillir quelqu'un (il y en avait même plusieurs... Bien ! ) et s'apprêtant, dès que le lieutenant aurait eu la merveilleuse idée de se rhabiller (sans pour autant penser que pour ça, il fallait le caleçon qui avait volé loin du personnage), à l'aider à passer dans la salle à coté, le gamin n'avait pas fait attention à l'arrivée d'une nouvelle protagoniste dans l'infirmerie. Seul le "Yo" le fit se rendre compte de ce détail (de pourtant près de 2 mètre.)

    Il regarda en direction de Frigg, et se retrouva nez à nez... Nez à torse avec elle. Pas compliqué à reconnaître, cependant, l'état de cette dernière immobilisa le médecin de bord.

    * Punaise !*

    Elle avait les mains en salle état, quelque chose au cou qu'il faudrait regarder (quand il n'y aurait plus autant de tête de différence entre elle et lui ) et semblait avoir eut, ces derniers temps, une hygiène de vie encore plus déplorable que d'habitude... Eryl ne la voyait pas très souvent venir dans l'infirmerie et il eut le souffle coupé en la voyant arriver en si piteuse état.

    " Besoin d'un truc ? Ah, mais c'est super, j'ai exactement ce qu'il te faut !" s'exclama-t-il dépité.

    Il se recomposa une attitude tout à fait Erylianenisienne et désigna du doigts la porte de la salle de repos ouverte.

    " Du repos !"

    Il se disait que ça ne serait sans doute pas aussi facile que ça... Elle avait besoin de repos, certes, mais aussi de manger. Puis son regard tomba de nouveau sur les mains. Il y avait ça aussi.

    " Mais avant, faut que je te soigne les m..."

    Ce fut à ce moment que l'apprentie cuisto décida de rentrer également dans l'infirmerie. Tous, ils avaient tous décidé qu'aujourd'hui, Eryl ne devait pas aller voir Andrea. Il se mordit la langue pour le pas sortir d'autre méchanceté. En plus, là, il n'avait pas le temps, là.

    Heureusement que le gamin avait une excellente mémoire... Sinon, il n'aurait sans doute pas reconnue l'apprentie cuisinière. A chaque fois qu'il l'avait croisée, elle agissait étrangement, restait muette... Sans qu'Eryl ne comprennent bien pourquoi. Mais aujourd'hui, elle était là, toute pétillante, un plat à la main.

    Bon, sa bonne humeur semblait signifier qu'elle n'était pas là pour des soins, c'était déjà ça. Même mieux, Eryl fut très content, l'espace d'un instant de la voir... On pouvait même dire que cette arrivé était providentielle !

    * Elle pourrait p'tet amener un truc pour que la grande perche mange quelque chose !*

    Il ouvrit la bouche et entama :

    "Ah, tu tomb..."

    Mais il s'interrompit en voyant la demoiselle prendre des couleurs blanches devant le lieutenant, puis rouges quand elle eut croisé son regard et la regarda poser à la va-vite son plats sur le premier support qui passait par là. Il n'eut juste que le temps de faire un pas vers elle, esquisser un geste avant qu'elle ne pose le plat, et finalement un petit *cric* se fit entendre, signifiant à Eryl que quelques fragile seringue venaient de rendre l'âme. Dommage, si elle n'était pas à la poubelle, c'était qu'elle était utilisable. Ces mains se crispèrent tandis que son visage se décomposait doucement alors que la gamine tombait au sol.

    " Ah merde !"

    Eryl s'approcha de Tallulah et vint se poster à côté d'elle.

    " Hé ! Ça va ?"

    Il lui prit le poignet d'une main, plaçant l'index et le majeur de façon à sentir un pou et posa son autre mains libre sur le front, tentant de déceler de la fièvre. Elle semblait en avoir beaucoup (pour le premier) et un peu (pour le deuxième).

    D'un coin de l'oeil, il remarqua Thao prendre la poudre d'escampette dans le couloir. Il se redressa et ne put s'empêche de s'exclamer :

    " Aaaaah, y'a le caméléon qui se fait la malle !"

    Bon, du calme, il y avait plus important. Premièrement, il fallait faire dégager le Lieutenant en salle de repos, de deux, installer Frigg, de trois, s'occuper de Tallulah. Ce fut à ce moment que l'estomac... Pardon, le lieutenant s'exprima.

    " Je t'en foutrais des macarons !"

    Eryl se pinça l'arrête du nez par énervement, s'empêcha de prendre le plateau pour le balancer sur le lieutenant (ça serait pas sympa pour les cuisiniers qui avaient fait les macarons pour l'équipage... Car pour autant de macarons, c'était bien pour l'équipage, non ? ) et finalement, il pointa du doigts Konrad et dit d'un ton sans réplique :

    " Toi, tu passes à coté et tu laisses ta suture se reposer, et si tu peine seul, demandes à Erwyn ! Toi !"

    Il se tourna vers Frigg et pointa successivement la sous lieutenant et un fauteuil vacant.

    " Tu t'assoies, je m'occupe de toi toute suite, n'en profite pas pour tenter de te défiler ! Et toi !"

    Il s'agenouilla à coté de Tallulah. Il prit un ton de voix plus calme... Car quelque soit le type d'évanouissement, parler sèchement ou de manière abrupte à quelqu'un dans cet état ne servait qu'à empirer la chose. Et il y avait suffisamment à gérer sans en rajouter.

    " Tu peux te relever ? Tu vas aller t'allonger..."

    Et bien, quelle journée...

    [ Petit rappel de qui joue quand, car ça peut toujours être pratique au cas où : Konrad -> Eryl -> Erwyn -> Frigg -> Tallulah ]


    Dernière édition par Erylianen Noerya le Lun 24 Mar 2008 - 22:14, édité 1 fois
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Erwyn Von Drachnar le Jeu 20 Mar 2008 - 21:34

    "Vous ordonnez. J'obéis."

    Oui m'enfin. Tant de zèle, elle le préférait dans son travail et non dans une volonté de se dévêtir...

    "Et ce n'est pas moi qui reluque les membres de l'équipage d'un œil concupiscent..."


    La clémentine faillit finir en bouillie pour mémé sans dentier... Ca, c'était bas. Très bas. Bien que ce n'était pas un secret "ultra top secret" que de temps en temps elle passait voir travailler ses hommes. N'empêche que. C'était mal venu.
    Erwyn plissa les yeux et s'attarda quelques secondes sur le lieutenant un air mauvais au fond de ses prunelles.

    Le CVPI (ou Caleçon Volant Parfaitement Identifié) avait finalement atterri sur la tête de la mécano qui regarda l'objet avec un désintéressement total avant de le rendre à son propriétaire.
    Elle fit alors part de son besoin de rester éveillée.
    Ca, notre Commandante savait ce que c'était. Devoir rester éveillée et concentrée plus que de raison afin que la machine tourne comme il faut, faisait quasiment partie de la fonction de haut commandement d'un tel navire.
    Mais quand la sous-lieutenant aborda le sujet d'une réparation urgent d'un sas à oxygène, elle se dit que finalement, elle n'était pas la plus à plaindre et qu'il allait peut-être falloir revoir l'ordre de ses priorités...

    A peine venait-elle d'aboutir à cette réflexion qu'une tornade jaillit dans la pièce, bousculant un peu la mécano au passage. Tornade nommée Tallulah Gibb. Elle avait démarrée avec un tonitruant "Bonj..." mais n'avait pas pu finir son mot. Elle blémit, bafouilla, déposa son plateau en vitesse et tituba quelque pas pour se retrouver assise par terre, le teint aussi rouge qu'une tomate. Y'avait pas à dire, Konrad faisait son petit effet.

    Eryl s'était précipité vers elle. Cela lui fit immanquablement pensé à un prince charmant qui se précipite au chevet d'une demoiselle en détresse. Cela l'amusa et un sourire en coin vint adoucir l'expression de son visage tandis qu'elle surplombait la scène. L'apprentie cuisto avait eu en effet la bonne idée de venir s'étaler juste à côté d'elle. Elle ne perdit pas une miette du tendre échange entre les... enfants. (Parce que bon, imaginer Eryl en tourtereau... Ouais, non. Elle n'y arrivait pas.)

    Jusqu'à ce que le très pudique lieutenant tactique refasse parler de lui en demandant des macarons ce à quoi Eryl lui répondit vertement que ce n'était pas le moment.
    Erwyn jeta un coup d'oeil au plateau. Ah oui. C'était des macarons.
    Le médecin donna alors des instructions claires et concises.

    "Ho !" fit-elle mécontente, lorsqu'il déclara que Konrad devrait lui demander de l'aide s'il n'arrivait pas à bouger son postérieur jusqu'à la salle de repos.

    Bien que techniquement, formulé ainsi, ce n'était pas un ordre... c'était tout comme, pour elle. Ce qu'elle n'apprécia guère. Mais le sale gamin était de nouveau auprès de sa dulcinée et s'inquiétait de sa santé. Rien de bien inhabituel pour un médecin.

    Bon, ce n’est pas avec tout ça qu’Erwyn pourrait enfin faire avancer les choses. Pas que d’assister à la gestion d’une mini-crise par Eryl soit des plus inintéressants mais la Commandante en chef avait quelque peu autre chose à faire. Comme d’aller voir un prisonnier qui pourrait se rendre utile au lieu de se tourner les pouces, par exemple.

    Finalement, elle prit sa décision. Tant pis ! Elle n’attendrait pas le médecin pour aller questionner le mort-vivant.

    « Eryl. Tiens ! »

    Elle lui lança doucement la clémentine qu’il attrapa sans mal.

    « Des fois que ca pourrait t’être utile. »

    Amorçant un demi-tour, elle lança un « Je pars devant, tu me rejoindras quand tu auras fini. » avant de disparaitre dans les couloirs.

    [Si c’est pas une sortie classe ça ! =D
    Je précise que c'est sur ordre de la grande et Unique Patronne, notre TCAV Chérie, que je vous abandonne là. Donc ne m'en veuillez pas^^']


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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Invité le Lun 31 Mar 2008 - 4:32

    [Désolée du méga retard, j'ai eu de gros soucis de connections. :/]

    Frigg était certes une espèce de géante, mais le terme d'asperge lui convenait mieux, tant son corps était en général mou et sans forces, et ses gestes autres que le soin de sa Pandore bien-aimée étaient sans conviction, sans envie de vivre. Pour cette raison, et en dépit de sa stature, le choc occasionné par Tallulah la fit brutalement vaciller, si bien qu'elle se retint contre le mur, avec pour tout geste de protestation un soupir vaguement épuisé.

    "Serait-ce de la jalousie ? Un bel homme comme vous..."

    L'Ase se retourna en entendant cette phrase, son visage d'ivoire et d'albâtre terne virant étonnement au rouge pivoine, sans pour autant qu'une expression faciale se dessine sur son visage désespérément morne. Frigg resta une longue minute interdite, se demandant si Konrad faisait dans la plus cinglante ironie ou bien si réellement, il avait bien mauvais goût, mauvaise vision, ou surement un peu des deux, si bien qu'elle hésita entre la gêne due à un compliment mal tourné ou à une humiliation à encaisser.Elle décida pourtant de répliquer, sans vraiment se donner de raison. Elle avait juste envie, et appréciait étrangement le fait de se faire passer pour un homme. Allez savoir pourquoi. Car de toutes façons, homme comme femme, pourvue d'un des deux organes génitaux (pas les deux, ça fait désordre), elle n'avait pas la capacité d'aimer physiquement celle qu'elle adorait, qu'elle vénérait, une sorte de déesse, d'icône fantasmatique virtuelle, comme un rêve bien trop grand et beau pour être ) votre portée. Cette idée fit naître sur son visage de marbre une expression plus abattue, et ses épaules s'affaissèrent, tandis que ses yeux s'étaient humidifiés.

    "Si je suis votre genre de type et que vous êtes de ce bord, ma chambre est la n°11. On pourra se jalouser mutuellement le "bonhomme" si le cœur vous en dit."

    L'invitation avait ce quelque chose de ridicule qu'elle était dit avec un sérieux sépulcral, mais une franche effronterie. Frigg se tut ensuite, se frottant la tête, qu'elle avait de bien lourde. Elle n'écouta que d'une demie oreille les tergiversations d'Erwyn, la gaffe de Tallulah et la Commandante à qui elle voulait pourtant parler. Tout cela était trop lointain. Pourtant, soudain, quelque chose énerva profondément la grande Ase, en lui donnant en même temps une impérieuse envie de pleurer. Peut-être tout le stress emmagasiné depuis son embarquement sur Pandore, et surtout les blessures de la Vivenef. Ou peut-être était-ce la simple distance, la cruelle absence de l'être aimé. Mais cela, elle n'en parlera à personne.

    " Tu t'assoies, je m'occupe de toi toute suite, n'en profite pas pour tenter de te défiler !"

    "... ... ... Comme tu veux."

    Ce n'était pas la peine de le contrarier, puisque Frigg savait pertinemment que son état physique se dégradait au point de compromettre ses réparations. L'équipe 01 était déjà sur les sas à contrôlé, car cela n'intéressait pas la grande perche; après tout, cela n'avait aucun rapport avec la survie de Pandore, mais à celle de son équipage, donc Frigg, dans son autisme de plus en plus présent, trouva la tâche suffisamment secondaire pour s'octroyer une pause. Elle s'assit docilement sur le fauteuil désigné, en croisant ses bras sur ses genoux, les jambes écartées et le dos rond dans le attitude masculine peut élégante pour une femme.Elle était une machine organique, et savait très bien quelles étaient les réparations à effectuer sur elle : remettre du carburant, réalimenter la source d'énergie, et appliquer un nouveau revêtement sur les organes préhensiles. Autant être coopérative pour être efficace et rapide. L'Ase défit donc les bandages de ses mains tremblantes, dévoilant des mains fines et osseuses, dont les paumes étaient horriblement marquées de profondes brûlures récentes, ayant touché du derme à l'hypoderme. Elle sourit un peu en regardant ces blessures qu'elle aurait à vie, mais qui étaient la preuve de son amour immodéré pour Pandore. Pourtant elle se retenait pour ne pas pleurer, et ce n'était pas du à sa douleur physique, car Frigg était une bonne encaisseuse.

    "De simples réparations de technicien sur une machine organique, hein docteur?"

    La question resta sans demande, comme une ébauche de soliloquie. Frigg tourna son regard sombre sur Konrad, devenue plus silencieuse que la mort. Pandore lui manquait sans qu'elle ne l'ai jamais vue, ou peut-être était-ce la frustration de plus en plus constante qui faisait effet. L'Ase aux cornes brisées resta concentrée sur le Lieutenant tactique.

    "Pandore se plains moins que son équipage et pourtant elle souffre bien plus."

    "Cette chère Pandore", aurait voulu dire l'Ase. Le ton de sa voix, prononçant le nom de la Vivenef, trahissait une montée vocale rappelant de la tendresse. Elle se tut comme si elle avait l'impression de trop parler, se claquemurant dans un mutisme qui lui était coutumier, mais qui pourtant était relativement insupportable pour autrui. Un simple soupir de fatigue termina ses réflexions, car l'Ase avait la désagréable impression que le moindre de ses soupirs se métaphysiquait de manière presque pompeuse.

    "Hlodowic, votre jambe, ça va aller?"

    Simple question car l'Ase aux cornes brisées se rendait compte qu'elle mettait une ambiance digne d'une maison de retraite sous Thranxtène.La question était plus judicieuse à poser à Eryl, mais en même temps Frigg se fichait de la réponse. Après tout les vivants guérissent bien plus vite que ses précieuses machines. C'était juste histoire de parler... une chose pour laquelle, et cela se voyait, l'Ase n'était pas douée...
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Tallulah Gibb le Dim 6 Avr 2008 - 1:02

    [HJ : J'suis désolée, c'est miteux... Eryl, viens à ma rescousse, viens relever le niveau ! T-T]

    C'était la fin de tout. Thao s'était enfui, Eryl lui avait adressé la parole, et le lieutenant Hlodowic envisageait de manger les macarons. Tallulah se demandait comment elle faisait pour ne pas avoir déjà passé l'arme à gauche. Quand Eryl se tourna vers elle, elle se figea, le souffle court. Il n'allait tout de même pas lui parler encore fois, hein, il n'allait pas lui faire ça...

    Eh bien Tallulah se trompait lourdement : non seulement Eryl lui parla, mais il fit quelque chose que l'apprentie coq n'aurait jamais imaginé, quelque chose qu'aucun des nombreux hommes dont elle était tombée amoureuse n'avait jamais fait : il la toucha.

    Bien sûr, objectivement, ce n'était pas grand chose : il avait pris son pouls et vérifié si elle avait de la fièvre. Mais pour Tallie, cela signifiait beaucoup plus. Quand il la toucha pour la première fois, elle entra en apnée. Le contact de la peau d'Eryl sur la sienne la fit frissonner. Tout à coup, plus rien ni personne n'existait en dehors d'elle-même et de celui qu'elle aimait. C'était comme si, jusque là, elle avait été victime d'une malédiction qui l'avait empêchée de toucher et d'être touchée par quiconque, et que, tout à coup, par ce contact, il l'avait délivrée de son sort.

    Le moment était si intense et si fort que, pendant quelques secondes, Tallulah eut la sensation que rien d'autre que ce moment n'avait existé dans sa vie, comme si elle venait de naître.

    Mais Eryl la lâcha assez vite, trop vite. Heureusement, Tallulah en profita pour reprendre son souffle. L'objet de ses rêves s'était mis à donner des ordres aux autres occupants de l'infirmerie. Tallie ne put s'empêcher de remarquer à quel point le jeune médecin était attirant lorsqu'il parlait avec autorité.


    *Je donnerais tout pour l'entendre parler comme ça à longueur de journée...*

    Elle commençait déjà à se sentir un peu mieux, et avait entrepris d'élaborer un plan pour filer à l'anglaise, quand Eryl se tourna une nouvelle fois vers elle. Il s'agenouilla à se côtés. Là, c'était le pompon.

    Tallie déglutit avec difficulté, et tenta de se relever, comme Eryl le lui avait demandé. Elle réussit à se redresser, mais ses jambes ne la portaient plus. Elle aurait voulu lui demander de s'éloigner, pour reprendre ses esprits, mais elle ne pouvait plus parler. Elle était en train de revenir à un état embryonnaire, tout juste capable de respirer. Sa tête était complètement vide. Et pourtant, il fallait bien qu'elle fasse quelque chose !

    Au bout de quelques secondes d'un silence pesant, son corps réagit pour elle. Sans savoir pourquoi, elle élança le bras en direction d'Eryl. Au moment où elle commençait à se demander pourquoi elle bougeait, elle réalisa ce qu'elle venait de faire.

    Et cela la plongea dans l'horreur. Complètement tétanisée, elle entra une fois de plus en apnée. Absolument immobile, elle priait pour que ce cauchemar se termine. Elle n'arrivait pas à croire que tout cela était réel, qu'elle était en train de faire ce qu'elle faisait.


    Elle avait saisi le poignet d'Eryl.


    Dernière édition par Tallulah Gibb le Sam 7 Juin 2008 - 13:25, édité 1 fois
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    Re: Petites papouilles en privé {#001} [Fini]

    Message par Invité le Mar 8 Avr 2008 - 19:28

    [Idem, si ça va pas, je change, je supprime, je censure ^^]

    Un certain poète d'un siècle désormais révolu avait dit "LA Terre est bleue comme une orange". S'il s'était agi d'une clémentine, et que la grande et vaillante commandante Erwyn VVVon (en appuyant bien sur le "V") Drachnar avait été Atlas, l'humanité entière aurait fini écrasée, comme de la bouillie pour grabataire édenté.
    Ce petit globe orangé, autrefois fruit, à présent purée vitaminée, vola à travers la pièce pour tomber parfaitement dans la main du médecin qui, d'un coup, s'excita totalement, dispersant ordres à tout-va.

    " Toi, tu passes à coté et tu laisses ta suture se reposer, et si tu peine seul, demandes à Erwyn ! Toi !"

    Honnêtement, Konrad ne demandait pas mieux que d'être aidé par la grande femme fatale glaciale au regard de braise, et de se lover dans ses bras très certainement protecteurs, mais ladite chef du navire venait de se faire littéralement la malle.
    Il faillit ouvrir la bouche en signe de protestation, puis se ravisa, se redressant de tout son haut, et sauta du lit, en prenant soin de retomber sur sa jambe valide. Il ne tenait pas à vérifier la solidité des sutures du médecin. S'ils était de la même qualité que le reste du navire, non seulement la jambe, mais tout le buste entier risqueraient de partir. Ainsi debout, il clopina, en s'appuyant où il pouvant pouvait, jusqu'à ses pantalon et caleçon qui traînaient par terre. Il en profita pour s'appuyer sur un truc chaud et filandreux lorsqu'il avança : la tête du médecin.
    Arrivé en face de ses affaires se posa un problème pour le moins métaphysique : comment ramasser ses affaires, sachant qu'il lui était impossible de plier les jambes, enfin une, et sans se pencher pour risquer de... bon bref !
    D'une main peu assurée, il se cala contre le mur, et s'étira un peu pour descendre doucement au niveau de son cacher-sexe préféré (qui, en d'autres temps, avait été une feuille de vigne). Une fois ce dernier morceau de tissu attrapé entre l'index et le majeur, il entreprit une contorsion des plus périlleuses pour l'enfiler, glissant une jambe, puis l'autre, et remontant le tout avec un air fier. Il eut plus de facilité pour le pantalon, le récupérant et allant poser son séant sur le bureau du toubib, pour être tranquille lors de l'enfilage de "falzar".

    A noter que, s'il restait imperturbablement silencieux, il n'avait rien perdu des conversations qui se déroulaient dans la pièce.

    "Si je suis votre genre de type et que vous êtes de ce bord, ma chambre est la n°11. On pourra se jalouser mutuellement le "bonhomme" si le cœur vous en dit."


    Il faut bien l'avouer, notre Konkon national ignorait un certain nombre de choses quant à la jeune demoiselle-aux-allures-masculines qui servaient à la fois de réparatrice et d'amante à la Vivenef. Sa première réaction, alors qu'il refermait sa braguette d'un geste qui transpirait la classe et la distiction intergalactique, fut la surprise. Non qu'il se coinçât quelque partie sensible entre les dents métalliques de l'invention miracle, mais un sourcil se redressa adroitement, laissant sous-entendre une petite pensée moqueuse.

    "Vous en profiterez pour me faire découvrir la musique, grunge, le lifestyle, ce genre de petites choses... non ? A se palucher le... bonhomme..." termina-t'il dans une grimace d'incompréhension feinte.

    Puis, ayant refermé le dernier bouton, s'écria :

    "Ça y est !"

    Récupérant alors sa canne, qu'il avait laissée à proximité, il se releva et se dirigea lentement en direction de Tallie qui, encore à ramasser les poussières sur le sol poisseux de l'infirmerie, n'arrivait visiblement à se remettre de ses émotions, et ce d'autant moins que la proximité avec le jeune médecin se faisait sentir.

    D'une voix un rien cinglante, il lança :

    "Paaaaaaaardon les tourtereaux... je voudrais avoir de ces petites choses sucrées, merci, de faire passer..."

    Il jeta un œil sur Eryl, puis sur Tallulah, puis sur les macarons, avant de donner des petits coups aux deux mômes de sa canne, l'air impatient :

    "Allez, à défaut de mes magazines, je veux au moins pouvoir profiter de quelque chose de croustillant, fût-ce de la bouffe !"

    Ce fut à l'instant même où il se contorsionnait pour attraper une de ces pâtisseries ultra-caloriques qu'une voix suave et douce, presque maternelle, se fit entendre dans les hauts-parleurs :

    « Avis à tout l’équipage,

    Nous nous rendons sur Mars. »


    Pause...

    Douche froide...

    Réactivation des circuits...

    Activer programme : attrapage de boubouffe étalée par terre.

    "Poisson d'avril ?" osa notre valeureux guerrier, la bouche à moitié pleine du sucre des gâteaux. "Pas mauvaises ces petites saloperies..." finit-il en déglutissant un rien peu élégamment.

    « Oui, vous avez bien entendu. Sur Mars. Pandore a reçu une communication alarmante d’Adonis, requérant notre aide pour faire face à un supercuirassé ennemi. Nous allons donc lui apporter notre soutien.
    Je veux un état des lieux d’ici une heure.
    A la maintenance, faites votre maximum pour être opérationnel pour un bond dans l’hyper-espace d’ici là. »


    Cette fois, on put carrément voir le morceau de pâte tomber de la bouche du lieutenant tactique. Des plaisanteries douteuses, il en avait eu à bord de Pandore, mais cela excédait la simple blague potache : ça puait la vérité à plein nez.
    Un petit bruit sec se fit entendre lorsque le bout de gâteau un peu baveux heurta le sol après sa longue chute.

    Konrad enfourna une deuxième confiserie dans sa cavité buccale avant de maugréer :

    "Pétard, et les boucliers qui sont pas prêts, et les missiles qui manquent, et les batteries à plat, et l'équipage pas préparé, et... mais c'est quoi ce bazar..."

    Nous passerons un voile pudique sur les paroles fleuries de notre adorable bisounours en de telles circonstances, la poésie inhérente à de tels propos risquant d'être considérée - à raison - comme bien trop avant-gardiste par nos plus jeunes lectrices et lecteurs innocents.
    Claudiquant, clopinant, boitillant jusqu'à atteindre la porte de l'infirmerie, pourtant éloignée d'un petit mètre, notre gazouillant post-adolescent romantique rentra de plein fouet dans un Eryl jobard qui aidait la jeune apprentie cuisinière à se déplacer vers le lit.
    En un mot comme en cent, le résultat : patatra !

    Ou presque. Sa main rencontra à temps la poignée de la porte qu'il attrapa en même temps que sa jambe infirme toucha le sol, violemment. Fort heureusement, l'anesthésie était encore valide, ce qui empêcha le lieutenant d'hurler à s'en démonter la mâchoire.
    Il n'eut qu'à jeter un regard évocateur à la cause de son déséquilibre :

    "Et faites-moi le plaisir de débarrasser le plancher de vos cochonneries, on bosse ici."

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